‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 17 sur 168 · UI8T01RC DB LK MÊOBOIKE ARABE. — LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

UI8T01RC DB LK MÊOBOIKE ARABE. — LIVRE PREMIER

riens, Mohammed ben Ishaq en tête, nous apprennent qu'il vivait au commencement de Tislamisme.

Il composa un compendium de médecine, en syriaque, disent-ils et Masserdjouili le traduisit en arabe. Il y a là un mot à rectifier. Nous lisons dans Assemani qu'Aaron n'était pas syrien, et que Gosius d'Alexandrie fit passer son traité de médecine du grec en syriaque.

Aboulfarage a, suivant son habitude, reproduit ce passage. Dans l'édition qu'en a donné Pococke, on lit que la traduction et la continuation en fut faîte par Sergius, erreur que nous aurons tout h l'heure à redresser, et qui a été adoptée par Sprengel et par Wûstenfeld.

Ahroun ne nous est connu personnellement que par les quelques renseignements donnés par les médecins arabes.

Son livre ne nous est pas parvenu, et nous ne le connaissons que par les nombreux emprunts que lui a faits Razès dans le Continent. On peut lire dans Sprengel un choix de ces citations.

Nous trouvons dans le Maleky d'Ali ben el Abbas un jugement porté sur le livre d'Ahroun. C'est à propos des motifs qui l'ont engagé à composer le Maleky. Ali met en avant l'insuffisance et les défauts des écrits de ses devanciers. Ce passage n'est pas identique dans la traduction latine et dans les Mss. de Paris et de l'Escurial que nous avons consultés. « Quant aux modernes, dit Ali, Ahroun a fait un livre où il traite de toutes les maladies, de leurs causes, de leurs symptômes et de leur traitement. Mais il est trop concis. D'ailleurs la traduction en est mauvaise et peut égarer le lecteur, surtout celui qui ne possède pas la traduction de Honein. » La traduction latine ajoute à ces reproches d'avoir été trop bref sur les choses naturelles et non naturelles et de ne pas s'être occupé de l'hygiène et de la chirurgie.

Relevons en passant une erreur de la traduction latine qui dans Honein a vu Jean, ce qui l'a fait tomber dans un contre-sens.

Quelle que soit la valeur de ces reproches, on peut dire cependant que c'est déjà un honneur pour Ahroun, d'avoir figuré parmi les grands médecins, passés en revue par Ali,

ÂlIEûnN% DJASiaPS ET ^ÂBSKaDJOUm*

dant les écrits pèchent soit pour n'avoir pas embrassé la totalité de la médecine, soit pour en avoir nég^ligé cartaiues parties.

Le compendium ou Pandectes d'Aliroun, était primitivement divisé en trente livres.

U fut, comme nous Tavons déjà dit, traduit du grec en ijriaque par Goeiua.

Nous ne croyons pas qu'il soit possible de voir dans GoaiuH un autre personnage que Djasious qui nous est déjà connu comme un des derniers médecins d'Alexandrie, qui concourut à la rédaction des seize livres extraits des œuvres de Galien, qui en fit d'excellents commentaires, et qui fut nécessairement contemporain d*Ahroun.

On ne saurait le confondre avec ce Gésius, dont parle Suidas^ qui fut antérieur d'un siècle, attendu qu'il vivait sons Zenon. Gésius, dit Suidas, était originaire de Pétra, 11 s* acquît un grand renom, tant par son habileté dans la pratique niédicale, que par l'ensemble de ses connaissances*

Eu somme tout concourt pour nous faire voir un seul et même personnage dans Djasious, le rédacteur des seize livres et dans Gosius le traducteur des Pandectes d^Ahroun.

Honein écrivit un livre dont tel est le titre : Solution des doutes élevés par Djasious d' Alexaudrîe sur le livre des Or^ ganes souffrants de Galien.

Voici la première traduction arabe sur laquelle nous ayons des renseignements précis.

Elle fut Tœuvre d*un juif de Bassora, généralement connu sous le nom de Masserdjouih, mais qui porte aussi celui de Masserdjis, et c'est même sous ce nom qu'il est inscrit dans le Fihrist II traduisit, dit ïe Fihrist, du syriaque en arabe, et il composa deux écrits, sur les aliments et sur les médicaments, leur utilité et leurs inconvénients. Sous la rubrique Ahroun, le Fihrist dit que son li\Te, divisé entrente chapitres, fut traduit par Masserdjis, qui en ajouta deux nouveaux.

