‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 51 sur 199 · AUTEURS TRADUITS · texte numérisé non relu

AUTEURS TRADUITS

Ce fut donc à peu près exclusivement sur des ouvrages de science que portèrent les traductions provoquées par les Abbassides ; elles embrassèrent la médecine, la pliilosopliie, les mathématiques et l’astronomie, et toutes ces sciences gagnèrent à la culture arabe.

Quand on jette un coup d’œil sur l’ensemble de ces traductions. sur les savants qui, pendant cinq siècles, ne cessèrent de s’en inspirer et de les féconder par leurs écrits, on s’étonne que des écrivains modernes aient pu refuser aux Arabes le génie scientifique.

Il nous semble que le génie scientifique se produit de deux manières et se reconnaît à deux signes, d’un coté la classification méthodique d’un ensemble de faits donné, de l’autre la culture des sciences abstraites.

Les Arabes marchèrent dans l’une et l’autre voie.

Quant à la première, nous les voyons de bonne heure préoccupés de classer suivant un ordre systématique, les notions et les faits afférents à la médecine, et c’est dans cet esprit que furent exécutés le Maleky d’Aly ben el Abbas et le Canon d’Avicenne.

Nous les voyons aussi passionnés pour Aristote, le génie scientifique par excellence.

Parmi les philosophes grecs, dit M. Munk, ils choisirent de préférence Aristote, sans doute parce que sa méthode empirique s’accordait mieux que l’idéalisme de Platon avec la tendance scientifique et l’esprit positif des Arabes.

. Nous pourrions ajouter à ces paroles que les Arabes eurent des émules, et que la science moderne s’est plus inspirée d’Aristote que de Platon.

Si l’on refusait aux Arabes le génie scientifique, comment expliquer l’ardeur et le succès avec lequel ils cultivèrent les mathématiques et l’astronomie ?

Nous céderons ici la parole à un homme qui fait autorité, à M. Sédillot ;

1 Ce qui caractérise surtout l’école de Bagdad à son début, c’est l’esprit véritablement scientifique qui présida à ses travaux. Marcher du connu à l’inconnu, se rendre un compte exact des phénomènes pour remonter ensuite des

effets aux causes, n’admettre comme vrai que ce qui a été démontré par l’expérience, tels sont les principes enseignés par les maîtres. Les Arabes étaient au IX‘ siècle en possession de cette méthode féconde qui devait être, si longtemps aprè.s, entre les mains des modernes, l’instrument de leurs j plus belles découvertes. » Prolég. d’üloug Beg, 23.

Et ailleurs ; L’école de Bagdad marqua son passage par des progrès incontestables ; pendant sept siècles elle est à la tête de la civilisation et remplit avec éclat l’immense intervalle qui sépare les écoles d’Athènes et d’Alexandrie de l’école moderne. Les mathématiques pures deviennent l’objet d’études suivies ; des traités ex professe développent les principes de l’arithmétique et des rapports des nombres. L’algèbre perfectionnée s’étend jusqu’aux équations du troisième et du quatrième degré. La trigonométrie se transforme par la substitution des sinus aux cordes et par l’emploi des tangentes dans les calculs, k Lettre à M. de Humboldt, 25.

Une dernière citation :

<t De quelque coté qu’on tourne ses regards, on voit toujours les Arabes nous précéder dans les innovations utiles et dans les perfectionnements d’une civilisation avancée. S’ils ont été nos maîtres en algèbre et en géométrie, dans les sciences naturelles, dans les arts mécaniques, si nous leur devons nos chiffres et notre système décimal, la boussole, le pendule, la poudre à canon, l’alcool, etc., on ne peut s’étonner de retrouver chez eux ces écoles, ces académies, ces correspondances mathématiques qui font la gloire des sociétés modernes, ces encyclopédies qui résument méthodiquement les travaux de plusieurs siècles, ces dictionnaires bibliographiques où les titres de plus de 20,000 ouvrages différents, reproduits avec exactitude nous révèlent l’une des plus vastes littératures que l’on connaisse, tré.sor inépuisable auquel il n’a manqué que l’imprimerie. »

Les livres et les auteurs dont nous allons parler, nous sont en partie connus par l’histoire des traducteurs. Nous croyons cependant faire plus qu’une répétition oiseuse en classant les ouvrages traduits d’après leurs auteurs.

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