‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 104 sur 162 · V. l'Histoire littéraire, tome XII · texte numérisé non relu

V. l'Histoire littéraire, tome XII

AHRAIIAM LE JUIF, DIT SAVASORDA.

Abraham le juif, dit Savasorda, est un perdonuag-e que les biographes out laissé dans l'ombre. On nous apprend tout au plua (;à et là qu'il vivait au XII' sièle de notre ère.

Si nous ne pouvons jeter un grand jour sur sa personne, nous allons du moias essayer de le faire sur ses écrits, et cela fait, noua essaierons d'en tirer quelques conclusions relativement à leur auteur.

Et d'abord Savasorda îie fut pas seulement traducteur. II est connu surtout par un traité d'arpentage, qu'il composa en hébreu, et qui fut traduit en latin par Platon de Tibur, en l'année 1116, sous le titre: Liber embadum (l). Cet ouvrage, qui a été maintes fois cité, est représenté dans pIuMeurs Mss. de la B. nationale. Nous en reparlerons du reste à proposde Platon de Tibur, et noua ferons seulement ici une riifloxion, Il existe aux u'" 1018 et 1001 du fonds hébreu de Paris un traité de yéométrie et de trigonométrie, divisé en quatre livres, et le catalogue ajoute que l'auteur de cet ouvrage est probablement R. Abraham fils de Haya. Avant même d'avoir collationné avec le Ms. hébreu, nous croyions que l'auteur du u° 10-18 n'était autre que Savasorda, et cela non-seulement par l'identité du sujet traité, mais parce que l'un et l'autre ouvrage est divisé eu quatre livres. Une collation, que nous avons faite avec M. Zotemberg, nous a donné raison.

(1) Nous croyons que l'étymologis du mot embaiJuiii doit Être cherchée dans l'arabe et non dans le grec, cgiume on l'uvuit lait . Embad aignifie en arabe unn panellt d» bien.

3Sâ HISTOIKK DL LX KILDËClNIf: ARABE. — LIVKK UUITlKMË.

Une traductiou de Savasorda a déjà été signalée par Libri au n" IKM) du fonds Sorbonne, et il en a reproduit Texplicit: Perfectus est liber in electionibus liorarum laudabilium editiono Iiali tilii liamet ebrani (Âli ben Ahmed el Omrauy), translatus de arabico in latinum in civitate Barcliinona Abraham Judeo qui dicitur Savasorda existente interprète. Et perfecta est ejus translatio A. D. 1134.

Nous avons rencontré cette traduction aux n"* 7306, 74(J6, 734(5 et 16,20 1 ; seulement Texplicit, qui ne se rencontre pas aussi complet, ne donne pas cette date. Ces mots Ânno Domini sembleraient aussi indiquer une conversion au christianisme. C'est à tort, ou par erreur, que le catalogue du British muséum attribue cette traduction à Platon de Tibur. Rien ne prouve, à notre connaissance, qu'elle ait été faite à deux.

En attendant que nous parlions d'Ali ben Ahmed el Omrany, disons cependant que, d'après le Kitab el hokama (Casiri, I, 410), c'était un mathématicien qui laissa, entre autres ouvrages, un commentaire sur l'Algèbre d'Abou Kamel Chodja.

Cet ouvrage d'algèbre se trouve au n" 73T7 a. Bien que le nom seul d'Abou Kamel Chodja se soit présenté à nous, et que celui d'Ali ben Ahmed nous ait échappé, nous n'en croyons pas moins qu'il s'agit du commentaire, attendu que nous lisons : Monstrabitur ex eo quod dixit Abu Qamel in tertia parte libri geberi et mugabala, etc. (1) Il nous semble tout naturel d'admettre que ces deux ouvrages d'un même auteur, ont eu aussi le même traducteur, c'est-à-dire Savasorda.

Kous signalerons encore une troisième traduction sous le titre Liber augmcnti et climinutionis, qui existe aux n"' 720^î, 7377 et 1KJ35. EUe est sans nom d'auteur, et le traducteur est simplement désigné sous le nom d'Abraham. Déjà M. Chasles a émis Topinion que cet Abraham ne pouvait être que Savasorda. C'est aussi la nôtre. Ainsi débute le traité au n*" 7377 : Liber augmenti et diminutionis vocatus mimeratio divina-

0) Ou lit uu t» y3: Dixit Abucamcl ssa^jia tilius Abraliim uggrcla^utor ibtius libri, etc.

PLATON DB riBTJR, S80

tionU ex eo quai sapiente» indî posiierunt, quein Abraliam coinpilavit et seciiniliun llbnim qui indonim diftiis Psl composuit.

Abraham dit Savasorda, vivait donc, a Barcelone dans le courant du XII' siècle, une de ses traductionK étant datée de 1137. Comme nous l'avons vu, il écrivait en liéljreu et traduisait de l'arabe en latin . D'autre part, nous voyons, à la même époque, Platon de Tibur dater de Barcelone certaines de ses traductions, et traduire un écrit de Savasorda. Il semble qu'il dut exister des relations entre ces deux personnages. Il eat même probable que c'est k l'école de Savasorda que Platon apprit l'arabe et l'hébreu.

Pf.AT0 TIBURTINOS, PLATON DE TIBUR OC DB TIVOLI.

Nous manquons de renseigTiements aur Platou de Tibur. Ce que nous savons positivement toutefois, c'est qu'il vécut au commencement du XII» siècle, une de ses traductions étant datée de l'an 1116.

L'auteur de sa notice, dans la biographie Didot, suppose que le nom sous lequel il est connu pourrait bien être un pseudonyme, vu la aing-ularité du nom de Platon pour un Italien.

M, Boncompagrni a fait de aea écrits l'objet d'un mémoire assez étendu, mais il n'a pas soulevé le voile qui couvre sa personne.

PlatoL de Tibur méritait mieux, et nous en trouvons la preuve dans l'intéressante préface qui accompagne sa traduction d'El Batany.

