‹ Histoire de la médecine arabe (volume 4)Chapitre 188 sur 241 · MICHEL SCOT · texte numérisé non relu

MICHEL SCOT

y lit au sujet de la rotule : Os qui dicitur ebraice lum genu.

Les mots ebraice et lum sont diversement écrits, mais l'ensemble des Mss. ne permet pas de doute sur le premier ; il signifie évidemment en hébreu. Quand au second, on lit d'autres variantes qui peuvent en modifier le sens : Lune, lumen, peut être limen. Nous n'admettrons pas avec Jourdain que cette dernière lecture soit la bonne et qu'il faille entendre la limite du genou. Jourdain ne s'est pas assuré que le mot hebraice doit être maintenu, ce que nous considérons comme incontestable. Quand à l'autre mot, nous nous abstenons.

Nous croyons avoir observé une trace plus positive du contact de l'hébreu : ce sont les formes Hakakab, la cheville du pied, Haakib, le talon, où nous croyons voir le déterminatif hébreu remplaçant l'article arabe al.

Nous avons aussi rencontré deux ou trois fois: Qui dicitur arabice, ainsi à propos des limaces halzum (halazoun). Il se pourrait que le traducteur hébreu ait conservé ce mot.

On rencontre de même et fréquemment qui dicitur grece, ce qui s'explique facilement. Les traducteurs du grec en arabe ne pouvaient évidemment trouver des équivalents à tous les noms d'animaux mentionnés par Aristote. On fit dans cette traduction ce qui s'est fait dans toutes les autres.

En somme, nous sommes tenté d'admettre, comme le dit Camus quelque part, que la traduction d'Aristote s'est faite en présence de l'hébreu. Il y a plus. Nous croyons que la traduction d'Aristote s'est faite après celle de l'abrégé d'Avicenne, dont nous allons parler. Il n'est pas vraisemblable que Michel Scot ait entrepris la traduction d'Avicenne après avoir fait celle d'Aristote, tandis que le contraire peut très bien s'admettre. L'arabe était évidemment plus connu de Michel Scot que l'hébreu, ce sont les manuscrits arabes qu'il dut chercher d'abord. 11 se pourrait ainsi que, sa traduction d'Avicenne terminée, il ait rencontré un texte hébreu d'Aristote, et qu'il en ait entrepris la traduction en se faisant aider de ce juif André auquel Roger Bacon le dit si redevable. Ce faisant, il ne pouvait naturellement s'abstraire de ses précédentes opérations Bur le texte arabe*

Camus a consulté pour son mémoire les six manuscrits de Paris qui courent de 6788 à G792.

Il en existe un autre au n° 17,843, qui porte un titre que nous retrouvons au n° 1270 de la Mazarine : Liber Aristotelis de animalibus secundum extractionem magistri Michaelis Scoti.

La Bibliothèque de Laon possède sous le n° 441 cette traduction portant ce titre : Aristotelis liber de animalium partibus et generatione ex arabico ab eodem Scoto. (Le Ms. renferme aussi l'abbreviatio d'Avicenne, dont nous allons parler,)

La traduction des Animaux d'Avicenne existe à la Bibliothèque nationale sous les n05 2474 et 0443 ; à l'Arsenal, n° 50 et à Laon, comme nous l'avons déjà dit, au n° 441.

Elle est dédiée à Frédéric, et nous devons reproduire cette dédicace. « Frederice, romanorum imperator, domine mundi, suscipe dévote hune laborem Michaelis Scoti, ut sit gratta capiti tuo et torques collo tuo. »

Cette traduction porte le titre d'Abbreviatio Avicennœ super librum Animalium Aristotelis.

Nous citerons l'explicit de deux de ces manuscrits.

Tel est celui du n° 2474 : Completus est liber Avicenre de Animalibus, ad exemplar magmifici imperatoris domini Frederici apud montem pessulanum.

Consummata est scriptura consummatuinque opus istud VI idus maii anno Domini incarnationis MCCXL IVI us (sic) ? Cette date est en surcharge.

On lit à la fin du n° 50 de l'Arsenal : Completus est liber Aviceme scriptus per magistrum Henricum coloniensem ad exemplar magnifîci imperatoris domini Frederici apud Messiam civitatem Apulise, et dominus imperator eidem magistro hune librum premissum commodavit, anno Domini 1222.

Cette date nous semble venir à l'appui de l'hypothèse que nous avons émise, à savoir l'antériorité de la traduction d'Avicenne sur celle d'Aristote.

Michel Scot est l'auteur d'un livre intitulé Qucstioncs Nicolai peripateticif dont parlent sévèrement Roger Bacon et Albert, qui ne croil pas qu'il soil une production de Nicolas.

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