‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 155 sur 168 · MOUNEDJEM BEN EL KAOUAL · texte numérisé non relu

MOUNEDJEM BEN EL KAOUAL

C'était un juif de Saragosse, habile mé4ecin et s'occupant de philosophie. Il écrivit un traité sur la logique.

ISHAQ BEN KAFTAR.

C'était un juif au service de Mouaffeq el Amri et de son fils Akbal Eddoula. Outre la médecine il cultivait aussi la philosophie et connaissait parfaitement la littérature et la jurisprudence des* Juifs. C'était aussi un homme d'esprit et plein d'aménité. Il mourut & Tolède en 448 (1056) à Tage de 75 ans.

EBN HEDJADJ.

El Khatib Abou Omar Ahmed ben Mohammed ben Hedjadj est l'auteur d'un traité d'Agriculture, intitulé le Momy, cité parEbn Beithar, et mis à contribution par Ebn el Aouftm. Voici ce qu'en dit ce dernier dans l'introduction de son livre: « J'ai pris pour base de mon travail ce qu'a écrit le

Cheikh savant et illustre Aboo Omar ebn el Hedjadj, dans son livre qui porte le titre de Mor'ny (le suffisant) qu*il composa en l'année 446 (1073 de J,*CO- » Traduction de M, CL Mullet, tome I*% pa^e 7.

A la page suivante» Ebn el Aou&m parle aussi du livre de Bedjadj de Cordoue^ qui serait sans doute la patrie de notre auteur.

Ebn el Hedjadj paraît avoir écrit d'autres livres que le Mornyt si Ton s'en rapporte au passag^e suivant d'Ebn el Aoiiâm: Ëbn el Hedjadj dit dans le Morny, un des livres qu*il a composés sur l'agriculture, etc*, pagre 380. Aut. cit. Noua verrons plus tard, en parlant d'Ebn el Aouâm, qu*il eut d'autres devanciers dans la carrière agricole.

MOHAMMED £TTËMIMY.

Il ne nous est connu que par un écrit qui e:£iste k TEbcurial, sous le n' 887, ancien 882, C'est un manuscrit d'une trentaine de feuilles, acéphale, mutilé» relié à tort et h travers. Nous allons voir cependant qu'il mérite une mention, d'autant plus que le catalogue de lEâcurial s'est trompé sur Tautenr et son livre*

Casiri s'est mépris d'abord sur le nom de rauteur. Le nom qu'il adopte est celui d'un personnage cité incidemment. Il 3' est bien plus mépris sur le contenu de Touvrage,

Le nom de Mohammed Ëttemimy est cité plusieurs fois en tout ou en partie dans des conditions telles qu'il est nécessairement Tauteur du livre.

Quant an livre, Casiri y a vu un manuel d'examens à l'usage des candidats au titre de médecin. Amoraux qui Ta reproduit, a fait à ce propos quelques plaisanteries que Ton peut lire dans son informe compilation, page 134, sous le titre Abou Djafar Ahmed ben Ishaq el Hassaini. La méprise de Casiri s'explique par une lecture superficielle du livre, faute qu'il commet trop souvent.

Cet ouvrage n'est pas autre chose qu'un recueil d'observations prises aux consultations d'un médecin et recueillies

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par 8on élève. On comprend qu*à ce titre il mérite notre attention. Pour notre part, c'est le premier de ce genre qui nous soit tombé sous la main.

Il se divise en séances ou consultations, et ces séances sont au nombre d'une cinquantaine, complètes ou non. Telle en est la forme habituelle. Un malade se présente. Le médecin l'observe, le questionne, et le fait observer par son élève, ce qui amène des questions échangées entre Tun et l'autre. Le maître fait ses prescriptions et il lui arrive souvent de questionner l'élève sur ce qu'il sait de la maladie représentée. Si l'élève ne la connaît pas bien, le maître en parle ex-pnh fesso ainsi qu'il arrive chez nous dans les conférences faites après la visite.

Si d'autre part l'élève a remarqué dans le diagnostic, le pronostic ou le traitement quelque chose qui l'a frappé, il en demande l'explication au maître qui la lui donne. Voilà comment Casiri, après une lecture très superficielle de l'ouvrage, a pu le prendre pour un manuel d'examens.