De même que Gérard de Crémone, il souffre de la pauvreté de la littérature lutine en matière d'astronomie. Tout comme Gérard, il avait songé à l'Almageste, mais il a préféré s'adresser à l'abrégé qu'en a fait El Batany. Auti'e ressemblance avec Gérard : il paraît avoir quitté son pays, si tant est qu'il est natif de Tibur, pour aller chercher la science en Espagne, car nous trouvons de ses traductions datée.-i de Barcelone.

3an HwroiBï DE r.A uÈnactNE ^

:. — UVRR nuiiiP.MK.

Platon lie Tîbur est donc le premier soldat de cettre croisade, oii Gérard do Crémone brille au premier raiifr, où l'on devait voir de» homniea avides de science, accourir de to«8 les points de l'Europe et se partager en Espag-ne les iléponîlles scientifiques des Arabes. Entré le premier dans la lice, il a droit à l'indulg-ence, et il ne faut pas trop appuyer sur les reproches de barbarie que l'on a faits â «es traductions.

Les traductions de Platon de Tibur s'adressent particulièrement aux sciences mathématiques et astronomiques. I/une d'elles est faite d'après l'hébreu, et les autres d'après ''arabe. On en donne encore une douteuse d'après le grcz. Nous commenceronB par les six traductions d'après l'arabe.

1' La traduction d'El Batany débute ainsi: Incipit liber Maehometi fîlii Gebir âlii cineni (1) in iiumeris stellarum et in locis raotuum earum, continens 57 capitula.

Nous allons entrer dans de nouveaux détails sur tsa préface. II se plaint que l'on néglige les affaires sérieuses. Les Romains, heureux dans les guerres et les conquêtes, dédaignèrent la science. Bien que l'on ose comparer les L&tins aux Grecs, ils leur sont de beaucoup inférieurs, ainsi qu'aux Egyptiens et aux Arabes. Les Latins n'ont en astronomie aucun écrit original ni traduit, tandis que l'on en trouve d'innombrables chez les autres nations. * C'est pour cela que moi, Platon de Tibur, j'ai voulu combler les lacunes de notre littérature en puisant dans les trésors d'une autre langue. >

Après de longues réflexions, il avait songé à l'Almageste, l'ouvrage le plus parfait, mais il a préféré celui d'El Batany, son imitateur, qui abrège les longueurs de Ptolémée, qui Ptolemei prolixitatem compendiose coarctat. Il prévient enfin que si l'on éprouve des difficultés en lisant sa traduction, il faut l'attribuer non pas au traducteur, mais à la gravité de la matière ; l'ouvrage, du reste, ne s'adressant pas à des commençants.

(1) C'est & tort que certains Mrs. et les imprimes doaDent /Flutt erueni. On lit très bien dans le n* 72116; Li\>er Uathamtti filii gebir fila cineni 9111 vocatur El Baient, ce qui rëponil à rarBl>e Mohammed lien Djaher ben Sinsn el Batanv.

J>LATON DE TIUUR, 3'.>l

La traJuction d'El Biitnny Tut plujiicura fois iinitriaiée.

Noua citerons, d'après M. ]ioiicompa{ïi)i, les l'ilitioiis de Nuremberg- en 1537, de Bolog-iie en 1645, et dVprès Fabricius celledeVoniae eu 1552. Usiiis l'édîtiou de IJolog-ne, l'i'iditeur parle du style aerni-barbare du Platon de Tibiir. M. Boncompagni cite Halley, Bailly et Delambre, qui se plaig-nent qun le traducteur n'entende g:uère mieux l'astronomie que l'arabe.

2' Liber Capitulonnn ou Capitula stellarum.

'l'est un opuscule d'astrolog'ie, qui no contient dans les M-sd. que deux ou trois feuilles. Telle c:;t lu forme sous laquelle le titre .se présente le plus communément: Capitula atellarum oblata régi Ma^no Saracenorum Almansor astrologo filio abrae (judei) a Tiburtino Ptatono translata. On trouve encore ; ,\tman.'ioria judicia aeu propositionoa.

Le premier titre ne se présente pas toujours ainsi, et l'on trouve .Mmansoria, ad Almansorem, ab Almanaore, d'oii il résulte que cet Alraanaour imraît tantôt \f ""om du prince, et tantôt celui de l'auteur.

Dana la première liypotliè.se, en admettant qu'il s'agisse du Calife Almansour, qui protégea effectivement les études astronomiques, on pourrait admettre pour auteur Elfazzary, qui portait les noms de Mobammod beu Biraliim, n'était cette qualification jt(d?i. tlicn ue nous dit qn*Elfa»zary fût le Sis d'un juif.

En admettant A/maiisor comme le nom de l'untenr, nous ne sommea pas moins embarrasaé. M. Boncompagni le considère, aana preuve du reste, commeidentiqueavecjlimaoMn, sur lequel nous ne trouvons que des renseignements contradictoires.

Quoi qu'il ensoit, nous allons donner un échantillon de la prose dite barbare de Platon de Tibiir. On lit d'abord:

Mires, petisti ut tuis satisfaciam votis. Laborem ne quaquam subire recusavi, Scripsi œquo animo, accipias quœso. Fortîus tostimonium est tctisal lune ad planetam...

Algebutar fortior est...

Cum fnerit Jnpiter in Arietc directus absque malo «spectu

392 HISTOIRK D£ LA MÉDECINE ARABE. — LIVRE MOITlÉMe.

rortunanim dahit fortitudincm et reg^num in quo nulla fiet injustitia.

On voit que Platou de Tibur est obliffé de conserver de» expressions arabes, dont il ig^nore les équivalents latins.

Nous ne pouvons omettre son curieux explicit:

Perfectus est liber capitulorum Almansor cum Dei auxilio translatus de arabico in latinum a Platone Tiburtino qnem Deufl exaltct, in civitatc llarchinonia, anno Arabum DXXX octava décima die mensis dulhîg:ida, sole in virffine I. V, luna in ariete XV, XVI (1).

Cet opuscule a été imprimé, et M. Boncompag^i en a relaté les éditions.

3* Les Sphériques de Théodose.

