‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2 (volume 2)Chapitre 46 sur 168 · ANAXAGORE · texte numérisé non relu

ANAXAGORE

Le Kitab el bokama dit que Von a traduit quelque chose de ses écrits.

ARtSTlPPE DE CTRÈNE.

La Kitab el bokama, dit que Ton traduisit son livre des Définitions, qui fut revu parAboul Ouéfa,

DÊMOCRITE,

Les Arabes reconnaissent plusieurs Démocrite, dont ils font des personnagres distincts, un médecin, un philosophe et un alchimiste. En tout cas ils disting-uent le philosophe des deux autres, ou tout au moins du médecin.

Il possédèrent sous le nom de Démocrite un traité sur Turine, qui dut être traduit eu arabe, car on le trouve cité dans le Continent de Razès.

C'est au philosophe qu*ils rapportent le traité d'Agrriculture, dont Ebn Ouachchyah nous est donné comme le traducteur. A ce propos, Wenrich, admettant les éloges donnés à ce traité par les anciens, ajoute : Verum haud videtur verisimile opits illud ab Abderitano, generis humant irrisore, perfectum esse.

Nous devons relever cette étrange assertion de Wenrich.

Il suffisait de lire la biographie de Diûgène de Laëree pour se convaincre que TAbdéritain fut antre chose qu'un simple rieur. Diogèue ne lui attribue pas moins de soixante-dix ou-

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vrageSjdont il donne les titres, etpanni lesquels précisément un livre sur l'Agriculture et un autre sur les Plantes. Démocrite put donc, avant Rabelais, marier le rire à l'érudition.

De g'raves témoiernao^es attestent d'ailleurs la science de Démocrite. Dans son traité delà Génération, Aristote discute fréquemment les opinions de Démocrite, et Théophraste mentionne ses travaux sur les plantes.

Quant à l'Agriculture, tous les écrivains spéciaux, Varron, Columelle et Palladius le signalent comme un de leurs devanciers et Columelle le donne formellement comme abdéritain.

Les Arabes ont partagé cette estime. Le traité d'Agriculture de Démocrite est fréquemment cité par Ebn el Aouam. Démocrite et Costus, dit Ebn el Aouam, sont les princes de la science agricole.

Comme complément en faveur de Démocrite, nous allons en citer un autre qui a bien sa valeur, et qui nous permettra de conclure que les Arabes se sont trompés en admettant deux Démocrite, un philosophe et un médecin.

On lit dans l'Introduction des œuvres d'Hippocrate traduites par Littré: « Démocrite fut le plus savant des Grecs avant Aristote et universel comme lui. L'anatomie, la physiologie, la diététique, les épidémies, la fièvre, peut-être la rage et les maladies convulsives^ tout cela avait été traité par lui. Le nom d'ulcère phagédénique se lit dans ses écrits. 11 composa:

De la nature de l'homme.

Des humeurs.

Des pestes.

Des causes touchant les animaux.

Le pronostic.

La diète ou le régime.

Les fièvres.

De l'éléphantiasis.

Des maladies convulsives.

Ces ouvrages lui sont attribués par Cœlius Aurélianus. «

Démocrite est encore cité dans le Continent à propos de la

paralysie et de la coxalgie. Mésué le cite une vingtaine de fois au moins.

Le livre des Animaux dut être aussi traduit en arabe, attendu qu'on lit dans Hadji Khalfa: Déraocrite, dans le livre des Animaux, en décrit les mœurs et les utilités. (1)

Il nous reste un livre d'alchimie sous le nom de Démocrite. Ameilhon (Notices et Extraits, VI), ne saurait admettre, dans sa forme actuelle, qu'il soit de l'Abdéritain. Quand au fonds il n'ose se prononcer, et suppose que c'est une compilation d'un autre Démocrite qui vivait au troisième siècle.

Cet ouvrage fut connu des Arabes.

CÉBES.

Nous ignorons par qui fut traduit le célèbre ouvrage du disciple de Socrate, connu sous le nom de Tableau de Cébès.

On sait qu'il a été publié en texte arabe, grec et latin par Elichmann et Saumaise, d'après un manuscrit de la Bibliothèque de Leyde, contenant aussi les vers dorés de Pythagore et d'autres opuscules de morale recueillis par Mescouih.

Nous avons eu la chance d'en découvrir un nouvel exemplaire, abrégé et malheureusement incomplet, car il ne se compose que de six pages, dans le Ms. 888 de l'Escurial. Ce manuscrit contient différents ouvrages d'Aboulfarage ben Thaïeb. Le Tableau de Cébès se trouve à la fin du volume, et n'a pas été reconnu par Casiri. On peut, jusqu'à un certain point, pardonner cette méprise à Casiri, l'écriture étant défectueuse et le titre se présentant sous une forme qui, de prime abord, ne saurait être lue que : Tefsir Lourganous ; mais avec un peu d'attention on voit que la ponctuation est

(1) Les Arabes connurent encore les ouvrages philosophiques de Démocrite, attendu qu'on lit dans le Kitab el hokama : C'est lui qui prétend que les corps sont composés de particules indivisibles ou d'atomes. Il a écrit là-dessus des ouvrages qui ont été traduits en syriaque, puis en arabe.

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défectueuse et qu'il faut lire : Tefsir Lour'om Kabous : Explication (le rénigme de Cébès.

Tel est le titre complet : Exposition, sous forme abrégée, de rénigme de Cébès par le cheikh Aboulfarage Abdallah ben Thaïeb.

Aboulfaragre ben Thaïeb était contemporain de Miskaouîh et mourut quelques années après lui, vers le milieu du XP siècle.

On lit tout d'abord : Le but de Ténigine de Cébès, est de montrer la manière dont les hommes entrent dans le monde, comment ils s'y répartissent et comment ils en sortent. Il se divise en quatre parties suivant la répartition des hommes.

Vient ensuite l'exposition de chacune de ces parties. « La première partie représente l'entrée dans le monde... Dans la deuxième partie est représentée une femme aveugle et sourde, assise sur une pierre arrondie, la main étendue et figurant la Fortune. Elle est figurée la main étendue par la raison qu'elle prend et qu'elle donne, et sur une pierre arrondie pour indiquer son peu de stabilité, etc. »

Le même manuscrit contient encore une paraphrase des vers dorés de Pythagoro par Aboulfarage ben Thaïeb, ce qui prouve que Miskaouih n'était pas le seul à se préoccuper des monuments de la sagesse antique.

En 1793, Lozano publiait h Madrid, d'après l'édition d'Ellichmann, une nouvelle édition du texte arabe avec une double traduction espagnole, le tout précédé d'un prologue, et suivi de proverbes arabes.

Lozano soupçonne que Miskaouih est l'auteur de la traduction arabe : « Que sea este mismo Ahmed ben Mescowia quien interpreto la Tabla de Cebes de Griego en Arabe no se puede affirmar ; ma que fué capaz de hacerlo, se colige de loque dice el Abul Pharah en la historia de las Dynastias, (pages XVIII-XIX) et plus loin (pages XX-XXI) : y es inuy verisimil que el traductor de la Tabla de Cebes sea el Mismo Mescowia. «

Il est inutile de réfuter l'opinion de Lozano.

A cette époque, on ignorait encore comment se fit le tra-

vail ile^ï traductions. D*Herbelot avait dit, et après lui Casiri, Kossi» etc., répétaient qu'Averrois avait traduit Aristote.

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