‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 14 sur 168 · De l'art de gruérir (du g-rand art · texte numérisé non relu

De l'art de gruérir (du g-rand art

Telle est ensuite la liste de Constantin ; et voici comment il est amené à la donner. Reprenant en sous-ordre dans le Panteg'ni, qui n'est autre qu'un remaniement du Maleki, la célèbre préface d'Ali ben Âbbas, il dit ce qui suit : Galien fit des traités spéciaux sur chaque 'matière et le nombre de ses écrits s'élève & 140. On ne lit plus guère que les XVI livres qui sont :

Periton hereseos medicorum, particula I.

(Le premier mot donne beaucoup de variantes).

Microtegni (le petit art), L

Pulsuum minores (tractatus), IL

Epistola ad Glauconem, IL

De elementis, L

De complexione, III.

De virtutibus naturalibus, III.

De anatomia, V.

De morbo et accidenti, VI.

Megapulsuum, XVI.

De interioribus membris, XV.

Criseos, III.

Ymera criseos (des jours critiques), III.

De febribus, IL

Megategrni, XIV.

De regimento sanorum, XII.

Nous allons maintenant prendre chacun de ces livres en particulier. Nous donnerons les variantes que présentent les divers documents quant aux titres que nous ramènerons aux titres classiques.

1* Des sectes en médecine.

4») nisrjikK Ds lA ii#y»inxg axame. — uvmE pmKmss.

Le titre de Constantiii n^est aatre chose qn^one imitmtioii du grec. Cet ouvrage existe à Ptrûp n* 1043, A. F. aoos le titre : Des sectes en médecine. Cest à twt que Casiri a traduit : De differentiis fdnium. Le catalogiie de Florence, n* 335, a rendu par : De aectis.

2* Le petit art. C*est le traité de Fart médical, iirs medhcinalis, et non le traité de la constitution de fart, comme a tnuluit Casiri. La trailuction arabe existe à Paris et à Florence, n** précités, sous le titre de petit art. Cest probablement à Constantin que Ton doit Tintroduction du mot microtegni, qu*ont adopté les arabistes.

Ali ben Rodhouan en fit un commentaire qui a été traduit en latin et plusieurs fois imprimé. Dans son prologue, il discute ce titre de Petit Art. Honein écrivit une introduction à TArt de Galien, qui fut aussi traduite et imprimée. Nous I)ensons que c'est la même qui est à tort attribuée à Jean, fils de Sérapion, par le catalogue des Mss. de Montpellier.

'3* Du i)ouls, petit livre du pouls, du pouls à Teutrou, (Tlieutra), petit livre du pouls, livre du pouls aux élèves: tels sont les titres divers de ce troisième livre.

Nous n'avons ainsi qu'un seul traité spécialement désigné, le livre destiné aux commençants, rfpt twv «çuniâv toîç ctç avo^uvoC;, mais Constantin divise le livre en deux parties. La seconde ne saurait être que le traité de l'usage des pouls, de 118U pulsuum, r.t^\ /.p«wiç açurï^wv.

Ce livre se trouve encore à la suite des précédents dans les Mhs. précités de Paris et de Florence.

4* Livre à Glaucon, de la guérison des maladies: c'est le livre bien connu Je la thérapeutique à Glaucon. Les listes arabes indiquent seulement le deuxième livre, ce dont nous croyons comprendre la raison. Le premier traite des fièvres et ferait double emploi avec un traité des fièvres qui figure dans la liste. Le Ms. hébreu donne betheba et le n* 1356 du Britisch Muséum fiesm etthabiâi du nom de la nature.

Ces quatre livres se trouvent à la suite l'un de l'autre dans le n« 1043 de Paris, A. F. Le Ms. 444 du British Muséum les donne comme formant une introduction.

5** Les cinq livres d*anatomie. On leur donne aussi le nom

CE QU ÉTAIËKX LEë XVI UVHKS*

de petite livres d'auatomie, par opposition aux DémoiiàtrattioDB anatomiques quîsont les grands livres. Dans la liste de I Constantin, dansTindex bibliographique d*Aboulfaradj beu [Thaïeb et dans celle de Jean le grammairien, dan^ les deux Mss. du British Muséum, dans le a* 335 de Florence et dans le n* 1117 du fonds hébreu, ces livres ne viennent qu'en huitième lieu-

Wenricb, qui ne savait pas ce qu^étaient les XVI livres, fait suivre la mention des V livres d*Anatomie de ces réflexions: * In Galeni operibus-plura occurrnnt, qua3 de anatomià tractent : quorum tamen nuUum V libris absolvitup. Quare difficile est dijudicare cuinam operum illoram liber Arabîcus respondeat. >