Cette dualité de noms a fait tomber dans une confusion que nous allons éclaircir. On eût pu Téviter en recourant au Kitab el liokama» qui Inscrit ce médecin sous le nom de

80 HIST01UI£ DK Lk MÉDECINE AIUBE. — LIVRE PREMIER.

Masserdjouih, mais ajoute qu'on l'appelle aussi Masserdjis. Malheureusement le Kitab elhokama n'a été connu que tout récemment et Wûstenfeld lui-même l'a complètement laissé (le côté, pourj recourir suivant l'usage aux Dynasties d'Aboulfarage.

On lit dans Aboulfarage, à l'article Ahroun, que ses Pandectes se rencontrent éù syriaque, divisés en trente chapitres et que Sergius en ajouta deux nouveaux.

D'autre part, on lit à l'article Masserdjouih que ce médecin juif connaissait le syriaque et traduisit les Pandectes d' Ahroun en arabe, sous le règne de Mérouan, et cela sous l'autorité d'Ebn Djoldjol. (1)

Ces deux passages ont mis Wûstenfeld dans l'embarras. Il comprenait bien qu'il était difficile d'attribuer la traduction des Pandectes à Sergius de Ras el aïn, contemporain de Justinien, (outre qu'une traduction en langue arabe ne saurait être raisonnablement admise à cette époque). Voici comme il lève la difficulté. Il admet d'un côté qu' Ahroun pourrait bien avoir été contemporain de Sergius, et de l'autre il attribue les deux chapitres surnuméraires à Sergius et la traduction à Masserdjouih.

Cette confusion tient donc à la double forme du nom de notre traducteur. Elle eût été évitée si l'on eût lu dans Aboulfarage Masserdjis, au lieu de Serdjis, et nous croyons pour notre part que c'est une restitution de texte à faire.

Une autre difficulté se présente, celle de Téjpoque où cette traduction fut opérée. Cette difficulté provient d'une* divergence dans les témoignages de Djemaleddin, l'auteur du Kitab el hokama, et de l'historien espagnol Ebn Djoldjol, cités par Djemaleddin, par Ebn Abi Ossaïbiah, et par Aboulfarage.

Djemaleddin dit d'abord que Masserdjouih vivait du temps d'Omar ben Abdelaziz. Il rapporte ensuite le témoignage d'Ebn Djoldjol, suivant lequel Masserdjouih fut chargé du temps de Mérouan de traduire en arabe le livre d' Ahroun.

(1) Relevons en passant Terreur de Sprengel qui ne fait qu'un seul personnage du juif Masserdjouih et d'Ebn Djoldjol, de Bassora, II. dOO.

MABSERDJOUIU. 81

La première assertion est personnelle à Djemaleddin. Quant à la seconde, il ne la donne que comme l'opinion d*Ebn Djoldjol. Nous croyons devoir nous en tenir à la première, qui nous paraît jilus en rapport avec le caractère d'Omar ben AbdelÂziz qu'avec celui de Mérouan. Ainsi la traduction, au lieu d'avoir été faite dans les dernières années du VIP siècle, serait reportée au commencement du VIII*. (1)

Nous avons vu précédemment dans le passage cité d'Ali ben el Abbas que Honein avait fait une traduction du même ouvrage.

Ebn Abi Ossaïbiah ne s'accorde pas complètement sur les écrits de Masserdjouih avec le Fihrist. Il lui attribue un compendium de médecine, un traité sur les aliments et un traité sur l'œil. Il fait remarquer de plus que c'est lui qui est désigné dans le Continent de Razès sous le nom de juif, Ellhoudy. Ces citations du Continent sont souvent défigurées dans la traduction latine. Masserdjouih est encore cité un grand nombre de fois dans Ebn el Beithâr, ce qui atteste une certaine valeur.

Nous ne reviendrons pas ici sur un fait qui donne de l'importance à Haroun, la première mention de la variole, ayant déjà parlé précédemment de la première invasion de cette épidémie.

Masserdjouih eut un fils appelé généralement Issa ben Masserdjis, qui fut aussi médecin et écrivit deux ouvrages, l'un sur les couleurs et l'autre sur les odeurs et les saveurs. Son nom figure parmi les traducteurs et on nous dit qu'il marcha sur les traces de son père ; mais nous ignorons quels ouvrages il a traduits.

(1) On peut invoquer aussi à Tappui de notre manière de voir, la place occupée par Masser djouili dans les listes d'Ëbn Abi Ossaïbiah, après Sabour ben Sahl.

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