MOHAMMED BEN ISMAÏL
Nous ne le connaissons que par un commentaire de 1 ’Ardjouza d’Avicenne, vulgairement le Cantique, dont il I existe un exemplaire autographe à Paris, n° 1022 du supplé- 1 ment arabe, daté de l’art 788 de l’hégire, 1386 de notre ère. j C’est un volume d’environ 300 feuilles.
L’auteur n’a pas craint de venir après Averroès, qu’iPcite I parfois sous la forme Echcharih, le commentateur.
Ses commentaires sont assez copieux et généralement* intéressants, mais ce qui les dépare, c’est une citation incessante des hadits ou propos de Mahomet relatifs à la méde- 1 cine, concurremment avec un bon nombre de médecins éminents. C’est ainsi que nous trouvons un hadits à propos de I la question de savoir si la femme a une semence, et la ré- ! ponse est affirmative. On ajoute même que la prédominance* de la semence du mâle ou de la femelle dans la conception! détermine le sexe. Un autre hadits nous apprend que l’esprit vient habiter le corps quarante jours après la concep- 1 tion. Les auteurs cités sont au nombre d’ufie trentaine, et ce sont les sommités de la médecine grecque et arabe. A la fin du volume, l’auteur donne sur chacun d’eux une notice soinmaireoùl’on trouve quelquefois des renseignementsàrecueillir, ainsi, à propos d’Ebn Ennefis, le dernier en date. La biographie d’Avicenne est plus longuement traitée. Nous avons observé une erreur à propos de Harets, qu’il dit avoir été l’élève de Massih ben el Hakam. A propos de Galien, il rapporte ce conte reproduit aussi chez Ebn Abi Ossaïbiali, que sur la nouvelle des miracles de Jésus, Galieu partit pour la Palestine.
Le passage relatif au vin n’est pas commenté, mais il figure dans le texte d’Avicenne, reproduit à part.
L’auteur donne aussi un traité sommaire des poids et mesures.
Le commentaire n’est donc pas d’Averroès, comme l’a cru M. Renan, p. 84.
IBRAHIM BEN AIIM'ED BEN TARIvHAN.
Il nous est connu seulement par un manuscrit du supplément arabe, il0 877, petit in-4° de 300 feuilles, qui paraît être un autographe. Il porte le titre de Kitàb essimat fi es ma ennebat, moyen de connaître le nom des plantes. L’ordonnance est alphabétique.
C’est un traité de synonymies botaniques, non . par une simple juxtaposition, mais avec quelques développements. Toutefois, l’exécution est assez médiocre. L’auteur a puisé environ les trois quarts de ses matériaux chez Ebn el Beitbâr, soit dans les Simples, soit dans le Mor’ny, mais il a plus d’une fois mal lu, et, d’autres fois, il a consacré lesfautes qu’il a rencontrées dans ses manuscrits. Quelques erreurs doivent être aussi de son crû...
Quelques mots sont mal écrits et placés dans une lettre qui leur est étrangère. Ainsi le Dioudar, qui a pour synonymie Sanouber hindy, pin de l’Inde, est placé à la lettre Dhal, sans doute parce que l’auteur a puisé dans le Mor’ny. Le pouliot, en grec Glëdidn peut subir bien des altérations par la faute des copistes- L’auteur le transcrit Alendjan, et il a, soin de noter les lettres qui entrent dans sa composition. Parfois, il donne à . tort des étymologies grecques.
Cet ouvrage n’en a pas moins une certaine utilité parce qu’il donne tous les synonymes. On pourrait dire que c’est tout simplement, du moins en majeure partie, un Index d’Ebn el Beitliâr, car l’auteur ne met rien du sien, pas même la critique.
Les quelques autres citations étant d’une date antérieure à
Ebn el Beithâr, nous pouvons placer notre auteur au XIV* siècle.
MOHAMMED BEN ABI THALEB EL ANSARY ESSOUFY EDDIMACHIvY
Nous ne le connaissons que par ses œuvres. Il est autetjfi (l’un traité de physiognomonie qui existe au supplément arabe, n° 963. Il en existe uij autre à l’ancien fonds déjà signalé par d’Herbelot, qui nous apprend ailleurs que l’auteur mourut en 1337 (738 de l’hégire). Le n° 963 ne contient que 44 feuilles, mais il est bien rempli.
L’auteur donne le nom de ses devanciers qu’il a consultés et qu’il désigne dans le cours de l’ouvrage par une lettre de leur nom. Les principaux sont Aristote, Philémon, Razès, Chaféy, Ebn Araby, .etc. L’auteur a soin d’avertir que la science de la physiognomonie n’a rien de contraire au Livre ni à la Sounna.