L'ig-norancc de Wenrich peut s'expliquer en ce qu'il ne s*est servi de la liste d'Ebn Abi Ossaïbiah qu*après avoir épuisé celles du Fihrist et du Kitab el hokama Ebîi Abi Os,^biah nous donne le détail des V livres- On les trouve aussi détaillés dans le n* 135*3 du British Muséum et dans le Ms, 335 de Florence- (1) Ce sont les traités des os, des muscles, des nerfs et des vaisseaux. Les vaisseaux comprenant les veines et les artères, nous avons ainsi un total de cinq li\'Tea.

0* Des éléments. Quelques-uns de nos documents donnent le titre complet: Des éléments suivant Hippocrate.

7° Des tempéraments, -ittpi jtp^tffEtdv, Constantin a donné De somplexione^ ce qui répond à Tarabe Kitàb el mi^iidj,

8* Des propriétés naturelles, irtpl SuvaiJtiwv t^mU^ev.

&* Des maladies et des accidents {symptômes).

Nous trouvons ici réunis des traités qui se suiveut mais sont distincts chez Galien : des différences et des causes des maladies, des différences et des causes des symptômes*

10* Des maladies des org^anes internes, Constantin dit simplement! De interiorihm membris, C*est le traité vulgaire^* ment connu sous le titre : De locis affectis.

fl) Wenrich a fait doux citations du Ma, de Florence. Page 24G, il cite !e« veines et les artères^ et page 218 les os et tes nerfs, auxquels il joint abusivement ks urines* Nous observerons que le livre des muscles n'est pas cite dans le Mb. de Florence.

4S HISTOK&E OE LA lltTIfim ABAIB. — IXfBM

11* Le grand liTie da pouls» JlliBgaiNiIsaaim,XYI» de Constantin. Le chiffie donné par Cmsluliii el ce qa*€fa lit dans le Ritab el hokama, qne ce liTie est diriaé en q[iimtre parties et seize disconrs, ne laissent ancon doute sur la détermination de ce livre. Ce sont les quatre lirres connus TulgairO" ment sons les titres : De differentiU ptÛMutan^ de dàgrumcen^ dis puUibus, de causis puUuum, de prtnagiU jnclsuimu

M. de SacT, le premier qui ait essayé, mais en Tain, de déterminer les XYI livres de Galien, les avait reconnus dans ces quatre traités sur le pouls qui sont eux-mêmes divisés chacun en quatre parties. (Abdellatif, page 491).

12* Des fièvres. C*est le livre qui porte le titre: De diffèrentiis fébrium.

19* Des crises. De crmbus.

14* Des jours critiques. De diebus criticis. 15^ De l'art de guérir. C'est le livre connu vulgairement sous le titre: De methodo medendù Constantin lui adonné le titre Megatechni, par opposition au microtegni.Cest le grand livre de TArt des Arabes.

10* Du régime à l'état de santé, kitàb tedbir el asihhâ. De regimento sanorum de Constantin. C'est le livre connu vulgairement sous le titre : De sanitate tuenda. Tel est l'ensemble des XVI livres.

Nous avons déjà vu que certains d'entre eux n'occupent pas la même place dans la série.

Deux manières se présentent. L'une est particulière aux historiens et c'est celle que nous avons donnée d'après le Fihrist. L'autre paraît avoir iK)ur type l'ordre adopté par Jean le grammairien, que l'on rencontre dans la liste de ses écrits, dans le n* 444 du British Muséum, dans les divers recueils anonymes, dans la liste de Constantin et dans celle des écrits d'Aboulfarage ben Thaïeb. La principale différence porte sur le rang* occupé par les livres anatomiques, qui est tantôt le cinquième et tantôt le huitième.

Nous considérons aussi Jean le grammairien comme l'auteur des titres nouveaux donnés à certains livres, tels que le petit et le grand livre de l'Art, les petits et les grands livres des Pouls.

CK qu'Étaient les xvx livui^s. 40

Jean le Grammairien est aussi l'auteur d'une classilîcation des XVI livres que Ton trouve dans le iV 444 du British Muséum. Les quatre premiers sont considérés comme une introduction ; les quatre suivants ont trait aux choses naturelles ; les six qui suivent ont trait aux choses contre nature. Le XV« a pour objet la conservation des choses natuturelles, et c'est le livre de la conservation de la santé. Le XVI* a pour objet dé combattre les choses contre nature, et c'est le traité de l'art de guérir.

