COSTA BEN LUCA
Telles sont les principales, qui ont trait au Turbith, au ConvolvulusNil,à lanoix vomique, àlacoloquinthe, au Dend qui n'est autre que le Croton Tiglium, à quelques espèces du genre Euphorbe, h Taloës, aux myrobolans, etc.
Dans les traductions latines du Continent de Razës et des simples de Sérapiou le nom de Hobéïcli est plus ou moins altéré.
C'est par erreur que M. de Sacy, dans son Âbdellatif» pagre 76, a écrit Djeich au lieu de Hobeïch. Nous avons pour cette dernière transcription non-seulement l'immense majorité des documents arabes, mais aussi les documents hébreux, où le doute n'est plus permis.
COSrA BEN. LUCA.
Costa fils de Luca était grec et chrétien, originaire de Balbek, ainsi que l'indique son surnom de Balbeky. Nous ignorons l'époque de sa naissance et de sa mort. On noua dit d'une part, qu'il était contemporain d'El Kendy, et de Tautre, qu'il vécut sous le Khalifat de Moctader Billah, ce qui indique qu'il vit la première moitié du X* siècle.
Il excellait dans la langue arabe aussi bien que dans la langue grecque et il connaissait de plus le syriaque. Ses traductions étaient estimées à l'égal de celles de Honein. Après avoir séjourné dans le pays grec et en avoir rapporté des livres, il fut appelé dans l'Irak pour travailler aux traductions. Il fut plus tard attiré en Arménie par un prince du pays du nom de Scndjarib. La il rencontra aussi le patriar* che El R'athriq pour lequel il écrivit divers ouvrages. A sa mort on lui éleva une coupole sur sa tombe, ainsi qu'on le fait, dit son biographe, pour les rois et les grands personnages.
Costa ne connaissait pas seulement les langues, mais aussi la médecine, la philosophie, les mathématiques, l'astronomie et la musique. Outre ses traductions, il composa divers ouvrages.
Casiri, sans citer aucune autorité, affirme que Costa tra-
Id» IIISTOIIIB DE LA UKDECIXE ARABE. — UVRE DEUXIÈUE.
duisit les Aphorismes d'Hippocrate, et Wenricli a réi>été cette assertion. Ces deux écrivains lui attribuent aussi la traduction des commentaires de Galien sur les Âpkorismes. La seule autorité à l'appui de cette dernière assertion est uu Ms. de Florence, n* 2(30, qui donne cette traduction comme ayant été faite en arabe par Costa d'après le syriaque de Honein.
Les renvois au n* 085 de Paris, ancien fonds, ne prouvent rien, attendu que ce Ms. porte le nom de Honein seulement.
Costa ben Luca traduisit surtout des ouvragées de mathématiques et d'astronomie, ainsi : les éléments d'EucIide et le supplément d'Hypsiclès, les ouvrag-es de Tliéodose, d'Aristarque de Samos, de Héron, les Ascensions d'Hypsiclès, l'algèbre de Diophante (oubliée par Wenricli).
Il traduisit aussi une partie de la physique d'Aristote et les commentaires d'Alexandre d'Aphrodisias et de Philoponus sur la physique, ceux sur le livre de la génération et de la corruption ; les deux livres de Plutarque sur la pratique de la vertu et sur les opinions des philosophes en physique.
Enfin il traduisit l'agriculture de Costus.
Plusieurs des traductions de mathématiques sont parvenues jusqu'à nous.
Tels sont ses ouvrages de médecine :
Introduction à la médecine.
De l'ordre à suivre dans les ouvrages de médecine.
Des éléments.
Des quatre humeurs (et non des qualités, Casiri).
De la pituite. De l'atrabile.
Des maladies du sang (cité dans le Continent).
De la veille. Du sommeil et des songes.
De la force et de la faiblesse.
De l'organe principal de l'économie.
De la soif»
Des poils (ou des cheveux).
Du coït*
Des bains.
Des ventSi
Dds aliments. Généralités sur les aliments.
COSTA BBK LUGA.