PoiiT* cette traduction, nous devons nous en rapporter à M. Boncompagni, n*ayant pas trouvé le nom de Platon de Tibur accolé à la traduction des Sphériques dans les Mss. de Paris. Cette traduction a été imprimée à Venise en 1518 et à Paris, en 1558. M. Boucompagfni transcrit un passage de cette dernière, en forme d'avertissement.

c Cum enim sphericam doctrinam appeterent, nec haberent ut opiner, grecum exemplar, ad arabicam versionem confug-erunt, et Theodosium qui g^rece scripserat, non e greco et g-enuino fonte sed ex arabico et aliène in latinum verterunt. Imo etiam eam versionem annis ab hinc 40 Venetiis excuderunt, quam a Platone Tiburtino factam fuisse asseverat auctor de speculis ustoriis, quiquis ille sit. Atquisiquis Theodosium ex arabico versum et Venetiis excusum cum greco conférât, incredibile discrimen non modo facilitatis sed etiam brevitatis inveniet... »

M. Roncompag-ni cite quelques recueils où se trouvent les Sphériques, mais sans que Ton y rencontre le nom de Platon. Nous savons que Gérard de Crémone traduisit de Théodose les Sphériques et les Lieux habités.

4* Le Tetrabiblon de Ptolémée, ou Liber alarba.

Cette version se rencontre dans le n« 7320 du fonds latin de Paris sous cette forme :

tV ("i»st pHr erreur qu'on lit pnrfois In rUte >[ D XXX.

?LATOM DE TIBOR.

iQCipit liber 4 tractatuum Ptolemei alfaludhi (ou alkaludhi) in scientia judiciorura aatrorum, a Platone Tîburtino de arabico io latinum translatua.

Lenom de Tetrabiblon n'était pas connu de Platon. C*est aisHi qu'on lit: Tractatus quartus libri alarba Ptolemei,

5* Astrologie d'Alkassem.

Le n* 7439 du fonds latin de Paris renferme cet écrit sous le titre: Alkaasera de nativitatum revolutionibua.

Il débute ainsi : Dixit Alkassem filius alkasit.

Tel est l'explicit: Expliciunt revolutîonea nativitatum secundum Alkassem translate a Platone Tiburtino de arabico in latinum.

M. Boncompagni rapproche de cet ouvrag-e un traité qui se trouve à la Bibliothèque Bodléienne (Uri 1658) aous ce titre : Excerpta ex libro Aboaly translatus per PlatonemTyburtinum.

Pour notre part, noua n'admettons pas l'identité des deux écrits. D'une part, nous n'avunn pu, jusqu'à présent, nous procurer de renseigrnements sur notre Alkassem, et de l'autre le mot Aboaly manque de précision, ayant désigné plus d'UQ auteur.

e* De l'Astrolabe.

M. Boncompagni cite une traduction qui se trouve au Vatican souâ ce titre: Liber Abualcasiu in operibus astrolabii a Platone Tyburtino, ad amicum suum Johannem David.

Dans une introduction à l'adresse de ce même ami Jean David, nous trouvons l'auteur arabe qualidé de filius asafar. Nous pensons qu'il s'agit du traité de l'astrolabe d'AbouIcaesem ebn Essofar, disciple de Moslema.

7' Traité de géométrie de Savasorda.

Cette traduction est faite d'après l'hébreu. Tel est le titre, qui se lit nettement au n" 11,246 (ancien 774 de Paria), et moins distinctement au u" 7324, dont l'enere a rongé le papier:

Incipit liber embadorum a Savasorda in ebraico composttuseta Platone Tiburtino in latinum sermonem translatus anno Arabum D X mense saphar.

Ces deux Mss. ont attiré l'attention de Libri, qui a reconnu

SB4 BitToiBB Dx IX utùÊUsam ieabb.— utu nnmÊMM.

le dernier, donné comme anonyme dans le catalogue impri* mé, L*aatear de la notice de Platon dans la biogr^ihie Didot, B*en est complaisamment rapportA au cataloflrne M a lut du n* 7234 un nouvel ouTrage eone le titre de Geome» tria praetica.

Ce mot Emhadu$ est employé dans la tradoction des fils de Moussa ben Cliaker par Gérard de Orémone, aveo la signifloation de surface ou valeur superficielle d*nne figore à mesurer.

Le liber Embadorum est divisé en quatre chapitres. Le premier est de la géométrie théorique. Le deuxième traite de la mesure des surfiices. Le troisième de leur partage. Le quatrième traite de la mesure des objets solides ou creux, tels que puits» tours, etc. Nous donnerons VezpUcit à titre de curiosité.

Finit liber embadorum a Savasorda judeo in ebraico coin* positns et a Platone Tiburtino in latinum sermonem translatus anno arabum DX mense saphar die XY cjusdem men* sis ora tertia sole in XX gradu et XY minute leonis luna in Xn gradu et XX minute piscium Satumo in YIII gradu et LYII minute tauri jove in arietis XXYI gradu et LII gradu Marte in libra XXYII. XY. Yenus in libra IL XXYIUI Mercurio in leone XIIIL XLY. Capite in cancro. Ti cauda in capricomii. Yoyez ci-dessus SAYASORDA.

S* M. Boncompagni relève d'après Fabricius une traduction d'un traité du pouls par un certain Eneas, traduction faite d'après le grec. (B. grecque XIII.)

ADHÉLARD DE BATH.

Bien qu'il ait peu traduit, Adbélard n'en est pas moins un des personnages les plus intéressants de notre galerie. Pits nous en a laissé une courte notice, et Jourdain en a fait l'objet d'une étude que nous utiliserons.

11 naquit & Bath, en Angleterre, sur la fin du XI* siècle.

Dès son enfance, il donna des preuves de son génie studieux. Jeune encore, il quitta son pays pour aller chercher

ADS^LtUD BB BATH. 305

B l'étranger un aliment k sa curiosité de science. Il parcourut la France, l'Allemag-ne, l'Italie, l'Espagne, l'Egrypta et l'Arabie, dit son bio^aphe, ce qui veut dire probablement les contrées où l'on parlait arabe. Observateur Inteilig-ent, Il retourna dans sou pays, souft le règne de Henri, fila de Gnill&ume (le Conquérant), ainsi qu'il nous l'apprend lui-mdme, riche de connaissances. (1)

La poésie, l'éloquence, les mathématiques, la philosophie, la médecine et les langues furent l'oltjet de aen étudeH.

