‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 113 sur 199 · CHAN AK · texte numérisé non relu

CHAN AK

C’était un médecin habile et expérimenté. Il entendait également les sciences et la philosophie et avait du renom comme astronome. Les grâces de sa parole le faisaient rechercher par les souverains de l’Inde. Il composa plusieurs ouvrages; Traité des poisons en cinq parties, traduit del’in-

(1) D’après le Fihrist, Manka fut l’auteur de cette traduction.

DE LA. MÉDECINE ET DBS MÉDECINS DE l'iNDE. 289

dieu en persan par Manka, sous la direction d’Abou Hatsem pour lahya ben Khaled le Barmécide, et plus tard pour Mâmoun sous la direction d’Abbas ben Saïd eddjouhary, qui fut cbarg'é de le lire au Khalife (traduction mentionnée aussipar Hadji Khalfa); le livre de l’art vétérinaire (traduction citée aussi par Hadji Khalfa) ; traité d’astronomie ; le choix des perles, ouvrag-e composé pour un roi de l’Inde.

DJODDER.

. Il occupait une place distinguée parmi les savants et les f médecins indiens. Il excellait non-seulement dans la médecine, mais aussi dans la connaissance des ouvrages de philosophie. Il composa un livre sur les naissances, qui fut traduit en arabe.

Tel est le récit d’Ebn Abi Ossaïbiah.

On trouve de plus dans le Fihrist la mention de deux traductions opérées par Bbn Dehhan, d’ouvrages dont les titres ne nous apprennent rien sur leur contenu.

Nous en finirons avec les médecins indiens par la notice de deux médecins contemporains de l’époque des traductions et qui contribuèrent chacun de son côté à propager la médecine indienne chez les Arabes.

SALEH BEN BAHLA.

Il était venu de l’Inde, versé dans la médecine de son pays, et passait pour habile dans le pronostic. Il vivait dans l’Irak à l’époque dé Haroun Errachid, et ce qui le mit en réputation ce fut la cure d’ibrahim, oncle du Khalife. Ibrahim était tombé dans une léthargie telle qu’on le croyait mort. Saleh fut aussi appelé en consultation. Ayant fait pénétrer une aiguille sous l’ongle d’un doigt de la main gauche. Ibrahim retira aussitôt la main. Crois-tu, Prince desCroyants, dit Saleh à Haroun qui était présent, qu’un mort sente ainsi? Ibrahim sortit aussitôt de sa léthargie, disant avoir rêvé qu’un chien lui mordait le doigt. Ce fait a été raconté autrement et on a dit que le moyen employé par Saleh était un aternutatoire.

MANKA. ^

Nous avons déjà cité son nom parmi les traducteurs fle . l’indien, et nous avons cité notamment sa traduction du li-| vre des poisons de Chanak et le livre de Susroud. J Nous ajouterons qu’il fut aussi attaché Comme médecmil la personne du Khalife Haroun Errachid. Il travaillait aussi] pour Ishaq hen Soleiman, auquel il dédia une synonymijj des médicaments indiens. 3

A propos de la médecine indienne et comme complémeiS de l’histoire des sciences au IX® siècle, nous rappellerons ici ‘ que les Arabes firent d’autres emprunts à la science indienhî^ Non-seulement ils lui empruntèrent un système de numérsï tion, mais c’est encore une question débattue de nos jouM de savoir jusqu’à quel point ils leur sont redevables de leur^ connaissances en alg-èhre, qu’ils tinrent d’autre part des] Grecs, ce qu’atteste la traduction de Diophante et les tradiJ tiens arabes. Nous ne pouvons nous engager dans unedia^ cussion où les spécialistes ne s’accordent pas, mais nous rappellerons que Wallis, cité par Montucla, fait observ^ que les Arabes ont adopté dans leurs dénominations dus puissances un système différent de celui de Diophante, opinion réfutée par M. Sédillot, Matériaux, etc., 369. >

On peut aussi consulter les travaux récents de WœpcK publiés dans le Journal asiatique.

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