‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 42 sur 199 · IL LES TRADUCTEURS · texte numérisé non relu

IL LES TRADUCTEURS

Nous trouvons une liste d’une trentaine de traducteurs du grec seulement dans Ebn Abi Ossaïbiali. Le Filirist donne la sienne aussi, dans laquelle figurent quelques noms nouveaux. On peut recueillir encore d’autres noms, ce qui porte le chiffre des traducteurs de tout genre aune centaine. Si l’on se rappelle les noms des protecteurs, on verra quelle grande agitation le travail des traductions dut opérer dans le monde musulman.

L’ouvrage de Wenrlch, d’ailleurs si recommandable, nous paraît ici défectueux. Il a souvent admis des traductions opérées par des Arabes d’après des annotations de manuscrits, sans se demander si ces traductions étaient bien réellement authentiques, et s’il ne fallait pas y voir soit des commentai res, soit simplement des attributions erronées. Il a passé légèrement sur de graves questions que nous croyons devoir nous poser, à savoir; Les Arabes ont-ils joué un rôle personnel et direst dans le travail de;s tradiiotions? Dans quelles

H HISTOIES DE LA MiiDEGlNE ARABE. ~ LIVRE DEUXIISME.

langues purent-ils eu opérer? A quelles races ou communions diverses doit-on les traductions ?

Dans l’ensemble du travail, les traductions du grec en arabe comptent pour la grande majorité, au point que bien souvent on néglige de tenir compte des autres, qui ont cependant leur importance. On doit aux Nestoriens la majeure partie de ces traductions.

A côté d’eux se placent aussi les Sabiens de Harran, qui entretinrent longtemps la culture du grec. C’est à peu près exclusivement à ces deux groupes que nous devons les traductions du g-rec en arabe.

Certaines personnes ont cru que les Arabes avaient coopéré personnellement à cette catégorie de traductions. Ce qui a pu contribuer a propager et accréditer cette opinion, c’est une assertion doublement erronée, qui n’en est pas moins couverte du grand nom de d’Herbelot : <c Averroës est le premier qui ait traduit Aristote du grec en arabe. » En présence de cette assertion, ce que l’on éprouve c’est l’étonnemeritplutôt que le besoin de la réfuter. Ajoutons encore la distinction que l’on a oublié de faire entre les Arabes proprement dits ou Musulmans et les écrivains de race étrangère vivant au milieu d’eux et écrivant en langue arabe.

Connaissons-nous des traductions du grec exécutées par les Arabes, ou autrement quelques Arabes surent-ils le grec? lelle est la question que l’on n’a pas encore résolue définitivement, à notre connaissance du moins.

M. Renan se prononce d’une façon générale pour la négative. « Il n’y aurait pas, dit-il, beaucoup d’exagération à afnrmer qu’à aucune époque aucun savant musulman n’a connu le grec. => (1) J’ai essayé de prouver, dit-il encore, que jamais les études grecques n’ont été cultivées parmi eux. (2) Nous nous rangeons volontiers à cette dernière assertion On rencontre bien chez les Arabes une certaine connaissance de la lexicologie grecque et beaucoup d’étymologies sont

(1) Hist. des lang. sémit., 2« éd., 291.

(2) De philosophia apud Syros .

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