‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 32 sur 168 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

LES TRADUCTIONS

I. — Des Traductions en général et de la cnltore du grec dans TAsie centrale.

C'est aux Nestoriens que les lettres grecques durent de s'établir et de se perpétuer dans l'Asie moyenne.

La connaissance du grec n'était pas seulement nécessaire pour la connaissance et la traduction des livres sacrés, mais aussi pour entretenir des relations avec la Grèce, relations particulièrement établies dans les Conciles. Outre la Bible, on traduisit les Pères. Des offices de traducteurs furent institués, et les noms de plusieurs docteurs nous sont parvenus avec la qualification d'interprètes. Ces interprètes avaient un rang élevé. Nous les voyons figurer, ainsi que les médecins, dans les assemblées où se discutaient les dogmes, les rites et les intérêts de la communauté nestorienne.

Il en fut ici comme ailleurs. Le dogme religieux, tout en fermant son domaine à la discussion, n'en cherche pas moins à faire usage pour sa défense des armes que peut lui fournir le raisonnement, et il emprunte ces armes à la philosophie.

Dès le milieu du V* siècle, Aristote fut traduit en syriaque par des savants de l'école d'Edesse, Ibas, Cumas et Probus, dont le premier gouverna cette église de 435 h 457. Avant son épiscopat, Ibas avait déjà traduit des commentaires de Théodore sur Aristote.

A la mort d'Ibas, l'école d'Edesse fut détruite. Ses savants se réfugièrent en Perse, à Nisibe, et probablement aussi à

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Djondisabour, tlont Técole comptait déjà plus d*iin siècle d'existence.

Un siècle plus tard, Sergiiis de Raa el Aïn, contemporaiu de Justioien, traduisait des ouvragées de raédec^iue et déplu-» lùâophie.

Ce fut le premier, dit Ebn Abi Ossaïbîah, qui traduisit des livres grecs en syriaque. Nous croyons Serg-ius ou Serais des auteurs arabes, identique avec celui qu'Agathius nous dit avoir traduit du grec sur rinvitation de Cliosroës dit le Grand, et qu*il nous donne comme un émi lient interprèt6p Malgré les réserves d'Agathias on ne saurait refuser à Ghos- Toës un certain goût pour la science. On sait qu'il accorda une courte hospitalité aux philosophes proscrits d'Athènes.

Dans une trêve conclue avec les Byzantins, il mit pour condition qu'on lut enverrait le médecin Tribunua.

Wilstenfeld n'a fait qu'un seul personnage de Sergius de Raa el Aïn, et de Sergius fils rVHéHa, qui traduisit du grec en arabe l'agriculture de Costus. A Tépoque de Chosroës et de Justinien nous avouons ne pas comprendre une traduction du grec en arabe, et ïious repouasonn la confusion de Wttâtenfeld, ainsi que la traduction d'Ahroun par Serdjis,

Les traductions de Sergius durent pénétrer k Djondisabour. Vers les premières années du VII* siècle, Harets ben Kaladad y fut étudier la médecine, et Mahomet dut à Harets une partie de ses connaissances médicales. Or, chess l'un et chez rautrOf on reconnaît facilement des réminiscences grecques.

L'arabe se parlait-il à Djoudisabouc ? Il est permis de le croire tu la proximité des Arabes de Hira qui mêlèrent si souvent leurs armes t celles des Perses.

Georges fils de Gabriel, le premier qui illustra l'école, quand il fut présenté au Khalife El Mansour, le complimenta en arabe et en persan.

Il est probable que l'enseignement officiel se faisait en syriaque. En effet, cette pléiade de médecins que nous voyons apparaître sous les Abbassides sortait de Djondisabour et ne comptait que des Nestor iens. Ensuite nous devons le croire aussi d'après la multiplicité des traductions syrin-

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ques et leur persistance après que Ton eut entrepris les traductions arabes.

Des traductions commandées en Egrypte par Khaled 1>en Yézid tout ce que nous savons, c'est que dans le nombre quelques-unes eurent trait à la médecine. Elles pénétrèrent gans doute dans Tlrak, et Géber leur dut probablement ses connaissances, tant en médecine qu'en alchimie. La multiplicité de ses écrits ne prouve pas seulement l'étendue de ses connaissances, mais aussi la diffusion des livres où il leB a puisées.

