‹ Histoire de la médecine arabe (volume 3)Chapitre 97 sur 165 · I. Le Pantegni · texte numérisé non relu

I. Le Pantegni

Ce qui nous est donné de Constantin, sous le titre de Pautegni, n*est autre chose que la traduction du îlaleky d'Âli ben el Abbas, avec quelques additions et modifications.

Constantin a remanié l'importante préface du Maleky et il y a ajouté la mention des seize livres de Galien, déjà signalés par Darembergr, et sur lesquels nous nous sommes amplement étendus.

C'est au Viatique ainsi qu'au Pantegnique Constantin doit son renom de plagiaire ; c'est à propos de ces deux ouvrages que l'on a fait récemment quelque bruit autour de son nom.

Telle est la dédicace du Pantegni : < A son Seigneur abbé du Mont-Cassin, très révérend père et même la perle brillante de tout l'ordre ecclésiastique» Constantin l'Africain, sou moine, bien qu'indigne. >

On lit ensuite, entre autres choses, dans cette dédicace :

c Comprenant l'utilité de l'art et parcourant les ouvrages latins, je me suis retourné vers nos anciens et nos modernes. J'ai parcouru Hippocrate, le maître de l'art, ainsi que Galien, et parmi les nouveaux, Alexandre, Paul et Oribase. »

Certes, on ne voit guère conunent une pareille dédicace et les souvenirs qui y sont évoqués, peuvent servir d'introduction au Pantegni, leqnel n'est en définitive que le Maleky d'Ali ben el Abbas (I).

Pour expliquer cette incohérence, à quelle hypothèse recourir ?

Nous nous contenterons maintenant d'en rappeler une émise par Daremberg. Constantin n'aurait-il pas cru pouvoir faire passer plus avantageusement sa traduction en la donnant sous le couvert des grands médecins de la Grèce, au lieu d'avancer son origine arabe et sa qualité de traduction?

(1) Pour qui la collation des deux écrits serait par trop longue et fastidieuse, lire les deux préfaces mises ea regard Tune de l'autre par Daremberg, Archives des missions, IX.

900 HISTOIRE DB LA IftoBCINB ARABB. — LIVRE HUITIÈME.

A eette hypothèse, nous en ajouterons une autre. Gonstantin n'aurait-il pas plutôt obéi à un mot d*OTdre donné par Tabbé Didier? Cette science et ces noms arabes n'auraient-ils point paru mal sonnants dans l'enceinte du monastère ? Gonstantin doit évidemment à son passé de musulman tout son savoir de médecin. Pierre Diacre ne semble-t-il pas atténuer ce fait en nous énnmérant la liste fabuleuse des lang^ues sues par Constantin?

On pourrait même se demander si la lettre à l'abbé Didier ne vise pas aussi bien un ensemble de travaux qu'un travail particulier. L'élève de Gonstantin, Jean, qui recueillit à Naples tous les écrits de son maître, ne les aurait*il pas remaniés?

Quoi qu'il en soit, il n'en estpas*moins vrai que plusieurs manuscrits de Constantin nous donnent le Pantegni, comme une simple traduction, tranalatum. Nous citerons particulièrement les n^ de la Bibliothèque nationale de Paris 6885, C886, 7042, 11,228.

D'autre part, on peut supposer aussi que Constantin a bien pu conserver les habitudes des Arabes, chez lesquels on voit constamment des écrivains s'assimiler de longrs passag^es de leurs devanciers^ sans en indiquer la paternité, et comme s'ils étaient de droit tombés dans le domaine public, par cela seulement qu'ils étaient admis comme faisant autorité.

Un auteur allemand, Thierfelder, suivant en cela certains errements du moyen â^, et même de certains éditeurs, a voulu revendiquer le Panteg^ni pour lahaq ben Soleiman, opinion que nous ne prendrons pas la peine de réfuter.

Le Pantegrni parut aussi avec le titre de Theorica et Praetica,

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