‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 151 sur 168 · CONSTANTIN L AFRICAIN · texte numérisé non relu

CONSTANTIN L AFRICAIN

Bien que nous nous réservions de traiter de Constantin à propos des traductions de Taraba en latin, dont il eut rhonncur d'inaugurer l'ère, nous ne pouvons cependant le passer ici sous silence, car il est un produit de l'école arabe.

Constantin est un être amphibie. De son existence nous ne connaissons bien que la seconde moitié, celle qu*il passa on Italie, au Mont-Cassin. Quant à la première, les détails dans lesquels entre son biographe, Pierre Diacre, ne sauraient être admis que comme le fruit de l'imagination se donnant carrière sur un fonds dont la réalité ne saurait être contestée.

Au dire de Pierre Diacre, Constantin serait né à Carthage, ce qui veut dire probablement Tunis, et serait allé à Babylone, sans doute Bagdad, ou le Caire, étudier la grammaire, la dialectique, la physique, la géométrie, l'arithmétique, les mathématiques, l'astronomie, la nécromancie, la musique, et la physique des Chaldéens, des Arabes, des Perses et des Sarrasins.

Il aurait même poussé jusque dans l'Inde, puis traversant l'Ethiopie, il serait revenu en Egypte, dont il se serait assimilé toutes les sciences. Après avoir consacré trente-neuf années à ses études, il serait retourné dans son pays, où

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tant de mérite lui aurait suscité des envieux. Ayant appris que Ton en voulait à ses jours, il se serait embarqué secrètement pour Saleme. Après être resté quelque temps ignoré, il aurait été reconnu par le frère du sultan de Babylone, qui 8*y trouvait alors, puis il aurait été magnifiquement accueilli par le duc Robert (Ouiscardj. Quelque temps après il se serait retiré au Mont-Gasain, où Tabbé Didier, Desideriua, l'aurait admis au nombre de ses moines. Là il aurait traduit ou composé un grand nombre d'ouvrages, dont on donne la liste, et sur lesquels nous reviendrons plus tard.

L'éditeur dit en note qu'il étudia l'hébreu, le syriaque, le chaldéen, le grec, le latin, l'italien, le persan, l'arabe, l'égyptien, l'éthiopien et l'indien, puis il le donne comme florû;sant vers l'année 1072. (1)

Telle est la première moitié de l'existence de Constantin, que nous avons cru devoir reproduire en entier.

n est asses difficile de savoir quelle part de vérité peut se trouver dans ce récit romanesque. Jusqu'à présent nous avons fttit de vaines recherches pour trouver une mention de Constantin chez les Arabes. Les trente-neuf années dont on nous parle sont peut-être l'ftge qu'il avait lors de son retour dans son pays. Il n'aurait &it ainsi que passer rapidement dans les diverses contrées de l'Orient, ce qui pourrait expliquer le silence des auteurs arabes sur un homme d'un mérite réel.

Quoi qu'il en soit, Constantin l'Africain ne fait pas moins partie de l'école arabe. Ses divers écrits, tsant de son crû que traduits, attestent uun science peu commune, et son nom figure avantageusement parmi ceux de ses anciens coreligionnaires.

Nous aurons à y revenir plus tard, quand nous ferons rhistoire de la médecine arabe en Occident, c'est-à-dire l'histoire des traductions de l'arabe en latin, dont Constantin adonné les premières.

Cette seconde partie de son existence ne sera pas sans

(1) Pétri Diaconi Monachi de vins illaatribas C-asinensibus, studio J. B. Mari Romaiii. Lateti», 10*36, p. 45.

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