‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 40 sur 199 · TRADUCTIONS · texte numérisé non relu

TRADUCTIONS

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«: Chircliou ben Kothrob, de Djondisabour. Il ne cessa de protéger et de favoriser les traducteurs, leur procurant des livres de ses deniers. Il poussait aux traductions en syriaque plutôt qu’en arabe.

« Müliammed ben Moussa l’astronome. 11 était un des fils de Moussa ben Chaker, bien connus pour leur mérite et leur science ainsi que leurs 'écrits sur les mathématiques. Mohammed fut un des amis de Honein, qui traduisit pour lui plusieurs ouvrages de médecine.

« Ali ben lahya, surnommé l’astronome. C’était un des secrétaires et un intime d’El Màmoun, homme de mérite et qui avait du goût pour la médecine. Plusieurs ouvrages furent traduits à son intention.

Tsadry (Théodore) l’Evêque. Il était évêque de Kharkh, à Bagdad, (1) s’occupait à rechercher des livres et à les faire traduire. Les médecins chrétiens composèrent beaucoup de livres qui lui furent dédiés.

« Mohammed ben Moussa ben Abd el Malek. Ou traduisit pour lui plusieurs livres de médecine. C’était un savant éminent, qui s’occupait de corriger les livres et d’en rétablir les textes.

.r Issa ben lounes l’écrivain. C’était un savant éminent de l’Iraq, très occupé à la recherche des livres anciens et aux sciences grecques.

I Ali, surnommé El Fayoumy, du nom de sa ville natale, entretenait des traducteurs.

d Ahmed ben Mohammed, l’écrivain. Il dépensait beaucoup pour les traducteurs.

c Ibrahim ben Mohammed ben Moussa. Il s'appliquait à faire traduire les grecs en arabe et protégeait les savants et surtout les traducteurs.

c Abdallah ben Ishaq s’occupait de la recherche des livres et de leurs traductions.

«Mohammed ben Abd ei Malek Ezzeyat, Il dépensait poulies savants, les copistes et les traducteurs près de deux mille pièces d’or chaque mois. Plusieurs traductions d ouvrages

(1) Kharkh était un faubourg de Bagdad.

123 mSTOIBE DE L.\ MÉDECINE AllÀBlî. — LIVRE DEUXIÈME.

(le médecine lui furent dédiée.? par le.? grands médecins, tels que Jean fils de Mésué, Gabriel fils de Bakliticliou, Baklitichou fils de Gabriel, David fils de Sérapion, Elisa, Lsraïl fils de Zacliarya, Ebn el Batbriq, Hobeïch bon el Hassan. » Ce qui prouve encore l’intensité du moirvement scientifique, c’est que l’on ne s’adressa pas seulement aux Grecs mais encore aux Persans, aux Indiens et aux Nabathéens dont ou traduisit les livres en arabe.

Nous trouvons dans le Fihrist une douzaine de traducteurs du persan parmi lesquels nous nous bornerons à citer les fils de Noiibakht, et Ebn el Mocaffa, le traducteur de Calila et Dimna.

Parmi les Indiens, on cite surtout Manka qui traduisit un livre indien sur les poisons.

Parmi les traducteurs du Nabathéen, nous citerons Ebn Ouachcliya particulièrement connu par sa traduction de l’agriculture nabathéeniie.

Cet appel aux anciennes littératures de l’Asie datait déjà du temps d’El Mansour et de Haroun Erracliid.

Ce qui prouve que ces médecins de la Perse et de l’Inde avaient quelque mérite, c’est qu’ils sont fréquemment invoqués dans le Continent de Razès à côté des médecins de la Grèce.

Haroun avait à son service un médecin indien, Saleli ben Bahla, qui acquit une certaine célébrité pour avoir guéri l’oncle du Khalife, Ibrahim, tombé en léthargie.

Les Syriens ayant été les principaux initiateurs des Arabes, on s’est demandé souvent si toutes les traductions avaient passe par le syriaque. De nos jours quelques médecins et même des orientalistes croient encore que la plupart, sinon la totalité des tradnctions, ont passé du syriaque en arabe. Cette manière de voir nous paraît le résultat d’une étude incomplète et superficielle de la question. Nous sommes d’un avis contraire et nous apporterons à l’appui des faits et des considérations de diverse nature.

