MANUSCRITS
m eiU(
H Manuscrits arabes.
■ Le iV 444 du British Muséum contient un sommaire des
" XVï livres par Jean le Grammairien. Nous avons déjà dit que les XVI livres sont classés par catégories.
H Le n" 1350 contient une partie du Recueil des XVI livres arrangés pmtr renseignement par le» Alexandrins. Ce sont les VIII premiers livres. Dans ce Ms» sont donnés nominativement les traités qui composent le livre de l'Anatomie^ ■ Le n" 335 de Florence, sous le titre Galeni opmcula quœdam medica^ contient treize ou quatorze livres sur XVL Nous disons treize ou quatorze, les deux livres des pouls étant représentés par une seule mention: depulsibus. Les deux autres manquants sont le Petit Art et le livre à Glaucon. On trouve aussi détaillés les écrits d'anatomie. Deux traités étrangers aux XVI livres; Des urines et du marasme, se trouvent intercalés.
\jt II* I*>0 <ie Piriâ» aadea fixipi^w contint ôucûmm^nl, le^s qTîaîre premiers liTreâ» «bus Fordre oâ ils 90Qt habitaellement «lîspoeés.
Le Fmit des XVI Iirre& peut-être celai «TElm Abil Achats, ^ troore à Co&îtJUEtîiiopIe du» la bfblîodièqiie de Koprili Zadeh.(RiiegeUHadîiKLaI&^toiiie Tir>.
Mann^rrite hébreux.
Le XL* 1117 du fonda hébrea de Firis ccHitieiit XIIT des XVI livres distrîbaés k pea de chose près sniTant Tordre de Constanliii. De même que dans le Ms. de Fl<»eiice, on trouve interealés les livres des urines et dn mansme ; mais le tradnctenr a soin d*aveitir que ces deux livres ne font pas partie da Recaeil des résumés de Galien. Le caractère de ces livres est encore accusé par ce titre: Résumé de Ton* vrag^ de Gallen sor les éléments* par les Alexandrins, Ulaltk^anàriin.
La traduction hébraïque s*est &ite en 13ÎÎ.
Le n* 1118 contient X livres sur XVI; les dix derniers, moins le grand livre du Pouls. A la fin du livre de la con- .senation de la santé on lit: Par là se termine la Malité des résumés des Alexandrins.
Le n* 1203 contient en arabe et en caractères hébraïques le» trois derniers des XVI livres commentés par Maimonides, c'est-à-dire les traités de febribus, de saniiate tuenda^ de methodo medendi.
La Bibliothèque de Vienne possède aussi les XVI livres traduits en hébreu. (1)
Nous n'avons pas poussé plus loin nos investigations.
Nous aurions probablement découvert d'autres Mss. des XVI livres ; mais nous pensons que Texposition que nous en avons faite suffit pour établir leur Importance. On pourra s'étonner aussi qu'ils aient été méconnus par les écrivains dout nous allons parler.
(1) Signalons une méprise de Lambeccius, qui a pris Uonein pour Tautcur de la traduction hébraïque. Ajoutons que les tniitcs des urineu et du marasme se trouvent aussi intercalés.
LFS S VI MVîïES ClIfîH LE^ flCRlVAlSS MODEIlKE^i,
IT, — Les XVI Livres chez les Écrivains modernes.
Malgré la masse coiiBidérable da documents que nous venons de produire, beaucoup d'orientîilistes sont passés à cûté des XYI livres sftn?i les ref*onnaître* Nous avons cru qu'il était intéresiiant de signaler ces méprisea, dont quelquesunes sont véritablement inconcevableâ.
Casiri n'a pas reconnu les XVI livres* en tète de la notice de Galien qu'il donne d'aprè^^î le Kitab el liokama, qu'il appelle Bibliotkeca philosophorum.
Nous ig-ûorons d c'est la faute de son Ms. que nous avons oublié de consulter à cet endroit lors de notre voyage à l'EâcuriaL D'autre part nous avons constaté bien des étourderieâ de Casirl. C'est ainsi qu'il n'a pas reconnu la paraphrase du Tableau de Cébès par Aboulfaradj ben Thaïeb dan?* son n" 883 aujourd'lmi 888. Il n'a pa^ non pluâ reconnu les XVI livres dans la notice de Mainionides.
Il rend ainsi ce passage; Galeni libros XXI in epitomem contractes libris XVI comprehendît. Son texte est fautif dans la fin de cette proposition.
Il faut lire ainsi la fin :
■ Il fit des abrégés de 21 livres de Galieu» c*eftt-àKiire de cinq en sus des XV J livres, »
Nous sommes étonné que M. de Sacy n*ait pas rectifié ce texte dans son Abdellatif, page 40L
Munk, dans sa notice de Maimonides insérée dans le Dictionnaire des sciences philosophiques, mentionne l'abrégé des XVI livres de Galien que les médecins arabes prenaient pour guides de leurs études» mais il ignore quels sont ces livres.
Carmoly, dans son Histoire des médecins Juifs» n'en sait pas davantage et s'en réfère à l'Abdel latif de M. de Sacy.
M, Rabbinowicz, dans son index bibliographtfjue de Maimonides, placé en tête de sa traduction du livre des Poisons, ne fait aucune mention de l'abrégé des XVI livres.
L'auteur <]u f^nt^ilo^jne f!u Rritis'i Muséum connutles
XVI lîT-res « i:-:o5 iîi =»^3e que !«ir rédaction était faîte aTLZLi l'4r.r.ny? II^\ 3aa55 £ n*a pis coima le contenu du re-
Les ^:mz^ de7?5«r$ aa^ncs que nous venons de citer étant çoreIigîc-"7*iai?^Bg ôe JlaîsMBide&. on est en droit de conclure que les docuneai» !iéhniqucs ne sont pas très explicites à I*endroii des compoàtsocs médicmles de Maimonides, le premier et le dernier suitoui étant des émdits de premier orire.
Noos avons déjà dit que Fillunre de Sacy avait cru reconnaître les XA^ livres dans ce que les Arabes appellent !e grand livre du Pouls, recueil de quatre ouvrages de Galien relatifs au pouls et contenant chacun quatre chapitres.
Wûstenfeld^ dans son histoire des médecins arabes, n*a pas parlé une seule fois des XI*! livres à propos des auteurs qui les ont traduits, abrégés, commentés ou réduits à leur forme définitive. Cependant WOstenfèld opérait d*après Ebn Abi Ossaîbiah ; mais bien souvent il n*jr a recours qu'après avoir fait usage de la Bibliotheca philosc^oram de Casiri, ce qui Tinduit plus d*une fois en erreur ou lui fait commettre des répétitions.
Les méprises de Wenrich sont encore plus inconcevables, en raison de la nature de son travail et des documents qu*il avait en plus que WOstenfeld. Nous avons déjà cité son passage relatif au petit recueil d'anatomie. Voici ce qu'il dit à propos des abrégés de Maimonides : « Galeni libros XXI a Mose ben Mimoun in compendium redactos, librisque XYI comprehensos fuisse tradit Djemaleddinus ; neque tamen, quinam illi fuerint libri, diserte memorat. « (Page 272).
