‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 183 sur 199 · ABOUL OUALID MEROUAN EBEN DJANAH · texte numérisé non relu

ABOUL OUALID MEROUAN EBEN DJANAH

Tel est le nom arabe d’un savant juif, connu chez ses coreligionnaires sous le nom de Habbi louna.

A la courte notice que lui consacre Ebn Abi Ossaïbiah nous ajouterons les renseignements puisés dans une monographie de Munk, Journal asiatique, 1850.

D’après l’historien arabe, EbuDjanah, savant dialecticien, s’adonna particulièrement à la langue arabe et à la langue hébraïque, fut un habile médecin, et composa un livre intitulé Telkhis, où il traite des médicaments simples et de leurs doses. Nous n’avons pas rencontré de date, mais Eben Djanah est placé avant Khachdaï ben Ishaq, ce qui semblerait signifier qu’il lui est antérieur.

Il n’en est rien, mais d’autre part on a eu tort de le reculer au XIP siècle, et Munk a prouvé qu’il appartient au XP. Dans sa grammaire Eben Djanah dit qu’il quitta Cordoue pour se rendre à Saragosse lors des troubles qui éclatèrent dans la première ville, ce qui nous place en l’année 1012. Il devait alors avoir dépassé vingt ans. Le fait d’une polémique entre Eben Djanah et Samuel ha Naghid, ajoute Munk, prouve aussi qu’il florissait dans la première moitié du XP siècle.

Munk le suppose plusieurs fois cité par Ebn el Beithar. Nous n’avons rencontré qu’une citation à l’article Adryoun. Munk ajoute qu’il est cité plusieurs fois dans le n» 1034 de l’ancien fonds arabe. Il fallait dire 1024 et 1034, car ce sont

ESPAGNE

(leux parties d’un même ouvrage de Soueidy, sorte de Mémorial thérapeutique dans le genre du Morny d’Ebn el Beithar, mais plus concis et plus farci de noms propres.

Nous avons remarqué une quinzaine de citations.

Quant au mérite d’Eben Djanah comme grammairien, on peut consulter un long travail de M. Belirnauor publié dans le Journal asiatique, 1861 et 1882.

Pour les autres écrits on peut lire Munk, etc.

ABOCL FADHL KHACHDAÏ.

C’était un petit-fils de Khachdaï ben Ohaprout. Il naquit à Saragosse, où sa famille s’était retirée.

Il avait fait une étude sérieuse de la langue arabe, cultivait l’éloquence et la poésie, excellait dans l’arithmétique, la géométrie et l’astronomie, en même temps qu’il s’occupait de musique, de philosophie, de physique et de médecine.

Il se fit musulman, les uns disent par amour, les autres par ambition, peut-être pour les deux motifs à la fois. Sa position de Zimmi le tenait dans une position subalterne, pour laquelle il ne se sentait pas né, et il en souffrait. Après sa conversion il devint vizir et secrétaire du roi de Saragosse Abou Djafar Ahmed ben Houd.

On raconte qu’un jour, lisant un livre en présence du prince, un de ses collègues Aboulfadhl ben Dabbar, ou le fils du corroyeur, voulant l’humilier, lui demanda si le volume qu’il tenait à la main n’était pas le Pentateuque. Oui, répondit le juif converti, et le volume est relié d’une peau tannée par on ne sait trop qui. La réplique divertit beaucoup le prince, et l’agresseur en mourut de honte.

Aboulfadhl Khachdaï, dit Ebn Abi Ossaïbiah, était encore jeune en l’année 458 (1066).

Pour plus de détails, on peut lire la notice de Munk.

Les médecins dont les noms suivent ne nous sont connus que par Casiri.

BEN CHEHID.

Abou Amer Ahmed ben Abd el Malek, vulgairement connu sous le nom de Ben Cliehid, de Murcie, orateur, poète incomparable et médecin estimé, mourut à Cordoue en 1034.

EBN EL IIEITSAM.

Ebn cl Heitsam de Cordoue, médecin très renommé, écrivit sur les aliments, les poisons, les propriétés et la nature des simples. Il mourut eu 1083. Nous voyons par les dates que cet Ebn el Heitsam est diflférerit de celui dont nous avons déjà parlé.

ABDALLAH BEN I0DNE3.

Abdallah ben lounes ben Talha ben Amran né à üran, vint habiter Séville. C’était un habile médecin, très versé dans la science des nombres. Il mourut en 1037.

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