‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 25 sur 199 · IV. — Les XVI Livres chez les Écrivains modernes · texte numérisé non relu

IV. — Les XVI Livres chez les Écrivains modernes

Malgré la masse considérable de documents que nous venons de produire, beaucoup d’orientalistes sont passés à côté des XVI livres sans les reconnaître. Nous avons cru qu’il était intéressant de signaler ces méprises, dont quelquesunes sont véritablement inconcevables.

Casiri n’a pas reconnu les XVI livres en tête de la notice de Galien qu’il donne d’après le Kitab el bokama, qu’il appelle Bïbliotheca philosophoriim.

Nous ignorons si c’est la faute de son Ms. que nous avons oublié de consulter à cet endroit lors de notre voyage à l’Escurial. D’autre part nous avons constaté bien des étourderies de Casiri. C’est ainsi qu’il n’a pas reconnu la paraphrase du Tableau de Cébès par Aboulfaradj benThaïeb dans son n« 883 aujourd’hui 888. Il n’a pas non plus reconnu les XVI livres dans la notice de Maimonides.

Il rend ainsi ce passage ; Galeni libros XXI in epitomem contractes libris XVI comprehendit. Son texte est fautif dans la fin de cette proposition.

Il faut lire ainsi la fin ;

a II fit des abrégés de 21 livres de Galien, c’est-k-dire de cinq en sus des XVI livres. »

Nous sommes étonné que M. de Sacy n’ait pas rectifié ce texte dans son Abdellatif, page 491.

Munk, dans sa notice de Maimonides insérée dans le Dictionnaire des sciences philosophiques, mentionne l’abrégé des XVI livres de Galien que les médecins arabes prenaient pour guides de leurs études, mais il ignore quels sont ces livres.

Carmoly, dans son Histoire des médecins Juifs, n’en sait pas davantage et s’en réfère à l’Abdellatif de M. de Sacy.

M. Rabbinowicz, dans son index bibliographique de Maimonides, placé entête de sa traduction du livre des Poisons, ne fait aucune mention de l’abrégé des XVI livres.

L’auteur du catalogue du British Muséum oonn ût les

XVI livres et nous dit môme que leur rédaction était faite avant 1 année 1190, mais il n’a pas connu le contenu du recueil.

Les quatre derniers auteurs que nous venons de citer étant corelig-ionnaires de Maimonides, on est en droit de conclure que les documents hébraïques ne sont pas très explicites à l’endroit des compositions médicales de Maimonides, le premier et le dernier surtout étant des érudits de premier

Nous avons déjà dit que l’illustre de Sacy avait cru reconnaître les XVI livres dans ce que les Arabes appellent le g-rand livre du Pouls, recueil de quatre ouvrag-es de Galien relatifs au pouls et contenant chacun quatre chapitres.

Wüstenfeld, dans son histoire des médecins arabes, n’a pas parlé une seule fois des XVI livres à propos de.s auteurs qui les ont traduits, abrég-és, commentés ou réduits à leur forme définitive. Cependant Wüstenfeld opérait d’après Ebn Abi Ossaïbiah ; mais bien souvent il n’y a recours qu’après avoir fait usage de la Bibliotheca philosophorum de Casiri, ce qui l’induit plus d’une fois en erreur ou lui fait commettre des répétitions.

Les méprises de Wenrich sont encore plus inconcevables, en raison de la nature de son travail et des documents qu’il avait en plus que Wüstenfeld. Nous avons déjà cité son passage relatif au petit recueil d’anatomie. Voici ce qu’il dit à propos des abrégés de Maimonides : » Galeni libres XXI a Mose ben Mimoun in compendium redactos, librisque XVI comprehensos fuisse tradit Djemaleddiiius ; neque tamen, quinam illi fuerint libri, diserte memorat. » (Page 272).

Ailleurs, page 269, il considère le petit livre des pouls comme un abrégé du grand livre.

En un mot, les XVI livres lui sont complètement inconnus.

On ne comprend pas comment les citations si nombreuses des XVI livres que nous avons mises en relief n’ont pas crevé les yeux à Wenrich, quand on le voit citer incessamment Mohammed ben Ishaq, Djemaleddin el Kofthy et Ebn Abi Ossaïbiah. Il faut bien admettre qu’à l’instar de Wüs-

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