‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 137 sur 199 · ALF.4RABY · texte numérisé non relu

ALF.4RABY

Abûu Nasr Mohammed ben Mohammed ben Tarkhan, que les Musulmans considèrent comme le prince de leurs philosophes, reçut le surnom d’Alfaraby du nom de sa ville natale, Farab dans le Turkestan, ou suivant d’autres, Fariah dans le Khorassan. Il se rendit à Bagdad, où il étudiad’abord la langue arabe, puis la philosophie.

Il eut pour maîtres Abou Bachar Matta et lahya ou J oan fils de Djilàn (dit Djelabad par Casiri et Pococke). Ses débuts furent laborieux, car il était pauvre, et il lui arriva parfois de se retirer le soir dans les corps de garde pour y profiter de leur lumière. Bientôt il professa lui-même à Bagdad et compta de nombreux et éminents élèves. 11 se retira plus tard à la cour de Seif eddoula, prince d’Alep, qui le reçut avec distinction.

Ayant accompagné ce prince à Damas, il y mourut en l’année 950 de l’ère chrétienne.

Alfaraby compte plutôt parmi les philosophes que parmi les médecins. Il se passionna pour Aristote, dont ses écrits reproduisent les doctrines. Il rapporte lui-même avoir lu deux cents fois le traité de Fàme, et cinquante fois la physique d’Aristote. Avicenne déclare qu’il a puisé toute sa science dans les ouvrages tl’Elfaraby, et Munk pense que

l’iLsage fait par Avicenne des écrits d’Alfaraby, est peutêtre la cause de leur grande rareté. On lit aussi, dans les Mélangés de philosophie juive et arabe, que Ebn Topliaïl ne faisait pas un très-g-rand cas de la philosophie d’Altaraby que sa doctrine n’ètait pas ortliodo.xe, qu’il ne paraissait pas admettre l’inimortalité de l’àme, et que d’autre part Maimonide estimait beaucoup son livre de la politique.

Le, s autres sciences ne lui étaient pas étrang-ères, et parmi une centaine d’ouvrages que lui attribue Ebn Abi Ossaïbiah, on remarque des commentaires sur Porphyre, Alexandre d’Aphrodisée, Euclide et Ptolémée.

^ Le même biographe nous a conservé un curieux fragment d’Alfaraby sur l’école d’Alexandrie. On y lit, entre autres choses, qu’Auguste fit traduire les œuvres d’Aristote, qu’il chargea Andronicus de les prendre pour base de son enseignement à Alexandrie, et qu’il en fit porter des copies à Rome. Quand le chritianisme domina dans Alexandrie, les évêques se concertèrent pour faire dans les œuvres d’Aristote, un choix de ce qui pouvait être enseigné. A l’avénement dé l’islamisme, l’enseignement finit à Alexandrie et fut transporté à Antioche.

Nous ne pouvons entrer dans le détail des œuvres d’Alfaraby. Nous dirons seulement qu’outre la philosophie, il cultiva aussi l’astronomie, les mathématiques et même la musique.

Cependant nous devons parler de son ouvrage intitulé : Ihça el Ouloum, sorte d’encyclopédie où il traite sommairement de la classification des sciences et de leur objet. Munk pense que nous avons un abrégé de cet ouvrage dans la traduction latine imprimée sous le titre Compendium omnium scientiarum, dont il existerait à Paris une meilleure traduction manuscrite.

Quant aux ouvrages de médecine nous trouvons une médecine théorique et pratique traduite en hébreu et existantà la Bibliothèque de Paris, des objections à Galien, des objections à Razès, des traités sur les organes des animaux, sur les concordances entre Hippocrate et Platon, ainsi que entre Aristote et Galien, sur la physique et sur les météores.

Enfin nous devons citer un traité sur la certitude de l’alchimie.

Malgré l’assertion de Munck, il existe cependant un nombre assez considérable de manuscrits d’Alfaraby dans nos bibliothèques, ainsi qu’on peut s’en assurer.

La Bibliothèque de Paris en contient plusieurs tant fen hébreu qu’en arabe. V. le cat. des Mss. hébreu,';; rédigé par M. Zotenberg. Plusieurs ouvrages nous sont restés en traduction latine.

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Abou Mansour vivait dans le courant du X' siècle de notre ère. Il habitait Hérat, et porta le surnom de Haraouy.

Il écrivit en langue persane, (1) sous forme alphabétique, un traité de matière médicale, dédié au prince Nouh ben Mansour, le Samanide, qui nous est connu comme ayant protégé les savants, et mourut en 987.

L’auteur et son livre ne nous sont connus que par un travail de M. Seligman, exécuté d’après un manuscrit unique.

D’après ce qu’en dit l’éditeur, l’ouvrage ne paraît pas d’une grande importance. Au milieu d’emprunts faits à ses devanciers, l’auteur a cependant quelques parties originales. Son intérêt est surtout historique, ainsi que nous l’avons déjà fait observer précédemment.

Les citations portent 'sur des médecins grecs, syriens, arabes et indiens. La position de l’auteur le mettait en quelque sorte au confluent de ces divers courants scientifiques.

Les médecins grecs figurent au nombre d’une dizaine, parmi lesquels Dieuchès, et Pliilotimus que nous n’avons pas vu cité autre part. Ont-ils été traduits ou bien les citations sont-elles empruntées à d’autres écrivains ?

Les médecins syro-arabes sont un peu plus nombreux.

Les Indiens sont au nombre de quatre ou cinq.

Ces dernières citations sont particulièrement intéressan-

(1) Lo.s traditions persanes se réveillaient à mesure que le Khaliiat doctinai! , et notre .auteur paraît avoir un faible pour le parsisme.

‘M2 inSTOiRE DE LA MÉDECreE ARABE. — LIVRE TROISIÈME.

tes. A propos de la théorie des éléments, l’auteur met en comparaison les doctrines des Grecs et celles des Indiens et il se prononce pour ces dernières.

Nous en avons déjà parlé à propos de la médecine des Indiens. Ahou Mansour avait voyag-é dans l’Inde et y avait étudié la médecine du pays.

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