ARMENGAUD
Armengaud, dit aussi Ermengard, en latin Armengandus était un médecin de Montpellier, qui fut attaché à Philippele-Bel, et vécut sur la fin du XIIIe siècle. Ce fut probablement à Montpellier, auprès des Juifs, qu'il put apprendre l'arabe, car ses traductions nous sont données comme procédant de cette langue. Nous en connaissons trois, celle du Colliget, des Cantica ou Ardjouza d'Avicenne, et les commentaires d' Averroès sur ce dernier ouvrage.
M. Renan dit qu'il n'a aucun renseignement sur la traduction du Colliget. Il fait remarquer, ce que nous avons observé aussi, que le Ms. de l'Arsenal porte : translatus de arabico, et il conclut des mots arabes conservés dans le texte que cette traduction fut faite de l'arabe et non de l'hébreu.
Cette traduction se trouve dans certaines éditions avec le Cantique d'Avicenne et les Commentaires d'Averroès sous l'attribution collective à Armengaitcl, ce qui nous semble attester une commune origine.
Nous reviendrons ici sur un lapsus de l'article Averroès. Il faut lire: L'absence du G intercalaire atteste qu'elle n'a pas été faite en Espagne. Du reste, les termes techniques sont 'étrangement défigurés, mais il faut avouer que beaucoup d'altérations doivent être mises sur le compte des copistes. Bien des noms sont donnés en arabe, avec l'article al. Parfois 011 trouve la lettre H en tète du mot, ce qui semblerait annoncer une provenance de l'hébreu, ou plutôt une influence de l'hébreu. Il est probable que le traducteur se fit aider à Montpellier par des Juifs»
Quant aux traductions du Cantique et de son commentaire, par Averroès, leur attribution à Armengaud ne comporte aucune difficulté.
Ajoutons qu'on lit Armengando Blasii et non Blasio,
comme on le trouve maintes fois chez les modernes, ce qui nous donne le nom de son père. (Huet écrit aussi Blasii).
Enfin Armengand traduisit De sanitate de Maimonide (B. Bodl. n° 974).