La nationalité de l'auteur ne comporte aucun doute. Quant à son époque voici les raisons pour lesquelles nous l'avons placé au XI* siècle.

Un malade affecté de tumeur frambésiforme de la joue se présente, ayant été déjà traité à Talavera par un certain Ebn Aflah (que nous ne pouvons identifier avec l'astronome de ce nom) puis à Tolède par plusieurs médecins.

Une femme, affectée de polype du nez, se présente en l'année 62, qui fut revue quelques années après. Rapprochant cette date de la citation de Tolède, qui fut conquise vers la fin du XI' siècle de notre ère, nous avons dû croire que cette date écourtée 62, appartenait au cinquième siècle de l'hégire, soit donc l'année 462 qui répond à l'année 1009 de notre ère. Il se pourrait que notre auteur habitât Tolède alors encore au pouvoir des Musulmans, ou bien les environs. Il est encore quelques autres citations, mais dont nous ne pouvons tirer parti. Ainsi Abou Djafar Ahmed ben Issa el Hachemy et non el Hossein, que Casiri a pris à tort pour l'auteur du livre, tandis que l'élève appelle Temimy son père, son oncle, et dit formellement à la séance XP que le

malade de présenta à lui, Il est encore question d*un Mansour, et d'un Fakih ben Abi Rochd, Ce Mansour, dans des lettres qui suivent Touvrag-e , est dit avoir écrit b Vnn de ses confrèrea de Badajoz^ dit Ebn Thifour.

Noua avons dit que le nombre dea conBultatlons était d'une cinquantaine, maia le livre étant mutilét noua ne Bavons a* il en comportait davantage. Quelques-unes ont trait à la même maladie, avec des conditions différentes.

Noua reproduirons in extenso deux consul tatîoaa, oe qui iulflpa pour donner une idée du livre et de sa manière.

La première séance, qui se trouve au milieu du recueil par la fauta du relieur, est précédée de quelques mots ne formant pas nn sens complet, mais prouvant que Touvrage cûmmen-* çait par une préface ou une introduction. La voici au com-> plet:

H lui vînt un homme racontant qu'il souffrait d'un violent mal de tâte. Mon maître lui dit : Est^e par devant ou par derrière, et comment ressens-tu des battements dans les tempes ! U répondit : Comme ai Ton me donnait des coups de marteau sur le devant du crftne. — Prescription ; Tu prendra* de la camomille, des feuilles de roses et des tôtes de pa^ vot, tu mêleras le tout dana une marmite et tu y verseras de Teau en quantité suffisante pour le recouvrir; tu feras bon il* Uf, puis tu te pencheras sur les vapeurs émanées du vase. Fais cela pendant trois jours, matin et soir, et tu g'uériraa. Aliments: quelque chose de mou et de rel&ohant, U guérit.

XVI» séance ;

Un homme se présenta» disant avoir h la paupière supè^ rieure un bouton comme une verrue* Mon maître m'ordonna d'aller m'assure? avec la main si la tumeur était mobile ou non. Je le fis, et elle était mobile comme si c'eût été un grain de pois sous la peau. Je lui en rendis compte et il me prescrivit de renverser la paupière et de regarder s'il y avait une saillie h Tintérieur, Je le fis et ne trouvai rien. Il dît alors : C'est la maladie appelée grêlon* Frictionner avec de rhuile d'olives et placer un topique avec du pain chaud. Le malade le fit pendant quelques jours et guérit — Doîs-je le faire sortir, dis-ja h mon maître, — Oui, répondit-il, si tu

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sais ce que c*est que le grrêlon et combien il y en a d'espèces. Eh bien, il y eu a trois. — Le maître fait alors l'histoire du g^lon et de ses variétés.

A la XI* séance, à propos d'une autre affection de l'œil, il fait la description anatomique de cet organe.

 la XIV* séance, il est question d'un héméralopique.

Le maître lui prescrit du rognon de bouc rôti, sans autre médication. Là dessus l'élève s'étonne et demande au maître comment il peut traiter une maladie sans médicaments. Le maître répond que l'aliment prescrit combat la cause de la maladie.