De Vu^4ag*e du vîiulaiis les festins^.
Du régime danïi le pèlerinage (au Britisli Muséum).
Pourquoi les Kthioi)ieiis sont noirs.
Du pouls, des fièvres et des crises.
Des indications de Turine,
Du foie et de ses maladies-
De ren^ourdissemeiit.
Des jours critiques dans les maladies aig^uës.
De lamortf^ubite.
Des contrepoisons»
Comme on le voit Costa ben Luca n*a produit aucun ouvrage capital sur la médecine. Cependant il est assez fréquemment cité dans le Continent de Razès.
Autres écrits:
Des définitions suivant les Philosophes*
De ranimai raisonnable et non raisonnable»
Différence entre Tâme et resprlt.
Introduction à la log'ique-
Des variétés chez les hommes.
De la politique*
Des sectes (philosophiques) chez les Grecs,
Introduction aux mathématiqueSi
Des poids et mesures.
De Talgèbre- Commentaires aor Dîophante,
Des endroits douteux d*Euclide*
Questions relatives au III'* chapitre d*Euclide.
De la sphère et du cylindre.
Des miroirs brftlants.
Introduction h rastronoraie.
De rordonnance des sphères.
De la musique»
Beaucoup de ces écrits sont adressés îirdes contemporainFî.
Le traité de la différence de rame et de Tesprit a été traduit en latin par Jean d^Espagne en 1070. Les exemplaires en sont nombreux.
100 UlSlOlUi: DL LA MÉUbclM: AUAUI^. — L:VUB DLUXIÊMK.
Abou Yoiiscf Iakoub ben Isliaq ol Kciuly fut chez les Arabe:i celui qui entra le plus lar^^emcnt et le plus tôt dans le monvement scientifique provoqué par les Abbassides. Ou reste étonné, quand on parcourt la liste de ses nombreux écrits, qu'il ait pu s'assimiler si tôt presque toutes les branches des connaissances humaines.
Il laisse loin derrière lui Khaled ben Yézid et Timam Djafar Essadiq, comme lui de race princière. Embrassant un horizon plus vaste que celui de Géber, il marche sur un terrain beaucoup plus solide.
Nul autre parmi ses contemporains ne saisit avec plus d'empressement et de facilité l'aliment intellectuel que la Grèce venait offrir aux Arabes.
Il reçut le surnom d'El Kendy, parce qu'il appartenait à la famille princière de Kenda. Ou s'étonne que d'Herbelot en ait fait un Juif. Cette erreur cependant s'est propagée au point que M. de Sacy ait cru devoir en faire une réfutation en règle, et encore ne l'a-t-il fait qu'imparfaitement. Il fallait remonter un peu plus haut l'échelle des ascendants d'El Kendy que Ton nous donne jusqu'à Kahtan.
Comme le fait observer M. de Sacy, le père d'El Kendy, Ishaq ben Soubbah, était gouverneur de Bassora pour les Khalifes El Mahdy et Haroun Errachid.
Mais il y a plus. Un de ses ancêtres, El Achats, ,fils de Quîs, est comi)té parmi les compagnons du Prophète, ce qui est un argument sans réplique. Deux de ses ancêtres, El Madi et Maouya régnèrent dans le Hadramaut, et d'autres dans riémama et le Bahrein.
El Kendy vint à Bassora, puis h Bagdad où il se livra tout entier à l'étude. C'était dans le.s premières années du IX' siècle, car nous ignorons la date de sa naissance.
Ce fut la merveille de son siècle, disent les biographes. Il embrassa toutes les sciences. Nul ne connut comme lui la science des Grecs, des Persans et des Indiens, et il fut sur-
EL KEXbV.
loi
uommè hi PbiloÈioplie, c'eât-à-dire le Plulusoylic par excellence.
