VI. — La Philosophie arabe au IX“ Siècle
Nous ne pouvons passer sous silence la philosophie. Elle est surtout représentée par un homme, mais cet homme est un esprit d’élite, que nous avons déjà rencontré au premier rang sur toutes les voies ouvertes à l’activité intellectuelle des Arabes, cet homme est El Kendy.
Il publia de nombreux écrits dont on peut voir la liste complète dans Casiri, sous la double rubrique philosophie et logique. Nous n’en rappellerons qu’un seul, qui représente bien l’esprit de celui que les Arabes appelèrent le Philosophe par excellence ; tel en est le titre : Que l’on ne peut acquérir la science de la philosophie sans une étude préalable des mathématiques.
Aucun philosophe musulman, dit Ebn Djoldjol, ne suivit de plus près les traces d’Aristote.
322 lIISTOlRti DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE DEUXIÈME.
Il composa, dit M. Munk, un grand nombre d’ouvrages | philosophiques qui devaient répandre parmi les Arabes la connaissance de la philosophie péripatéticienne, mais que les travaux plus importants d’Elfarahy firent tomber dans l’oubli.
Quoi qu'il en soit, c’est encore assez pour El Kendy d’avoir ainsi débuté en maître dans la carrière philosophique
El Kendy avait formé un disciple, qui malheureusemeu| ne vécut peut-être pas assez pour pouvoir donner la mesure de ce dont il était capable. Nous voulons parler de Saraklisy, dont nous avons déjà plusieurs fois rencontré le nom. Ses écrits philosophiques sont presque arissi nombreux que ceux de sou maître et s’inspirent des mêmes doctrines.
A côté d’El Kendy nous citerons encore Costa ben Luca. dont le Traité de la différence entre l’âme et l’esprit fut traduit en latin, et jouit d’une certaine vogue au moyen âge.
, VU. — Épilogue.
Avant de quitter le IX“ siècle, noua^ne pouvons nous empêcher de nous retourner en arrière, et d’y arrêter un instant notre regard.
Ce siècle, dont nous ne séparons pas les règnes d’.El Mansour et de Haroun Errachid, est un des plus grands siècles dont l’histoire nous ait conservé le souvenir.
Il est grand non-seulement par son élévation relative au milieu de la décadence contemporaine, mais aussi par l’originalité de l’œuvre entreprise, la ferveur et la promptitude avec laquelle elle fut conduite, l’emploi généreux des agente et la grandeur des résultats. C’est à ce siècle que le nom arabe devra de vivre éternellement sur la terre et dans les deux.
Quelque grande que soit la part de gloire qui revient aux Abbassides et à leurs ministres, l’empressement avec lequel la race arabe répondit à leur appel, malgré les antipathies politiques et religieuses, sa persistance à marcher résolù.*