Il traduisit plusieurs ouvrages tant en anglais qu'en latiti. Pita le dit de l'ordre de saint Benoit, et ne nous a pas laissé la date de sa mort.

Nous croyons devoir nous arrêter un instant sur le 8<'-jour d'Adhélard en France.

Plusieurs de ses écrits, dit Pits, furent dédiés h Richard, évêque de Bayeux. Nous croyons avoir la preuve des relations qui existèrent entre les deux amis dans la dédicace d'un élève d'Adhélard k son maître. Telle est cette dédicace : Prologua h. O'creati in heîceph ad Adelardum baiocenêem magiatrumBuum. Elle se trouve dans le Ms. 6628de Paria. Jourdain, qui l'a reproduite, écrit âatofenaem, mais nous croyons cette lecture fautive. Jourdain a déjii fait observer que dans un de ses écrits dont nous parlerons tout h. l'heure, Adhélard imagine une apparition qui lui serait survenue ^ Tours, aux bords de la Loire.

Dans un autre ouvrage, les Queationê TiaturellcÈ, composé sous forme de dialogue entre lui et son neveu, on lit oe qui suit :

« Nous étions convenus, lorsque je te laissai il y a sept ans dans les écoles de Laon, queje me livrerais à l'étude des doc> trines arabes, et que toi tu t'instruirais des opinions philosophiques reçues en France. Le moment est venu d'examiner jusqu'à quel point nous avons rempli cet engagement mutuel. Je ne veux point toutefois prendre sur mon compte les choses nouvelles que j'émettrai ; je connais trop bien le sort réservé por le peuple aux maîtres de l'enseignement; j'embrasserai la cause des Arabes et non la mienne. •

(1) Henri I" régna de 1100 i 1135.

300 HISTOIRE DB LA MÉOKCINB AIUBB. — UYRB HTJITlÉlfE.

La conclusion de ce passage, dit Jourdain, dont nous empruntons la traduction, est qu*AdhéIard regrardait les Arabes comme supérieurs aux Occidentaux.

Une autre conclusion, c'est que les voyagres d'Adhélanl durèrent probablement sept années.

Bien que les deux écrits dont nous venons de parler ne soient pas des traductions, nous croyons devoir en dire un mot.

Le premier porte pour titre : Deeodem et dti>er80. Jourdain, qui Ta tiré de l'oubli, en a donné une intéressante analyse. Adhélard suppose qu'aux environs de Tours, deux déesses, qu'il appelle la Philosophie et la Philocosmie^ lui apparurent, la première accompagnée de sept vierges qui n'étaient autres que les urts libéraux^ et la seconde accompagnée de cinq suivantes, & savoir : la Fortune, la Puissance, la Dignité, la Réputation et la Volupté.

La Pbilocosmie prend la première la parole, et veut gagner le jeune homme. La Philosophie lui réplique victorieusement, et pour récompenser Adhélard de son adhésion, elle lui étale et lui décrit ses sept vierges, lui laissant le choix de se vouer à l'une d'elles ou à toutes ensemble.

La ferveur d' Adhélard s'en accrut. 11 nous apprend qu'il passa par Salerne, où un médecin lui expliqua la vertu de l'aimant.

Nous avons déjà parlé des Questions naturelles, et nous n'en dirons plus qu'un mot, renvoyant, pour les détails, à Jourdain. Adhélard y traite de toutes les questions générales qui agitaient alors la philosophie. Telle est une de ces questions : Utrum animatae sint stellae. Cette question explique comment l'écrit d' Adhélard se trouve ainsi intitulé dans le Catalogue de la B. Bodléienne, Uri, 1612 : Adelardi Bathomenais et nepotis Dialogus, ubi docet stellas esse animatas.

Parmi les Mss. de Paris, nous citerons lesn**' 6280, 0739 et 14,700.

La principale traduction d'Adhélard est celle des Eléments d*Euclide. On la trouve au n° 7213 de Paris, avec le commentaire de Campano, sous ce titre : Euclidis philosophi Sacra' tici liber, Elcmentorum artis geometricey translatus ab ara^

O CREATH. 307

hico in latinum per Adelardum Gothum Bathomensem, sub commenta magisti-i Campani (1). Le Ms. est magnifiquement exécuté et richement illustré.

La raème traduction existe aux n" 7214 et 7215.

Tables Khouarezmiennes.

Pits a donné cette traduction sous ce titre : Erichiafarim ex arabica : Il faudrait tout d'abord corriger ce titre rouh cette forme: Ezzidj iafaris, pour reconnaître l'œuvre d'Adbélard.

Noue trouvons un titre plus correct dans la B. Bodléienne ;

Ëzich alkauresmi, id est Tabulœ cliwaresmicïe per Etlielardum Bathoniensem ex arabico traductse, n" 4137

Cette traduction existe aussi à la B. Mazarine, n° 1256, souBce titre: Liber ezicUiafaris el Kauresmi per Adelardum Bathoniensem ex arabico in latinum sumptus.

li s'ag-it ici des tables rédigées pour Almamoun par Abou Pjafar Mohammed ben Moussa el Khouarezmy, tables accréditées chez les Arabes.

Parmi lea dates énumérées, nous en citerons une: De la naissance du Messie à l'hégire : 621 ans, 6 mois et 17 jours.

La B. Bodléienne donne sous le n' 1669 ie titre différent d'un livre qui nous paraît identique avec le premier : laayoge minor Jafaris Mathematici in astronomia per Adelardum Bathoniensem ex arabico aumpta.

On trouve encore dans la Bodléienne, n" 3265 ce titre ; Adelardi astrolabium. Nous ignorons ai c'est une traduction.

Jourdain pense que l'on pourrait attribuer à Adhélard la traduction du livre: Liber imbrium aecundum Indos, n*' 7316 et 7329 de Paria.