11 dut connaître plus trune langue, pnisquHl nous est donné comme ayant traduit plusietirii ouvra f^es de philosopliie. Nous n'avons de données positives que sur quelque:^unes de ses traductions, et encore ces donnéeB sont-ellesï incomplètes. Nous ne reviendrons pas sur la diëcussion à laquelle nous nous sommes livré précédemment à sou sujet, à propos des traducteurs* Noufï dirons eu deux mots qu*il dut savoir le syriaque et traduire de cette lan^r^ue eu a^abe^ et que peut-être il sut le grec* Il semble que pour s'assimiler aussi prompteraent un aussi vaste ensemble de connaissances, il dut se mettre eu communication directe avec les monuments de la Grèce* Quoi qu*il eu soit, El Kendy n*en reste pas moins un phénomène intellectuel par la précocitét rétendue et la supériorité de ses connaissances.
Il nous est donné comme jouissant delà faveur des Khalifes El Màmoua et Motassem* C*est sous le règne de ce dernier, en 840 de 1ère chrétienne, qu'il observa pendant trois mois des taches sur le soleil, qu'il attribuait a Tinterposition de la planète Vénus.
El Kendy eut des envieux, et, parmi eux, ou compte avec peine les fils de Moussa beu Ghaker. Ils le desservirent auprès du Khalife Moutaouakkel^ qui fit confisquer ses livres, dont ils formèrent une bibliothèque qui porta son nom* Cependant ces livres lui furent rendus quelque temps avant la mort de Moutaouakkei, ce qui prouve qu'El Keudy vivait encore en Tannée 8C1 de notre ère*
Un de ses ennemis finit par devenir son disciple.
Ses opinions philosophiques lui avaient sans doute aliéné Tesprit d'Abou Machar, TAlbumasar des Occidentaux, alors occupé à Badgad à recueillir les traditions du Prophète, El Kendy lui adressa un savant mathématicien qui lui donna le goût de Tastrouomie, et bientôt El Kendy partagea aussi le goût d*Abou Aïâchar pour ces sciences auxquelles il se livra, dit-on, à Vii*^o de quarante-sept ans*
Nous ig-norons Tépoque où il mourut. Wûstenfeld donne la date approximative de 873 par la raison qu'il fut contem-
1C2 lUSTOIRE DE LA. MÉDECINS ARABE. — LIVRE DEUXIÈME.
porain de Costa ben Luca, ce qui nous parait fautif, attendu que Costa vécut longtemps encore après cette date. Sprengel donne celle de 880, et nous dirons avec M. de Sacy, nous ne savons d'après quelle autorité. Si Ton se rappelle qu'il fut en faveur auprès d'El Mâmoun, on verra qu'El Kendy put à peine atteindre les limites extrêmes du IX« siècle.
Malgré son surnom dé philosophe, dit M. Munk, El Kendy est rarement cité par les philosophes arabes, ce qui prouve que ses doctrines n'avaient rien d'original : et puis elles furent éclipsées par les travaux plus importants d'Alfaraby.
El Kendy n'en reste pas moins une haute et vaste intelligence. On en a la preuve dans la liste presque fabuleuse de ses écrits, qui se montent à plus de deux cents. Il témoigne éloquemment du goût et de l'aptitude de sa race pour les travaux scientifiques.
Sans reproduire cette liste intégralement, nous la donnerons aussi complète que possible, passant sous silence les ouvrages qui nous sembleront moins importants ou faire double emploi.
Nous suivrons la classification primitivement donnée par le Fihrlst et adoptée par les écrivains ultérieurs.
Philosophie, XVI traités.
Traité de philosophie.
Que l'étude de la philosophie exige la connaissance des mathématiques.
De la classification des livres d'Aristote.
De la division de la science humaine.
Que la justice règne dans les œuvres du Créateur^
De Tinfinî. — De la nature de l'intellect, etc.
Que le monde n'est pas infini (ou éternel), etc.
Logique, IX traités.
Introduction à la logique.
Divers traités sur l'organoD et la physique, tVAristottî/ etc.
Arithmétique, Xî traités.
Introduction à l'arithmétique.
De la numération indienne.
EL KF.NDr.
D«s nombres mentioanés par Platon dans le livre de la politique -
De rextractiou des nombres.
De la chronologie^ etc.
De la sphéricité, VIII traités.
