‹ Histoire de la médecine arabeChapitre 8 sur 199 · ÉPOQUE DE · texte numérisé non relu

ÉPOQUE DE

Il naquit à Thaïef, probablement vers le milieu du VI° siècle de l’ère chrétienne.

Il se rendit en Perse, où il étudia la médecine, particulièrement à l’école de Djondisabour ; il y resta quelque temps et la pratique de son art lui valut de grandes riches-

Admis à la cour, il eut avec Chosroës une longue conversation qu’il rédigea plus tard et publia. Dans cet entretien, qui nous a été conservé, Harets, à part quelques généralités sur les éléments et les humeurs, ne traita guère que des questions d’hygiène. La base de son hygiène est la modération dans le manger.

Ce qu’il y a de plus grave, dit-il, c’est d’introduire des aliments sur des aliments, c’est-à-dire de manger quand on est rassasié. Il proscrit l’usage des bains après le repas, le coït à l’état d’ivresse, recommande de se couvrir la nuit, de boire de l’eau de préférence et de n’user jamais du vin pur. Les viandes salées et séchées, celles des jeunes animaux lui paraissent un mauvais aliment. Les fruits doivent être mangés au commencement de leur saison et à leur propre époque. Quant à l’usage des médicaments, telle est sa réponse à Chosroës; Tant que dure ta santé, laisse-les de côté, mais si une maladie survient, coupe-la par tous les moyens convenables avant qu’elle ne prenne racine. Il donne aussi les moyens de combattre clwicune des humeurs en particulier.

Il recommande l’usage des lavements. Les ventouses doivent être employées au déclin de la lune, par un temps serein et quand le corps est dispos. La description qu’il fit de la femme, telle qu’on peut la désirer, plut infiniment à Chosroës; dans cette description, le médecin semblait doublé d’un poète. On rencontre aussi une prescription renouvelée par plus d’un médecin arabe, celle de ne pas avoir de rapports avec une vieille femme. Chosroës le combla de présents.

Harets s’en revint dans son pays, où il pratiqua la médecine. Il connaissait, dit un historien, les habitudes des Arabes et les médicaments qui leur conviennent.

28 HiSTorni! de la médecine arabe. — livre premier.

Il fut en relations avec Mahomet, qui lui adressait des ? malades, et il est probable que c’est à ces relations que , Mahomet dut en partie ses connaissances étendues en inéde- ’ cine. Dans les propos attribués à Mahomet, il en est queli; ques-uns qui le sont aussi à Harets.

On rapporte de Harets, un fait de sagacité qui s’est reproduit plus d’une fois dans les annales de la médecine. Un arabe, avant de se mettre en voyage, avait confié sa femme à son frère. Celui-ci en devint amoureux au point de tomber malade. On appela Harets qui fit à plusieurs reprises administrer du vin au malade, et sous l’influence du vin le malade se mit à réciter des vers dans lesquels la passion se dévoila peu à peu et ne laissa plus de doute aux assistants. Le frère divorça et voulut donner sa femme au pauvre amoureux, qui refusa et mourut de langueur.

Malgré ses relations avec Mahomet, il ne paraît pas que Harets se soit fait musulman. La date de sa mort est controversée, mais il paraît qu’il mourut peu de temps après le Prophète.

Harets laissa un divan, qui est mentionné par Hadji Khalfa, n" 5309.

2“ ENN.ARDHR, FILS DE HARETS.

Ennadhr, fils de Harets, était par sa mère cousin de Mahomet. Comme son père, il voyagea et se mit en rapport avec les savants de toutes les croyances. Il connut, dit Ebn Abi Ossaïbiah, une partie considérable des sciences anciennes. Son père lui communiqua ses connaissances tant en médecine que dans les autres sciences.

On trouve dans le V« livre du canon d’Avicenne une formule de pilules qui nous paraissent devoir être rapportées à Ennadhr, sous ce titre : Pilules du fils de Harets. C’est un composé de substances purgatives, à l’adresse des affections do nature biliaire et atrabilaire.

I Ce qui rend surtout intéressant Ennadhr, c’est sa fin tra- ■ gique. Il était devenu l’ennemi de Mahomet. Supérieur an Prophète par l’étendue de ses connaissances, il tourna en ri-

Ét'OQÜE DE MAHOMET. - MÉDECINS ARABES. 29

dicule sa personne et ses écrits. Certains passages du Coran semblent faire allusion à la conduite d’Ennadhr. A la journée de Bedr (624 de notre ère), Ennadlir combattit contre le Prophète et se trouva parmi les vaincus. Cédant à un mouvement de rancune, qui n’était pas dans ses habitudes, Mahomet ordonna la mort d’Ennadhr, qui fut exécuté par la main de l’enthousiaste Ali, fils d’Abou Thaleb.

Koteila, sœur d’Ennadhr, pleura la mort de son frère dans une touchante élégie qui nous a été conservée. Ces vers, dit l’historien, sont les plus nobles qui aient été composés par une femme offensée. En les lisant, Mahomet se repentit de sa rigueur.

3» EBN ABI RAMITSA.

Il était do la tribu de ïémim et pratiquait la chirurgie. Étant un jour chez Mahomet, il lui vit entre les épaules l’excroissance qui est considérée comme l’apanage des Prophètes et il lui proposa de l’exciser. Mahomet s’y refusa. C’est tout ce que nous en savons.

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