Nous avons déjà dit qu'Adhélard de Bath parait avoir formé des disciples, et nous avons parlé de son neveu l'interlocuteur des Questions naturelles, et d'O'creath.

(1) Od voit que l'attribulion de la traduciien de l'arabe à Campano, qui a eu cours, est complétemeat erronée.

ses KlatOJ K DE Li. Ui:Lii<.Cl(.'li AJtAb£. — UVUI:. UUniLUL.

Ce dernï ne nous eut connu que par nu opubcule contenu dans le n' 6630 du fonds latin de Paris, qui porte co titre: Prolog-UH h. O'creati in helceph ad Adelardum baiocenaem miifjiatrum riuuin.

Le mot helceph noua paraît «ne altération de l'arabe elhasseb, le calcul. 11 s'agit aussi d'uu traité du calcul d'apr6» les Arabea.

On lit au début de cet opuscule ; C'est une loi qui rég-it le,5 vrais amis que si l'un d'eux commande, l'autre s'empresse d'obHÎr, Aussi commandé par un ami, que dis-je, par mou seigneur et mou maître, je m'ei esse d'aborder le calcul Aeà Arabes {helceph sarracenicum ) et de traiter de la multiplication des nombres, de la divisi m, ainsi que de la multiplication des propositions que l'on ne poursuit pas autrement que par les nombres.

GERARD DE CHEMONE.

Le plus infatig'able et le plus fécond des traducteurs est GiVarJ de Crémone, dont on peut dire qu'il traduisit à lui seul à peu près autant que tous les autres réunis.

Ce qui étonne dans son œuvre, ce u'est pas seulement l'étendue des matières mais leur diversité, car elle embrasse l'universalité des sciences: philosophie, mathématiques, astronomie^ sciences naturelles et médicales.

Pour s'initiera ces sciences il lui fallut préalablement apprendre l'arabe et se pénétrer de sa technologie, aussi ne faut-il pas s'étonner si l'on rencontre dans ses traductions des expressions techniques tranacritea plutôt que traduites, la pénurie contemporaine ne lui fournissant pas d'équiValentSi et c'est à quoi n'ont pas assez songé ceat qui ont relevé ces défectuosités.

Gérard de Crémone est assurément une des plus larges iD< telligeuces du moyen âg-e. C'est incontestablement l'homme qui rendit le plus de services à la science par l'étendue et la Variété des matériaux qu'il mit en circulation.

Sa renommée ne fut pas en rapport a\ec son mérita, et

(iÉUARU t>K CbËUONE. 3DtJ

peut-être mul-ii eu chercher la raison daus sa modestie, qui lui fit néglig:er d'attacher aou nom à toutes ees traductions.

C'eat tout récemment que l'on a pu se rendre compte de la grandeur des travaux de Gérard. Cette découverte a son importance historique, et prouve que le moyen ûge entra plus largement qu'on ne l'avait pensé jusqu'alors eu communication avec les Arabes. Faite plus tôt, elle eût fournide nouveaux documenta aux auteurs des Recherches sur les traductions d'Aristote et i'Averroës et l'Avcrroïsmc, et modifié leur manière de voir.

Un s'était occupé de Gérard et de ses œuvres, mais on n'en couuaissait que la moindre partie. Ses compatriotes furent longtemps à le méconnaître ; quelques-uns mi^ma l'abanhonnèrent à l'Espagne pour laquelle le revendiquait Antonio dans sa Bibliothèque espagnole.

La meilleure étude sur Gérard de Crémone fut donnée au siècle dernier, par P. Marchand, dans Boa Diciiortnairc historique, mais privé d'un document important, il n'arrive à lui reconnaître la paternité que d'une douzaine d'écrits. Un certain jour n'en était pas moins fait sur cette intéressante per- Bonnalité. Fabricîus n'alla pas plus loin que Marchand.

Cependant la Chronique de Pipini, publiée par Muratori, tout en produisant des renseignements biographiques sur Gérard, faisait monter à soixante-seize le chiffre de ses traductions, mais sans nous en donner la nomenclature.

Jourdain doubla le chiffre des traductions admises par FabriciuB.

Quelques années plus tard, en 1840, un Ms. de Laon produisit une liste de trente-trois traductions sous le nom de Gérard.

On savait qu'il en existait une listé complète enfouie dans la bibliothèque de Leipsick. Déjèi, Marchand avait fait des vœux pour sa publication. Bandiui la signala de nouveau, et, naguère encorcj Daremberg en espérait la communication.

Ce que l'on avait si longtemps et vainement attendu de l'apathique Allemagne fut découvert k Rome et publié en 1851 par M. Boncompagnlt Enfin, tout récemment, en IS74,

4iMj HtarrOiUK dk Là méubcinb ajuuik. — lavits uuixiKiiK.

nous avons nous-mème découvert à Paris une liste identique à celle de Rome.

Ajoutons qu'un fragment, d'origine évidemment identique, avait été envoyé d'Oxford à M. Boncompagni, contenant les douze traductions d'ouvrages d'astronomie.

Voilà donc la bibliographie complète de Gérard exhumée, représentée par quatre monuments, dont deux complets et deux autres fragmentaires.

La liste d'Oxford présente la série des ouvrages d'astronomie dans le même ordre que les listes complètes.

Celle de Laon, tirée du Ms. 413, contient 32 écrits. Elle commence au n"" 33 pour finir au n** 08, avec quatre lacunes et quelques interversions.

La liste de Rome, tirée du Ms. n* 2302 de la Bibliothèque du Vatican, et celle de Paris contenue dans le n* 14,390 delà Bibliothèque nationale, sont concordantes, à part quelques légères différences tenant à des difficultés de lecture, et à un n* manquant dans la liste de Paris.

Une particularité remarquable, c'est que dans les trois derniers manuscrits, cette liste est annexée à la traduction du Petit art de Galien, particularité sur laquelle nous aurons à revenir tout à l'heure. Nous verrons aussi que cette liste a été rédigée de bonne heure, probablement vers la fin du XIP siècle, peu de temps après la mort de Gérard.

Avant de produire ce document nous dirons encore quelques mots des manuscrits.