Que Tunivera, et ce qu'il contient a la forme sphérique.
Que les corps élémentaires et les corps extrêmes ont la forme sphérique»
Que la forme sphérique a plus de capacité que les autre:^.
Déterminer Tazimut aur une sphère, ou tirer une ligne perpendiculaire sur une sphère.
Que la surface de 3 a nier est sphérique.
De la planisphérie.
Musique, VI traités. Art et histoire.
Astrolog^ie, XVU traités.
Sous quels sig-nes et quelles étoiles soîit placés les différents pays.
Des horoscopes et de leurs fig^ures.
De la durée de Texistence chez lesancieuset les modernes.
Des révolutions des nj^tres.
De Tinfluencedes astres.
Des météores.
Pourquoi il ne pleut pas en certains pay^, etc*
Géométrie, XXII traités.
Commentaires et rectifications d*Euclidc*
De la construction des figures cylindriques.
De la superficie des édifices*
De la construction d'un cercle égal en superficie à un cylindre donné.
De la division d*un cercle en trois parties.
Rectification des quatorzième et quinzième proposition s d'Euclide.
Rectification d*Hypsiclès sur les ascensions.
De la construction de Tastrolabe.
Détermination de la méridienne et de Tazimiitâe la Kibla<
De la construction d'un gnomon par voie géométrique.
Delà construction d*un gnomon sur une surface orientée^ ce qui est la meilleure condition.
10 i UlSrOIKK DE LA MÉDUOIi^E ARABE. — LiVliE bEUXlLML.
De la construction d'un grnomon sur une demi-sphère, etc.
Des sphères célestes, X traités.
Que rétendue de la sphère extrême est incommensurable.
Que sa nature est différente des quatre éléments et qu'elle eu constitue un cinquième.
Que Ton ne saurait admettre que l'univers est une substance infinie.
De la nature de la sphère et de l'aspect azuré du ciel, etc.
Médecine, XXII traités seulemient dans Casiri.
Ici nous ne suivrons plus le texte donné par Casiri, g-uide infidèle. Nous donnerons in extenso Ebn Abi Ossaïbiah.
De la médecine spirituelle.
De la médecine d'Hippocrate.
Des aliments et des médicaments qui sont des poisons.
Des fumigations qui assainissent l'air en temps de peste.
Des médicaments qui détruisent les émanations toxiques.
Des médicaments purgatifs.
Des causes de l'hémoptysie.
Du régime à l'état de santé.
Des contre-poisons.
De l'organe principal du corps humain (d'après Casiri il faudrait : que l'esprit est l'organe, etc.)
De l'éléphantiasis.
Description du cerveau.
Des maladies du cerveau et de leur traitement.
Des maladies pituitaires et de la mort subite.
Des maladies de l'estomac et de la goutte.
Des fièvres et de leurs espèces.
Du traitement des indurations de la rate de nature atrabilaire.
De la corruption des corps animaux.
Du régime alimentaire.
De la préparation des aliments.
De la vie.
Des crises dans les maladies aiguës.
Des médicaments éprouvés.
Pharmacopée.
De la différence entre les convulsions qui sont le fait
EL KENDV. iri5
des génies et de celles qui proviennent de Taltération des humeurs.
De la physionomie.
De la cause des poisons.
Des moyens de combattre la tristesse.
Sommaire des simples de Galien.
De l'utilité de la médecine.
Du pronostic (placé par Casiri dans la section suivante). Une réflexion peut se présenter ici. On ne rencontre pas la mention du Petit Traité sur la graduation des médicaments, traduit en latin et imprimé. Nous pensons que cet opuscule appartient à la Pharmacopée, Acrabadin.
De l'astrologie judiciaire, IX traités.
De la prescience d'après les corps célestes (V. le pronostic).
Introduction & l'astrologie.
De l'utilité de l'astrologie et de ceux qui méritent le nom d'astrologues.
Des indications tirées des éclipses.
Controverse, XI traités dans Casiri.
De la vérité des missions des prophètes.
Démonstration du premier moteur.
De la liberté et du libre arbitre.