Ailleurs, page 260, il considère le petit livre des pouls comme un abrégé du grand livre.
En un mot, les XVI livres lui sont complètement inconnus.
On ne comprend pas comment les citations si nombreuses des XVI livres que nous avons mises en relief n'ont pas crevé les yeux à Wenrich, quand ou le voit citer incessamment Moliammed ben Isliaq, DjemaleJdin el Kofthy et Ebn Abi Ossai'biah. Il faut bien admettre qu'à l'instar de Wûs-
Î.Ea XTl LIVRBS CBK7* LES éCRTVAma UODSEHgS, 55
tenfeld il opérait autant que possible sur Casiri, au Ueu d*al- 1er prendre directemeut tous hb^ renseignements danB les originaux qull avait en main*
Dans son travail sur le Zàdel Moçafir d'Ebn Eddjezzar, h propos des attributions indilment faites a Constantin et particulièrement du Pantegnî, M, Daremberg reproduit d'après CoBstantin la liste dea XVI livres et dit en note i
■ Cette énumé ration fort intéressante pour connaître Tétât deâ études médicales du temps de Constantin manque dans Ail Abbas : il me faudrait plus de temps et d^espace que je n'en ai aujourd'hui pour la commenter dans tous ses détails ou pour la rectifier dans certains points, >
On voit que M, Darembergr s'est mépris h Tendroît des XVI livres qu'il rattache h Tépoque de Constantin, En eût- Il abordé la discuï^sion, étranger qu'il était aux sources arabes^ il eût infailliblement échoué, quand nous voyons tant d'orientalistes passer à côté de la question.
Il y avait cependant un siècle et demi qu'on pouvait lire dans Freîndf qui avait reçu des traductions partielles de Salomon Negri : ■ Abî Osbaiaje biographe arabe^ fait mention de sept médecins d'Alexandrie^ entre lesquels Etienne est l'un de ceux qui ont rédigé les œuvres de Galien en 16 livres» et qui, selon les différents sujets, les ont encore divisés en sept classes* 11 ajoute que lire ces livres était leur unique étude, et qu'ils falsaieut aussi leur unique occupation de les commenter et de les expliquer à leurs auditeurs. * Traduction française, II, 400.
Il n*entre pas dans notre sujet de faire l'histoire des derniers médecins de Técole d'Alexandrie- Nous aurons, du reste, plus tard l'occasion d'en dire quelques mots, à propos des traductions qui furent faites de leurs œuvres. Nous réservons la notice d'Ahroun pour la placer h côté de celle de son traducteur en langue arabe.
Cependant il est un homme que nous ne saunons passer sous silence, par la raison que son nom reste inséparable d'un événement dont nous allons parler» l'incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie, et cet homme est Jean le Grammairien, autrement dit Jean Phîloponus.
-:?r:iX5r rc z,\ »3::-i;~>z A:EAri:. — utbb pbsxier.
Jeazi le GroLzuiriai ei la Bitdiothèqne d'Alexandrie,
Un les c^v^2eafcK:î> i:ii o:iî ùdx le pias de brait dans Thiaî.lre ■*: ^u: x*::i êiè > ?I-> ^:nîe>vs est Tincendie de la Bi- ''li.^LTh^ue iWlexaalrîe rdkr les Arabes. D*autre part une des e3Li>:e::.^es ^0!itti&;^r;i:!ie> de cet êTènement les plus ourle'ises e: les moisis coczues es; celle de Jean le Grammalrier». aiit2>eme::t dit Ptsîlopoaus.
Xvu> allons sous vvvaper de Ton e; de Tautre dans les limites que compone uot^î trarail et mettre au jour des dociimenis inédits tirés Jeî? écrivains arabes.
L'LL<iorlea des i>yiuzsli^$. Aboulfarage, a passé jusqu'à pr^sen: pour îe premier ou le seul auteur qui ait raconté, du inoins îVnnellement et in extenso^ Fincendie de la Bibliothèque liWIexandrie par les Arabes. Tel est son récit :
c Jean le Grammairien Têcut jusqu'à la prise dWleiuindrie par Amrou ben el Aa>. iVlui-ci avant reconnu son mérite et sa science le tint en considération. Il aimait à s'entretenir avec lui de philosophie, chose nouvelle pour les Arabes. Or Amrou était un homme intelligrent et d'une conception facile. Je:ia lui dit uu jour: Tu as inspecté tous les édifices dWlt^xandrie et mis sous le séquestre tout ce qu'ils renferment. Je n'ai rien à dire des choses qui te conviennent, mais il en est qui sont sans utilité pour vous et qui en ont pour nous. — Quels sont ces objets dit Amrou ? — Ce sont, répondit Jean, les ouatons de philosophie qui se trouvent dans les Bibliothèques de l'Etat. — Je n'en puis disposer, répondit Amrou, sans un ordre du prince des croyans, Omar ben Khattab.
c La demande de Jean fut transmise à i>maî% qui répondit: Quant aux livres dont tu as parlé, si ce qu'ils contiennent est conforme au livre de Dieu, le livre de Dieu nous suffit : Fi au contraire il est contraire au livre de Dieu, nous n'en avons que faire, il faut les détruire. En conséquence Amrou fit ilistribuor les livres aux bains dWlexandrie pour allumer
LA BIBLlOTHl^iqUK d'aLRXAVDBIK.
le feu et Von en brûla pendant six raoî^. Apprenez ce qui s'est passé et soyesî stupéfaits ! ^
A ce récit on a objecté qu'il ne se rencontrait que dans Aboulfarag'e, et nullement dans les écrivains arabes; puis on est allé jusqu'à supposer qu'Aboulfarage, en sa qualité d'évèque, aurait bien pu Tin venter de toute pièce pour charg-er la mémoire des Arabes d'un fait odieux.
A cette dernière imputation nous pouvons répondre qu*Aboulfarag-e écrivit ses Dynasties avec assez d*im partialité pour mériter Testime des Musulmans* Pocock en donne une preuve entre autres, h savoir quelques lig^ues qui terminent un exemplaire de ce livre et quil croit de la main d*Ebn Khatiican:
■ L*auteur de ce livre était un homme qui avait beaucoup lu, qui s'était appliqué avec fruit à Tétude de sciences variées, qui a%*ait acquis dans la médecine une si rare habileté qu*on venait des contrées de TOccident pour le consulter: bien qu'il fut chrétien» il compta parmi ses élèves un ffrand nombre d'hommes diî^tingués d'entre les Musulmans, b
On Ut encore qu'il passait pour s'être fait Musulman dans ses vieux jours^ ce qui de la part d'un écrivain musulman semble vouloir dire qu'il ue lui manquait pour être parfait que d'avoir embrassé rislaniiî^me.
Quant à la première objection, nous répondrons avec M. ile Sacy (1) que Tincendie de la bibliothèque d'Alexandrie parles Arabes, bien qu'il ne soit pas raconté avec les mêmes détails, n'en est pas moins relaté sommairement par un écrivain arabe d'une grande valeur, Abdellatif, qui dit formellement que Amrou ben cl Ans brûla la bibliothèque d'Alejcandrie avec la permission d^Omavt et nous ajouterons que Abdellatif était antérieur a Aboulfarag^e, attendu qu'il mourut en 123L
Nous apprenons d'Ebn Khaldoun» éminent et g^rave historien, que des faits identiques se passèrent en Perse k propos des li\Tes des Ma^es. Une lettre fut pareillement adressée au Khalife Omar et la réponse fut faite dans les mêmes termes.