Nous avons cru inutile de reproduire nominativement chacun de ces livres, l'ordre suivi par Constantin, dont nous avons reproduit la liste, étant le même que celui de Jean le Grammairien. Cet ordre est aussi le même que celui du livre VI d'Ebn Abi Ossaïbiah, où l'ensemble des livres est divisé en VII classes, et où l'on trouve de curieux détails sur leur contenu et sur les autres écrits de Galien qui leur servent de complément. Ce passage est une citation d'Ali ben Uodhouân.

ni. — Les XVI Livres chez les Arabes.

L'histoire des XVI livres chez les Arabes nous paraît être le reflet de leurs destinées chez les Alexandrins. A ce titre nous la considérons comme le complément obligé de nos études précédentes. Cette histoire présente encore un autre intérêt. Nous serons étonnés, après leur vogue et les multiples mentions qui en sont faites, qu'ils aient été méconnus par un bon nombre d'orientalistes, chez quelques-uns desquels c'était un devoir de les connaître et qui n'avaient qu'à tourner la page pour en prendre connaissance.

Les documents qui les concernent peuvent se ranger en trois catégories.

!• Les traditions historiques.

2* Les travaux ultérieurs dont ils furent l'objet.

;!• Les Manuscrits qui nous les ont conservés.

Zà) HIbTOiUË bK L^ UÉOKCIKE iJUdiE. — LIVUK PREMIER. i* TRADITIONS HISTORIQUES.

L'attention particulière accordée par les Arabes aux XVI livres et le cas qu'ils en firent, nous sont attestés par le rang qu'ils occupent dans les listes bibliographiques de nos historiens. Ils commencent tous les trois leurs listes des écrits de GalieuparTexposédes XVI livres, et, leur énumération finie, ils ajoutent: en outre des XVI livres.

Un autre témoignage est celui de Constantin. Ce personnage d'origine orientale mais mystérieuse, qui importa le premier la médecine arabe en Occident, au milieu du XI' siècle de notre ère, nous dit dans l'introduction du Pantegni, contrefoçon du Maleki d'Ali ben el Abbâs, que des nombreux écrits de Galien, on ne lisait plus guère de son temps que les X Vf livres, et il nous en donne la liste que nous connaissons.

Dans l'épilogue de son commentaire sur les questions de Honein, Ebn Abisadeq dit que les Alexandrins qui firent les résumés des XVI livres pour les élèves de l'école, estimaient que ces livres dispensaient de tout autre (1090 A. F. et 1003 du Suppl. de Paris).

:i* TRAVAUX ULTÉRIEURS.

Honeîn traduisit la majorité des XVI livres. Hobeïch en traduisit trois ou quatre. Indépendamment de ces traductions, le n» 1350 du British ^luseum le donne comme traducteur du Recueil. De plus le Kitab el hokama dit qu'il réduisit les XVI livres et les rédig'ea par demandes et par réponses.

Vers le milieu du dixième siècle, Ebn Abil Achats, profou* dément versé dans la connaissance des œuvres de Galien, s'occupa des XVI livres et en arrêta les divisions et les subdivisions. Ebn Abi Ossaïbiah cite ses commentaires sur les livres des sectes et des fièvres. Le n' 987 du supplément de Paris contient ceux des éléments et des tempéraments.

Un siècle plus tard, Aboulfaradj ben ThaYeb commenta le

LES XVI LIVBS8 CHEZ LES ABABËâ*

Recueil complet et lit de plus un Fruit clea XVI livres, autrement un résumé.

Lea commeutateurs de Galien furent nombreux chez leâ Arabes. Ceux qui embrassèrent un certain nombre d'ouvrages s'adressèrent particulièrement aux XVI livrea et conservèrent les dénominations consacrées dans le HecueiL Nous citerons entre autre Ëbn el Heitsam et AU ben Rodliouan,

Le commentaire d'Ali ben Rodliouan sur le Petit Art fut traduit en latin et jouit d'une certaine vogue au moyen-âge. Il fut de plus imprimé. Au XII* siècle, Aboul Fadlel Mobandes étudiait les XVI livres, à Técole d'Aboul Medjed.

Au XIII' siècle on s'occupait encore des XVI livres.

Maimonides en fît des résumés, ainsi que de cinq autres livres de Galien.

Uecliid eddin ben Khalifa, oncle de rhlstorlen de la médecine Ebn Abi Ossaïbiab, commençait à la même époque ses études médicales par la lecture des XVI livres.

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