Ailleurs il est question d'une tumeur lacrymale. Elle est traitée par une composition de vertde gris, d'aloôs, de myrrhe et d'orpiment, puis le maître dit à l'élève qu'on la traite aussi par la cautérisation avec le fer rouge et il entre dans les détails du traitement.

Une longue séance est consacrée àunphthisique Le maître fait particulièrement remarquer à son élève la forme des ongles. Après un traitement sans succès, le maître finit par dire au malade qu'il renonçait à le traiter et qu'il ait à faire son testament. L'élève demande au maître la raison d'un pronostic aussi grave. Le maître lui dit qu'il s'agissait d'un sujet tombé dans le marasme.

L'élève demande si la maladie avait des analogues. Le maître répond affirmativement, et lui fait l'histoire de la phthisie, du marasme et de la fièvre hectique.

Une observation intéressante aussi est celle d'une hernie. Le maître fait pratiquer le taxis par son élève et traite par la suture. Dans une autre observation, il emploie 1& cautère.

Citons encore une observation d'hémorrhoïde sèche, traitée par la ligature.

Nous croyons avoir dit suffisamment pour faire comprendre la nature de cet ouvrage et son intérêt, tant au point de vue du fond que de la forme et de la méthode d'enseignement de la médecine par la clinique.

ESPAGNE* ^^^^m 553

EL BÈKET.

■ Abou Abdallah OU AbouObeïd Abdallah ben Abdel Aziz el Békry, de Murcie, d'une famille de princes espagnaols, était trôa versé dans la connaissance des médicaments simples et de leurs propriétés, de leurs emplois de leurs noms, de leur administration et de tout ce qui concerne cet objet Il a laissé un livre sur les principales plantes et arbres de TAndalousie* »

Voilà tout ce qu'on lit dans Ebn Abi Ossaïbiah, du moins dans certaines copies, et voilà probablement la cause pour laquelle cette courte mention a échappé à M, de Slane, qui ne la cite pas dans sou introduction à la description du Magreb, autre ouvrage d*El Békry

D*aprè3 réminent orientaliste que nous avons cité» Békry aurait vécu pendant presque tout le onzième siècle de Tère chrétienne, étant mort eu Tannée 487 de TUégire, 1094 après Jésus-Christ, à un âge très avancé.

On lui donne encore le nom d*El Corthoby, en raison d'un long séjour qu*il aurait fait dans la ville de Cordoue.

Outre Touvrage édité et traduit par M, de Slane, et %ai porte le titre de Messalek oua Memalek, les Routes et les Royaumes, Békry serait encore auteur d'un livre sur la mission de Mahomet, de commentaires sur Abou Ali el Cali» d'un traité sur la dérivation des noms propres.

Il est cité une dizaine de fois dans Ebn Beithar> Parmi ces citations nous signalerons la description de l^ombeUifère qui produit Tasa fœtida, et celle de la fougère, dont il donne le nom berbère Khalendj quH dit équivalent du grec Erikij et dont il dit que la racine est employée en Espagne à faire un charbon excellent pour les forgerons»

Il est probable que Békry aurait pu fournir un contingent plus considérable à Ebn Beithar. Dans sa description du Nord de TAfrique nous trouvons cà et là quelques faits curieux d*histoire naturelle. C'est ainsi que su? la route d'Ai^ mat à Fez il rapporte que Ton rencontre beaucoup d*eu-

SB4 HiTTinM DS ul wtnTTWÉ àMMam^ — litbx

phorbes, faurbioun^ arbriasesa épinan, à tiges hofneées» d'ail déeaale tm ne laiteas, jonifwmt de pnqpnéléa po-

Il psrie MKX longTxemfflit de T Aiginier. VL raptiorte mi fliit (pie noue aTCUM entatidn Rprodnin en Alcétie» bmîs nié pulM Mawiffains» àMcvoir qoeponrieprocarer rkmla d'Afgaa oa nôeolte les tnûïé^ on les donne à nMnger am basIienT , ensoite on en mnssni les nqjmciy on les fcit eims sprts les sToir tei^ési pois on en obtient de Flinile per Is presBon.

