ABOUL MANSOUR
C'était un médecin chrétien, réputé comme savant et bon praticien. Saladin le prit à son service.
ABOOI, NEDJEM.
Aboul Nedjem ben Abi Ualib bon Mansour était aussi un médecin chrétien, bon praticien «t heureux dans sa pratique. Il enseigna la médecine. Saladîa lui accorda sa confiance, et il resta longtemps à son service. C'était, dit-on, un homme aimable et bieufaisaut. 11 mourut à Dama.s, en 120:;, lais.sant un fila dont le nom suit. Hartji Khalfa cite de lui, soua le n" 13,392, un traité de médecine théorique et pratique.
ABOUL F.iBADJ.
Aboul Faradj fut, ainsi que son père, médecin de Saladin, qui Ifi tenait eu grande considératioa. Nous pensons que c'est le même dont il eut question ii propos d'EboMathrau. Il servit ensuite Malek el Adel.
EBX liL MATHRAX.
Abou Nasf Asad beu Abil Fateh Elias Mouaffeq cddiu chu el Malhran naquit k Damas. Son père était un médecin chrétien, qui avait voyag-é dans le pays grec pour y étudier les sciences, puis était revenu a Hag-dad suivra les leçons d'.\min Eddoula ebn Ettelmid.
De Bagdad, il ee rendit à Damas, où il exerça la médecine jusqu'il sa mort. Le nom d'Ebn el Mathran donné au fils implique chez le père la dignité de métropolitain.
L'histoire d'Ebn el Mathran est un curieux exemple de lo haute position dont jouissaient les médecins auprès des .souverains de l'Orient. Elle nous rappelle le temps des premiers Abbasaides et des Bakhtichou. Ici encore, nous voyons la fortune aveugler son favori, et, si nous n'avons pas de disgrâce à signaler, c'est qu'il y avait chez Saladin plus do noblesse et de généro.'jité que de fol org-ueit chez son médecin. Les services rendus étaient, sans doute aussi, un titre à l'indulgence.
44 BI8T0IRE DE LA. IfÊDSClNE ARABE. — LIVRE CIKQUI^.MB.
Ebn el Mathran étudia la médecine sous Mohaddeb eddin Ebn Enuaqqach. C'était un homme studieux et intelligent^ mais fier, hautain et ami du faste.
Saladin le prit à son service et le combla de faveurs et de présents^ l'admettant dans son intimité, lui confiant le secret des affaires, et lui pardonnant ses travers. Saladin, dit Thistorien de la médecine, était généreux et libéral, au point qu'à sa mort, on ne trouva rien dans ses coflfîres.
On peut douter que ce fût sous la pression de Saladin qu'Ebn el Mathran embrassa l'islamisme, attendu que, parmi les médecins employés à son service, la plupart étaient juifs ou chrétiens. Il est plus admissible que le motif de cette apostasie fut un amour-propre froissé, ainsi qu'il arriva pour Aboul Barakat Aouhad Ezzeman.
On nous a conser\'é plusieurs faits A'Ebn el Mathran qui l'eussent perdu avec tout autre que Saladin.
Dans ses expéditions, Saladin avait l'habitude, comme signe distinctif, de se faire dresser une tente de couleur rouge. Ebn Mathran s'avisa d'en faire autant. Saladin, se promenant dans son camp, vit cette tente, et demanda à qui elle appartenait. Voilà bien, dit-il en souriant, la folie d'Ebn el Mathran, et il ordonna qu'on l'abattit. Il ne manquerait plus, dit-il, qu'un ambassadeur passât par là et s'adressât à lui. Ebn el Mathran fut mortifié et ne reparut pas de deux jours. Saladin le calma par des cadeaux.
Un jour, un médecin chrétien du nom d'Aboulfaradj, également au service de Saladiu, vint le trouver, et lui exposa qu'ayant des filles à marier, il était embarrassé pour leur faire un trousseau. Saladin Tinvit^i à dresser une liste de tout ce qui lui était nécessaire, et il donna Tordre de faire acheter tout ce qu'elle portait. La note se montait à 30,000 drachmes. Ebn cl Mathran le sut et ses visites devinrent plus rares. Saladin comprit la jalousie et lui fit parvenir l'équivalent des présents faits à Aboulfaradj .
Ebn el Mathran avait la passion des livres. Il entretenait continuellement trois copistes et l'on lious a conservé le nom de l'un d'eux, Djemal eddin ben Djemala. Lui-mcme eu copiait et il en laissa un grand nombre écrits de sa main.