LB0MA8AR
Voyez, pour plus de détails sur les M^., le travail de Wœpke, dans le Journal asiatique de 1862.
ALBUMASAR.
Djafar ben Mohammed ben Omar el Balkhy, surnommé Abou Mâchar, d*où nous avons fait Albumasar, naquit à Balkh et mourut centenaire h Ouasith, en l'année 272 de l'hégire, 885 de notre ère.
Nous connaissons, par le Kitab el hokama, les titres d'une quarantaine de ses ouvragées, embrassant l'astronomie, la chronolog'ie, l'astrologie, la météorologie, la divination par les songes, etc.
Comme le fait observer M. Reinaud, dans son Introduction à la géographie des Orientaux, Albumasar vaut mieux que la renommée qull a laissée chez nous, qui ne connaissons guère de lui que la partie astrologique de ses écrits. Il s'était initié aux doctrines mathématiques des Persans et des Indiens, on dit même qu'il pénétra jusqu'au Gange. Ses tables astronomiques, calculées d'après ses propres observations, ne nous sont point parvenues.
Plusieurs ouvrages d' Albumasar ont été traduits en latin. On trouve notamment les suivants à la Bibliothèque nationale:
Flores de judiciis annorum.
Liber experimentorum.
De revolutionibus annorum.
I)e revolutionibus nativitatum.
De occultis.
De magnis conjunctionibus.
Liber Imbrium.
Major tntroductoriuH in magisterio scieutias astrorum, traduit de l'arabe en latiu, par Jean de Séville.
Ce dernierse trouve notamment au n* 10,2()4. Dans le même Ms. est lu Liber conjuuctionum, où nous lisons a Texplicit : Cum laude Dei et ejus auxilio et Dei maledictio stf super Mahometum et super socios ejus.
510 HlaTOIRË DE lA MÉDECINE ARABE. -" LIVRE IIUITIÊME.
On a imprimé Flores aatrologisB, De magnis coBjunctionibus» Introductorius in astronomiam.
Albamazar a été traduit en grec. Il existe à Paris ses traités des songes, n" 2427 et son commentaire du Tétrabîblon, n^ 2504 du fonds grec.
ALBATANY,
Mohammed ben Djaber ben Sinan naquit à Batan, d*oii son surnom d'El Batany, vulgairement Albatenius. Il mourut en 317 de l'hégire (929) d'après le Kitab el hokama.
C'est un des astronomes arabes qui acquirent le plus de célébrité chez nous. M. Sédillot dit qu'on a exagéré ses découvertes en mathématiques et en astronomie» faute d'avoir connu ses devanciers. Il lui attribue dans l'astronomie arabe la position de Ptolémée dans l'astronomie grecque.
Tel est le plus connu de ses ouvrages :
De motibus celestium corporum, traduit par Platon de Tibur.
La traduction de son Centiloquium est anonyme.
On connaît encore une traduction espagnole, commandée par Alphonse : Libre de les Ganones de Âlbateni.
Nous citerons, d'après Delalande, les éditions suivantes :
Le Centiloquium avec celui d'Hermès et de Ptolémée,
Bethen arabis astronomi opuscula, même année.
De motu stellarum, avec Âlfragan, 1537.
AHMED BEN lOUSEF.
Cet autetlr, dont nous possédons deux ouvrages traduits par Gérard de Crémone, soulève quelques difficultés.
L'une de ces traductions, qui existe au n* 12SG de la Maza« rine, porte le nom d'Ahmed ben Mot/sis, ce qui ne pourrait convenir qu'à l'un des fils de Moussa ben Ghaker. Malheu«* reusement, nous ne trouvons pas, dans la nomenclature des écrits d'Ahmed ben Moussa, ce dont il est question ici. Une
ABOU OSTtfAK. 511
seule autorité ne peut prévaloir contre plusieurs autres, d'autant plus que les noms Ahmed ben lonséf se trouvent dans Tune et l'autre de ces traductions. On pourrait dire» il est vrai, qu'elles sont Tœuvre d'un même traducteur, cependant il serait étrange que les deux Mss. sur lesquels il a opéré se soient ainsi rencontrés.
Quel peut être cet Ahmed ben lousef ? Le Kitab el hokama (Gasiri, I. 372) parle bien d'un Ahmed ben Yousef d'une époque et d'un pays inconnus, commentateur de Ptolémée et astrolo^Ci qui dut nécessairement s'occuper de mathématiques. Mais cet Ahmed a pour prénoms Aboul Abbas, et le Ms. 0335 donne Abou Djafar, de sorte que l'identité ne paraît guère admissible.
Tels sont ces écrits: Dearcuhussimilibus n** 0335 et 11,247.
De proportione et proportionalitate n** 7377 h et 1250 de la Maiarine.
Nous nous arrêterons sur ce dernier, celui qui porte ben Moyriê^ tant au commencement du prçlogue, qu'au commencement du livre.
Tel est le début de Touvrage. Incipiamus ergo loqui de proportione et aRéramus difflnitionem in libre Euclidis (le V* ch») inventam, etc.