De l'unité de Dieu.
Des différentes manières dont elle est oompri.^e par les diverses religions.
Que l'unité de Dieu exclut la corpuréité.
Des parties indivisibles.
Psychologie, V traités.
Que l'esprit est une substance simple et incorruptible.
Que l'esprit préexiste avant sa présence dans le monde sensible.
De la cause du sommeil et des rêves.
Politique, XI traités.
De la politique.
Moyen de rendre facile le chemin des vertus.
Des mœurs ou de l'éthique.
Des vertus, dos propos et de la mort de Socrate.
Des phénomènes (de la nature), X traités.
106 BttTOIBS DB LA. UÈDECOOL AMABM. — UVRS AKUXIÉm.
De la cause efficiente et prochaine de Texisteuce et de la corrnption.
Comment les éléments, le feu, l'air, l'eau et la terre sont des causes de corruption.
Pourquoi les parties élevées de l'atmosphère sont froides tandis que celles qui touchent à la terre sont chaudes.
Des phénomènes ou des feux qui apparaissent accidentellement dans l'air.
Pourquoi il fait froid dans les jours dits El Aajouz (fin de février).
De la cause des nuagres.
Relation d'un grand événement arrivé en l'année 222 de rhégrire.
Optique, VII traités.
Détermination de la distance du centre de la lune à la terre.
Construction d'un instrument propre à apprécier les distances.
Détermination de la distance du sommet des montagnes.
De la prévision de l'avenir, III traités.
Mélanges, XXX traités.
Des pierres et des gemmes, de leurs gîtes et de leur valeur.
De la teinture.
Du fer et des épées.
Des variétés du palmier (ou des abeilles, suivant la ponctuation).
Des fraudes des alchimistes.
Du flux et du reflux.
Des corps plongeant dans l'eau.
De la construction des miroirs brûlants.
Des vapeurs qui se produisent au centre de la terre d'où résultent des tremblements.
De la cause du tonnerre, des éclairs, de la neige, de la grêle, des orages et de la pluie.
De l'inanité de la recherche de l'or et l'argent (alchimie).
Des chevaux et de l'art vétérinaire.
Des sectes philosophiques qui obserr aient le silence.
La liste donnée par Casiri est incorrecte et sa traduction
EL KEKDr.
Test encore plusî. On n'y trouve pas certaîiis titres donnés par Ebn Abi Oâsaïbiah, î;urtoiit en fait de médecine,
Plnsienra ouvrages d'El Kendy ont été traduits en latin. Nous allonâ donner la liste de ceux que nous avons recueil^ lia jusqu*à présent* Quelques-uns nous sont déjà connus»
Liber Electionura (Kitab el ikhtiarat).
De diebus criticis.
De Kadiis,
De judiciis.
De judiciis ex eclipsîbus.
De imbribus. Imprimé.
De quinque essentiis.
De intellectu et iatellecto.
De ratione.
De somno etvisione,
El Kendy ne figure qu'au second rang parmi les médecins : les Arabes Tavaient justement nommé le philosophe. II jouît cependant d*une certaine autorité et Uazès a cité plusieurs de ses livres dans le Continent. Ainsi :
Le livre des élections, ikktiarat^ que les catalogues ne font pas figurer dans la série médicale.
Le livre de la goutte et celui des maladies articulaires.
Le livre de la certitude de la médecine.
Le livre de Tévacuation des humeurs.
Le livre des remèdes purg-atif;^.
Dans son Traité des pierres, El Birouny le considère comme le plus important de ses devanciers.
Quant aux traductions d'El Kendy nous avons déjà dit qu'il les fit probablement d'après le syriaque et que si Ton avait dea présomptions on n'avait pas la certitude qu'il ait connu le grec.
Nous avons vu qu'il revisa les traductions d'Autolycus et dVHypsiclès et qu'il fit une traduction de la géographie de Ptolémée, Telles sont les seules traductions sur lesquelles nous avons pu recueillir des renseignements.
