L’ÉCOLE D’ALEXANDRIE ET LES ARABES
De l’Enseignement de la Médecine à l’École d’Alexandrie avant l’invasion arabe, ou les XVI Livres de Galien.
ÎAu commencement du VIE siècle de notre ère la médecine était encore de toutes les sciences la plus dignement représentée à l’école d’Alexandrie. Au milieu de noms plus ou moins connus se détache celui de Paul d’Égine, le plus grand chirurgien de l’antiquité. Nous en citerons tout à l’heure d’autres moins éminents, au milieu desquels on peut s’étonner de ne pas rencontrer le .sien, car il s’agit d’une , institution médicale dont il dut être le témoin, i Quelques médecins conçurent et exécutèrent le projet 5 d’organiser l’enseignement de la médecine. Ils fondèrent , une école, instituèrent des cours et prirent pour base de i l’enseignement un recueil de XVI livres choisis à travers ; les œuvres de Galien.
(Je fait important de l’histoire de la médecine n’en e.st pas ' moins resté dans l’ombre jusqu’à présent. Cette institution,
; bientôt troublée par l’invasion musulmane, ne put être . que de courte durée, et c’est là sans doute la raison pour laquelle on n’en trouve aucune mention chez les écrivains ■ grecs et latins.
Les Arabes seuls nous en ont conservé le souvenir. Ils firent plus, et ce qui prouve que ce mode d’enseignement, nonobstant sa courte existence, ne fut pas sans éclat, et dut attirer leur attention lors de leur entrée dans Alexandrie, ils l’adoptèrent plus tard, une fois qu’ils se furent institués les héritiers de la Grèce. Les XVI livres de Galien devinrent encore chez eux la base de l’enseignement médical et furent l’objet de nouveaux travaux. Il en est souvent question dans leurs écrits.
3'alexanduie et les arabes.
Malgré des témoignages multiples et répétés sous toutes les formes, les XVI livres sont re.stés lettre close pour les orientalistes les plus éminents, même pour ceux qui étaient les moins excusables de les ignorer, qui avaient en main les éléments de la question. Le plus illustre de tous, M. de Sacy, en essaya vainement la détermination. M. Munk reconnut leur destination seulement. Il en fut de même de Freind qui reçut des communications tirées des sources orientales. Tout récemment le catalogue desMss. hébreux de la bibliothèque nationale a reconnu vaguement les XVI livres, mais il en a méconnu deux.
Il nous a semblé intéressant de recueillir et de mettre en ordre tous les documents relatifs à cette institution qui survécut à l’école d’Alexandrie et s’acclimata chez les Arabes, et même de signaler le.s méprises auxquelles elle a donné lieu.
Pour être méthodique et aussi complet qu’il convient, nous diviserons ce travail en IV sections.
I. Choix et rédactiou des XVI livres, médecins qui prirent part à cette opération.