L'auteur s'arrête d'abord sur la définition d'Euclide, qu'il croit mal rendue par le traducteur. Il faut, dit-il, qu'un interprète connaisse^ outre la langue de laquelle il traduit et celle dans laquelle il traduit, la science dont il est question.
Ce passage est précisément celui que Ton trouve cité dans la notice qui précède la liste des écrits de Gérard*
ABOU OSTMAN SAID DB DAlIAS»
Abou Otsman Saïd vivait & la fin du IX' siècle et au commencement du X*. Nous le connaissons déjà comme traducteur. Parmi ses traductions compte celle des Éléments d'Euclide. Ali ben Ahmed, dans l'article Euclide du Kitab el hokama, est cité comme ayant vu & Bagdad en 080, la traduction du X* livre par Abou Otsman. Le livre existait donc
isolé, ce qui explique peut-être pourquoi nous en reacontrona une traduction latine, d'après la version d^Âbou Otsman.
Cette traduction existe aux n*» 7260, 7377 et 9335 de la Bibliothèque nationale. Les titres varient un peu dans ces dif» férents exemplaires, ainsi nous lisons: Liber Saydi Aba Othmi, decimus liber Euclidis editione ab Othman Damasceni (pour Abu Othman).
Le n*" 7266 et le n^ 9335, qui ont le môme titre, Liber Saydi Abu Othmi, commencent également de la même manière : Scias quod scientia figfurarum superficialium et corporearum est ut noscas quid in figura cujus area queritur ex quantitate nota in qua convenerunt contineatur. Dans les Mss. cet opuscule vient après le Liber menaurationis.
Dans le n* 7377 A, il vient après le Liber augmenti et dîminutionisj et tel en est le titre : Tractatus primus exponens tractatum decimi libri Euclidis editione Ab Othmen in intentione magnitudinum rationalium et surdarum, que dicte sunt in tractatu decimo libri Euclidis in elementis. Intentio in tractatu decimo libri Euclidis est inquisitio de magnitu* dinibus commun icantibus (quantités commensurables), etc.» f 68.
Ces mots tractatus primus nous ont fait soupçonner que ce serait peut-être le commencement ou l'introduction d*un Compendium de mathématiques dont on trouverait la suite aux folios suivants, et qui aurait comme fonds Abou Gamel Chodja commenté par Ali ben Ahmed el Omrany, dont nous reparlerons. On pourrait alors rapporter la traduction à Savasorda et non à Gérard, comme le pense M. Chasles.
Liber Ababuchri (ou abuchri) qui dicebatur heus.
Il existe sous ce titre, aux n*' 72G6, 7377 A et 9335 de la B. nationale, un fragment de mathématiques anonyme, qui se retrouve aussi mentionné dans la liste bibliographique de Gérard de Crémone. (Liber menaurationis).
Qui devons-nous voir dans ces mots: Ababuchri ou Abu-
ABOU KAmIEL CHODJA. — ALI BEN AHMKl). 513
chrl, qui dlcebatur heus? Nous sommes habitués à rencontrer des noips altérés dans les traductions latines, que ce soit la faute des traducteurs ou des copistes. Ce qui nous paraît offrir le plus de ressemblance, c'est Abou Bekr Ra^ès.
Nous savons que Razès, comme tant d'autres médecins éminente, cultivait aussi les mathématiques ; on en rencontre quelques traités dans la liste de ses écrits, donnée par Ebn Abi Ossaîbiah et Djemal eddin. L'un d'entre eux porte ce titre : Contre ceux qui déprécient les mathématiques. Un autre porte un titre plus Général.
Ce qui fait l'intérêt de ce livre, dit M. Ghasles, c*cst qu'il y est fait souvent application des règles de l'algèbre, ce qui prouve l'introduction de l'algèbre en Europe dans le cours de XII* siècle, contrairement à l'opinion de Libri.
Cet opuscule, ajoute M. Ghasles, était primitivement précédé d'un traité d'algèbre, soit dans Toriginal, soit dans l'autographe de Gérard, attendu que Ton y renvoie souvent, et une note dit que ce traité était celui de Saîd (Abou Otsman). M. Ghasles conclut que ce traité pourrait être celui que l'on rencontre dans les Mss., et qui commence par ces mots : Primum quod necessarium est aspicienti, etc.
Quant à Saïd, nous avons déjà dit où nous croyons avoir reconnu son œuvre.
Quant à ce nouveau traité, nous croyons qu'il est l'œuvre de deux mathématiciens dont l'un serait l'auteur original, et l'autre le commentateur. Nous allons en parler.
▲Bon KAMEL CHOIXJA (bEN IBRAHIM) BEN ASLEtf. ALI BEN AHMED EL OMRANV.
Voici, en somme, ce qu'on lit dans le Kitab el hokama, reproduit par Gasiri, I, 410 : Ali ben Ahmed el Omrany, de Mossoul, mathématicien décédé en l'année 344 (055 de notre ère) laissa un commentaire sur l'Algèbre d'Abou Kamel Chodja, un livre des Elections, et plusieurs autres ouvrageb d'astrologie.
Le fragment qui commence par ces mots : Primum quod