(l^ Hehtion t\e rRj>vptt\ S^n.
38 HISTQIBI ra LA MioSClXS A&àBI. — UTES PIlBIflER.
Enfin Makroy ^^ Hadji Khalfa rapportent que des bibliothèques furent brûlées par les Arabes aux premiers temps de rislamisme.
Nous concluerons, avec M. de Sacy, que les témoi^agres plus ou moins explicites que nous venons de produire, inva* lident Tobjection faite contre le récit d'Aboulfarage.
Mais il y a plus» et nous pensons qu*il ne restera plus rien de cette objection quand nous aurons dit ceci : Le récit d'Aboulfarage est emprunté de toute pièce et littéralement au Kitab el hokama de Lo'emaleddin.
Nous avons constaté cet emprunt tant dans l'exemplaire de Paris, u* C72 du supplément 145, que dans l'exemplaire de TEseurial. n* 1T78, qui n'est autre que la Bihliotheca phi-lasophorum de Casiri« d'où il a tiré tant de notices.
Nous disons que l'emprunt est fait de toute pièce, car on y rencontre aussi l'exclamation finale : Apprenez ce qui s'est passé et soyez stupéfaits ! exclamation qui ne saurait nous étonner dans la bouche de Djemaleddin, l'illustre et passionné bibliophile.
Nous aurons plus tard à revenir sur ces emprunts d'Aboulfarage au Kitab el hokama, emprunts igrnorés de Casiri, reconnus seulement dans ces derniers temps, et qui se montent à une centaine de notices. On s'étonnera moins du silence d'Aboulfarage sur Torigrine de ces emprunts, malgrré qu'il ait parlé deux ou trois fois de l'auteur, si l'on se rappelle que c'est 1^ un procédé assez répandu chez les Arabes.
Ce passage est extrait de la biographie de Jean le Grammairien, lahya Ennahoujfy que personne jusqu'à nous ne paraît encore avoir consultée. Ce n'en est pas moins une des notl«» ces les plus longues et les plus intéressantes du Kitab elho^ kama, et elle fournit de curieux renseignements, que nous mettrons bientôt à contribution, sur la personne de Jean le Grammairien, dont la biographie nous pan^ encore à faire. Aboulfarage n'a reproduit qu'un fragment de cetternotice« où l'on trouve encore des renseignements plus ou moins conformes à la tradition classique sur l'ancienne bibliothèque des Ptolémées. Djemaleddin les avait puisés dans le
JBAH LE aiUMMAIRXKK»
Fihrlst de Mohammed ben Ishaq, et c'est là aus>si qu'a puisé rbîstorien des médecins, Ebii Abi Ossaïbiah.
Il faut remarquer cependant que Mohammed ben Isbaq et Ebn Abi Oâsaïbiah ne parlent pas de Tinceudie de la Bibliothèque d'Alexandrie par les Arabes,
Djemaleddin puisa-t^il h d'autres sources que connut sans douta Abdellatiff qui meutionne le fait sommairement? ou bien le silence des deux écrivains précités fut-il commandé par un sentiment de pudeur nationale qui ne put retenir la plume de notre bibliophile?
Les études orientales élargissent incessamment leur cadre et défrichent tous les joura des terrains inexplorés. On peut espérer que de nouvelles lumières viendront éclairer ces questions. Quoi qu'il en soit, historien impartial de Técole arabe, nous avons dit tout ce qui est à sa charge comme tout ce qui est à sa louange.
Pour noua résumerf noua dirons avec M« Matter (1) que l'existence et Tincendie d'une bibliothèque dans Alexandrie» au tempâ d'Omar, est un fait k rétablir dans rhistoire.
La personnalité de Jean le Grammairien fut aussi Tobjet de controverâes. On a contesté que Philoponus ait pu vivre jusqu'à l'arrivée des Arabes devant Alexandrie» A cela nous répondrons avec M* Matter que Ton a confondu Jean Philoponus avec un autre Jean qui fut Tauteur de rhéréâie des Tritbéiates. Certains documents arabes semblent avoir fait la même confusion.
Quant k Tidentité de Jean le Grammairien des Arabes avec Jean Philoponus elle ne saurait être mise eu doute- Les Arabes connurent ce surnom de Philoponus et même ils en connurent Fétymologie* De plus rénumémtion qu'Us font de ses ouvrages concorde avec ce que Ton sait d'ailleurs. Les renseignements copieux quMls nous donnent fourniraient la matière d'une intéressante biographie- Jean fut d'abord batelier. Il transportait les habitués de récole située dans une île d'Alexandrie. Leurs entretiens lui donnèrent le goût de la science. Il avait alors quarante ans.
{!) Histoîn» de l'Ecole dAlcxTindrie, L 342,
OTi HnrOïftC DK LA
n ii*en Tendit pM moins sêl bs^w et » nft à sarvre I» ooors et derint Ini-aiéme on aciani. Se» trmmm st (iô^é^ leot priDcipdUenient rtn AmtoieL
On peut lire dans Ebn Abc ^— i^i-'-v la Ijû» et «s ( mentÛRâ et les retroorer dans In KNîwftrftgBeAt] Son commentaire mr la phj^îQne ne compcennît ] de dix Tolomet et Iijemaleddin. dasc» Le KîBih A 1 noos apprend qnH fat en ai poinriTîoni DnzBs cA émL a noos dûinne la date de sa oompOBtBOoi. raawe Sa et Fere de Dioclétien, ce qni noos repotte ca Fanaêe (BU et Fère duêtîenne. Djernaleddin ajoiise: D s*ea éams éamié jtms de troôs siècles depuis Jean jusqpi'à noBS et Q pmaik qnH écririt cet ouTrage dans i Icngue caniêie.
A c&lé des coaunentaiies sur ArâaniP Q coie sa réfutation de Proclns, que dans sa bibUodièqpie; ses coBBCMaires anr I\Hpli|]nre^ anr les rers doiês de Pjrdiagtne, etc.
Nous aTons d^ P*rié de a» coBBcntûns anr les XTI livres deGalien-Il ca fit anaâ mt 1« liim Ae iTsi^e des parties, de la Tliériaq[ne^ delà Saigséect a «cmit nn traité anr le pools. On le traore eitè dans le Caaginmt de Raafes.
n ^criTit enfin iar les annale de la wnlecne et i toeiois inT^nent ptos d^ue fob son questions de c1m»o3ocr)e.
Kous aurans à levenir sxr Josa ]e Gnoaaairien à propos d«i tradttctko^
Si la iTsade biMkoh^iK Hait iécraiie fl wsiait d«i tarants et des lixiw daa^ A3«sa»âne. Jean le i lien «zreicut àreatrée ^ies Arabes. »àis iidM i Ait letemedesdk csrrièn^. Ptsim: j«ets<vJlla^dnaMniàr«i- Twdes X\*11iTTeisâeiViaieii^iK\Gi$ett\y97Vflttd^ dos traiuctkkïk^ ^ £r»^ }<^ iTiiitùt^niT» ies^ ATiAifts à laacience fv«v>que.
