SYRIE
Quant aux livres qu'il lisait, il les chargeait d'aunotations, A sa mort on trouva dix mille volumes dans sa bibliothèque.
Nous ignorons si EbQ el Mathran fut attaché h l'hôpital Ennoury, mats uous connaissons un fait qui s'y passa, où il fig-ura comme acteur. II couvint un jour avec Ben Hamdan Eddjeiraidjy de ponctionner un hydropique, et c'était lui qui tenait le pouls du malade. Voyant ses forces diminuer, il fit suspendre l'écoulement, appliqua un bandage et recommanda de ne pas y toucher avant deux jours. Le malade, qui avait trouvé du soulagement, espérant une guériaon complète par une évacuation totale, tourmenta tellement sa femme qu'elle enleva le bandage. L'écoulement continua, mais le malade perdit ses forces et mourut.
Malgré ses grandeurs, Ebn el Mathran ne dédaigna pas d'enseigner la médecine. Du reste, il se dépouillait parfois de sa fierté. Quand il se rendait à la mosquée, entouré d'un cortège de Mamelouks, il descendait de cheval et se mèjait à la foule, son livre h la main. Nous connaissons deux de ses élèves, dont nous aurons & parler, Mouaffeq eddin Abd el Aziz et Ebn el Dakhouar.
Il avait deux frères qui pratiquèrent aussi la médecine. Ebn el Mathran mourut en 587 (1191) & Damas.
Parmi les écrits qu'il laissa nous citerons les suivants :
Le Parterre des médecins, où il ee proposait de renfermer tout ce qu'il avait rencontré d'intéressant dans ses lectures et ses conversations. Ebn Abi Ossaïbiah lui a fait plusieurs emprunts intéressants dans son introduction où il traite des origines de la médecine.
Un traité d'hygiène, intitulé Maqala Nedjemya.
Un traité des médicaments simples.
Un recueil des Périodes des Chaldéens d'après Ebn el Ouahchyah. Nous pensons gu'il s'agit ici d'astronomie, ce quel'énoncé de Wilatenfeld, manstonum, n'îudiquepasasiîez catégoriquement.
Il laissa aussi plusieurs ouvrages inachevés.
46 UISTOmC DE LA UÉDDCINE ARAUK. — LIVRE CINQUIÈME.
MOHADDEB EDDIN AHMED BEN EL HADJIB.
Il naquit à Damas et suivit les leçons de Mohaddeb eddin ebn Ennaqqach. A l'époque où Cherf eddin Ettousy se trouvait i\ Mossoulet y faisait grand bruit comme mathématicien et philosophe, Ebn el Hadjib et MouafFeq eddin Abd el Aziz s'y rendirent pour suivre ses cours. Ils le trouvèrent à Tous et y séjournèrent quelque temps. Ebn el Hadjib se rendit ensuite à Arbel où il suivit Fakhr eddin Eddehhan l'astronome, qui vint ensuite h Damas. Ebn el Hadjib était aussi un savant mathématicien. Dans sa jeunesse il était horloger, et c'est lui qui avait construit les horloges du grand hôpital Ennoury, où il entra plus tard comme médecin traitant. Après avoir servi Taky eddin prince de Hama, il suivit Saladin en Egypte et le servit jusqu'à sa mort. 11 se rendit alors à Hama près de Malek el Mansour fils de Taky eddin, et y mourut au bout de deux ans.
MOUAFFEQ EDDLV ABD EL AZIZ.
MouaflFeq eddin Abd el Aziz ben Abd Eddjebbar Essaltny professa d'abord le droit à la Medersat el laminya de Damas. Il apprit ensuite la médecine h l'école d'Ebn el Mathran, devint un éminent médecin et forma lui-même à son tour des élèves. II fut attaché comme médecin au grand hôpital Ennoury. Il servit ensuite Malek el Adel qui le combla d'honneurs et de bienfaits, et il conserva cette position jus^ qu'à l'année 004 (1207) où il mourut à l'âge de soixante ans.
MouaflFeq eddin était un homme bienveillant et géné*reux, plein de bofatés pour les malades auxquels il distribuait des aliments et des médicaments, jouissant de l'estime et de l'aflFection de tous.
En l'année 587 (11,91) El Mardiny s'arrêtait à Damas et expliquait le Canon d'Avicenne à MouaflFeq eddin qui voulut
le retenir eu lui offrant trois cents drachmes par mois. El Mardiny ne voulut pas céder à ses instances.
Les trois médecins qui suivent ne nous sont connus que par une liste supplémentaire aux notices d'Ebn x\bi Ossaïbiah donnée par l'exemplaire du British Muséum.