La première traduction sur laquelle nous ayons des rensei^ements positifs, est celle des Pandectes d'Ahroun.

Primitivement écrit en grec, ce livre futtraduit en syriaque par un certain Gosius, dit Assemani. Ce Gosius ne peut être que le Djasious d'Ebn Abi Ossaïbiah.

En tout cas, il n'a rien à voir avec le Gésius de Suidas.

La traduction syriaque fut elle-même traduite en arabe par Masserdjouih. On a placé l'époque de cette traduction en 683 sous Mérouan ; mais nous préférons nous en rapporter au Kitab el hokama qui la recule jusqu'au règne d'Omar ben Abd el Aziz, lequel l'aurait lui-môme commandée.

Le caractère d'Omar nous autorise à croire qu'il favorisa les sciences. Quant il parvint au Khalifat, dit Ebn Abi Ossaïbiah, l'enseignement fut transféré à Antioche et à Harran, d'où il se répandit dans les autres contrées musulmanes. C'est ainsi que déjà un Ommiade préludait au rôle dévolu bientôt aux Abbassides.

En l'année 705 le Khalife El Mansour tomba malade et on lui indiqua comme le plus habile médecin de son temps Djordjis, chef des médecins de Djondisabour.

Georges vint à Bagdad, et sa présence fut l'étincelle qui devait embraser le monde musulman du feu de la science. Ajoutons que Georges laissait deux de ses disciples à l'hôpital de Djondisabour, otqu'il en emmenait un autre avec lui : les acteurs étaient prêts pour le rôle d'initiateurs qui allait leur être confié.

Georges traduisit pour Kl Mansour de nombreux ouvra^ gc^ grccfi c»i a rahc, tWt Kbu Abi Ossaïhinh dan.^ sa biogra-

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pliîe. Wenricli fuit observer que rhistorien de la médecine arabe ne dit pâs si Georg-es traduisit d'aprëâ les originaux,

innis il nous semble ne s* être ici souvenu de Georges que d*après sa mention en tête du chapitre destraducteursp Dans ce cliapitre Ebn Abi Ossaïbiah dit seulement qu'il traduisit des ouvrages de médecine en arabe, mais ailleurs, dans Tarticle biographique, il s'exprime ainsi que nousTavons dit plus haut. Or, comme évidemment ces traductions devaient être au bénéfice des Arabes et non pas à T usage des élèves de Djondlsabour, nous ne voyons pas pourquoi ces traductions auraient patisé par le syriaque.

Si Georg^es fit plusieurs traductions^, on ne nous signale qu'un seul ouvrage de sou crii, et il ne paraît pas que sou travail de traducteur portât sur cet ouvrage, attendu que llonein le traduisit plus tard du syriaque en arabe. Georges devait connaître le grec, dontlaconnaissance était nécessaire aux médecins de son importance, qui assistaient, aussi bien que les interprètes, aux assemblées du clergé nestorien. La connaissance du grec dut se maintenir pendant longtemps. Nous en avons pour preuve la persistance des traductions en langue syriaque, même au XI IP siècle. {!)

Si Ton en croit Hadji Khalfa, le KhaliTe El Mansour envoya des ambassadeurs h Constantinople, qui en rapporterentles œuvres d'Euclide et des ouvrages de physique. On les traduisit en arabe et ils furent lus avec empressement.

Suivant Ebn Djoldjol, Haroun Errachid fit traduire h Jean, fils de Mésué, les livres grecs trouvés dans les villes d*Angora et d**\mouria et le nomma chef des traducteurs,

Aboulfarage rapporte aussi que Jean fut chargé de traductions par le Khalife Haroun Errachid.

D'après le Fihrist et Hadji Khalfa, Jean serait même allé en Grèce h la recherche de manuscrits, mais seulement sous le règne d'El Mâmoun*

Quoi qu'il en soit, ce qui reste acquis c'est que le mouvement commencé sous le règne d*El Mansour se continua

tli Ajoutona qu'il y avait on autre centre d*lidlénisme chez lea Sabiens de Harmn, d ou sortit Tttabct ben Uorm.

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