II. MÉDECINS ARABES
Le siècle qui précéda l’établissement de l’islamisme fut chez les Arabes une des périodes les plus remarquables de leur histoire.
Il serait plus remarqué si le siècle suivant avait fait moins de bruit. Il marque l’entrée en scène des Arabes dans l’ordre des travaux de l’espi-it et il est à certains égards le précur-
seur (lu siècle suivant qui fut leur entrée en scène dans l’ordre des faits religieux et politiques.
Le sixième siècle marque l’éveil de l’activité intellectuelle ; chez les Arabes. Ainsi que chez tous les peuples, cette actii vité se fît jour d’abord par la poésie. La poésie du reste fut j un des traits saillants du caractère national. Des concours I étaient établis et les œuvres couronnées écrites en lettres \ d’or et suspendues . aux portes de la Kaba.
Chose remarquable, ces premiers poèmes, qui nous ont été conservés, portent un cachet de perfection que n’atteignirent pas les poèmes des siècles plus civilisés, plus ingénieux et moins raides, mais ayant moins de sève et de vigueur.
Entre tous les poètes d’alors, il faut citer Antar, qui fut tout à la fois l’Homère et l’Achille de son temps ; Antar, une de ces grandes et trop rares fîgures, devant lesquelles on ne saurait s’arrêter sans un sentiment d’admiration mêlé d’attendrissement, auquel il n’a manqué qu’un plus vaste théâtre pour laisser une trace profonde de son passage à travers l’humanité.
C’est au milieu de ces temps d’aventures et de poésie, vers le milieu du VP siècle, que naquit Harets, qui s’en fut en Perse chercher la science que son pays connaissait à peine do nom. De retour dans son pays, Harets eut des disciples, son fils d’abord et même on peut dire le Prophète lui-même. Sans la révolution politique et religieuse qui troubla si profondément le siècle suivant, Harets fut peut-être devenu le chef d’une école ou le point de départ d’un mouvement intellectuel dont on ne saurait apprécier la portée. Quoi qu’il en soit, ce n’en est pas moins nne coïncidence remarquable que cet épanouissement de la poésie chez les Arabes et cette introduction de la médecine en tant que science.
1“ HARETS'BEN CALADAH.
Harets ben Caladah est le premier parmi les Arabes qui ait mérité le nom de médecin, le premier qui ait joint à la pratiqne de la médecine les doctrines qui la dominent.