PK£UIÈliES -iKAl/t'iTIOKB. LES ALCHJUl&Ttg.
ni
Un autre médecin qui nous est donné comme enseignant la médecine* se fit musulman ets'attaclia à la personne rrOmar,
La science grecque, qui avait déjà déduit Amrou, fit bientôt nue conquête encore plus importante et pluâ féconde, celle d'un prétendant au Khalifat^ Khaled ben Yezid*
La paâsian de Khaled ue fut pus une admiration Btërîle. Délirant entrer en possession de la science grecque^ il invita leîs deniîerâ savants qui se trouvaient encore dans Alexandrie à traduire les livres des Grecs en arabe. Mais que ce fut par le fait de ces savants ou par le fait de Khaled, ces traductions qui s^adressërent aussi aux ouvrag-es d'astronomie et de médecine, embrassèrent plus particulièrement les ouvrages d'alchimie* Ces deux causes furent sans doute enjeu, attendu que nous voyons d'une part celui de ces traducteurs qui nous est désig-né nominativement, compter parmi les adeptes de Tûrt, et que d'autre part nous voyons Khaled provoquer MMÊsm des traductions de la laug^ue du pays, cette terre classique delà science hermétique.
L'alchimie^ chez les Arabes, est un le^s direct et immédiat de récole d* Alexandrie. Ce sont ses derniers savants qui Toot importée chez les Arabes où elle produisit des fruits soudains et mer^'eilleux. Les études hermétiques marquent le premier éveil de la pejisée arabe et ce fut par son côté le plas faible qu'ils ont attaqué la science antique.
Chose étrange! nous voyons tout d'abord deux grands personnages appartenant aux familles qui se disputaient Tempire, un Ommaide, un Khalife désigné, Khaled ben Yezid; un Alide, un Imam, Djafar es Sadiq, se passionner ïKrar ralchimie, et le dernier former comme élève le fameux Gébcr qui en est resté la plus haute expression.
Le cachet original des origines de ralchimie chez les Arabes n*a pas encore été remarqué. Des noms légèrement altérés dans les traductions latines et qu'un peu d'attention suffisait pour restituer et rétablir à leur place, ont été méconnus. Les créateurs de Tal chimie chez les Arabes ont été rajeunis de trois aiècles et transportés bien loin après leurs disciples* C'est ainsi que les historiens de ralchimie ont méconnu la filiation des MU et sont allés chercher des origines fabu-
ij2 UISTOIRK DK LK M&DKClNK AllAbE. — UVRË PBfilllER.
Icuses à U>*zance, taudis qu*il fallait rester sur le sol d'Alexaudrie.
Si de telles erreurs se compreuneut chez l'auteur de VAlchimie et les Alchimistes^ elles se comprennent moins chez Tauteur de l'Histoire de la chimie^ qui nous a donné de bonnes études sur les alchimistes grecs et qui paraît avoir une i)orte ouverte sur l'Orient.
On sait que TEgrypte est le berceau de l'alchimie et la patrie d*Hermès, qui donna son nom à la science. Elle ne cessait d'y être cultivée, au point que Dioclétien en prit ombrage et craignit que les ressources qu'elle pouvait créer ne fournissent des armes il la révolte. Ces traditions se maintinrent pendant toute la durée de l'école et nous allons les voir représentées par ses derniers savants, qui les transmirent aux Arabes.
Toujours vivaces, comme nous allons le voir, elles grandirent subitement sous l'impulsion de Khaled et atteignirent bientôt leur apogée dans hi personne de Géber.
ADFAR ET MORIENUS.
Voici en résumé ce qu'on lit dans un opuscule intitulé : Liber de composione Alchemiee, quem, edidit Morienus ro^ manus Calid régi jEgyptiorum, et qui fut traduit de l'arabe en latin sur la fin du XIP siècle.
Il y avait h Alexandrie un philosophe chrétien, du nom d'Adfar, qui avait consacré de longues années à étudier le livre d'Hermès, et dont la renommée s'était répandue jusqu'à Rome.
Un jeune romain, du nom de Morienus, en aj'ant entendu parler, quitta sa famille et se rendit à Alexandrie, où il devint le disciple d*Adfar qui lui révéla tous ses secrets. Quelques années après, Adfar étant mort, l'Egypte était gouvernée par Macoya* Celui-ci fut remplacé par son fils Gezid, qui le fut par son fils Calid. Or Calid était un prince passionné pour la science. Il entretenait plusieurs savants et philosophes desquels il espérait apprendre la doctrine d'Hermès et
AUKAU £T lUC^UIËNUâ,
l^rtîculièreiuent l'explication du lirre d\VdfiU\ MorienuSt qui s'était retiré» à la mort d'Ailfar, dans un ermitage près de Jénisalem, entendit parler de Calid et vint le trouver à deux reprises. Morienus nous a laissé le récit de son entretien avec Calid dans un opuscule qui fait suite au premier. Il nous apprend qu'il se retira dans la solitude quatre années après la mort du, roi Hercule, e'est^à-dire de Tempereur Héraclius, ce qui lui suppose une longue existence.
Nous sommes étonné que dans Calid, fils de Gezid, fils de Macoya, les historiens de TAlchimie n'aient pas reconnu Klialed ben ïezidbenMaouya, et qu'il aient reculé l'existencQ de Morienus jusqu*au onzième siècle. N'auraieut-ils pas du aussi s'arrêter au nom d*Héraclins? Quant au nom de roi donné à Calid, bien que Khaled ben Vezid n*aitpas rég^né, il est possible que, dans le cercle de ses intimes, le titre de Khalife lui ait été donné et que sou installation ait été en rapport avec ses espérauces.
Avant de parler de Klialed, d'après les documents arabes, déyapeons d'abord les deux personnalités moins importantes d'Adfar et de Morienus,
Nous croyons qu'il y a de fortes présomptions pour admettre Tidentité d*Adfar et d'Ebn Abjar , dont le nom, comme tant d* antres, aura pu être altéré par les traducteurs, Ebn Abjar nous est donné comme professeur h Alexandrie lors de l'invasion arabe. Ne serait-ce point lîi le savant qui lit faire à Morienus le voyagfe d'Alexandrie ? Ebn Abjar se fit musulman* Cette apostasie ne serait-elle point un des motifs qui auraient engagé son disciple h se retirer du monde?
Quant à Morienus une difficulté se présente. Peuton le confondre avec le Morienus dont parlent le Fihrist, le Kitîib el bokamaetriùstoire des médecins, que nous avons vu concourir à la rédaction des XVI livres de Galien 1 Le doute est permi.s,
Ebn Khallican et Hadji Khalfa s'accordent h donner le nom de Mourianom ou Marimioits â l'initiateur de Klialed dans la science du grand œuvre.