En somme, si El Kendy n*est qu'un médecin de second ordre, il se place au premier rang parmi les philosophes. Ce qui le recommande à notre admiration, c'est d'avoir pu em-
108 nisTJinK dk la mêdkoine arabe. — livre deuxième,
bmsîîep si promptement un aussi vaste horizon, alors que les monuments de la Grèce venaient à peine de se produire. S'il n'a pas, comme le dit M. Munk, laissé une trace profonde dans le domaine de la philosophie, c'est que d'autres, après lui, purent plus aisément cultiver ce champ restreint, taudis qu*il embraâsa l*encyclopédie de la science, et qu'il porta partout le cachet d'un esprit supérieur. El Kendy fit aussi des élèves* Le plus éminent fut El Saraksy,
TSAHET BEN CORE.*..
Aboul Haâsau Tsabet ben Corra, vulgairement connu chez nous sous le nom de Thebit, occupe un des premiers rang's parmi les traducteurs. Il partage avec Costa ben Luca la f^loire d'avoir secondé le gotit des Arabes pour la culture des sciences mathématiques et astronomiques, en traduisant dans leur langue les écrits des principaux savants de la Grèce*
Il naquit à Harran, d'une famille de Sabiens, en l'année 820 de notre ère. D'autres disent dix années plus tard. Il dut h ces conditions de pouvoir se familiariser avec la langue grecque, dont les Sabiens de Harrau avaient toujours couserve le culte. Sa vocation cependant se décida tardivement, et futTefifet d*un heureux hasard. Il exerçait à Harran la profession de changeur, quand Abou Djafar Mohammed ben Moussa, de retour de sa mission en Grèce, passa par Harrau, vit Tsabet et fut frappé de son intelligence. Il Temmena avec lui à Bagdad et en fit son disciple* C*est à ce maître qu'il dut la direction que prirent ses études*
Mohammed ben Moussa le fit admettre plus tard parmi les astronomes deMothaded»
On raconte que quand Mouaffeq mit aux arrêts sou fils Mothaded, il permit à Tsabet de le visiter trois fois par jour, et Tsabet lui donnait des leçons de philosophie, de mathématiques et d'astronomie. Quand Mothaded parvint au Khalifat, eu Tanuée sœ, il combla d*honnear3 et de présenta Tsabet, et l'admit dans sîi familiarité In plu^ iutimf', au point qu'on
T8ABET BEN CORRA. 100
les voyait se promener bras dessus bras dessous dans le parterre du palais.
Tsabet mourut en l'année 901 de notre ère.
Tsabet se livra aux traductions, h la composition et & la pratique de la médecine.
Il connaissait parfaitement le grec, le syriaque et Tarabe, et, s'il faut en croire un Ms. de Paris, le persan. Nous avons déjà dit que les fils de Moussa ben Ghalcer l'entretenaient comme traducteur avec Honein et Hobéïch, et qu'ils dépensaientpour eux cinq cents dinars par mois. Ses traductions, qui touchèrent à peine à la médecine portèrent surtout sur les mathémathiques et l'astronomie. 11 forma des disciples, parmi lesquels Issa ben Assid el Ansary, qui traduisait pour lui du syriaque en arabe.
Tsabet ne se borna pas à traduire, il écrivît sur les sciences qu'il traduisait, et de plus il joi^jrnit la pratique à la théorie, comme astronome et comme médecin.
Comme médecin, il reste au second rang. Il a cependant une certaine importance comme vulgarisateur.
Il fit quelques commentaires sur Hippocrate et abréga le traité des eaux, des airs et des lieux.
Il s'adressa surtout à Galien et fit des abrégés d'un grand nombre de ses ouvrages. Tels sont:
Les médicaments simples.
Les vomitifs.
L'atrabile.
Les aliments.
Les jours critiques.
L'art de guérir.
Le mauvais tempérament.
Le régime des maladies aiguës, d'après Hippocrate.
Des organes souffrants.
De la pléthore.
Du marasme (Casiri, pour avoir mal lu le texte arabe, a traduit: Des excréments).
L'anatomie de la matrice.
L'excellence de la médecine.
Le livre de la saignée.