X. Formulaire
Salah eddin le composa sur la demande de son fils, A bourredja.
Il commence par citer lesautorités sur lesquelles il s’appuie, et donne ensuite des conseils de morale. Le médecin doit être discret, aimant le bien, appliqué à l’étude, détaché des biens et des plaisirs du corps, recherchant la compagnie des savants et des malades.
L’anatomie de l’œil est traitée assez longuement et le premier livre ne contient pas moins de 22 chapitres.
Une figure de l’œil est donnée, qui rappelle celle que l’on trouve dans les exemplaires d’El Hazen, Ebn el Heitam.
Salali eddin discute les théories de la vision et cite les noms de Démocrite, d’Epicure, d’Empédocle, d’Hipparque, de Platon, de Galien et d’Euclide. Il donne aussi des figures géométriques.
Le troisième livre est de la médecine générale.
Dans les livres suivants, à côté des noms de ses devanciers; nous voyons figurer ceux de son maître Noman et de son père, pour la composition de deux collyres. Des figures d’instruments en assez grand nombre rappellent Abulcasis, qui, du reste, est souvent cité, parfois textuellement.
Au VIIe livre, il cite deux cas de cancer, dont il traita l’un avec succès en l’année 696, sur la personne de l’émir Azz eddin à Hama. Dans ces cas, il conseille les suppuratifs.
Au VIIIe livre, nous trouvons les opérations de l’exophthalmie et de la cataracte. Il discute longuement le siège de la cataracte et décrit minutieusement son opération. U parle de l’aiguille creuse, quelquefois en verre, qui servait à opérer par succion, et il rappelle que cette opération, vantée par Omar, est rejetée par Tsabet ben Corra. Il rappelle qu’Antillus pratiquait l’opération par extraction.
Dans un tableau synoptique il explique la vision de près ou de loin, la perception des objets gros ou petits par l’état de l’esprit visuel, plus ou moins subtil, plus ou moins abondant.
Il termine par la liste des simples d’après Ebn el Beithâr.
Sans parler d’un grand nombre de médecins cités, grecs et arabes, nous mentionnerons les noms de ceux qui se sont occupes d oculistique, tels que Ebn el Aïan, dans l’Épreuve des oculistes, Honein qui écrivit plusieurs traités, Tsabet ben Corra qui écrivit le Basir ou le Voyant, Omar ben Aly el Mously auteur du Mountekheb ou abrégé, Zahraouy ou Abulcasis qui écrivit le Tesrif, Ali ben Issa l’auteur du Tedkira, enfin El Quissy l’auteur de la Netidja.
EBN EN NEFIS EL KOKCHY.
Aboul Hassan Ali ben Abil Hazrn Ala eddin ebn Ennefis, dit aussi El Misry et El Korchy, étudia la médecine à Damas sous la direction d’Ebn Eddakhouar. En même temps, il s’occupait de grammaire, de philosophie, des traditions, et se livrait à la composition et à l’enseignement. Il acquit la réputation d’un des plus savants médecins de son temps et mourut en l’année 687 de l’hégire (1288), suivant Hadji Khalfa et une notice qui se trouve dans le n" 1022 de l’ancien fonds arabe de Paris. D’autres reculent la date de sa mort jusqu’à l’année 696 ou 1296 de notre ère. Il avait environ 80 ans.
Ebn Ennefis écrivit beaucoup et un grand nombre d’exemplaires de ses écrits nous sont parvenus. Quelques-uns seulement sont des écrits originaux, mais l’un d’eux atteint des proportions extraordinaires, le Charnel. Suivant Hadji Khalfa, l’ouvrage complet devait contenir 300 volumes, et l’auteur en acheva 80, ce qui revient à ce qu’on lit dans la notice précitée que l’ouvrage contient environ cent volumes. La Bibliothèque Bodléienne possède sous les n0" 536,537, 538 et 539 des fragments du Charnel.
La notice du n° 1022 cite un traité d’oculistiqüe.
Ebn Ennefis commenta les Aphorismes d’Hippocrate, et il en existe un exemplaire à Paris, n° 1042 de l’ancien fonds, et d’autres à la Bodléienne et à l’Escurial.
Hadji Khalfa lui attribue un commentaire des Pronostics, n» 3454.
Les mômes collections possèdent un commentaire sur l’anatomie du Canon. L’exemplaire de Paris porte le n° 1002 de l’ancien fonds.
Des Discussions sur le Canon existent à l’Ëscurial et à Oxford, D’autre part Hadji Khalfa lui attribue un commentaire du premier livre, autrement des Généralités. du Canon. Nous lisons dans le n» 804 de l’Escurial qu’il fut recherché par Cothob eddin Echchirazy, lors de sa mission en Egypte.