Voici ce que dit le premier dans la notice de Khaled : Il apprit Vœimre d'un moine grec, 7^ôumy, du nom de Mou-
(yi HISIUIRE DE LX HÉOKAiUlt AR4BE. — LIVIlfi PUEUlkR.
rianoti.s, et parmi les trois livres qu'il a composés, Tan deux est consacré au récit de ses relations avec lui.
A propos de Talchimie et de la faible quantité d'ilixir ou pierre i)hilosophale nécessaire pour la transmutation des métaux, Hadji Khalfa cite un mot de Morienus, maître de Klialed ben Yezid. Au n» 12,008, il cite un livre d'alchimie composé par Morienus pareillement qualifié de maître de Khaled.
Les écrits de Morienus ont été traduits en latin en 1182, dit Lenglet Dufresnoy, dans l'histoire de la philosophie hermétique, par Ilobert Castrensis, que M. Jourdain, dans ses Recherches sur les traductions d'Aristote, pense être le même que Robert de Rétines. Nous ne savons pour quelle raison M. Hoefer a traduit par Robert de Chartres. M. Jourdain pense que la traduction de Khaled est du même auteur.
Nous avons vu Etienne d'Alexandrie figurer parmi les médecins qui rédigèrent les XVI livres de Galien. Cet Etienne ne nous paraît pas pouvoir être différent de celui qui, d'une part, nous a laissé des ouvrages d'alchimie en grec, et de l'autre nous est donné par les Arabes comme ayant traduit du grec en arabe des ouvrages d'alchimie pour Khaled ben Yezid, bien que l'identité ne soit pas littéralement formulée.
ETIENNE D'ALEXANDRIE OU l'aNCIEN ET KHALED BEN YEZID.
Le rédacteur des XVI livres est dit Etienne d'Alexandrie; de même aussi l'auteur des ouvrages d'alchimie qui nous sont parvenus sous ce nom. Les Arabes l'appellent Etienne V Ancien, pour le distinguer d'Etienne, fils de Basile, qui fut aussi traducteur, notamment de Dioscorides, mais qui vécut au moins un siècle plus tard.
Etienne l'Ancien figure en tète de la liste des traducteurs donnée dans le Fihrist, avec cette mention : « Il traduisit pour Khaled ben Yezid des ouvrages d'alchimie et d'autres matières. » Ce fait qui donne de l'importance à Etienne n'en a pas moins été méconnu par Wenrich. Ce fait a aussi son importance historique.
ETIENNE D'âLBXANDRŒ ET KHALED BEN YÉZIO. 05
Il prouve que les traductions du grec eu arabe commencèrent beaucoup plus tôt qu'on ne le croit {Jfénéralement.
Un autre passage du Fihrist est plus explicite.
Il y est dit que Khaled ben Yezid fut le premier pour lequel on traduisit des livres de médecine, d'astronomie et d'alchimie. Ailleurs il est dit que ces traductions portèrent sur les livres grecs et coptes ou égyptiens.
Etienne fut le principal agent de ces traductions et c'est le seul dont le nom nous ait été conservé.
Nous lisons dans Hadji Khalfa qu'Etienne le grec, d'Alexandrie, traduisit aussi la Logique et les Catégories d'Aristote.
Il nous est resté d'Etienne des ouvrages d'alcliimie, les uns en manuscrits grecs et les autres en traductions latines.
Déjà Vanderlinden (De scriptis medicisy liber primus, 435) en signalait un à Leyde sous le titre : De divina et sacra arte chrysopœœ.
Ce manuscrit est sans doute le même qui se trouve h Paris dans les n** 2275, 2325, 27 et 29 du fonds grec de la Bibliothèque nationale.
Dans le n* 2275 cet opuscule commence au verso du f» 21 et finit au verso du f» 55. Il est suivi d'un traité de chimie de Zozyme avec figures. Tel est le titre latin donné par le catalogue : 6* Stephani philosophici œcumenici de divina et sacra arte auri conficiendi lectionea novem ad imperatorem Heraclium^
Etienne figure sous forme de traduction latine dans la Bibliothèque chimique de Manget. Ainsi, à la page 472, du premier volume, on lit : Questio Herculis régis à Stephano alexandro. Puisque tu es le prince des philosophes de notre temps, dit Héraclius à Etienne, que penses-tu de l'or, du cuivre, du mercure, du plomb, du fer, etc ? Les réponses sont courtes et substantielles.
Les mots : Herculis regis^ nous font supposer que la traduction s'est faite de l'arabe.
Plus loin nous trouvons encore une page sous le titre : Dicta Stephani.
rjO HI9T0IRB DE L4 M^OBCOn AB4BB. — Unm
Khaled ben Yédd ben Moaoayah, pu la hante fortane qiii Tattendait et qui loi fat Tavie, ce dont il se consola nobleblement, est une des figures les pins originales et les pins intéressantes de lliistoire.
Son père, le Khalife Yézid, mourut en 683, tgé de moins de quarante ans. Moaouyah II, firère de Khaled, recueillit l'héritage paternel et nevécut que quelques mois. Khaled eut bien quelques partisans, mais Mérouan finit par être proclamé Khalife, Khaled ayant été trouvé trop jeune, à la condition toutefois qu'il succéderait immédiatement à Méronan. A défaut de date nous voyons approximativement jusqu*oii doit remonter la naissance de Khaled: il devait avoir alors de quinze à vingt ans. Cependant Mérouan oublia sa promesse et désigna son fils Abd el Malek i>our lui succéder. Khaled en fit des reproches à Mérouan, qui avait épousé sa mère a son avènement au trône. Mérouan s'oublia jusqu'à traiter Khaled de bâtard. Kbaled irrité rapporta ce propos à sa mère qui se vengea en donnant du poison à Mérouan, ou selon d autres, en l'étouffant sous des coussins pendant son sommeil. Mérouan avait régné moins d'une année. Khaled renonça dès lors au pouvoir et consacra les vingt années qu'il survécut, sa mort étant arrivée en 704, à encourager les savants et cultiver la science et particulièrement l'alchimie.
Un homme qui fut un éminent historien, mais qui vécut h une époque de décadence et dans les contrées les moins éclairées de l'islamisme, qui mena du reste une vie trap agitée pour être un érudit, Ebn Khaldoun a contesté que Khaled ben Yezid ait cultivé la science hermétique. On attribue, dit* il, certains procédés de Tart et certains dictons qui s'y rapportent a Khaled ben Yezid ben Moaouyah, beau-fils de Mérouan, mais comme nous savons parfaitement bien que Khaled était de la race arabe bédouine et que la civilisation de la vie nomade lui était bien plus sympathique, il a dû ignorer complètement les sciences et les arts. (1)
Nous ne comprenons pas le raisonnement d'Ebn Khaldoun,
(1) Prolégomènes, traduits par M^ De Slane^ Notices 4t Extraits, XXI, 207.
£TI£KNE J> ALEXAJIDKtB £T KEALEO BElf YÙZID,
I qui est la négation de la liberté et delà spontanéité humaine, 'que Ton conâtate chesï les races aussi bien que chez les milividus.
