Livre de nouvelles
Des causes de la peste en Egypte, de ms préservatifs et de son traitement*
Lettres à quelques frères sur le mépris de la mort.
Des maladies du rectum.
DeTéducation ou préceptes de conduite.
Des fièvres.
De la conservation de la santé,
Histolrede la dynastie, oùil raconte rapparitlou du Molidy dans le Magreb. (3)
Ebn EddjeEzâr est cité parEttômimy et par Tifachy comme
(1) Caslri s'est encore ici tiompé, û°d91,eûdûiinQint lauteur comme ËapagQol et du VU sièelfi.Wiiât^infeld, qui a reconnutkunKddJezTsâr, Ven a pas mûina fait un double emploi.
{3) Cet ouvrage existe à Constantloople,
(3) M. Dagat donne cet ouvrage comme découvert par M. de Slane, cependant il se trouve raentionué dans le texte consulté parWiistenfeld, etrepixtduît à la fin de son histoire des médecias arabes, p. 12.
416 aiBTOIliS DE Lk ICÉDECINB ARABE. — LIVRE TROIBIÉUE.
auteur d*UQ traité des Pierres, tantôt sous la forme d'Ahmed ben Abi Khaled, tantôt sous celle d'Ebn Eddjezzftr.
Ebn el Beithar, qui le cite une trentaine de fois, lui attri* bue aussi un livre des poisons. Ces citations n'ont du reste pas de cachet, à part une qui a trait à la manne qui tombe â Castilya, dans la régence de Tunis, ce qui prouve qu'Ebn EddjezzÂr connaissait les produits du pays.
La [B. Bodléienne contient, sous le n* 579, des fragrments qui appartiennent peut-être au Zad el Moçafir. La B. Nationale a une copie faite par M. Dugat, d'après un Ms. de Dresde.
DOUNACHBEN TEMIM.
Nous nous en rapporterons pour ce personnage, du reste assez obscur, à ce qu'en a dit Munk dans sa notice d'Ebn Djanah, Journal asiatique^ 1850.
Dounach est aussi connu sous le nom d'Adontm, et porte le surnom d'Abou Sahl. C'était un juif de Caïrouan, d'une famille originaire de Bagdad, qui naquit au commencement du X* siècle. Il fut le disciple et l'ami du célèbre Ishaq ben Soleiman el Israïly, avec lequel on l'a confondu, parce qu'ils écrivirent tous deux un commentaire de VIecira. Il fut aussi, pour la même raison, confondu avec Jacob ben Nessim.
Dounach compte parmi les premiers Juifs qui s'occupèrent de leur grammaire. Il s'occupa aussi de l'écriture, de mathématiques, de philosophie et de médecine.
Dans le commentaire susdit il cite, entre autres ouvrages qu'il a composés, un traité sur le calcul indien et un traité d'astronomie dédié au Khalife Fathmide El Mansour.
Il paraît avoir écrit sur les simples, attendu que nous le trouvons cité trois fois dans Ebn el Beithar. La première citation n'est qu'une question de synonymie, à propos de la gentiane. La deuxième est relative au gingembre et il recommande de choisir celui qui est récent. La troisième a trait à* la rose. «Il en est, dit-il, de jaunes, et j'ai entendu dire qu'il y en avait de noires dans l'Irak. La meilleure est
LE ICAQKEB. 417
celle de Perse, qu*on dit ne pas s*ouvrir. Il faut choisir celle quialeplusd*odeur, d'un rouge prononcé, à pétales serrés. » Voici pourquoi Munk n'a connu que cette dernière citation. Il s*en est rapports à Sontheimer, qui, pour les deux autres, écrit Rufus^ au lieu de Dounacli. Dans les manuscrits que nous avons consultés, on peut lire quelquefois Douîs au lieu de Dounacli, ce qui est une faute de copiste, mais nous avons rencontré constamment ben Temim.
Les Arabes no trouvèrent pas d'initiateurs en Espagne, et ils durent emprunter à TOrient la semence qui devait porter chez eux de si beaux fruits. Nous rencontrons bien dès l'abord quelques noms de médecins chrétiens, mais nous ne croyons pas qu'ils aient pu puiser à d'autres sources que les Arabes, dont la langne leur fut bientôt familière.