La Bibliothèque de Leyde possède de lui un commentaire 1 des Questions deHonein et un extrait du Continent L'ouvrage le plus populaire d’Ebn Ennefls est un abrégé du Canon publié sous le titre Moudjiz el Canoun. La divi- \ mon du Moudjiz est celle du Canon, si non que le forma- 1 laire prend place au 2» livre, à la suite des simples, de sorte I
,/lqUatre liVreS seulement au Leu de cinq. Hadji 1 Ivlialfa (13,399) fait le plus grand éloge du Moudjiz, ouvrage complet dans son genre, qui n’a ni les défauts des abrégés ni I ceux des traités volumineux. Ce qui prouve du reste le I mente de cet ouvrage, ce sont les commentaires et les remaniements dont il fut l’objet, honneurs qui se sont reproduits I de nos jours.
Hadji Khalfa mentionne les travaux dont le Moudjiz fut 1 objet et la base, et la plupart de ces travaux nous ont été conservés. Nous croyons devoir en donner la nomenclature J Disons d abord que le Moudjiz se trouve dans la plupart de nos collections orientales. Il existe à Paris sous les n«s 1050 I et 1057 de l’ancien fonds et 1032 du supplément.
Il existe aussi à Oxford,, à Florence et à Munich.
Enfin il existe à l’Escurial, et Casiri s’est trompé en don- | liant le n” 826 comme un commentaire, confondant le corn- I mentateur et l’auteur. Les Bibliothèques de l’Orient en possèdent six exemplaires.
J"0 !®r COmmentaire indiqué par Hadji Khalfa est I
celui d El Akcliaraï, qui dut vivre dans le courant du XIVe I siècle. Il porte le titre de Hall el Moudjiz comme qui dirait • la clef du Moudjiz. Il existe à la Bodléienne sous les n« 581, 029 et 635. Nous en avons compté six exemplaires dans les Bibliothèques de l’Orient.
Le second est celui de Nefis ben Aoudh qui fut terminé 1 en l’année 841 de l’hégire (1438), à Samatcand. Hadji Khalfa le considère comme le meilleur de tous. Il existe à Oxford I et à l’Escurial, et copieux en Orient. Ce qui a induit en erreur Casiri, c’est la similitude des noms de Nefis ben Aoudh I et d Ebn Ennefis.
Hadji Khalfa mentionne ensuite deux commentaires, l’un de Rars eddiu Ahmed ben Ibrahim el Haleby, mort en 971 I
(1303), l'autre (le Souidy, mort eu 090 de l’hégire. Ce dernier serait donc contemporain d’Ebn Ennefis, si on fixe la date I de sa mort en l’année 096 de l'hégire. Nous ne connaissons pas d’autre mention de ces deux commentaires.
Un autre commentaire, qui n’eut pas moins de vogue que [ celui de Nefis ben Aoudli, est celui de Sedid el Cazrotmy, , qui parut sous le titre de Morny, ou le Suffisant.
I Les exemplaires en sont communs. Il en existe à Paris sous les nos 1004, 1005 et 1000 de l’ancien fonds et n01 1034 et probablement 1035 du supplément. Ce commentaire, aussi bien que l’original, a eu récemment les honneurs de l’irn- J pression.
I II existe enfin un commentaire avec le titre Moundjiz par Mdbmoud ben Ahmed el Amchathy, médecin du XVe siècle ; fce commentaire existe à Paris sous len° 1025 du supplément. ; Cothob eddin Ecchirazy, au dire de Hadji Khalfa, en aurait ^également fait un.
Le Moudjiz d’Ebn Ennefis a eu récemment les honneurs de l’impression à Calcutta, sous le titre anglais : Moojiz ool Qanoon, a medical work bi Alee bin Abee il Huzm the Karashite, commonly Known by the name of Ibn ool Nufees, ediied by Moulavee Moohammud Solymcin of Herat and Rooh ool Ameen of Boolee. 1828. Piibl. und the auth. of the comm.of publ. instr.
Cette édition s’accompag-ne de quelques notes. Ainsi, en regard de noms techniques défigurés par les Arabes, on a mis l’original grec. Cependant on eût pu apporter plus de soin. Ainsi en regard du nom. de Philagrius, régulièrement transcrit en arabe, on a mis : nomen incertum.
Ebn Ennefis fit aussi un commentaire sur un ouvrage intitulé Hedaia Fitthobb, le Guide en médecine.
La liste supplémentaire du Musée britannique nous fournit encore les noms de quelques médecins syriens de cette époque. Si incomplets qu’ils soient, nous reproduirons ces renseignements.
RAÉi’a EDDIN EDDJILY.
liafi eddin Abou Hamid Abdel Aziz Ebn Abdel Ouahidj Eddjily, était juge à Damas, et mourut en l’année 641 de l'hégire (1243\
SEIF EDDIN EL AMIDY.
Seif eddin Aboui Hassan Ali ebn Abi Ali el Amidy, mourut à Damas en l’année 1233 (1).