M. Boncompagni dit du Ms. d'Oxford : « La maggfor parte délie righe di essa nota e inintelligibile, per esser la carta del codice, in que luoghi appunto macchiata e corrosa. »

Pour nous, la liste d'Oxford est parfaitement intelligible, et il est très facile de suppléer ce qui manque. Seulement deux lignes sont en blanc, sur douze, et il faut lire Thebit au lieu d'Alchabitii.

Nous avons déjà dit que la liste de Laon présente quelques lacunes, au nombre de quatre. Elles sont relatives à Alexandre d'Aphrodisias (n'» 39) à El Keudy (n° 41), à la Chirurgie d'Abulcasis (n*» 61) et au Canon d*Avicenne (n*'62). On a lu abusivement à propos d'un écrit de Galien : Contempla-'

GÉRARD DU CItliUOXE. 401

tionibus au lieu de complexionibus. La liste s'arrête au n" 68, de la (îéomaDtie. On trouve ensuite un fragment de l'éloge de Gérard : Aotceni Avalai fecit Canonem.

D'après M. Boncompatfiii, c'est de ce même n" 2392 du Vatican que l'on aurait déjà tiré précédemment l'éloge en vers de Gérard. On doit s'étonner que l'on n'ait pa.^ jeté les yeux 8Ur la liste qui précède.

M. Boncompagni a fait de son importante découverte l'objet d'une mag-nîfique publication. Après avoir produit la liste et la notice qui l'accompaj^ne en double expédition, dont une en fac simile, il fait l'hi-stoire critique de Gérard de Crémone, et de ses traductions imprimées, dont il donne des spécimens. Il reproduit aussi un traité d'algèbre composé par Gérard; il fait enfin l'histoire d'un autre Gérard, dit de Sabiynetla, postérieur au premier, avec lequel on l'a confondu.

Le manuscrit dans lequel nous avona fait a Paris la même découverte que M. Boncompagni à Rome est le n" 14,390 du fonds latin. C'est un magnifique in-folio de 3D5 feuilles, parchemin, iv deux colonnes, d'une belle exécution, supérieure h celle du 5ls. de Rome.

On y rencontre d'abord les ouvrages suivants : 1° hagogc Johannitii ad tcgni Galeni, 2° Tegni Galeni.

3' Aphorismi Johannis Damasccni.

4* Aphorismi Ypocralis.

5° Prontyatica Ypocratis.

6* De regimine acutorum morboritm.

7* Philaretus de pulsibiis.

8" Theophili liber urinarum.

if Isaac L. urinarum.

lO* laaac L. dietarum.

IV Viaticus à Constantino translatus.

12* Liber in quo haly filius Rodoan exponit librwn Galeni qui dicitur ars parva.

A Paris, comme au Vatican, le commentaire d'Ali beu liodliDuan sur le petit Art de Galien précède immédiatement la notice consacrée n '.iérard do Crémone. Dans le Ms. de

4Qi BISTOmE DE LA ÏIÉDBCINE ABAQK. — LIVRB RDITliLuif.

Pttrisi ia uoticci commence au folio 22'3. Ces deux mouumeiiU nu iirC'Suntent entre eux que ilesdiffûronces insigaitiaDtes.

La notice se compose cti réalitii de trois )tartie:i : la notice biograpliique proprcmcut dite, lii uoineaclutiire des traductions, quolqtiL'3 vurs eu l'iioniieur de Gérard.

Nou9 avons penaé qu'un certain nombre de nos lecteurs nous sauraient grû d'une traduction française.

* Da mèmt! qu'une lampe luisante uo doit pas être mise à l'ûcart S0U3 le boidâeau, mais placée sur le cliandetier, ainsi les faits éclatants dca g-ens de bien ne doivent pas rester enfouis et gardés dans un oiseux silence, mais présentés^ l'attenticiu de la postérité. En effet, ils ouvrent à leurs successeurs les voies do la vertu, ils présentent aux regarda des contemporains l'exemple de leurs dcvaucieriS, comme une règle h observer dans la vie.

ï .'Ytiu doue que maître dérard de Crémone ne reste pas enseveli dans les ténèbres de l'oubli, afin qu'il ne perde pas les honneurs de la renommée qu'il a méritée, pour empêcher que d'impudents voleurs n'attachent des noms étran- {jers a ses livres, car il s'est abstenu d'inscrire le sien sur aucun d'eux, noua allons ù la suite de ce traité du petit Art, qu'il a tout récemment traduit, nooiasime àb eo tranalati, et h l'instar de Gallen qui rappelle ses livres b^ la fin de ce même traité, donner la liste des écrits de Gérard, dont ses amis ont conservé très soigneusement la nomenclature; et si quelqu'un est désireux de connaître leur contenu, il pourra sûrement et facilement savoir ce qu'il a traduit en matière de dialectique, de géométrie, d'astrologie, de plUlosopbie, de physique (médecine) et d'autres sciences.

< Bien qu'il ait méprisé la gloire et la renommée, qu'il ait fui les louanges et les vaines pompes du siècle, qu'il n'ait pas voulu répandre son nom par la recherche d'objeto nuageux et chimériques, cependant ses ouvrages ont porté leurs fruits à travers la postérité et rendu témoignage de ses m^ rites.

■ Riche des biens de ce monde, il accepta d'un cœur égal leur abondance et leur privation et supporta virilement et également les caresses ou les outrages de la fortune. Gom^

UbRARD DE OniHONE. 403

battant les déairs de la cliaii-, il était tout entier a.u\ choses (le l'esprit. Préoccupé d'être utile dans le présent et dans l'avenir, il se rappelait ce mot do Ptolémée: Quand approclie le terme de ton existence, redouble dans la pratique du bien. Elevé, dès sa plus tendre enfance, dans le giron de la philosophie, eu ayant pénétré les diverses parties suivant qu'elles étaient connues des Latins, le désir de posséder l' Almagfeste, qu'il ne trouvait pas chez eux, le conduisit à Tolède.