Tel est le nom aiabe â*iiB Kisnt Jnif; connn dMS ses eoreliffionnsives loos le nom de Sabfai lonna.

 le courte notice qoe lui gonssefs Bbn AU ÛÊÊÊSbUk nous ajoaterons les fenseignementi pnisAs dans une laonegmphie de Monk, JmmMd aaiaOqm^ UBOi

D'après HiistorienanOïe, BbnDjanek, aarantdieleetieieB, a'adonne particulièrement à le lengne anbe et à le leagna nébraSque, fdt un haUle médecin, et compose nn Une inthtulé TcOdUs, où il traite des médieamenti simples et de lens doses. Noos n*aTons pas rencontré de date, mais Iben Djaneh est placé aTsnt KharhdeT ben Ishaq, ce qui semblerait signifier qull lui est antérieur.

n n'en est rien^ mais d'autre part on aen tort de le reenler au Xn* siècle, et Munk a prouré quMl a^artlmit an ZI\ Dans sa grammaire Eben Dfanah dit qu'il quitte Coidoue pour le rendre à Saragoese lors des troubles qui éclatèrent dans le première Tille, ce qui nous place en Tannée 1012. Il devait alors avoir dépassé vingt ans. Le fUt d'une polémique entre Eben Djanah et Samuel ba Nagbid, ajoute Munk, prouve aussi qu'il florissait dans la première moitié du XI* siècle.

Munk le suppose plusieurs fois cité par Ebn el Beithar. Nous n'avons rencontré qu'une citation à l'article Adryaun. Munk ajoute qu'il est cité plusieurs fois dans le n« 1034 de l'ancien fonds arabe. Il fallait dire 1084 et 1034, car ce sont

deux parties d'un même ouvrai de Soueid\% sorte de Mémorial thérapeutique dans le genre du Moroy d'Ebn el Beithar, mais plus concis et plus farci de noms propres,

Nous avons remarqué une quinzaine de citations.

Quant au mérite d'Ebeu Djanah comme grammairien, on peut consulter un lôug travail de M. Behrnauer publié dans le Journal asiatique, 1861 et 1862.

Pour îee autres écrits on peut lire Munk, etc.

ABODL FADHL KHACHDAU

C'était un petit-fila de Khachdaï beu Ohaprout. Il naquit & Saragosse, où sa famille s*était retirée.

n avait fait une étude sérieuse de la langue arabe, cultl- Tait l'éloquence et la poésie, excellait daus l'arithmétique, la géométrie et l'astronomie, en même temps quHl s'occupait de musique, de philosophie, de physique et de médecine.

Il se fit musulman, les uns disent par amour, les autres par ambition, peut-être pour les deux motifs à la foio. Sa position de Zimmi le tenait dans une position subalterne, pour laquelle il ne se sentait pas né, et il en souffrait. Après sa conversion il devint vizir et secrétaire du roi de Saragosse Ahou Djafar Ahmed ben Houd*

On raconte qu'un jour, lisant un livre en présence du prince, un de ses collègues Aboulfadhl ben Dabbar, ou le fila du corroyeur, voulant Thumilier^ lui demanda si le volume qu'il tenait à la main n'était pas le Pentateuqne. Oui» répondit le juif converti, et le volume est relié d'une peau tannée par on ne sait trop qui. La réplique divertit beaucoup le prince, et Tagresseur en mourut de honte,

Aboulfadhl Khachdaï, dit Ebn Abi Ossaïhiah, était encore jeune en l'année 458 [1066).

Pour plus de détails, on peut lire la notice de Munk.

Les médecins dont les noms suivent ne noua aont connua que par CasirL

566 Burons db L4 MtoBcna ababb. — utre guATBz&m.

BBN CUBUID.

Aboa Amer Ahmed ben Abd el Ifalek, Tolfiraireiiieni connu sons le nom de Ben Chehid^ de Morcie, orateur» poète incomparable et médecin estimé, mourut à Cordoue en 1034.

EBN BL HErrSAM.

Ebn el Heitsam de Cordoue, médecin très renommé, écrivit sur les alimenta, les poisons, les propriétés et la nature des simples. Il mourut en 1063. Nous voyons par les dates que cet Ebn el Heitsam est différent de celui dont nous avons déjà parlé.

ABDALIAH BBN lOUXBS.

Abdallah ben lounes ben Talha ben Amran né à Oran, vint habiter Séville. C'était un habile médecin, très versé dans la science des nombres, n mourut en 1037.

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