Nous ne comprenons pas davantag-e certains écrivains modernes, qui ont pour habitude de caractériser les races par les faits de leur enfance, sans tenir compte de leurs évolutions ultimes; qui prétendent qu'un artiste, un poète doi* veni fatalement reproduire, comme un photographe, le milieu dans lequel ils vivent et g*randissent. Mais n^estn^e pas, aujourd'hui surtout, un fait g-énéral que raacenaion epontanée des individus à des sphères plus élevées ? Ne voit-on pas tons les jours des familles d*artistes et de savants 3*éteindre, tandis que d'autres montent et s'épanouissent ? Sur le terrain de la médecine, ne voyons-nous pas aujourd'hui la plupart de nos g-rands maîtres sortir de la pauvreté et arriver par le travail à une vieillesse florissante et glorieuse ? Nous I insistons d'autant plus volontiers qu*on a dit trop souvent que les Arabes n'avaient pas le génie scientifique, comme s'ilûa fallait pas pour les juger embrasser la plénitude de leur existence et de leurs manifestations, au lieu de se borner h une phase de leur enfance,
Ebn Khaldoun ajoute : On n'avait encore publié ni même traduit les écrits laissés par les savants qui s'étaient adonnés à la culture des sciences telles que la physique et la médecine.
Ebn Khaldoun fait ici preuve d'ignorance, mais on est encore plus étonné de lire quelques pages plus loin les 1Î-» gnes suivantes: La philosophie est une science vaine en elle-même et nuisible dans son application.
Aux assertions téméraires d*un historien du XIV* sièclei nous allons opposer le témoignage formel d'un auteur compétent et plus rapproché des faits» car il vivait au X* siècle. Cet homme est l'auteur du Fihrist, assez explicite sur Khaled ben Yézid, Il en parle à plusieurs reprises. Et d'abord : Khaled ben Yezid, appelé le philosophe des Mérouanides, était un homme distingué, ami des sciences et cultivant le grand art II réunit les savants grecs restés en Egypte et leur fit traduire les ouvrages d'alchimie du grec et du copte en
08 HISTOIRE OB LA hJÉDEClKE ARAUK, — LIVRE PREMIER.
arabe, * et ce furent là les premières traductions d'une langue dans une autre qui se firent dans Vhlam. »
Et ailleurs : Le premier qui fit traduire les anciens ouvra* geri d'alchimie fut Ivhaled ben Yezid, C'était un hoinme éloquent, poète, intelligent et judicieux. Ce fut le premier pour lequel on fit des traductions de livres de médecine, d'astronomie et d'alchimie. On rapporte qu'on lui fit cette observation : Qu'avais-tu à faire de t* occuper d'alchimie? Ce il quoi il répondit: J'espérais le^Khalifat et ou me Ta enlevé. Il ne me reste que le g^rand oeuvre pour être utile âmes frères et h mes amis.
J'ai vu, dit Mohammed ben Ishaq, quatre livres de Khaled, la gfraude et la petite feuille, ses conseils à son fi If, plus un autre (dont le titre est illisible). Il écrivit aussi des poésies sur Tart et j*en ai vu environ cinq cents feuilles.
Nous avons déjà vu que Mohammed place en tête des traducteurs Etienne, et il ajoute: Ce fut lui qui traduisit pour Khaled ben Yézid des ouvrages d'alchimie et d'autres matières.
Ebn Khallican dit que Khaled était savant dans la médecine et dans ralchimie et qu'il écrivit sur ces deux sciences. Il fut instruit dans Fart par le moine grec Marlanous, et de ses trois écrits Tun est consacré à reproduire ses rapports avec Marianous, Je pourrais en dire plus long*, ajoute Ebu Khallican, mais ce n'est pas le lieu.
Le récit de l'entretien de Klialed avec le moîue Marianous est cité dans Iladji Khalfa, sous le n' 12,698,
Hadji Khalfa cite au n' 10,133, un autre livre de Khaled, intitulé le livre de la Miséricorde, divisé en quatre parties: De la connaissance des peines, des poids, du régime, des propriétés. On trouve encore au n** 7114, le livre de TArt admirable sur rexplication des secrets de Talchimie.
Enfin, sous le n* 90 IC, nous trouvons la mention du Paradis de sagesse f poème hermétique de Khaled ben Yézid, le prÎ7ice philosophe , qui ne contient pas moins de 2315 vers.
Le Divan de Khaled existe à la Bibliothèque de Béchir Kislar Aga. Hadji Khalfa, VU, p, 205.
Il nous reste de Khaled trois livrer eu traduction latine :
DJAFAR ESSADIQ. 00
Le livre des secrets, le livre des trois paroles, son entretien avec Morien.
Le livre des secrets est un petit traité métliodique et substantiel, divisé en 16 chapitres. On y trouve une citation de Géber, qui ne saurait être qu'une interpolation.
Ces opuscules se trouvent dans les recueils hermétiques, et quelquefois imprimés à part et même traduits en français.
Terminons par une dernière citation de Hadji Khalfa, V. 286: Le premier, dans l'Islam, qui s'occupa de la science chimique, en composa des livres, donna la composition de l'élixir et étudia les livres de philosophie fut Khaled ben Yézid, et le premier après lui qui s'illustra dans cette science fut Géber, qui la tenait de l'imam Djafar Essadiq.
DJAFAR ESSADIQ.
Nous venons de voir un Ommiade se consoler de la perte d'un trône par la culture de la science, nous allons lui trouver un émule dans la famille rivale des Alides, dans son chef spirituel le sixième des Imams.
Djafar, dit Essadiq ou le Véridique, naquit en l'année 609, cinq ans avant la mort de Khaled. On lui offrit l'empire qu'il refusa, se contentant de l'imamat. Il nous est donné comme ayant écrit sur l'alchimie, mais nous n'avons rencontré aucun ouvrage sous son nom.
Toutefois on le trouve assez fréquemment cité comme autorité dans les ouvrages hermétiques, et il est bien établi qu'il eût pour disciple le fameux Géber.
On a prétendu, mais à tort, que le maître de Géber était Djafar le Barmécide. Nous avons la preuve du contraire. Il existe à la bibliothèque de Paris un manuscrit sous le nom de Géber, coté n* 1080 du supplément. Géber le cite souvent et quelquefois comme son maître, oustady,
Djafar est surtout connu par des écrits relatifs à la divination, dont plusieurs nous sont parvenus et se trouvent dans les collections orientales. Hadji Khalfa en a mentionné une dizaine.
70 H1ST0)RB DE LA MÉDECINS ARABB. — UVRR PREMIER.
L'un d'eux est le traité des convulsions^ ikhUladJ, d'après lesquelles on devine Tavenir. Il est fréquemment cité dans un ouvragée de ce genre de la bibliothèque de Paris, n* 1008, ancien fonds.
D'autres ont trait aux songes, à l'emploi magique des lettres, à la géomancie.
Le plus connu est celui qui porte le nom de DJefr, ou de petite Djefr, car la grande Djefr est l'œuvre d'Ali, qui la reçut par révélation. Elle fut écrite sur une peau de chameau, d'où lui vint son nom. La petite n'en est qu'un abrégé fait par Djafar. La Djefr contient les destinées de l'islamisme.
