‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 2 sur 199 · XV. Médecins de la Syrie · texte numérisé non relu

XV. Médecins de la Syrie

Nous aurons à revenir sur ia valeur de cet ouvrage quand nous donnerons la biographie de l’auteur. Nous dirons seulement ici que les notices sur le.s médecins de l’école arabe sont au nombre d’environ quatre cents. Ces notices, malgré des longueurs et des hors d’œuvre, ont un puissant intérêt par cela seul qu’elles se terminent toujours par un index bibliographique. Elles jettent un jour tout nouveau sur une époque trop peu connue, et nous montrent l’activité scientifique toujours vivace chez les Arabes à travers et nonobstant deux siècles de croisades.

C’était encore l’époque d’Ebn Khallikan, dont le recueil de biographies conçu suivant une autre direction, n’a pas pour nous un grand intérêt, après les ouvrages dont nous avons parlé précédemment.

Un ouvrage extrêmement précieux à notre point de vue pour les derniers temps de la littérature arabe, est le Dictionnaire bibliographique de Hadji Khalla, qui vivait au 17“ siècle de notre ère. Voici comment M. Mohl parle de cet ouvrage prodigieux ; « L’auteur a réuni les titres de 15,000 ouvrages arabes, persans et turcs, mais surtout arabes, ouvrages qu’il a dû tous ou presque tous voir lui-même, et dont il indique le titre, les mots du commencement et de la fin, l’auteur, avec quelques données concises sur sa vie et souvent le contenu et les divisions principales. Il ne cherche nulle part à grossir son livre ; au contraire tout y est bref, positif et restreint au nécessaire. » (1)

M. Fluegel en a donné une édition avec une traduction latine en sept volumes in-4“, dont le dernier, outre les index, contient un précieux supplément, à savoir les catalogues de vingt-six bibliothèques publiques de Con.stantinople, de Dama.s, du Caire, de Rhodes et d’Alep, contenant à peu près vingt-quatre mille titres de manuscrits.

(Il Pétis de la Croix, auteur d’une traduction française, assez médiocre du reste, qui existe à la Bibliothèque nationale, compte 3,494 titres et 83,614 ouvrages. La médecine compte pour envi-

AVANT-PBOI'OS.

Il est d’autres documents encore à consulter.

Ce sont les catalog-ues des bibliothèques européennes qui fourni.ssent souvent des renseig'iiements originaux, tant sur les écrivains que sur leurs écrits, alors qu’on ne saurait les visiter.

Le catalogue de l’Escurial, rédigé il y a un siècle par Casiri, est le plus célèbre de tous et a longtemps été une mine où l’on puisait surtout les notices tirées^ de ce que Casiri appelait la Bibliotheca philosophorwn qui n’est autre que le Kitah el hokama.hvL reconnaissance de cette identité a fait perdre de l’importance au catalogue de l’Escurial. De plus, et no\is nous en sommes assuré personnellement, dans un voyage que nous avons fait à l’Escurial, les déterminations de Casiri ne sont pas toujours exactes, notamment dans la partie médicale, dont il ne possédait pas bien la technologie. Nous avons aussi constaté plus d’une fois que Casiri n’a fait que feuilleter des ouvrages dont il rend compte et s’est mépris sur leur contenu.

Les catalogues de la bibliothèque Bodléienne et du British Muséum sont des sources utiles à consulter.

Le catalogue de la bibliothèque de Paris est à refaire, non-seulement en raison du Supplément, mais aussi pour corriger ses défectuosités. Nous avons dépouillé les deux à trois cents volumes qui constituent le fonds médical arabe de Paris et irons nous sommes félicité d’avoir entrepris ce labeur qui nous a fourni des renseignements non seulement sur les écrits, mais sur les auteurs ou sur divers points de l’histoire de la médecine.

Nous citerons encore les catalogues des bibliothèques de Fiorence, de Dresde, de Leyde, de Munich, etc.

ün peut consulter aussi les Bibliothèques orientales de d’Herbelot et de Zenker, le Handbuch der Bûcher Kunde de Choulant, etc.

La Bibliothèque orientale d’Assemani fournit des renseignements précieux sur les premiers temps de la médecine chez les Arabes, sur la position des médecins nestoriens, sur leurs écoles, etc.

