‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 18 sur 168 · LES MÉDECINS SOUS LES OMMIADES · texte numérisé non relu

LES MÉDECINS SOUS LES OMMIADES

8IMÉ0N-LB-M0INE.

Aboulfaragre et Ebn Abl Ossaïbiah parlent de Siméon, Chemaoun, moine syrien, comme d'un habile médecin. II reçut le surnom de Taîhouta, du nom d'un livre qu'il composa, et vivait sur la fin du YII* siècle. Nous pensons que c'est à lui que se rapportent les citations du Continent.

THÉODOCUS ET THÉODUNUS.

Nous croyons que ces deux noms ne représentent réellc-( ment qu'un seul et même personnage.

Il n'est question que de Théodocus, Ttadouq, dans le Fihrist et chez Ebn Abi Ossan)iah, pour tous les faits qui se groupent sous les deux noms. Cependant le Kitab el hokama et naturellement aussi Aboulfarage en distinguent deux. Mais nous avons trouvé plus d'une répétition dans le Kitab el hokama, notamment à propos d'Oribase. D'ailleurs ces deux noms peuvent se confondre dans l'écriture arabe. Nous ne parlerons donc que d'un seul Théodocus. C'était un médecin distingué et en grand renom de son temps. Il fut le médecin du terrible Hedjadj, cet homme sanguinaire, qui naquit l*anus imperforé et que l'on dut opérer. Hedjadj consultait volontiers Théodocus. Quelques^-uns de ses conseils et d'autres encore nous ont été conservés. Ils ont trait en général à l'hygiène*

On raconte que Hedjadj étant pris d'une violente migraine, Théodocus lui ordonna un bain de pied. Sur quoi un eunuque témoigna son étonnement qtl'on traitât les pieds pour une affection de la tête. Mais tu es toi-même une preuve de l'excellence de ma prescription, lui répondit Théodocus.; depuis que l'on t'a retranché les organes génitaux, ta barbe a tombé;

Sm^ON<^Ii£-MOlK&. THEUDOCUS l£T THIslODUKUS.

Hedjadj avait i*habîtude de manger de rargile. Votilaut ^'eu défaire, il demanda à Tliéodocus quel était le remède contre une pareille habitude. La volonté d*un homme de ta trempe, lui répondit Théodoc us. Hedjadj cessa dès lors de manger de Targile,

Théodocus a réuni en dix préceptes ses idées hygiéniquee : Ne pas manger tant qu*il reste des aliments dans restomac; ne manger que en que \m dents peuvent broyer; ne pas boire immédiatement après le repas ; prendre un bain toui» les deux joura; faire abonder le sang dans le corp»; »e purger à chaque saison ; ne pas retenir Turine; aller à la aelle avant de se coucher; ne pas abuser du coït; ne paa épouser de vîeillea femmes.

Quatre choses sont fatales dkait-il: Aller au bain à Tétat de saturation; voir une femme après le repas; manger de la viande sèche et aalée ; boire de Teau froide à je dn^

Tliéodocus atteignit nn ûge avancé et mourut en Tannée 708, Il laissa deux écrits : une grande collection adressée à sou âts; un traité de la préparation des médicamentâ et des succédanés. Le Kitab el hokama dit qu'il forma plusieurts élèvesdigtingués, entreantres FouratbenChahnata, Israélite, qui fat aussi le médecin de Hedjadj.

Théodûcus est plusieurs fois cité dans le Continent.

ABOU-TIAKAM (f.E PERE DE HAIiAM).

Abou Hakaui, médecin chrétien, était instruit dans sou art et possédait la confiance du Khalife Moaouialij au point que celuiH:i lui fit accompagner son fils Yézid dans sou pèlerinage de la Mekke,

Le petit-fils d'Abou Hakam devait plus tard accompagner nuàai le chef de la caravane. Ou dît qu'Abou Hakam vécut pluïi de cent ans.

UAILiM EDDI.MACHKV (UE DAMAS)*

Hakam, fils du précédent, fut ainsi que son père un médecin cUstiugué. Il habitait Damas > où il atteignit un âge mm avancé que mn père.

84 UISTOIKL DE LA. MÊDUCINJS ARABE. — LIVUE PUESilKU.

On nous a conservé un fait de sa pratique. Passant un jour dans les rues de Damas, il rencontra un barbier qui, en pratiquant la saignée du bras, avait ouvert Tartère au lieu de la veine, et ne savait comment arrêter Thémorrhagrie. Hakam prit une pistache, la fendit en deux, enleva Tamande et appliqua une moitié de Técorce qu'il maintint par un bandage aussi serré que possible. Il fit ensuite coucher le malade près de la rivière, le bras dans Teau, jusqu'au soir. Le troisième jour un gonflement s'étant déclaré, il desserra le bandage. Au cinquième jour il l'enleva et laissa sur place la pistiiche qui tomba le septième jour. Il défendit ensuite au malade de toucher aux concrétions sanguines qui recouvraient la pluie et qui ne disparurent qu'au quarantième jour. Le malade fut complètement guéri. (1)

ISSA BEN HAICAM EDDIMACHKY.

Il est aussi connu sous le nom de Massih Eddimachky. Bien qu'il appartienne à l'époque des Abbassides, nous en parlons ici pour ne pas le distraire de son père et de son grand-père et aussi parce qu'il vécut et se forma en dehors du grand mouvement scientifique issu de Djondisabour.