« Voyant que les Arabes avaient une abondance de livres dans toutes les sciences, déplorant la pauvreté des Latins dont il avait été frappé, il apprit l'arabe afin de se consacrer aux traductions. Muni de cette double connaissance, a. savoir celle de la science et celle de la langue (car ainsi que le dit Ahmed dans son Livre de ta proportion et de la proportionnalité, il faut qu'un interprète connaisse non-seulement la langue de laquelle il traduit et celle dans laquelle il traduit, mais encore la science sur laquelle il opère), ii l'instar d'un homme sa^e qui, parcourant une verte prairie, se fait une couronne non pas de toutes les fleurs, mais des plus belles, il passa en revue la littérature arabe. Il transmit à la langue latine, comme à une héritière chérie, un grand nombre d'ouvrages arabes, traitant de diverses matières et les plus beaux qu'il put, aussi nettement et aussi intelligiblement que possible, et ne cessa de traduire jusqu'à la fin de sa carrière. Il entra dans la voie ou entre toute chair l'année de aa vie 73" et de N. S. J. C. 1187. -

Vient ensuite la nomenclature des traductions que nous devons reproduire textuellement.

Nous suivrons le texte de Paris, donnant entre parenthèses les variantes du Ms. de Rome.

« Hœc Hunt (vero) nomina libronim quos transtulit : De Dialectica.

Liber analeticorum posteriorum Aristotelistractatus duo.

Liber coramentarii Temetistii {Themistii} super posteriores analeticorum, tractatua I.

Liber Alfarabii de Silogismo.

De geometria (manque à Rome).

404 HIBTOIRB DE LA UÉDfiOlKB ARABE. — LIVRE UUlTiLMK.

Liber Euclidis, tractatus XY.

Liber Theodosii de speris, tractatus IIL

Liber Archimenidis (ArchimendiSy R), tractatus L

Liber de arcubus Rimilibus, tractatus L

Liber Milei, tractatus IIL

Liber Thebit de figrura alchata, tractatus L

Liber trium fratrum, tractatus I.

Liber Ameti de proportione et proportionalitate, tractatus I.

Liber Judei super decimum Euclidis, tractatus I.

Liber Alfforismi (Alchbarismi) de iebra et almucabila, tractatus I.

Liber de practica géométrie, tractatus I.

Liber Anaritii super Euclidem, tractatus I.

(Liber ditorum Euclidis, tractatus I, K).

Liber Thidei de speculo, tractatus I.

Liber Alchindi de aspectibus, tractatus I.

Liber demonstrationum (divisionum KO, tractatus I. De Astrologia.

Liber carastonis, tractatus I.

Liber Alfragani continens capitula XXX (XX. R.)

Liber almagesti, tractatus XIII.

Liber introductorius Tholemei ad artem sporicara.

Liber Jebri, tractatus VIIII.

Liber Mesehala de Orbe, tractatus I.

Liber Theodosii de locis habitabilibus, tractatus I.

Liber Cusculei (Esculeg-ii, R.), tractatus I.

Liber Tliebit (Tembit, K) de expositione nomiuum aluiaffesti, tractatus I.

Liber Thebit de motu accessiouis et (recessiouit:, 11) translationis, tractatus I.

Liber Actolici de spera mot<i (tractatus, I, R).

Liber tabularum Jaberi (Jahem, K) cum regulis suis.

Liber de crepusculis, tractatus I.

Note. Le Ms. de Paris offre ici une difficulté de lecture : Tencre a disparu et il ne reste plus que l'impression produite sur le parchemin parla phime.

De Philosophia.

Liber Aristotelisde expositione bonitatis pure.

dl^mARD DE CBI^MON'E. 405

Lilier Aristoteliade iiaturali aiiditn, Imctfttnp, VIII.

Liber cfli et muiidi, tractatus IIII.

Liber ArUtotelia de caiisîs proprietatiiiu elementurum, tractatiis IIII (I. R). Tractatmn autem secundum iiuu traiistulit eo quod noQ in venit in arabîco niai de fine ejue parum.

Liber Aristotelis de generatione et corruptione.

Liber Aristotelis metehoronim, tractatus III. Quartuni non transtulit qnîa (eo quod, H) sane feum. R) trimslatuni in- Tenit.

Tractatus nnn» Alexandri Afrodlaii de tempore, et alius de sensu, et alius de eo quod ang-mentuni et incrément uni fiunt in rorma et non in yle.

Distinctio AHarabii super Hbniui Aristotelia de nnluvali auditu.

Liber Alchiudi de V essentiis.

Liber Alfarabii de scientiis.

Liber Jacobi Alcliindi de sompno et visione. De Physica.

Liber Gatienï de elementis, tractatus I.

Expoaitiones Galieni super librum ypocrati» de regimina acutarum eg'ritudinum, tractatus IIII.

Liber de secretis Galieni, tractatus I.

Liber Galieni de complexiouibus, tractatus IIII.

Liber Galieni de malitia complexionis (diverse, U), tractatu.q I.

Liber Galieni de simplici medicina, tractatus V.

Liber Galieni de creticis diebus, tractatus III.

Liber Galieni de crisi, tractatus III.

Liber Galieni de exposilione libri ypocratis in pronosticatione, tractatus III.

Liber veritatis ypocratis (tractatuit I. R], tractatus III.

Liber Isaac de elementis, tractatus III.

Liber Isaac de descriptione rerum et diffinitionibus eorum et de differentia inter descriptionem et diffïiiitiuneni, tractatus I.

Liber .\bubecri Rasis qui dicilur .Mnmnsorius, tractatus I.

Liber Divisionum [almansoris, R) continens CLIIII capitula ciim quibii'idnni rtuifpctîouibns ejnsdpin,

*)0 aUTTOinR I>r LA Mf.DETIIÎR A?.\BB. — I.tVRE KCITlf.m.

Liber Albuljerri (nul, M) Rasis iiitrodiictoriua in medicma parriu.

Pin librl AlbenfïTK'sim (Aibeiifruoftli, K) medirinariim simplieinm Ptclbonnii.

BnrluriUH JuliaiinJti Senipiuiiis, tractatus VII.

Libar Az&ragni (Azeni^ni, R), de cirurgiti, tractatua III.

Llbsr Jacobi Alcbindi do ^>-radibu!^. tractatus I.

