‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 138 sur 199 · II. - L’IRAK · texte numérisé non relu

II. - L’IRAK

Le travail des traductions opéré, Bagdad perdit nécessairement un peu de son importance comme centre de lumières. Toutes les fractions du vaste empire musulman étaient venues faire leurs provisions de science, et de nouveaux foyers s’étaient partout allumés, bien qu’elle eu restât le principal. D’autre part le Khalifat était en pleine décadence, et démembré : le mouvement scientifique procédait surtout de l’impulsion primitive.

C’est à l’émir Adliad eddoula que les lettres et les sciences furent le plus redevables au X= siècle, et c’e.st à peine si nous rencontrons quelquefois la main des Khalifes subalternisés. Adhad eddoula, sur la fin du X» siècle, fit revivre un instant les beaux jours des premiers Khalifes Abbassides. .4mi des arts et des sciences, il protégea ceux qui les cultivaient. Il fit construire des mosquées, des écoles, des hôpitaux, des bibliothèques. L’hôpital, qui de son nom porta celui d El Adhedy, fut construit avec grandeur, et immédiatement pourvu de vingt-quatre médecins traitants. Les services y étaient distingués par catégories de malades. Il y avait des fiévreux, des blessés, des ophthalmiques, et les médecins y étaient répartis suivant leurs aptitudes. Nous entrerons dans plus de détails sur cet établissement, quand nous ferons l’histoire des hôpitaux, et nous nous bornerons maintenant à ajouter que la fondation de cet hôpital parut un assez grand événement pour que son anniversaire fût plus tard célébré pur des fêtes annuelles.

C’est à l’émir Adhad eddoula qu’Ali ben Abbas dédia le Maleky. |

Nous avons déjà vu la dig-nité de chef des médecins contérée notamment à Honeiu. Mais chez Sinan ben 'l’sabet, ' ce ne fut pas seulement un titre honorifique. Nous raconterons dans sa biographie comment il procéda à l’examen . de tous les individus exerçant la profession médicale. '

Pendant ce siècle se prolongea le travail des traductions.i|

La médecine fut surtout représentée dans l’Irak par denx familles de médecins avec lesquelles nous avons déjà fait connaissance, celle de Tsàbet et celle des Bakhtichou qni conserva des représentants notables au-delà des limites du X» siècle.

Cependant nous comptons déjà quelques noms parmi les Arabes, et dans ce groupe de médecins attachés à l’hôpital fondé par Adhad eddoula, parmi ceux qui nous ont été conservés, presque tous sont des noms arabes. Toutefois, à Bagdad, nous verrons longtemps encore le nombre des médecins chrétiens balancer celui des musulmans.

Ce fut surtout dans la culture des sciences mathémati-^ ques que le génie arabe se donna carrière.

Ajoutons que le X” siècle fut celui du polygraphe .Massoudy.

En somme l’Irak, au X° siècle, se maintint digne de la hauteur où il s’était élevé pendant le siècle précéden^ autant par les institutions que par les hommes. Si peu d’hommes réellement supérieurs fleurirent à Bagdad, ce fut encore là surtout que l’Asie vint s’instruire, et ce fut à Bagdad que se forma le plus grand médecin de l’école arabe, l’illustre Razès, puis Ali. ben Abbas, dont le Maleky est le premier corps complet et méthodique de médecine,; composé par un Arabe, livre dont la vogue ne céda qu’au Canon d’Avicenne.

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