‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 170 sur 199 · II. - IRAK · texte numérisé non relu

II. - IRAK

La culture des sciences se maintint pendant le XP siècle à Bagdad. Les traditions d’Adhad Eddoula reparurent avec autant d’éclat chez un homme qui, dans une position moins éminente, celle de vizir, provoqua constamment et durant une longue existence la création d’établissements d’utilité publique.

Nous voulons parler de Nidham el Moulk, qui périt malheureusement sous le poignard d’un assa.ssin. Ami des sciences et savant lui-même, il créa des écoles en même temps que des hôpitaux.

Il est à observer que les plus éminents médecins de cette période sont des chrétiens, ainsi Ebn Bothlan, Ebn Djezla qui se convertit à l’islamisme, ainsi Aboulfaradj ben Thaïeb. Celui-ci était nourri de la lecture des Grecs tant médecins que philosophes. Il commentait les écrits de Galien, les Vers dorés de Pythagore, le Tableau de Cébès, et reprenait en somsœuvre le Traité des Plantes d’Aristote. Nous ne citerons que pour mémoire le célèbre oculiste Issa ben Ali que nous avons cru devoir placer dans cette période.

Nous avons à signaler une forme de composition qui paraît avoir pris alors naissance dans l’Irak, et qui fut souvent imitée, la forme de tableaux synoptiques.

C’est sous cette forme que furent publiés deux écrits auxquels la traduction latine a donné une certaine notoriété, les Takouim ou tableaux de médecine et d’hygiène d’Ebn Botlan et d’Ebn Djezla. Cette forme avait évidemment un grand avantage dans renseignement de la méilecine, si le fonds manquait d'originalité.

Nous signalerons aussi, pendant cette période, la fondation d’un hôpital à Meyafarikin.

^ Parmi les médecins attachés à l’hôpital El Adhedy, nous n’avons recueilli que deux noms, ceux de Saïd ben Hibat Allah et de Haroun ben Sad, dernier représentant dans la science de ces Sabiens qui fournirent tant de savants.

Disons encore que ce siècle fut celui de Gazzaly, placé par Nidham à la tête de l’école dite Nidhamya.

ABOÜLFARADJ BEN THAÏEB.

Aboulfaradj Abdallah benThaïeb était un prêtre nestorien, versé dans les sciences religieuses, philosophiques et médicales. Sa facilité de composition était telle que la plupart de ses ouvrages s’écrivaient sous .sa dictée, et il en produisit un grand nombre.

Avicenne l’estimait beaucoup comme médecin, mais n’en faisait pas très grand cas comme philosophe. Aboulfaradj était en correspondance avec lui ainsi qu’avec Ebn el Heitam. Il vécut jmsqu’en 1043.

La plupart de ses productions sont des commentaires; cependant il en est aussi d’originales.

Les commentaires médicaux portent sur les Epidémies et les Aphorismes d’Hippocrate; sur les seize livres de Galien adoptés par les Alexandrins pour l’en.seignement, dont nous avons donné la liste autre part; le livre des Fonctions des organes du même, et les Questions de Honein.

Il fit aussi un résumé des seize livres de Galien.

Quant à ses commentaires philosophiques, ils portent sur les Catégories, l’Interprétation, les Analytiques, les Topiques, la Rhétorique, l’Art poétique et les Animaux d’Aristote ; sur risagoge de Porphyre.

Les ouvrages originaux relatifs à la médecine sont:

Des propriétés naturelles.

Du vin.

De l’œil.

l’ieak. 487

Pourquoi toutes les humeurs ont des évacuants, à l’exception du sang-.

Recueil de propositions sur la médecine et la philosophie.

De la divination des objets perdus et de la valeur des signes en médecine, en justice et en philosophie.

Sur le terrain de la philosophie il écrivit ;

Des sectes philosophiques.

Des parties indivisibles ou des atômes.

Nous ne le suivrons pas sur le terrain de la religion, du dogme, de la controverse, des pratiques religieuses, etc. Nous nous bornerons à citer le livre ; A ceux qui prétendent* que Marie est mère de Dieu.

Nous parlerons maintenant d’un Ms. de l’Escurial, dans lequel nous avons rencontré plusieurs opuscules d’Aboulfaradj, dont nous citerons les plus intéressants. Il s’agit du n“ 888 du catalogue actuel.

Le n” 2 du Ms. est un Traité des Plantes. « Quand j’ai vu, dit Aboulfaradj, le Traité d’Aristote sur les plantes si défectueux, si peu en rapport avec les autres ouvrages de cet homme divin, j’ai recueilli chez les anciens tout ce qui pouvait le compléter. » Ce traité contient quatre-vingts feuilles. La forme en rappelle celle des Causes de Théophraste, que l’auteur n’a pas mentionné, bien qu’il ait été traduit en arabe.

Tels sont les titres des chapitres: Pourquoi ou quelle est la cause ? des piquants, des gommes, des fruits, des écorces, des plantes mâles et des plantes femelles, des parties des arbres et des plantes, racines, tiges, branches, écorces, rameaux, feuilles, fleurs, fruits, graines, sucs, etc. C’est en somme de la botanique générale.

Les n" 3, 4, 5, 6, traitent des odeurs, des cheveux, de l’esprit et de l’âme, de la soif, par Aboulfaradj.

Le n“ 8 est un commentaire d’ Aboulfaradj sur les vers dorés de Pythagore commentés par Proclus.

Après des fragments des lois de Platon et des économiques d’Aristote, nous trouvons un traité du coïtpar Issa ben Massa, dont nous avons parlé en son lieu.

Le volume est terminé par un fragment d’ Aboulfaradj, qui

a échappé à Casiri, dont nous avons, dureste, pendant le peu de temps que nous avons séjourné h l’Escurial, constaté plusieurs erreurs ou inadvertances.

Ce^ fragment, qui est malheureusement incomplet et ne contient que six feuilles, n’est autre chose qu’un commentaire sur le célèbre Tableau de Cébès. Le titre est mal écrit, et ne saurait guère se lire que: Tefsir l’arqanous Kabous, au lieu de Tefsir lourouz Kabous, explication de l’énigme de Cébès : mais en lisant quelque peu on voit bientôt de quoi il s’agit. La transcription Kabous au lieu de Kabis, est également celle que nous avons rencontrée dans l’édition espagnole de Lozano. Nous ne reviendrons pas sur le tableau de Cébès, dont nous avons déjà parlé à propos des traductions, et à propos de Miskaouih.

Aboulfaradj ben Thaïeb enseignait la médecine et compta parmi ses élèves Ebn Botlan.

La Bibliothèque nationale possède un commentaire d’Âboulfaradj sur les éléments et les tempéraments de Galien, n» 1097, A. F.

HAROUN BEN S AD (bEN HAUODn).

Abou Nasr Haroun ben Saad ben Haroun Essaby, était, ainsi que l’indique son surnom, un Sabéen de Bagdad, où il se fit une réputation comme médecin. Il devint même médecin en chef de l’hôpital El Adhedy, et mourut en l'année 444 de l’hégire, 1052 de notre ère.

Il n’est mentionné que dans le Kitab el hokama, et nous nous étonnons qu’Ebn Abi Ossaïbiali l’ait passé sous silence, attendu qu’il est doublement intéressant et comme représentant de sa race et comme médecin en chef du célèbre hôpital. Pour exprimer cette dignité le texte arabe se sert de l’expres.sion saronr; ou sarrou.

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