D'Herbelot rapporte qu'Âbou Hanifa, quand il se présentait devant Djafar était saisi d'un plus grand respect que quand il se présentait devant le Khalife Almansour. Djafar mourut en 705. En résumé, s'il nous intéresse par sa haute position et ses écrits, il nous intéresse surtout ici pour avoir été le maître de Géber.
Ajoutons qu'Ebn Khallican lui attribue cinq cents opuscules et lui donne pour disciple Géber.
GÊBER.
Si le nom de Géber est bien connu, son existence l'est beaucoup moins.
Tels sont les noms qu'il porte dans le Fihrist, le plus ancien document dans lequel nous l'ayofns trojivô mentionçé, en même temps que le plus explicite : Abou Abd Allah Djaber beu Hayân ben Abdallah el Koufy, surnommé Essoufy. (1)
Nous lui trouvons ailleurs, notamment dansHadji Khalfa, les surnoms de Thoussy, Tharsoussy et même Magrerby, ce qui impliquerait, sinon l'origine, du moins le séjour à Thous, à Tarse, dans le Magreb. Le dernier surnom se trouve deux fois dans Hadji Khalfa, mais il nous paraît suspect.
D'après le Fihrist l'opinion commune est qu'il était origi-
(1) Il est dit aussi Abou Moussa, du nom d'un autre fils.
GÉBER. 71
naim de Koufa, et qii*il y passa la plus grande partie de son existence, Totitefois le Fihrist rf ipnore paa qu'on le fait niîlre à Thons et il rapporte un propos de Razèa favorable à cette opinion. Le Kitab el hokama ne lui donne que les deux surnoms de Koufy et de Soufy. Ebu Kballican, dans la vie de Djafar ajoute Tharsoussy. Le surnom de Soufy ft tmt à la doctrine du Souâsme, dont il était un adepte.
Nous ignorons la date de sa naissance, mais sas relations STec rimara Djafar nous prouvent qu'il dut naître vers le commencement du VIII' siècle, Hadji Kbalfa le fait mourir en Tannée 776, date que nous avons en vain cherchée ailleurs, mais qui nous paraît Traiserablable. Nous avons déjà lUt que dans Djafar d'aucuns avaient voulu voir Djafar le Barmécide, et que cette hypothèse était infirmée par ce que nous lisons dans les écrits de Géber* Nous ajouterons que cette hypothèse est aussi rappelée mais combattue par Tauteur du Fihristj et que le Kitab el hokama, dans la notice de Djafar Essadiq, lui donne pour élève Géber. Il est vrai que Ton trouve dans la liste bibliographique donnée par le Fihrist un livre dédié à Djafar ben Jahya le Barmécide, qui mourut en 802 à V&ge de 38 ans. Au cas où cette dédicace serait authentique et non une interpolation, il faudrait peutêtre reculer de quelques années la mort de Géber.
Léon rAfricain a consacré quelques lignes h Géber, h propos de la ville de Fez, où de son temps florissait encore Mchîmie : ■ Habent autem ejus artîs multa opuscula h doctis vins conscripta, inter quos potiorem locum habet Geber, qui centum annis post Mahumetem vixit, quem natione grtBciun alunt fidera abjurasse. » (1)
On est allé souvent prendre des renseignements sur Géber dans ce passage de Léon T Africain ; c'est la seule raison qtd nous Tait fait reproduire.
On a dit que Géber passait sa vie en voyages, craignant pour *eâ jours. L'auteur du Fihrîst dit qu'il tient d'un adepte de confiance, que Géber résidait surtout h Koufa et
[t)J« Leonis Africani descnptionis Afric®, Liber III, folio 136, TCfw» Bomie, Annorestilattc salutis M.D.XXVL V. ïdua Mart.
que du temps d'Azzeddoula on trouva dans cette ville, à l'endroit où se trouvait la maison de Géber un mortier contenant deux cents livres d'or. Il rapporte aussi que les écrivains de son temps étaient en désaccord au sujet de Géber et de son origine, et que d'aucuns affirmaient que le seul authentique de ses livres était le livre de la Miséricorde. Mohammed ben Ishaq n'ajoute pas foi à ces dires. Il voit dans Géber un homme laborieux et qui a couvert deux mille pages de ses écrits. Il rapporte aussi que les Sabiens le considéraient comme un des leurs, et d'Herbelot croit qu'il professait le Sabisme.
Géber écrivit beaucoup. Il y avait deux catalogues de ses écrits, le grand contenant toutes ses œuvres, et le petit ne contenant que les écrits relatifs à l'alchimie. J'en ferai le recensement, dit l'auteur du Fihrist, tant d'après ce que j'ai vu que d'après le témoignage de personnes qui ont vu les autres. Cette liste se monte à plus de deux cents titres d'ouvrages. A la fin, nous trouvons cité Géber lui-même qui dit avoir produit des quantités fabuleuses d'écrits sur la philosophie, les arts, la médecine, l'astronomie, etc.
Nous nous en tiendrons aux livres dont nous avons les titres. Ils ont trait non-seulement h l'alchimie, mais encore à la divination, à l'interprétation des songes, à la prestidigitation, à l'astronomie, à l'histoire naturelle, h, la philosophie, h l'anatomie, à la médecine.
Il est une série de Corrections de Pythagore, de Socrate, de Platon, d'Aristote, de Démocrite, etc. On y remarque dix livres suivant les doctrines de Balinas, l'homme aux talismans, dont nous avons établi l'identité avec Apollonius de Tyane. On y voit cités des commentaires sur Euclides et l'Almageste.
Sans doute, ces écrits sont d'une authenticité douteuse. Cependant il ne faut pas les nier formellement. D'une part, nous savons que Khaled fit traduire, outre les ouvrages hermétiques, des ouvrages d'astronomie et de médecine. D'autre part, dans les écrits qui nous sont restés, on trouve un traité de l'astrolabe attribué à Géber. Il n'est pas admissible que ce dernier écrit fût l'œuvre d'un astronome espa-
gnol, Djaber ben Aflah, Texistence de cet écrit ayant été constatée à Alexandrie* d'après le Kitab el hokama, comme étant de Djaber ben Hayan.
Ce qui est incontestable, c'est que des livres d'astronomie et de médecine furent traduits antérieurement à Géber par ordre de Khaled ben Yézid. Il y a plus. Quand même le fidt de ces traductions ne nous serait acquis, nous n'en devrions pas moins admettre que Géber eut à sa disposition des traductions du grrec, quelle qu'en fût la provenance. En effet, rien ne nous autorise à supposer que Géber ait pu lire les savants grecs dans leur lang^ue originale.
Il y eut nécessairement avant Géber des traductions du grec en circulation : seulement nous ignorons sur quel auteur en particulier elles ont porté. Le peu de manuscrits arabes qui nous reste de Géber n'a pas encore été complètement étudié ; peut-être que l'avenir nous réserve là-dessus de nouvelles lumières.
Nous n'avons jamais eu l'intentioi^ de faire une étude complète et critique sur Géber, nous n'en avons ni le temps ni les moyens. Nous avons voulu seulement tirer des documents jusqu'alors inexplorés une somme de renseignements suffisants pour donner de la consistance à la biographie de Géber, qui, jusqu'à présent, du moins dans les écrits que nous avons pu consulter, était vraiment dérisoire.
