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Asie mineure. Il se trouvait au siège de Jérusalem avec Saladio, qui lui fît une pension. Au Caire, il rencontra Maimonides, dont le livre intitulé le Guide des égarés lui parut un mauvais livre. A Damas, il exerça et professa la médecine avec distinction. Etant de séjour à Alep, il entretenait une correspondance avec Ebn Abi Ossaïbiah^ dont le père fut aussi Tami d*Abdellatif. Il mourut à Bagdad en Tannce C20 de l'hégire, 1231 de Tère chrétienne.
Abdellatif écrivit beaucoup, et nous avons les titres de plus d'une centaine d'ouvrages de sa composition. La plupart ont trait à la médecine et un grand nombre ne sont que ^ des abrégés d'auteurs anciens ou modernes, ou des commentaires. Il en est plusieurs qui ont trait à la matière médi*> cale. Ainsi : Des principes des médicaments simples (dont le Ms. existe à la Bibliothèque de Paris) ; des Traités sur la rhubarbe, le scinque, le froment, la vigne et le vin, la thériaque ; des Abrégés des Traités des médicaments simples d'Eben Ouafed et d'Ebu Samadjouu ; des doses des médicaments composés, etc.
Ce ne sont IJi que des œuvres de compilation, mais Abdellatif a prouvé dans sa description de l'Egypte qu'il savait unir le t^ilent d*observation à l'étude des anciens. Le II* livre est consacré à la description des produits végétaux de l'Egypte. Ony remarque d'abord un long article sur le Lebakh, le Persea des anciens, qui a donné lieu a tant de commentaires, et qu' Abdellatif nous dit devenu rare de son temps. Nous citerons encore les articles du sycomore, du baumîer, de la colocasio et surtout celui du bananier. A propos de la colocasic, M. de Sacy a fait remarquer qu'Abdellatif lui appliquait ce que Diosroridos îivait dit de la fève égyptienne. Le ]!• livre de la description do l'Egypte a été de la part de M. de Sary l'objet de longs et savant-; commentaires, que l'on peut citer comme un rare modèle i\\\ genre, et qui sont un des documents les plus imlisjjensables h consulter pour quiconque veut connaître riiisloirc naturelle de l'Egypte. On ne sait ce qu'on doit le plus admirer dans ce travail, de l'immense érudition ou diî l'esprit judicieux qui la met en <iMivre.
184 HISTOIRE DE LA MI^DECINE ARAnE. — LIVRE SIXIEME.
Dans la description de TEgrjT^e!, nous devons signaler[encure quelques-uns des derniers chapitres. Celui consacré aux mets particuliers à l'Egypte et ceux consacrés au récit de la famine et de la peste qui ravagèrent l'Egypte dans les premières annéeadu XIIP iiiècle. La mortalité fut effrayante (1). L'auteur estime qu'un monceau de squelettes, sur lesquels il fit de curieuses observations anatomiques, en contenait envi* ron 20,000.
Il y a là un passage curieux, que nous croyons devoir transcrire en entier.
« Plusieurs personnes du nombre de celles qui me fréquentaient assidûment pour conférer avec moi de médecine, étant parvenues au Traité d'Anatomie (de Galien), avaient peine à me comprendre, et moi à me faire entendre d'elles, parce qu'il y a une grande différence entre une description verbale et l'inspection même des choses. Ayant donc appris qu'il y avait à Maks une colline sur laquelle étaient accumulés des ossements humains en grande quantité^ nous nous y rendîmes, et nous vîmes un monticule d'une étendue consirable composé de débris de cadavres humains; il y en avait plus que de terre, et l'on pouvait estimer à vingt mille cadavres et plus la quantité que les yeux apercevaient. Ils se distinguaient en diverses classes, à raison de leur plus ou moins de vétusté.
En considérant ces cadavres, nous y avons recueilli bur la figure des os, leurs jointures, leurs emboîtures, leurs proportions respectives et leurs positions, des lumières que les livres ne nous auraient jamais xirocurées ; soit parce qu'on a omis d'en parler, soit parce que les expressions dans lesquelles on en a parlé ne présentent pas la chose d'une manière assez précise pour que l'on s'en forme une juste idée, soit enfin parce que l'idée qu'ils en donnent est contraire à ce que nous avons reconnu par l'inspection ; car les preuves qui tombent sous les sens, sont bien supérieures à celles qui ne sont fondées que sur l'autorité. En effet, quoi que Galieu
(1) Il faut lire dans M. de Sac^r le récit effrayant de Tantropophngie qui fut la suite de cette famine.