On peut glaner aussi dans le Journal asiatique, (1) dans la Relation de l’Egypte d’Abdellatif traduite par M. de Sacy, où la biographie de l’auteur est un document curieux à consulter particulièrement au point de vue de l’éducation scientifique chez les Arabes.

Les vies des illustres Arabes de Léon l’Africain ne doivent être consultées que sous bénéfice d’inventaire. Léon l’Africain écrivait probablement de mémoire et il se trouve souvent en désaccord avec les traditions courantes.

Quant aux Biographies modernes, on ne trouve pas dans celle de Michaud ce que l’on serait en droit d’en attendre. La biographie générale de Didot contient de meilleures notices et accuse un recours plus étendu aux sources originales.

Il est un ouvrage qui côtoyé l'histoire de la médecine arabe, sur laquelle il aurait jeté un nouveau jour s’il eût été sérieusement exécuté, c’est V Histoire des Médecins juifs de M. Carmoly. Malheureusement l’auteur n’a pas donné assez d’ampleur à ses investigations, et il a fait la part trop large aux Juifs, soit comme doctrines, soit comme personnages. On ne rencontre guère dans cet ouvrage que ce que l’on rencontre déjà dans Wüstenfeld, qui paraît avoir tenu lieu des originaux arabes. En somme c’est un mauvais ouvrage.

Le Dictionnaire historique des Auteurs arabes de Rossi doit être cité pour mémoire, mais il n’a' plus d’intérêt aujourd’hui pour l’historien de la médecine. Ce n’est, du reste, qu’un sommaire.

Parmi les ouvrages ayant trait à l’histoire générale des sciences chez les Arabes nous citerons VEssai sur les Ecoles philosophiques chez les Arabes, de Schmœlders,les Mélanges de Philosophie juive et arabe de Munk, Averroès et VAverroïsme de M. Renan, les divers écrits de M. Sédillot, l’Introduction à la géographie cVAboulféda par M. Reinaud, les

(1) Cherbonneau : Galerie des littérateurs de Bougie. — Sanguinetti : Extraits d’Ebn Abi Ossaibiab et Essafady.

Dugat, études sur le Z ad el mooaflr ; Clément-Mullet, divers mémoires sur l’bistoiro naturelle chez les Arabes ; Munek, notice sur Joseph ben lebouda, etc.

AVANT-PROPOS

Recherches sur les traductions d’Aristote, par Jourdain, et enfin on lira avec intérêt le chapitre du Cosmos relatif aux Arabes.

Il faut espérer que nous verrons paraître quelque jour la traduction d’Ebn Abi Ossaïbiah par M. Sang-uinetti.

Il nous reste maintenant à exposer la méthode et le plan que nous avons adoptés.

On a vu quelle mine abondante de matériaux nous avions à exploiter. Cette énumération, qui étonnera sans doute les personnes étrangères à la littérature arabe, nous l’avons faite pour justifier les proportions de notre travail et nous dispenser de citations incessantes, que nous réserverons pour les cas où elles seront opportunes ou nécessaires. Nous ne marcherons constamment qu’appuyés sur les auteurs originaux.

Il nous eût été facile de relever des myriades d’erreurs ou de lacunes dans les écrits qui touchent à notre sujet, tels qu’histoires et biographies médicales ou scientifiques, mais cela nous a semblé inutile, d’autant plus que l’autorité fait défaut aux ouvrages de seconde main et qu’il ne convient de rectifier que les travaux qui peuvent en avoir. Nous serons donc sobre de rectifications, à moins qu’elles n’aient un certain intérêt.

Notre histoire sera principalement ce que l’on pourrait appeler l’histoire extérieure ou bio-bihliographique de la médecine arabe, et nous croyons que c’est par là qu’il faut commencer, quand il s’agit d’un .sujet à peu près complètement neuf. Toutefois, nous ne saurions nous désintéresser de l’histoire des doctrines, notre cadre, beaucoup plus large que celui de Wüstenfeld, ne nous le permettant pas.

En tête de chaque période, et même de chaque région, quand le besoin de méthode et de clarté nous fera un devoir de fractionner la famille arabe répandue .sur un vaste espace, nous donnerons des aperçus généraux sur le caractère scientifique de chaque siècle et de chaque contrée.

Nous consacrerons un chapitre particulier à l’histoire des institutions médicales et scientifiques.