On a droit de s'étonner en lisant ces mots dans l'Histoire de la chimie : « Yeber ou Géber. Son père s'appelait Moussa et il avait un fils nommé Haygan. (1) > On doit aussi considérer comme du roman ce qui est dit de Géber dans l'HiS" toire des savants du moyen-^ge de M. Figuier. Ce qui est surtout inexact, c'est que Géber ait professé à Édesse.
A l'époque de Géber, l'école d'Édesse n'existait plus depuis longtemps. (2)
Nous dirons quelques mots des écrits de Géber qui nous sont restés.
Et d'abord jetons un coup-d'œil sur ceux dont parle Hadji
(1) Deuxième édition, page 320.
[;2] Voyez Asseiunni.
74 HIflTOIEB DB LA MÉDBCINB AaiU3B. > • UVRB PBBMIBB.
Khalfa, qu'on peut espérer retrouver quelque jour, s'il est vrai, comme le pense M. Mohl, que Hadji Khalfa n'ait consigné que les ouvrages existants.
Il en cite une vingtaine, dont la majeure partie est consacrée h l'alchimie, considérée dans son ensemble ou dans ses détails.
Le Kitab el Khalis, inscrit sous le n^ 1083, nous paraît être l'original du Summa perfectionis, dont nous parlerons tout à l'heure.
Le livre de la Miséricorde (qui se trouve en arabe à Paris) est inscrit sous le n* 10,133.
A propos du livre des Cinq Cents nous lisons : Ordinairement les médecins résument l'esprit de leurs publications dans un écrit particulier qui sert comme d'introduction h leur doctrine : c'est ainsi que Géber recommande le livre Intitulé les Cinq Cents.
Nous trouvons aussi des écrits sur les minéraux, les pierres, un livre des Propriétés, un appendice à un traité de Tastrolabe ; enfin dans un autre il est question de la métaphysique de Géber.
La Bibliothèque de Paris possède quelques manuscrits de Géber. Nous avons examiné l'un d'eux, inscrit sous le n* 1080, supplément.
Ce volume, de 160 feuilles, contient vingt-et-un opuscules, parmi lesquels le livre de la Miséricorde, Kitab errahma^ qui commence à la feuille 138.
La plupart de ces opuscules traitent des différents métaux, l'or, l'argent, le cuivre, le fer, le plomb, etc.
A propos de l'étain, f* 44, nous lisons : On rapporte ce métal à Jupiter, appelé chez les Grecs et les Romains Zeus et chez les Persans Bardjis.
L'imam Djafar est souvent invoqué ou cité comme son maître et même quelques chapitres sont donnés comme tirés de ses écrits.
A propos de livre du Serment ou du Testament, Kitabel Ahed, nous lisons : Quand Djafar eut composé ce livre il me (lit : 0 Djeber, j'ai découvert le secret de Dieu.
GÉBBCtt
Ce qui noua iotéresse surtout dans ce livre ce sont des passage3 relatifs à la médecine.
Cette médecine est celle de Galien, qui eat cité une fois, pour rinfluence du physique sur le moral.
Toute chose, dit GébePi a sou opposé, qui est âon antaf?onisle. Ainsi le chaud est Topposé du froid, et le sec de Thu* mide* Ainsi la bile est Topposé de la pituite et le sang de Tatrabile.
Il y a de même oppo.^ition entre les élémeiitâ du remède et ceux de la maladiet Ainsi contre les affections biliaires on opposera les courges, le petit 3ait, le mucilag^e de psyllîum ; contre les maladies du Bang les substances froides et sèches telles que la Tliabachir (concrétions du bambou), le vinaigre, les grenades ; contre les affections atrabilaires Tognon, la roquette, l'eau miellée , contre les affectious pituitairas, le castoreum* ropopanax, Tasa fsBtida, etc.
Géber donne de longit détails sur les diverses variétés de céphalalg-ie^ parmi lesquelles il compte celle qui provient de rabus du vin.
La cadmie et la tuthie sont indiquées comme employées en collyres.
A côté de Galîen, nous voyons cités Soci-ate, Platon, Ari>^ tote, Porphyre, Androraaqucj Osthanes, etc. Nous relèverons la citation de Mahraris llndien, qui accuse des relations avec rinde.
Des ouvraÉrea traduits et imprimés, le plus connu et le plu« important est la Somme de perfection du Magistère^ qui est un traité général de la matière. (1) Tel est son début: Toute notre science de la transmutation des métaux que nous avons extraite des livres des anciens philosophes et répandue dans nos divers écrits, nous en donnons ici l'abrégé.
La Somme de perfection est en quelque sorte la philosophie de la science hermétique. Géber commence par établir la réalité de la science et réfute ses détracteurs. Si l'on nous objecte^ dit-il, que Tespèce ne se transforme pas en une autre
(l}Gebri Arabifl Cbiada, sive Tradîtio summœ pêrfectîonis., Casparâ Hornio, Lugdaai Batavorum um, petit in-ia.
espèce, nous répondrons que c'est un mensonge. Ne voit-on pas un verse transformer en mouche et le froment en ivraie ? Ce n*est pas nous qui agissons, mais la nature dont nous sommes les serviteurs. Ce n'est donc pas nous qui transformons les métaux, mais la nature, à laquelle, par un art ingénieux, nous aidons, préparant la matière et les moyens, car c'est toujours elle qui agit et nous ne faisons que la seconder. (1)
Il exige des adeptes des qualités et des ressources et il les met en garde contre de vaines espérances. Cette science, ditil, ne convient pas aux pauvres ; elle leur est plutôt contraire.
Ces conseils furent rarement écoutés. Hadji Khalfa cite cette imprécation, sous forme de jeu de mots, d'un adepte qui, sans doute, ne put réussir à faire de l'or : « Voilà l'homme qui a trompé les anciens et les modernes. 0 Géber, tu n'es qu'un casseur et non un réducteur (Djabir.) »
La Somme de perfection est ordinairement suivie du petit traité de V Investigation du Magistère. La Somme a été traduite en français par Salmon.
Il n'est pas dans notre sujet d'entrer dans le détail des œuvres de Géber.
Pour leur ensemble et leurs éditions on peut consulter l'histoire de la philosophie hermétique. Ils font naturellement partie de tous les recueils d'alchimie.
On peut en lire des extraits dans l'histoire de la chimie par M. Hoefer. Le caractère de Géber et de ses écrits y est bien apprécié et nous sommes de son avis quand il dit que Géber est pour l'histoire de la chimie, ce qu'Hippocrate est pour l'histoire de la médecine.
En somme Géber est une des plus grandes figures du moyen-âge. Nul homme de son temps n'embrassa un aussi vaste horizon, mais il concentra son regard sur un domaine dont il est resté le souverain. Ce qui le frappa, ce sont les tran.sformations que subissent les, corps par leur action réciproque. S'il se trompa dans l'interprétation de ces faits, il eut
(V ViXire 33.
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surtout le mérite de susciter pendant de longs siècles une phalange de disciples fervents dont les travaux ininterrompus préparèrent l'avènement de la science moderne. Nous parlerons plus tard des disciples de Géber.