Il apprit la médecine h l'école de son père Hakam, et habitait Damas, d'où lui vint le surnom de Dimachky ou de Damasquin. Cependant il habita Bagdad où il nous est donné comme vivant au milieu des médecins distingués de son temps.

On ne nous a laissé sur son compte que des anecdotes de peu d'intérêt scientifique. Nous en citerons une. Il reçut un jour à Damas Yousef ben Ibrahim, qui était affecté d'un rhume, et le traita avec des mets succulents et de l'eau à la glace. Yousef observa que ce régime ne convenait pas à uu homme affecté de rhume. Issa prétexta l'influence du climat, disant que des choses nuisibles dans l'Irak ne Tétaient pas à Damas. Cependant quand son hôte prit congé de lui, Issa lui donna une provision d'aliments préparés exprès, et lui

(1) Ebn Abi Ossaïbiah et le Kitab el hokamn.

ABOU-HAHAM . HAKAM RDDIIf ACHKY. ISSA BBN HARAM. 85

recommanda un régime alimentaire différent de celui qu'il venait de subir. Yousef lui manifestai son étonnement. Sur quoi Issa lui répondit : Un homme d'esprit, quand il reçoit un hôte, ne peut observer strictement envers lui les règles de la médecine.

Issa ben Hakam laissa deux écrits, dit Ebu Abi Ossaïbiah : La Collection, et les Propriétés des animaux.

Nous possédons, et on le trouve aussi mentionné dans le catalogrue de la Bibliothèque de Munich, p. 372, un écrit attribué à Massih ben Hakam.

Cet ouvrage porte le nom de Risalat el Harounya^ en raison de sa dédicace à Haroun Errachid. Son titre de Risalat et son peu d'étendue nous font croire que c'est une œuvre différente des deux autres que nous avons citées. Il ne con-* tient que 73 pages. Quant à la Collection, si elle a fourni, ce qu'il était naturel de croire, les nombreuses citations de Massih que l'on rencontre dans le Continent de Razès et dans les Simples d'Ebn el Beithâr (1), elle dut avoir des proportions beaucoup plus considérables. Du reste ces citations ne se trouvent pas dans notre opuscule.

Notre manuscrit ne nous paraît pas représenter la forme primitive de la Harounya. Bien souvent on prendrait l'auteur pour un musulman, et rien ne nous autorise à admettre que Massih ben Hakam ait quitté la religion de ses pères. De plus il y a dans ce livre du décousu et des répétitions.

En somme, c'est un traité sommaire d'hygiène et de médecine générale, exécuté d'après les doctrines de Galien. Il est terminé par un traité des propriétés des animaux qui pourrait bien être celui que nous avons vu attribuer à Massih.

On trouve dans cet ouvrage plusieurs citations de Galien et d'Hippocrate, ce qui indique la connaissance de ces auteurs avant le grand travail des traductions. On y trouve encore une fois celle de Dioscorides et de Mahraris.

Il est une autre citation, que nous n'avons jusqu'à présent rencontré nulle autre part, c'est celle d'un médecin indieu,

;i) Nous en avons compté 150 dans Ebn el BeithAr.

(Ut aussi le philosophe, du nom de Falthis ou Falthious. Il est cité une vingtaine de fois.

En résumé la Harounya n'est pas un ouvrage d'une grande valeur, telle que nous la possédons.

Nous avons rencontré en Algérie, sous ce même titre, plusieurs petits traités de médecine de dimensions difiérentes et d'une rédaction plus méthodique que celle du manuscrit dont nous venons de parler, ce qui nous porte à croire que la Harounya put avoir jadis de l'importance et de la vogue, au point de donner son nom à des traités de médecine se rapprochant plus ou moins de sa forme primitive.

Nous avons déjà dit que Massih Eddimachky était souvent cité dans le Continent de Razès.

Parfois la traduction latine a rendu le nom de Massih par Christianellus.

EBN ATHAL.

Ebn Athal était un médecin distingué de Damas. Le Khalife Moaouya se l'attacha, le combla de bienfaits et utilisa la connaissance qu'il avait des poisons pour se défaire des personnes qui lui déplaisaient. Ebn Athal fut assassiné par le neveu d'une de ses victimes.

Ebn Athal était chrétien.

ZEINAB.

Zeinab, femme de la tribu des Béni Aoud s'entendait dans la pratique médicale, le traitement des blessures et des ophthalmies.

On ne précise pas l'époque où elle vivait.

^^^B livre: ^^^^^H

1 SIÈCLE D EL NtHOm OU SIÈCLE DES TRADlICTI0«S

[l- Partie. — L'ÉCOLE DE DJONDISABOUR ET LES

hk FAMiut 0sg BjuiaiicKou ; loulianofi Len M&&BOUÎh.

DjondiB beû DjabriL lââ& ben Thalierbaht

Sabl ben Sa bon r.

Sabour ben Sahl.

Autres élevea de DjoTdjia.

Sërapion (Jean ûls de).

Eakhtichciu ben Djordjm, Djabril ben Bakhtichou.

Sftlmonïh.

Abdallah Etthifoury.

B&kJitichûu ben Djabril.

Maseouih ou Mésué le père.

Zakarva ben Tbifonr j, Israïl bec Zakarya.

Abûu Koreicii.

■ Mikhaïl ben Massouïh,

^^^K n* Partie. — LES TRADUCTIONS,

^^^^H 1^ LSS TRADUCTIOKS EK OÈNÉEAL.

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