SYtllE. IH,")
ait apporté la plus scrupuleuse exactitude et le soin le plus attentif à tout ce qu'il a fait et à tout ce qu'il a rapporté, cependant le témoi^nagre des sens mérite d'être cru préférablement au sien, ce qui n'empêche pas qu'on ne puisse ensuite chercher, s'il est possible, un moyen d'expliquer ses paroles de manière à y trouver un sens qui le justifie.
Une des remarques que nous avons faîtes a pour objet l'os de la mâchoire inférieure. Tous les anatomistes s'accordent à dire que cette mâchoire est composée de deux os qui sont fermement réunis vers le menton : quand je dis tous les anatomistes, c'est comme si je disais Galien tout seul ; car c'est lui seul qui a pratiqué personnellement les opérations anatomiques, qui en a fait l'objet particulier de son étude et de ses recherches, et qui a composé sur cette matière plusieurs ouvragées, dont nous possédons les principaux, les autres n'ont pas été traduits en arabe.
Or l'inspection de cette partie des cadavres nous a convaincus que l'os de la mâchoire inférieure est unique ; qu'il n'y a ni jointure ni suture.
Nous en avons réitéré l'observation un grand nombre de fois, sur plus de deux cents tètes ; nous avons employé toute sorte de moyens pour nous assurer de la vérité, et nous n'y avons jamais reconnu qu'un seul os. Nous nous sommes aidés de différentes personnes, qui ont répété en leur particulier le même examen, tant en notre absence que sous nos yeux ; et elles n'y ont jamais vu, comme nous, qu'un seul os, ainsi que nous.l'avons dit. Nous avons fait dépareilles observations Aurdivers autres articles; et si la providence favorise notre projet, nous composerons sur cette matière un traité dans lequel nous rapporterons ce que nous avons vu, en le comparant avec ce que nous avons appris dans les livres de Galien. J'ai encore examiné ce même os dans les anciens sépulcre:» de Bousir, et j'ai toujours trouvé qu'il n'y avait ni jointure ni suture. On sait que, par un grand laps de temps, les sutures les plus imperceptibles et les jointure.s les plus solides deviennent sensibles et se séparent; mais pour l'os de la mâchoire inférieure dont il s'agit, dans tous les cas on le trouve d'une seule pièce.
18*5 HTSTOIRE DE L\ MÉDECINE ARAIîE. — LIVRE SIXIÈME.
Suivant Galien, Tos sacrum et le coccyx réunis sont composés de bix os. Pour moi j'ai trouvé que le tout ne faisait qu'un seul os, et après avoir examiné la chose de toutes les manières, j'ai toujours obtenu le même résultat. Ayant ensuite fait le même examen sur un autre cadavre, j'ai reconnu que cette pièce osseuse y était composé de six os, comme l'a dit Galien ; et la totalité des cadavres que j'ai observés depuis m'a présenté constamment le même phénomène, à l'exception de deux seulement, où ces parties ne formaient qu'un seul et même os; mais dans tous j'ai trouvé ces os joints trèssolidement.
Au surplus, je ne suis pas aussi certain de ceci que de ce que j'ai dit en avançant, relativement à la mâchoire inférieure, qu'elle n'est formée que d'un seul os > Trad. de M. de Sacy. Abdellatif, 418.
Tels sont les écrits d' Abdellatif sur la médecine en général :
Commentaire sur les Aphorismes.
Sur le commentaire des maladies aig^uës d'Hippocrate par Galien.
Abrégé des Fonctions des organes de Galien.
Abrégé des Opinions d'Hippocrate et de Platon.
Abrégé du Livre du fœtus.
Abrégé du Livre de la voix.
Abrégé du Livre du sperme.
Abrégé du Livre de la respiration.
Abrégé des espèces de fièvres.
Abrégé du Livre des fièvres d'Israïly.
Abrégé du Livre des urines, du même.
De l'eau. De la soif.
Des origines de la médecine.
Du traitement par les contraires.
Du diabète et de son traitement.
Des tempéraments.
Des crises.
Traité d'anatomie.
Réponse à Aliben ilodhouan sur les divergences d'Aristote et de Platon.
Réponse à Ebn el Khatliib sur son commentaire des Généralités du Canon, dédié à Rachid eddin, oncle d'Ebn Âbi Ossaïbiah.
Sur les gloses d'Kbn Eddjami sur le Canon.
Des sens.
De la parole, de la voix et de la respiration.
Abrégé de Thygiène de Galien.
De Tobjet de la médecine.
De la phrénésie.
De rhypochondrie.
Abrégé de la Colique d'Ebn Abîl Achats.
Abrégé du Livre des animaux, du môme.
Abrégé des Animaax d'Aristote.