‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 103 sur 162 · LES TRADUCTEURS · texte numérisé non relu

LES TRADUCTEURS

Nous avons vu la première des traductions de Tolède se faire par deux personnages. Nous allons en voir une exécutée par le concours de quatre. La première était inspirée par Tamour de la science : la seconde le fut par le fanatisme. Ceux qui ne pouvaient combattre l'Islamisme par Tépée, gladio non valemus^ voulurent le combattre par la plume.

Pierre dit le vénérable, abbé de Cluuy et ami de St-Bernard, fut le promoteur de cette croisade d'un nouveau genre. On peut juger de la violence de son zèle religieux par une lettre qu'il écrivait au roi de France, où l'on voit reparaître ce fanatisme qui ég'ara les premières bandes de Croisés traversant l'Allemagne. « Que servira, dit-il, d'aller poursuivre au loin les ennemis de la foi, si nous laissons au milieu de nous les juifs plus criminels encore que les Sarrasins ? »

L'abbé de Cluny voyageant en Espagne, pour inspecter les établissements de son ordre, y rencontra Pierre de Rétine et Hermann Dalmate occupés de géométrie. Il les embaucha pour traduire le Coran, qu'il se proposait de réfuter.

Lui-même raconte ces faits dans une lettre à St Bernard :

X Je l'ai faittraduire par Pierre de Tolùde, habile dans l'une et l'autre langue. Mais comme le latin uo lui était pns aussi familier que l'arabe, j« lui ai adjoint le frère Pierre, mon secrétaire, qui corrigeait les néf^ligenceâ ou les confusions de la traduction latine... .l'ai fait passer l'arabe en latin par deux hommes habiles dans l'une et l'autre langue, Robert de Rétine l'Anglais, maintenant arcliidiucre de Pampelune. et Hermann Dalmate, homme lettré et d'un esprit subtil. Je les ai rencontrés en Espagne s'occupant d'astrologie, et j'ai fait de fortes dépenses pour les entraîner. »

Dana un opuscule de l'abbé de Cluny, contre la secte diaholiquciXes Sarrasins, ou lit entre autres choses: • Avec de grands efforts et tle grandes dépenses, j'ai fait traduire d'arabe en latin cette doctrine impie et la vie exécrable de son auteur, afin que l'on voie la frivolité de cette hérésie, et qu'un serviteur de Dieu, enflammé par l'esprit saint, la réfutât. Mais hélas ! les saintes œuvres sont négUgrées, la ferveur s'attiédit. J'ai attendu, et personne n'ouvrait la bouche, personne n'a battu de l'aile. Je me suis donc proposé ce labeur. •

Le prologue de cette traduction quadruple est sigué de Robert de Rétines. Nous en donnerons un extrait dans sa notice.

Nous allons maintenant reproduire comme spécimen trois petites sourates.

La fatha, l" Honratii ;

Capitulum azohare matris libri septem verba contiuens. Misericordipio que Deo universitatîscreatorijudicium cujus portrema dies expectat, voto supplici nos humiliemus adorantes Ipsum sute que manus suffragium semitœ que donum et dog-ma qua suos ad se benevolos nequaquam hostes et erroueos adduxit jugiter sentiamus.

Notons, en passant, le titre de la 2' sourate : Azoara de hove.

2" Sourate de l'éléphant (cotée OXIV) ;

Numquid te latet qualitor Dcus artes hominum clepliuutis errore coegit, immittens illis volucrum multi modorum cohortes quam plurimas, qute per nigrarumlapidum injectum illos Tclut tritîci corticem evacuabaiit.

DE Ll U£D£i;1NK AKABE. — UVKB HUlTtÉUK.

;t' Sourate de l'unité de Dieu (cotée GXXII) :

Constaater die illis Deum unum esse et iacorporeum, qui uec g«nuit nec est freiieratus, uec habet quemquam similem sibi.

On voit qu'ici le ctiilTre des sourates dépasse celui qui est ({rénéralemeut admis, ce qui tient sans doute à des dédoublements.

On peut voir eucore la faiblesse de notre traduction latine si ou la compare à la traduction française de M. Kasimirsky. Du reste, on en a déjà fait ressortir les défauts.

Tel est l'explicit : £\plicit liber leg-is diabolica; Sarracenorum qui arabice ilicitur Alclioran, id est coUeetio capitulorum seu preceptorum.

Un pareil explicit reproduit bien l'esprit qui avait inspiré cette traduction, mais nécessairement il la rend suspecte. Nous retrouverons ce môme esprit dai's d'autres compositions qui l'accompagnent et qui en sont le complément.

Cette traduction du Coran, accompag-née de la vie de Mabomet et de ses successeurs et de la doctrine musulmane, fut imprimée à Bàle, eu 1543, par Uibliauder. Ces accoiapagnementa étaient aussi lo produit de deux do nos traducteurs, Robert et Hermann, ainsi que nous aurons bientôt l'occasion de le dire.

De nos quatre traducteurs du Cornu, Robert de Rétine et Hermann Dalmate, nous sont connus par d'autres travauxi et nous leur consacrerons à chacun uue notice.

Quant aux deux autres, Pierre de Tolède et Pierre. le secrétaire qui ne nous intéressent que par le Coraui nous allons en dire ici quelques mots.

Nous n'avons ricu à ajouter à ce que nous avons appris suf Pierre de Tolède par l'abbé de Cluny: c'était un homme habile dans les doux langues, mais auquel le latin n'était pas aussi tamilier qu.' l'are!: :

Quant à Pierre, le secrétaire de l'abbé de Clunyi 11 porta busBl le nom de l'ierre de Poitiers. Il entra dans l'ordre de Cluny sous l'abbé Pouce, peu de mois avant son abdication^ ei lui reçu par l'abbé Pierre le vénérable, qu'il accompagna en Espagne en 1141.

l'ien-e le véaéi'able cliavg-ea aou aecrétaire Pierru de Poitiers de compoâur une réfutatioo du Coran, que St Bernard l'avait engagé â composer lui-même.

Dau3 une lettre à l'abbé de Cluny, Pierre de Poitiers rappelle ainsi ses collaborateurs: Sicut ego ia hiapania pro certo a Petru Toletauu cujua lu transfereudo socîub eram, et a Uoberto Pumpilionensi nunc archidiacono audivi.

]1 ii'ag-it des relatioiis sexuelles chez les Mahométaus.

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