‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 11 sur 199 · ÉPOQUE DE MAHOMET · texte numérisé non relu

ÉPOQUE DE MAHOMET

prudence, mais il défendait de quitter le pays en temps de peste.

A certaines calamités il offrait des consolations particulières. C’est ainsi qu’il considérait comme martyrs les pestiférés, les brûlés, les noyés et les femmes mortes en couches.

Mahomet ne s’en tenait pas à des paroles prononcées au hasard des évènements ; il donnait des consultations. C’est eu assistant à ces consultations que sa femme Aïcha, qui l’assistait et l’aidait, devint elle-même habile dans la pratique médicale. Dans les cas difficiles le Prophète envoyait ses malades à Harets.

Nous avons déjà dit qu’il employait les moyens surnaturels. Un hadits semblerait faire entendre qu’il ne prenait cela que comme pis-aller, mais d’autre part nous le voyons admettre la réalité des sorts et l’influence des charmes.

A un charmeur qui lui demandait conseil il répondit : Va, que celui qui peut faire du bien à un de ses frères le fasse. Il exigeait seulement dans l’emploi des paroles qu’elles ne blessassent en rien l’orthodoxie. Il recommandait surtout la lecture du Coran et particulièrement de la première sourate ou Fatha.

Si les hadits sont rarement cités par les grands médecin rj, ou autrement si l’autorité du Prophète est bien rarement' invoquée par eux, ils apparaissent fréquemment chez les écrivains de second ordre. Kazouiny lui-même en a cité un grand nombre. Nous avons pu nous assurer en Algérie que les préceptes du Prophète occupent encore une grande place dans la médecine populaire.

Quelle que soit leur valeur absolue, ils n’en ont pas moins une certaine importance historique. Quelques-uns accusent évidemment une dérivation de la science grecque.

Les hadits ont déjà plus d’une fois attiré l’attention. C’est ainsi que Gagnier leur a consacré le dernier chapitre de son histoire de Mahomet, que Reiske leur a consacré une quarantaine de pages dans ses Opitscula medica.

Enfin M. Perron a publié en 1860 la traduction d’un traité de la médecine du prophète, dans la Gazette médicale de

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l’Algérie, et nous en avoins rendu compte dans la Gazette des Hôpitaux de septembre de la même année. Il est à regretter que M. Perron n’ait pas suffisamment annoté sa traduction.

Nous rencontrerons plus tard un certain nombre d’ouvrages sur la médecine du Prophète.

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