Après des généralités, il aborde l’étude des races et il en donne les caractères physiques, et moraux. Il fait le recensement d’une quinzaine de nations asiatiques parmi lesquelles figurent les Chinois.
Viennent ensuite les races de femmes, en moins grand nombre.
Après l’étude des agglomérations humaines, ou passe à celle de l’individu. Alors sont exposés les indices fournis par les caractères généraux, tels que la couleur de la peau, les cheveux, les fonctions naturelles, la croissance, l’état du pouls, etc. ; enfin les tempéraments.
Il est ensuite question des organes en particulier, dans leurs rapports avec le tempérament,
Ici se pla.ce une étude de la femme, assez longuement étudiée, au point de vue de celui qui l’achète comme esclave ou comme concubine. C’est surtout au point de vue des rec lations sexuelles que les indications sont données. NoUilù avons ensuite une description de la femme accomplie. La femme est divisée en huit typeSj toujours au point de vue des rapports avec l’homme.
Nous arrivons à la physiognomonie proprement dite, 1 c’est-à-dire à l’étude de l’extérieur du corps et des régions depuis la tète jusqu’aux pieds et à leurs rapports avec le caractère. La tête et la face, et surtout l’œil, occupent une large place.
Après l’analyse, vient la synthèse, et nous trouvons exposé l’ensemble des traits appartenant à chaque caractère en particulier. Ainsi on nous décrit l’homme intelligent, le philosophe, l’infidèle ou le traître, l’hûmme religieux, l’homme courageux, etc.
Il est alors question de la Chiromancie, et l’auteur finit par l’exposé des signes de la mort d’après Hippocrate.
Il écrivit aussi un traité des merveilles de la nature.
ÀBOÜ BEKR BEN YOUSEF BEN ABI BEKK BEN 1USSEN BEN MOHAMMED Et/ CASSES!.
Il existe de lui au supplément arabe',' h” Ü87, un Thiité ■ d’Aviceptologie qui ne fournit aucun renseignement 'sur l’auteur. Il contient 188 feuilles et porte le titre de Kitab Ecldjaouarih oua ouloum el Bezarda, Livre des oiseaux de proie et science des fauconniers/ !
L’ouvrage se divise en théorie et en pratique.
La deuxième partie est le traitement de ces animaux et nous sommes tout étonnés de rencontrer les noms de certaines maladies, telles' que l’asthme, l’hépatite, le rhumatisme, la cataracte, etc. On nous donne, entre autres, la recette d’un électuaire contre l’indigestion. On donne aussi l’art de les engraisser.
L’auteur cite assez fréquemment Erra’thriq, qui dit, entre autres choses, que le meillèur faucon est celui qui tourne au blanc, et que, de tous lés oiseaux, le meilleur est celui qui porte le nom de Chahin. Cet Err’atliriq est 'également cité dans un ouvrage du même genre qui existe au Musée' britannique, n° 1367, et qui est donné par le catalbguè comme identique avec le n° 898 de l’Escurial. Nous en avous déjà parlé,
Le Kitab el Akoual
Oü TRAITÉ DE MÉDECINE VÉTÉRINAIRE.
Il existe au supplément arabe, n° 996, un Traité anonyme de médecine vétérinaire qui porte le titre de Kitab el Akoual el Kafya, Livre des discours suffisants. Des six livres qu’il contient, le quatrième est consacré aux maladies des ch e vau» I les autres à l’hippologie proprement dite et à quelques animaux domestiques autres que le cheval.
Nous en relaterons un passage intéressant.
« Récit de la maladie qui sévit sur les chevaux dans l’Iémen èh 'l’aimée 728 (1327).
« C’était une maladie maligne et aiguë, que les contempo rains voyaient pour la première fois; dont on ne trouvait aucune mention chez les anciens et que l’on ne savait comment traiter. Contrairement aux autres maladies, elle débu- , tait sans prodromes, saisissant le cheval debout et mangeant. Les narines sefluxionnaient etjetaient quelque chose comme ! du.mucus, la tête se penchait vers la terre sans pouvoir i se relever, l’animal tombait comme mort, puis se débattait et expirait.
"Venue del’Hadramant, elle envahit l’Iémen et sévit sqr les , chevaux et les mulets, mais surtout sur les chevaux dont il périt un nombre incalculable. »
M. Perron a constaté parla lecture du livre, auquel il a fait plusieurs emprunts, que l’auteur était de la famille régnante, peut-être même souverain de lTémen.
Cette hypothèse est appuyée par ce que nous avons déjàvu au siècle précédent. Omar el Achraf, sultan rassoulide de riémert, est auteur d’un Traité de médecine.
L’auteur du Kitab el Akoual vit l’épizootie de 1327. Parmi les souverains de lTémen qui auraient pu composer ce livre il en est deux El Moudjalied et El Afdhal. Ce dernier mourut! en 778 (1370).