ABOU BECR EL PAR S Y
Abou Becr el Farsy est l’auteur d’un opuscule qui porte le titre El Dorrat el Mountekheba fil adouïat el moudjarribat, la Perle choisie des remèdes expérimentés. 11 existe à l’ancien fonds arabe de Paris sous le n° 1085.
Il est divisé en XII sections, et relate les médicaments qui conviennent à chaque maladie, en suivant l’ordre habituel de ces résumés. C’est un écrit sans portée dont le XI0 chapitre est consacré aux talismans. Il est dédié à Malek el Modhaffer, fils" du sultan alors régnant, Moulana, Malek el Mansour.
(1) Hadji Kkalfa, n° 13G, lui attribue un livre intitulé Ahlcam el Ahkam, jugements des jugements. Nous ignorons s’il s’agit de médecine ou d’astrologie.
SÏRIE.
La Perle choisie est aussi mentionnée p&r Hadji Khalfa, I sous le n» 4795. Ce livre, dit-il, traite de la médecine corporelle et de la médecine spirituelle, et il est divisé en XII parties. Nous trouvons, toutefois, dans Hadji Khalfa deux ^différences. La première porte sur le nom de l’auteur, qui est appelée Nasr ben Nasr. Cet ouvrage existe aussi dans la bibliothèque de Copenhague, et le catalogue observe que le L .copiste donne à l’auteur le nom d’Abqubecr elFarsy, contrairement à ce qu’on lit dans Hadji Khalfa. L’autre différence porte sur le nom du prince, appelé par Hadji Klialfa Daoud fils du sultan Malek el Mansour. Cette double difficulté est du reste facile à résoudre.
[ Les noms du prince et de l’auteur dans notre Manuscrit ne sont en définitive que des surnoms, et le vrai nom se trouve de part et d’autre absent. A défaut de document plus explicite nous n’hésitons pas à considérer Nasr comme le nom d’Abou Becr el Farsy, et Daoud cprnme „celui de Malek el Modhaffer.
Il reste cependant une autre difficulté : les documents actuellement àvnotre disposition relativement à Malek el Modhaffer se trouvant en discordance, nous croyons que l’erreur est du côté de d’Herbelot.
Malek el Mansour, descendant de Rassoul et chef de la dynastie Rassoulide, laissait en l’année 647 de l’hégire, 1249 de notre ère, le trône de l’Yémen à son fils Modhaffer. Nous trouvons dans d’Herbelot et ailleurs, notamment dans le Nacery de M. Perron, que le nom de Modhaffer était Yousouf et non pas Daoud.
Si nous ne pouvons expliquer cette contradiction, il n'en reste pas moins établi que, dans le courant du XIIIe siècle, Abou Becr el Farsy dédiait son ouvrage à un prince rassoulide. Nous aurons plus d’une occasion de constater les encouragements donnés par ces petits souverains à la science, qu’ils cultivaient eux-mêmes.