‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 111 sur 199 · TRADUCTIONS DU CHALDÉEN · texte numérisé non relu

TRADUCTIONS DU CHALDÉEN

Ebn Ouahchya traduisit du Nabathéen en arabe plusieurs ouvrages, parmi lesquels le célèbre traité d’Agriculture Nahathéenne dont nous parlerons plus loin.

De la Médecine et des Médecins de l’Inde,

Après les Grecs, ce sont les Indiens qui apportèrent le plus fort contingent de connaissances médicales aux Arabes. On peut môme dire que leur apport, après celui des Grecs, est le seul sur lequel nous ayons des renseignements étendus et précis.

La supériorité des Grecs n’empêclia pas les Arabes de s’adresser aux Indiens, et le cas qu’ils en firent est attesté par les nombreux emprunts consignés dans le Continent de Bazès, dans Thabary, dans Ebn el Beitliar, dans Sérapion, ; etc,, mais surtout dans le Continent. Ces fragments réunis pourraient déjà nous donner une idée suffisante de la médecine indienne.

Les Arabes ne pouvaient rester étrangers à la médecine des Indiens. Dès la plus liante antiquité , bon nombre d’aromates et de médicaments arrivaient de l’Inde à l’Occident. i Les Arabes comptaient parmi les agents de leur transport, et le bénéfice que leur rapportait ce commerce leur fit une réputation de richesse exagérée, en môme temps qu’ils passèrent souvent pour producteurs taudis qu’ils n’étaient que courtiers. ^

On dit que Harets ben Kaladah poussa jusque dans l’Iude ses excursions.

Plus tard laliya ben Khaled le Barmécide envoya dans l’Inde un émissaire chargé d’en étudier les médicamenta,: Ce fut peut être à la suite de cette mission que des médecina indiens vinrent se fixer à la cour de Bagdad. I

Les relations entre les Arabes et les Indiens devaient bientôt devenir plus intimes et plus fréquentes à la faveur des événements politiques. Nous verrons plus tard .4bourrihan el Birouny faire de l’Inde l’objet de ses explorations.

Quant à la médecine indienne, se.s origines sont encore

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peu connues. Ce qui nous importe ici c’est de constater qu’avant l’éducation scientifique des Arabes, les Indiens possédaient sur la médecine de nombreux ouvrages que les Arabes ne crurent pas devoir négliger alors même qu’ils étalent j en possession de ceux des Grecs.

Déjà quelques savants se sont occupés de la médecine indienne. On peut lire, dans les Analecta de Dietz, le dépouillementd’une centaine d’ouvrages de médecine dont l’ensemble accuse déjà une science constituée. Mallieureusoment l'époque de ces monuments est incertaine. Il est cependant permis de croire que la médecine des Indiens, aussi bien que leur littérature, remonte à une liautp antiquité. Les traditions médicales, chez les Indiens aussi bien que chez les Grecs, se rattachent aux plus anciens souveni rs mythologiques .

En France les origines de la médecine indienne n’ont encore été étudiées que par MM. , Briau et Liétard. 11 nous a semblé que l’exhibition des fragments de médecine indienne que nous trouvons chez les Arabes pourrait être un utile complément à ces études. Ces fragments seront encore une date et auront ainsi leur utilité, car il paraît que les documents sanscrits ont pour cachet une absence complète de données chronologiques.

A côté des questions de fait, les origines de la médecine indienne soulèvent des questions de doctrines auxquelles les Arabes ont touché et que nous devons relater.

L’ancienneté de la médecine indienne, ses analogies avec ' la médecine grecque et certaines traditions autorisent à poser cette question : quelle est la plus ancienne de la science grecque ou de la science indienne, et l’une d’elles procèdet-elle de l’autre ?

Sans avoir la prétention de résoudre cette question, nous ne pouvons la passer sous silence. Les Arabes s’en étant déjà préoccupés, ce sera notre excuse de l’avoir posée.

IA propos des origines de la médecine, Ebn Abi Ossaïbiah rapporte ce qui suit : « Abou Soleiman rapporte qu’il tient d’Ebn Ady que les Indiens possèdent des sciences sublimes i touchant la philosophie et il pensait que la science avait été P transmise par eux aux Grecs. »

Une anecdote curieuse nous a été conservée. Ibrahim ben Malidy tomba eu léthargie. Le nestorien Djabril le crut mort. L’Indien Saleh ben Bahia le rappela à la vie par un sternutatoire, disent les uns, par l’implantation d’une aiguille sous l’ongle, disent les autres. Haroun Errachid était présent. Prince des Croyants, lui dit Djafar, Djabril suit la médecine des Grecs, et Saleh celle des Indiens.

Un fait non moins curieux se lit dans l’ouvrage d’Abou Mansour Mouaffeq ben Ali, édité par M. Séligmann. La théorie des éléments se produit chez les Indiens aussi bien que chez les Grecs, avec de légères différences. Comparant les doctrines des uns avec celles des autres, Abou Mansour s’exprime ainsi ; <i L’humide et le sec procèdent du chaud et du froid. Or, comme l’effet ne saurait être supérieur à sa cause, les médecins grecs se trompent en admettant qu’un médicâTment peut être chaud au premier degré et sec au second. Les Indiens pensent autrementet je suis de leur avis."

Si les Grecs eurent quelques notions sur la médecine des Indiens, ainsi que nous le voyons dans Strabon, les Indiens aussi connurent les Grecs, et nous verrons bientôt à l’article Sandj allai qu’un livre indien fut écrit sur les différences qui existent entre la médecine des Indiens et celle des Grecs.

Entre tous les médecins de l’Inde, il en est quatre que nous trouvons particulièrement cités par Razès, Ebn Beithar et Sérapion le jeune, et il est à remarquer que l’on en trouve rarement la trace ailleurs. Ge sontSendahehar, Quolhoman, | Charak et Athra.

Nous trouvons de plus chez Razès des citations fréquentes ) d’ouvrages anonymes. Eu dehors de cos citations, quelques autres noms nous ont été conservés par les historiens.

Nous commencerons par les premiers.

SENDAHCHAR. ■

Que ce nom soit celui d’un livre ou d’un homme, c’est I ainsi que nous avons cru devoir le lire d’après l’ensemijlelB des documents que nous avons eus a notre disposition. Diète I

DU L.\. MKDEGINE tï DBS IIÛDEGIKS DE l’iNDE. 28d

et Wüstenfeld ont adopté la lecture Sendhichân, d’après Ebii Abi Ossaïbiali seulement.

Razès lui fait de fréquents emprunts. Nous en citerons quelques-uns.

L’aloës est l’évacuant de l’ati-abile.

La preuve d’un vomissement salutaire est quand il se termine par une émission de bile.

Les vomitifs sont avantageux dans l’incontinence d’urine.

Contre les angines, administrer l’eau chaude et contre le hoquet l’eau salée.

Les vers intestinaux sont annoncés par des accès de fièvres erratiques, de la pâleur, des palpitations et quelquefois (le la céphalalgie.

L’usage du coco est salutaire dans les affections de la ves-

Dans Ebn Beithar on trouve cités le Riz, le Lycium, le Mungo, la Banane, l’Acore, etc.

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