III.— SYRIE
Tout ce que l’on peut dire de la Syrie pendant cette période, c’est qu’elle préluda modestement au rôle brillant qu’elle devaitjouer dans les siècles suivants et surtout dans le treizième siècle, en dépit des événements ou des révolutions dont elle fut le théâtre.
EL BIROODY.
Aboul Faradj ben Djordjis ben Youhanna ben Sahl ben Ibrahim, chrétien jacobite, dit El Biroudy, du lieu de sa naissance, n’était d’abord qu’un simple cultivateur des environs de Damas.
Un jour qu’il allait à la ville, vendre une charge de chih (Armoise judaïque) dont on se servait pour allumer les fours, il rencontra un médecin pratiquant des scarifications à un homme atteint d’épistaxis, précisément auprès de l’endroit d’où s’écoulait le sang. Il s’arrêta et dit au médecin: Pour arrêter le sang, on saigne chez nous dans un autre endroit que celui où il coule.
La saignée ne se fait que pour détourner le cours du sang. Ton malade en a déjà trop perdu. Le médecin trouva l’avis bon, s’y conforma et l’hémorragie s’arrêta. Frappé du bon sens d’El Biroudy, il lui proposa d’étudier la médecine. El Biroudy l’écouta et pour cela vint se fixer à Damas. Pius tard il s’informa d’un bon maître, et on lui indiqua Aboulfaradj beu Taïeb. El Biroudy se rendit en conséquence à
syttTu.
Bagdad, où il suivit les leçons d’Aboulfaradj et devint un médecin habile. En même temps il s’occupait de philosophie. Enfin il retourna à Damas où il se fixa et mourut probablement dans le milieu du XP siècle.
El Biroudy entretenait une correspondance avec Ali ben Rodhouan et quelques autres médecins de l’Egypte.
C’est ainsi que les traditions médicales allaient reprendre leurs cours à. Damas, après une longue interruption.
DHAFER BEN DJABER ESSOKRY.
Né à MosSoul, Dhafer vint à Bagdad où ilsuivit les leçons d’Aboulfaradj ben Thaïeb, s’occupant aussi de philosophie et pratiquant le bien. Il vint ensuite à Alep, qu’il habita jusqu’à la fin de sa carrière. En 1089, il vivait encore. Là il enseigna la médecine et forma des élèves. Au XIII® siècle, Ebn Abi Ossaïbiah retrouvait encore des traces de son école. Dhafer écrivit un livre sur cette thèse : que la mort arrive chez l’animal parce que les aliments cessent d’être assimilés.
ABOÜL FAHDL MOUHOUB BEN DHAFER.
C’était le fils du précédent. Il habitait Alep où il avait la réputation d’un bon médecin. Il écrivit un extrait des questions de Honein.
DJABER BEN MOUHOOB.
Fils du précédent, il se montra digne de lui et pratiqua la médecine à Alep.
MOBAREK EL HALEBY.
Mobarek ben Sara Aboul Kheir Etthabib el Haleby, médecin chrétien, se trouvait en résidence à Alep, quand Ebn Botlan y passa, et depuis lors s’établit entre eux une cor-
respondance. Il était encore à Alep lors de l’arrivée des Turcs. Un jour qu’il se trouvait chez leur chef Rodliouan, celui-ci, pris de vin, lui proposa de se faire musulman, ce que Moharek ayant refusé, Rodliouan le frappa d’une épée qu’il tenait à la main. Dès lors Moharek cessa ses visites et se réfugia à Antioche, puis à Tyr, où il mourut vers 490 de l’hégire, 1096 de l’ère chrétienne.