Le pèlerinagfe de la Mekke fut sans doute pour la science un puissant véhicule, mais, en dehors du voyage religieux, nous en connaissons d'autres qui avaient la science pour objet.
Mohammed ben Abdoun se rendit en Orient, fût chargé quelque temps du service de l'hôpital de Fostath, et s'en revint en Andalousie.
lounes de Harran quitta son pays pour s'établir en Espagne. Ses deux fils, Ahmed et Omar, allèrent pas&er dix années en Orient et étudièrent la médecine à Bagdad sous Tsabet ben Sinan, et l'oculistique sous Ebn el Ouacif, tous les deux d'origine sabienne. Amrou bon Hafs allait à Gairouan du temps d'Ebn Eddjezzar et enrapportait loViatique.
Makkari a consacré un chapitre aux Espagnols qui se rendirent en Orient (n'' 704, ancien fonds arabe).
D'autre part des orientaux furent attirés en Espagne par les souverains du pays.
Le tX* siècle avait déjà compté un prince ami des savants, et qui lui-même était un poète, Abderrahman, deuxième du tiom. Mais ce fut surtout au dixième siècle que les Omméla^
des d'Espag-iie se montrèrent les dig^nes émules des Abbas- BÎdes,
Le X' siècle fut le plus brillant pour TEspa^ne musulmane. Il fut presque rempli tout entier par les règrnes de deux princes qui, sur un trûne solidement établi, encouragèrent les lettres, les sciences et les arts.
Abderrahman, troisième du nom, dit Ennasser, était an relation d'amitié avec plusieurs princes chrétiens. On connaît la célèbre ambassade qui lui fut envoyée par l'empereur d'Allemagne Otlion-le-Grand, et qui était conduite par Jean de Gorae, dont le fanatisme ne put troubler la sérénité et la courtoisie d'Abderrahmau,
Une autre ambassade, qui fut un événement heureux pour la science, lui vint de Constantinople,
Parmi les présents que Tempe reur Romain adressait au Khalife, se trouvait un exemplaire grec de Dioscorides avec les figures des plantes merveilleusement peintes* e Pour profiter de Dioscorides, disait Romain dans sa lettre, il faut un homme qui possède parfaitement le grec. Quant à Orose (dont un exemplaire était aussi envoyé) vous pouvez trouver chez vous des latins qui peuvent le lire, ' Or, personne à Cordoue ne savait le grec. Ennasser pria donc Romain de lui envoyer un homme sachant le grec et lo latiu, et en l'année 051 arriva le moine Nicolas.
Il y avait alors à Cordoue un certain nombre de médecins qui s'occupaient activement à reconnaître les médicaments cités par Dioscorides et restés inconnus.
Parmi eux ou comptait surtout le juif Hnsdal ben Chaprout, le même qui rerut Jean de Gorze, Abou Othman Djezzàr, le médecin Mohammed ben Saïd, Abderrahman ben Heitam, Abou Abdallah Sakaly qui parlait le grec. Par leurs soins on parvint à reconnaître les noms de tous les simples de Dioscorides, à part une dizaine (1) .
Le moine Nicolas fut le premier qui composa à Cordoue la grande lhériaque,'dite El Farouk, Il s'était lié d*amitié avec le juif lia^daj ben Chaprout qui était aussi en faveur auprès
(l}Pour d'autres renaeîgnements sur cû fait, voir les articlea DiOBCOrides et EbD DjoldjoU
4'iO UlSTOIRE DR L\ MÉDECINE ARABE. — LIVRE TROISIËUE.
(la prince et que Ton dit même avoir été son ministre (1). Ces faits témoigrnent de Tesprit de tolérance qui régrnait à la cour d'Âbderrahman Ennasser
Nous n'avons pas à raconter ici les travaux commandés par Âbderrahman, mais nous ne pouvons passer sous silence la construction d'Ezzalira, dont il fit sa résidence, et d*où le célèbre Abulcasis tira son surnom d'Ezzahraouy.
Hakem fut le digne continuateur de Tœuvre de son père. Il envoyait par tous les pays des émissaires pour lui recruter des livres et particulièreihent en Orient. Il adressa mille pièces d*or à son parent Âboulfarage el Ispahany, Tautear du célèbre recueil de chants arabes connu sous le nom de Kitab el Agany, et il en obtint un exemplaire avant que Touvrage n'ait paru dans Tlrak. Il entretenait des copistes et des relieurs» et il institua dans l'Espagne des bibliothèques telles que l'on n'en avait jamais vues de pareilles ni avant ni après lui. (Makkari).