Les premières traductions faites en .syriaque par les Nestoriens étaient à l’usage du clergé et des écoles. Nous avons déjà dit que l’euseigiieiueut devait se faire dans cette

langue. Quand les Khalifes prirent à leur service des médecins chrétiens, quand aurtout ils se proposèrent d’instruire les Arabes, les Nestoriensn’en continuèrent pas moins à former des élèves, et alors même que des traductions commencèrent à se faire en arabe, il s’en fit parallèlement en syriaque.

Mais quand on eut apporté à Bagdad les livres de la Grèce, quand on eut des traducteurs connaissant le grec et devant travailler non plus pour les Syriens, mais pour les Arabes, c’eut été un non sens de passer encore à travers le syriaque. Les grands traducteurs d’alors connaissaient le grec ; ainsi Tsabet ben Corra, Honein, son fils Ishaq et son neveu Hobeïch, dont plusieurs traductions passèrent sous le couvert de son oncle. Dans la liste de leurs traductions, nous trouvonslesunesensyriaque, les autres en arabe. ChezHonein (1) et chez Ishaq, les traductions en arabe dépassent de beaucoup celles en syriaque. Chez Hobeïch nous les trouvons toutes en arabe. Chacune de ces traductions sans doute avait sa destination, mais celles qui se firent alors en arabe durent généralement être directes. L’un des grands traducteurs de l’époque, l’émule de Honein, auquel il dispute la palme de traducteur, Costa ben Luca, versé dans la langue grecque, fit de nombreuses traductions du grec et toutes en arabe. (2)

11 est encore un fait auquel n’ont pas songé les partisans du syriaque. Ce n’est guère qu’en médecine que les Syriens furent, h proprement parler, les initiateurs des Arabes. Dès l’époque des traductions, nous voyons les Arabes cultiver avec ardeur, outre la philosophie, les mathématiques et l’astronomie, demander des lumières, non pas seulement aux Grecs, mais encore aux Indiens et aux Persans. Tandis que les Nestoriens cultivent peu ce côté de la science, nous voyons

(1) Cependant on lit dans le Fihrisi que Honein traduisit surtout de Galien en syriaque et révisa beaucoup de traductions arabes.

(2) Nous pensons qu’au début on utilisa des versions syriaques et qu'on les fit passer en arabe, sauf à y revenir, afin de livrer aux Arabes, le plus promptement possible et le plus abondamment, les monuments scientifiques de la Grèce.

lÜO HISÏOIllE DE LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE DEUXIÈME.

les Arabes produire des hommes éminents de très-bonne heure. Déjà, sous le règ’ue d’El Mâmoun, nous voyons des astronomes mesurer un degré du méridien terrestre. El Kendy, le grand philosophe arabe, était aussi profondément versé dans les mathématiques et l’astronomie : plusieurs le considèrent comme connaissant le grec : Abou Machar le compte parmi les quatre grands traducteurs. C’est en vain que, dans la liste des traductions établie par Wenrich, nous avons cherché des traductions syriaques relatives aux sciences mathématiques, elles sont toutes en arabe, ce qui signifie pour nous qu’elles furent directes et faites pour les Arabes. Sur ce terrain donc les Arabes ne doivent rien aux Syriens.

Pour nous résumer, les grands traducteurs datant de l'époque où les livres grecs affluaient à Bagdad pour être mis entre les mains des Arabes, il est probable que la grande majorité des traductions qui nous sont parvenues, ont été laites directement ; et l’on ne saurait admettre le passage à travers le syriaque que dans les cas particuliers où l’on pourrait en fournir des preuves positives, ce que nous aurons à constater.

Quant aux traductions qui nous sont passées entre les mains, notamment celles de Dioscorides et de Galien, les noms techniques, en très-grande quantité, y sont reproduits avec assez d’exactitude, à part les points diacritiques, et il nous semble qu’un passage par le syriaque eût apporté plus de trouble dans leur transcription.

Notre manière de voir est d’ailleurs celle de plusieurs orientalistes éminents, et nous croyons devoir consigner ici leurs témoignages.

A propos des traductions d’Hippocrate, Gasiri prend chaudement la défense des traducteurs contre Renaudot. Dans une lettre à Dacier, Renaudot prétend que les traductions arabes d’Hippocrate et des Grecs en général sont peu soignées, infidèles et sans utilité pour l’épuration des textes originaux.

Gasiri lui oppose l’opinion d’érudits, tels que Saumaise, Golius, Erpénius, Pococke et Gravius, et il lui fait le repro-^

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