Nous ferons plus aussi dans les notices que de donner le récit des événements et la nomenclature des écrits. Pour les plus éminents médecins surtout, nous recliercherons quel est leur genre de talent et de mérite et quel part leur revient dans les prog-rès de la science.

Nous n’avons pas cru devoir passer sous silence une foule de médecins de second ou de troisième ordre sur le compte desquels nous avons des renseignements positifs, par la raison que si cliacun d’eux en particulier ne présente qu’un faible intérêt, ils peuvent en avoir beaucoup comme groupe, accusant le mouvement scientifique actuel et local.

Ecrivant surtout à l’adresse des médecins, nous avons écarté tout caractère exotique et tout ce qui pourrait avoir par trop la couleur locale. Ainsi, de la nomenclature parfois si longue des noms, nousiie donnerons que le nécessaire. Nous agirons de même pour les écrits. Les grands médecins arabes étaient quelque peu encyclopédistes. Elkendy et Razès nous ont laissé chacun une liste de deux cents écrits. Après avoir donné intégralement ce qui a trait à la médecine, nous ferons un choix dans le reste en rapport avec le personnage ou le sujet.

Nous n’avons pas cru devoir nous borner .strictement, dans nos généralités, aux sciences médicales et naturelles, nous avons aus.si esquissé le développement des sciences mathématiques et philosophiques, et cela pour plus d’une raison. Plusieurs médecins ont cultivé ces sciences, et puis on a trop dit que les Arabes n’avaient pas le génie scientifique, sans articuler des preuves. Nous les verrons apporter la lumière et l’ordre dans les sciences d’observation, en môme temps que se passionner pour la culture des sciences abstraites.

Tel est le plan que nous avons adopté.

Nous diviserons notre histoire en huit livres.

I. Origines de la médecine arabe, ou autrement ce que l’on pourrait appeler son âge héroïque, jusqu’à la chute des ümmiades.

IL Initiation des Arabes à la science, principalement par la traduction des ouvrages scientifiques de la Grèce ; .histoire

complète de ces traductions dans toutes les parties de la science ; histoire des traducteurs et des ouvrages traduits ; notices des médecins de l’époque c’est-à-dire du neuvième siècle de notre ère.

Les quatre livres suivants, III, IV, V et VI, embrasseront successivement l’histoire des X“, XI®, XIP et XIIP siècles. Nous devrons alors, pourplus de méthode et de clarté, diviser chacun de ces livres en autant de sections que nous rencontrerons de centres scientifiques depuis la Perse jusqu’à l’Espagne.

VII. Ici, par suite des commotions politiques, la science arabe tombe en décadence.' Nous la poursuivrons dans ses dernières manifestations et nous dirons un mot de la renaissance contemporaine.

VIII. Dans le 8” livre, nous ferons l’histoire de la médecine arabe en Occident, c’est-à-dire que nous parlerons des traductions qui se sont faites de l’arabe dans les langues modernes et surtout en latin, en même temps que nous signalerons l’influence de la science arabe sur le développement de la science européenne au moyen-âge. Nous donnerons la biographie des traducteurs, et pour être complet, -nous étendrons nos investigations sur les traductions ayant trait non-seulement à la médecine, mais à toutes les branches de la science, comme nous l’avons fait pour les traductions du grec en arabe.

L’Orient rendit ainsi aux chrétiens d’Europe le service | qu’il avait reçu des chrétiens d’Asie. Les Arabes devinrent | à leur tour les représentants et les dispensateurs de la science ; mais il faut le dire, les circonstances leur furent moins favorables.

Le transport de la science grecque aux. Arabes s’était fait . par le concours heureux d’hommes éminents, encouragés et j soutenus par les souverains et par de riches particuliers, | pris d’un véritable enthousiasme. En Occident, au contraire, -| c’est à l’époque troublée des croisades que de simples amis } de la science, ne la trouvant pas dans leur pays, vont la demander à la littérature arabe.

Des textes qu’ils ne comprennent qu’imparfaitement. ou |

I qu’ils sont réduits à se faire interpréter en langage vulgaire, I ils les transcrivent dans un latin barbare, et sous ces livrées I la science arabe tomba bientôt dans un discrédit immérité. L’histoire de la science arabe en Occident fera l’objet d’uiie publication spéciale. Les matériaux en sont déjà prêts.

HISTOl RE

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