Le catalogue de sa bibliothèque ne contenait pas moins de quarante-quatre volumes, et on rapporte que le nombre des volumes se montait à six cent mille (Casiri, II, 38).
Le fameux général El Mansour, qui gouverna de fait sous le règne de Hecham, protégeait aussi les savants et se plaisait dans leur société. S'il faut en croire Léon l'Africain etConde, Abulcasis aurait été attaché & sa personne en qualité de médecin.
Ces encouragements ne tardèrentpas & porter leurs fruits. A travers une foule de savants obscurs nous voyons apparaître déjà quelques hommes éminents.
Le plus illustre de tous est Abulcasis, qui embrassa dans ses écrits, publiés sous le titre collectif de Tesrif, la totalité de la science médicale, mais qui s'est fait un nom surtout comme chirurgien. A côté de lui nous pouvons encore citer Ebn Djoldjol qui s'adonna particulièrement à l'histoire naturelle médicale et compléta Dioscorides.
La plupart des médecins de second ordre dont nous aurons
(1) Voir aussi la notice do M. Philoxène Luzzato sur Abou Yousouf Hasdaï Eba Schaprout.
Ï8P4GKE.
h parler étalent attachés à la persoDne da^ Khalifes Abderrahman Eanasser, et de Hakem el Mostancer. Le premier en admit plusieurs dans son intimité, leur confia des chargées importantes ou leur conféra la dignité de vizir. Nous avona déjà parlé du juif Hasdaï ben Chaprout qui comptait parmi ses ministres.
Les sciences mathématiques et astronomiques brillèrent aussi d'un vif éclat dans la personne de Moslema» qui lit plusieurs bons élèves, dont nous parlerons au siècle suivant, A cette époque, Gerbert habitait Barcelone, qu'il ne paraît pas avoir dépassée. Noua savons positivement qu'il réclama plus tard la traduction de deux livres arabes» l'un d'arithmétique et Taotre d'astronomie. Ces écrits sortaient sans doute de l'école de Moslema, Gerbert a passé pour un mag-ieien. Il ent probable que ses connaissances hermétiques pro venaient de la même source, Moslema ayant aussi cultivé Talchimie. Nous ne pouvons oublier ici le célèbre calendrier de Cordoue.
En somme, c'est h la grandeur et h la solidité des assises posées au X* siècle que l'édifice scientifique de l'Espagne musulmane dut de pouvoir B*élever et se maintenir pendant les guerres civiles qui désolèrent les siècles suivants et de produire enfin son magnifique couronnement au XII* siècle. au milieu de la double invasion chrétienne et berbère.
Observations générales sur les MédeciiiB de cette période.
Nous n'avons que d'assez maigres renseignements sur les médecins espagnols du X» siècle. Ce qui fait surtout défaut, ce sont les dates : nous ne pouvons en assigner qu'à un petit nombre d'entre eux* De plus, Ebn Abi Ossaïbiah, qui est à peu près notre seul guide, a dans sa nomenclature fréquemment interverti Tordre des temps. Il met côte à côte des médecins distants l'un de Tautre de plus d'un siècle. C'est ainsi qu'il place après des médecins du VI« siècle de l'hégire Ebn Samadjoun, qui appartient au IV' d'après la date donnée par rhiatûrien lui-même dans la notice de ce médecin.
423 HurroiRS db la icéoecins ababc. — uyrb troibièiui.
Nous n'en avons pas moins recueilli tous ces noms en suivant la nomenclature d*Ebn Abi Ossalbiah toutes les fois qu'il ne se mettait pas en contradiction avec lui-même. Le nombre considérable de médecins, si obscurs qu'ils soient» accuse au moins un grand développement de la médecine en Espagrne.
ABD EL HALEK BEN HABIB BSSALAMT.
Nous ne le connaissons que par les extraits d'Ebn el Ehatib donnés par Gasiri. C'était un fécond polygrapbe, qui aurait, nous dit-on, écrit plus de mille ouvrages sur toutes sortes de sujets, et soixante sur la médecine seulement. Il mourut à Gordoue en l'année 289 de l'hégire, 001 de l'are chrétienne (II, 107).