TR.4.DÜCTI0NS DD PERSAN
Les notions scientifiques de la Perse lui vinrent de deux sources, l’Orient et l’Occident, l’Inde et la Grèce.
Nous n’avons pas à revenir sur la fondation de l’école de Djondisabour, sur la protection accordée à la science et aux savants grecs par Chosroës dit le Grand, sur les traductions qu’il fit opérer par Sergius, sur la connaissance qu’il avait lui-même de la philosophie grecque, au point qu’il possédait Aristote et que le Timéede Platon n’avait pas de secrets pour lui. Chosroës provoqua donc sous de plus petites proportions le travail entrepris plus tard par les .Abbassides. (1)
Quant aux Indiens, nous rappellerons Bourzouih et son voyage dans l’Inde, d’où il rapporta le célébré roman de Cailla et Dimna; nous dirons aussi que Chosroës avait à sa cour des médecins de divers pays parmi lesquels on cite un Indien.
La science persane, alors qu’elle attira les regards des Arabes manquait donc d’originalité, car rien ne nous fait voir que les greffes étrangères aient pris en Perse le merveilleux et prompt développement qu’elles prirent chez les Arabes.
Puisant aux mêmes sources que les Persans et plus largement, les Arabes ne leur firent nécessairement que de faibles emprunts.
(1) Voyez Agathias. Nous rappellerons tout à l’heure ces traductions en parlant d’Ebn el Mooaffa.
^SO HrSTOIRE DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE DEUXIÈME.
Nous avons bien les noms d’un certain nombre de traducteurs du persan en arabe, mais nous n’avons que des renseignements très bornés sur les ouvrages qu’ils firent passer d’une langue dans une autre.
Traducteurs.
ABDALLAH BEX MOCAFFA.
Le plus célèbre est Abdallah ben Mocaffa, qui vivait du temps d’El Mansour. Persan d’origine et de religion, il se convertit à l’Islamisme. On lit dans le Fihrist qu’anciennement les Persans avaient traduit des ouvrages de logique et de médecine, et que ces ouvrages furent traduits en arabe par Ebn el Mocaffa. Nous ignorons si ces traductions portèrent en partie sur les écrits qu’Ebn el Mocaffa fit passer du persan en arabe et qui sont ; les Catégories d’Aristote, les Analytiques, l’Interprétation, l’Introduction ou Isagoge de Porphyre. On sait qu’il traduisit aussi Calila et Dimna. Il composa aussi des écrits qui ne rentrent pas dans notre sujet.
Ce qui nous paraît attester la traduction d’ouvrages de médecine du persan en arabe, c’est le grand nombre de mots persans, surtout de matière médicale , qui sont restés dans la langue arabe, les uns conservés intégralement, les autres légèrement modifiés. Nous ne croyons pas que la part prise par les Arabes au commerce des drogues venues de l’Orient puisse rendre suffisamment compte de ces faits.
Tels sont les autres noms de traducteurs donnés par le Fibrist.
Les fils de Noubakbt, Moussa et Yousef, qui traduisaient pour Daoud ben Abdallah ben Hamid.
Ali ben Zeyad Ettemimy. Il traduisit de l’astronomie.
ElHassen ben Sahl.
Ahmed ben labya ben Djaber El Beladory.
Ben Salem el Kateb.
Isbaq ben lév.id. Il traduisit VTkhtiar Nameh.
TEADCCTiONS DE L’xNDUSN ET DU CHA.I,DiSEN.
Mohammed ben Eddjahem el Barmeky.
Hecliam ben Cassem.
Moussa ben Issa el Kourdy.
Dadouïli ben Chabrya d’Ispalian.
Mohammed ben Bahram ben Mathiar d’Ispahan.
Bahram ben Mordanchali.
Omar ben el Farhan.
Nous trouvons plusieurs fois cité chez les écrivains arabes un médecin de Heràt, Ebn Hazardar el Haraouy.
Le Continent de Razès parle aussi quelquefois d’un compendium persan, ou d’un auteur persan, Kounnach elfarsy.
TRADUCTIONS DE e’iNDIEN.
Ces traductions furent beaucoup plus importantes que celles du persan, aussi avons-nous cru devoir consacrer un article spécial à la médecine des Indiens, autant qu’elle se trouve représentée chez les Arabes.
Nous connaissons les noms de deux traducteurs de l’indien en arabe, Manka, médecin de Haroun Errachid, et Ebn Dehh an attaché à l’hôpital des Barmécides.
Les Indiens paraissent avoir fourni aux Arabes un contingent considérable de connaissances astronomiques. Le livre connu sous le nom de Send hend fut traduit dès l’année 773 par Mohammed ben Ibrahim el Fazary, et plus tard sous le règne de Mâmoun abrégé par Mohammed ben Moussa el Khouarezmy. On a prétendu que les Arabes devaient aux Indiens la connaissance de l’algèbre, opinion qui n’est pas celle de M. Sédillot.
Dans la notice de Kanka, le Kitab el hokama parle aussi de traités de musique et d’arithmétique qui seraient parvenus des Indiens aux Arabes.