RODOLPHE DE BRUGES
L'ouvrage de la Bibliothèque Cottonienne est sans doute le même qui existe à la Bibliothèque nationale, sous le n° 16,552, ancien 1759, et qui avait été déjà signalé par Jourdain. 11 est contenu du f° 24 au f° 28.
Telle est la dédicace : « Cum celestium sphserarum diversam rationem, stellarum diversos ortus diversosque casus mundo inferiori ministrare sit manifestum, hujusque varietatis descriptio ut in piano representetur sit possibile, prout Ptolomeo ejusque sequaci Mesleni qui dictus est Abou Karechita? visum est, proposse suo hujus instrumenti formu^ lam dilectus dilectissimo domino suo Johanni Rodulfus Brugensis Hermanni secundi discipulus scribit. »
Disons d'abord que nous ne connaissons pas ce Jean, et que la qualification de Meslem (Moslema), est une énigme pour nous (1).
L'auteur commence par la description de l'astrolabe. A la feuille 27 on lit : Perfecta astrolabii fabrica, nunc de utilitate ejusquœ necessariasunt subjungamus. L'ouvrage finit à la feuille 28 sans explicit, sur ces paroles: In eodem prccul dubio solem esse recogmosces.
Que cet ouvrage soit une traduction ou bien une compilation, c'est ce qui n'est pas expressément énoncé. La qualification que prend Rodolphe, de disciple d'Hermann le second, semblerait accuser chez lui la connaissance de l'arabe. Cette connaissance ne nous paraît pas être la conséquence forcée de la citation de Moslema, qui a effectivement composé un traité de l'astrolabe, qui existe à l'Escurial, n° 967. On pourrait, il est vrai, admettre avec l'Histoire littéraire que Rodolphe habita l'Espagne, mais Moslema put lui venir par une autre voie. Pour trancher la question de traduction il faudrait comparer l'ouvrage de Rodolphe avec le manuscrit de l'Escurial. En attendant, il faut se rappeler que Rodolphe cite simplement Moslema côte à côte avec Ptolémée, ce qui, nous l'avouons, n'exclurait pas la question de traduction, mais ce qui pourrait être plus explicite, même clans une dédicace.
(1) Moslema est dit aussi Aboul Cassem. En aurions -nous une altération?
TUME 11 28
Il n'en reste pas moins hors de doute que le traité de l'astrolabe de Moslema fut connu des Latins.
DANIEL DE MOïtLAY.
Daniel, né en Angleterre, fit de bonnes études à Oxford, puis à Paris. Plus tard, dit Pits, il s'abandonna à des futilités. Avide de connaître les mathématiques, il conçut le projet d'aller chez les Arabes pour les étudier à la source. Ayant appris qu'on les enseignait pareillement à Tolède, il s'y rendit, travailla avec ardeur, puis revint dans son pays, où. il publia de savants ouvrages. On cite: De principiis rerum, De superiore mundo, De inferiore mundo. Il fiorissait en
Bien qu'on ne nous parle pas de ses traductions, Daniel dut apprendre l'arabe et y puiser les éléments de ses écrits. C'est à ce titre que nous avons cru devoir le mentionner.
AURELIU8.
Nous ne le connaissons, non plus que Jourdain, que par un passage qui se lit à la fin de la traduction des Météores :
Completus est liber Metheoraurum, cujus treslibros transtulit Magister Girardus de arabico in latinum : quartum transtulit Henricus de g'rœco in latinum: tria vero ultima Avicennae capitula transtulit Aurelius de arabico in latinum (Ms. 6325). Cette traduction est ég*alement signalée à l'explicit du n° 0310.
EUGENIUS SICULUS.
Eugenius, dit Ammiratus ou Ammiracus Siculus, naquit sans doute en Sicile. Nous ne le connaissons que par la traduction de l'Optique de Ptolémée.
Jourdain croit qu'il appartient au XIII" siècle, contrairement à l'opinion de Caussirij qui le place au XIIr. Il soup-
MAHCUS DE TOLÈDE. 435
çonne même qu'il a écrit à l'instigation de Frédéric II ou de Mainfroy.
Cette traduction existe à Paris aux nos 7310 et 10,260, sous ce titre : Liber Ptolomei de opticis, sive de aspectibus, translatas ab Ammiraco Eugenio siculo de arabico in latinum.
Elle débute par un prologue, où le traducteur exposant que la différence du génie des langues étant une cause de difficulté, il a cru devoir commencer par une introduction pour faciliter au lecteur la connaissance du sujet traité. Dans cette introduction se trouvent quelques mots qui sembleraient appuyer l'opinion de Jourdain : Illa (optica) in presenti libro interpretari non recusavi.