Caium Aviceni, tractatus Y.

Tegni Galioni oum cxporiitioue Hnly ab liodoan. Die Alehimia.

Liber divinitatis (de, R) LXX.

Liber de aluminibus (liiniinibus, R} et snlibiis.

Liber himiniâluminum.

De Gconiantia.

Liber ffeomautie — do artibus diviiiatori U, uni ii R,

Liber alfodocbi dearabaclii (alfadliol, R.)

Liber de accidentihus alfel (alfeb, K.)

Liber anoe et o.^t Liinqiiam.'^acerdocii in ar in arlog^ium, tnctetas I. >

Ici ae termine la liata des traductions. C'est ponr n'y avoir paBSong-é. qu'on a vu dans les quelques lignes qui suivent une répétition, tandis qu'elles ne sont qu'une sorte de prtn logMe h l'éloge en vers qui rient après.

■ Rasis Abubecri fecitel haguitel lianerui, H) et almanao* rium et diviftiones.

Albucasim fecit azaufruiet cjus cirurg'iHin quam transtulit mag-ister Gérard us.

Aviceni alboali fecit Canonem.

Girardus (Gerarrtus, R) nostri fons lux et gloria cleri,

Auctor (Actor, R.) cou!^ilii fipcsetsolamen egeui,

Voto carnali fuit liostis, spiritual!.

.\dplauden», hominis splendor fuit interioris.

Facta viri vitam studio ilorere (florente, R) pcrlicnnant.

Viventem famara Ubri quos transtulit ornant.

Hune aine con.sinii)i genuisso Cremona superbît.

Toleti (Tolecti, li) vixit Toletuin reddidit astris. •

Nous donnerons aussi la traduction du préambule et de l'éloge en vers :

OÈUARD DE CRÉMONE. 407

Razès Abou Dekr a fait le Continent (El liaouy), le livre k Et Mansour et les Divisions.

Abulcaâia a fait le livre intitulé Alsahraoui et la Chirurgie que maître Gérard a traduite.

Avicenne Abou Ali a fait le Canon.

Gérard, la source, la lumière et la gloire de notre clergé, auteur judicieux, espoir et consolation de l'iiidig-ent, combattant les passions charnelles et aux choses spirituelles réservant ses homiuag-es, fut la splendeur de l'homme intérieur. Ses actes attestent que toute sa vie fut consacrée ii l'étude. Les livres qu'il a traduits ornent sa mémoire toujours vivante. Crémone est fière d'avoir vu naître cet homme incomparable. Tolède fut son séjour, Tolède le rendit aux cieux.

Tel est le document précieux que M. Boncompagni a eu l'honneur de tirer de l'oubli.

La chronique de Pipini, mise en lumière par Tiraboschi, n'en est qu'une reiiroduction sommaire, et perd désormais tout son intérêt. On y lit cependant en plus ce qui suit:

Il est enterré â Crémone, au monastère de Sainte-Lucie auquel il avait légué sa bibliothèque.

Nous croyons devoir mettre en relief les faits les plua importants que contient la notice.

Et d'abord, elle porte uncachet d'ancienneté qui en assure la valeur. Elle dut être rédigée quelque temps après la mort de Gérard, témoin ce passage: In fine liujus tcgninoviasimc ab co translati.

Noua devons revenir encore sur l'opinion qui fait naître Gérard non pas ti Crémone, en Italie, mais fi Carmone en Espagne.

On sait que l'auteur de la Dibliotlièque espagnole, Antonio, a soutenu cette thèse avec do très mauvaises raisons déjà réfutées par Marchand. Un journal italien l'a soutenue en s'appuyant sur une lecture vicieuse do l'avanf^dernier vers. Au lieu de:

Hune sine conaimili gcnuisse Cremona superbît,

On lisait : hune sine consiVio, etc.

Le Ms. de Paris donne très nettement connimili, tont aussi bien qnr le Ms, du \''nfiL'iUi.

408 HISTOIRK DR LK MÉORCIXK AIURR. — LIYRE HniTlÂyR.

D'autr6 part, des tables astronomiques de Gérard douaent la position exacte de Crémone, ce qui prouve que cette lo« calité avait pour lui un intérêt tout particulier.

Ainsi que Marchand l'a déjà fait observer, Gérard pandt être entré dans les ordres, comme l'attestent ces paroles : Nostri gloria cleri.

Des vertus de Gérard, nous en relèverons une en particulier, sa modestie. Comme le dit la notice, il néglig'eait de mettre son nom à ses traductions, contrairement à l'usage de ses émules, qui y attachent assez généralement une date, ce qui nous prive de renseignements sur l'époque précise et la durée de son séjour à Tolède. Voilà pourquoi beaucoup de traductions qui nous sont parvenues, et qui sont évidemment de lui, sont anonymes.

Il est encore une autre conséquence probable de cette vie retirée. On peut s'étonner de ne pas voir son nom mêlé à ceux de Jean de Séville et d'ÂdliélarddeBath.

Signalons encore les motifs qui déterminèrent Gérard à passer en Espagne : son désir de posséder l'Almageste et la pauvreté de la littérature latine en matière de science.

Le préambule qui précède les vers a donné lieu à des méprises. Ou n'en a pas compris la signification, qui est de mettre eu présence les titres des anciens médecins à côté de ceux de Gérard. On a vu dans les ouvrages cités, une sorte de prolongement de la liste bibliographique, ce quia fait porter le chiffre des traductions de Gérard à soixante-seize par Pipini. M. Boncompagni est tombé dans une erreur contraire. Il y a vu des traductions deux fois mentionnées.

M. Boncompagni s'est contenté de donner simplement la nomenclature des écrits de Gérard, réservant à peu près ses très intéressantes annotations pour les écrits qui ont été imprimés.

Nous croyons qu'il reste quelque chose de plus à faire.

Il faut d'abord passer uuo revue critique de cette nomenclature, où des titres d'ouvrages sont altérés ou obscurs.

Il faut chercher ensuite à retrouver ces nombreuses traductions parmi les manuscrits conservés dans nos bibliothèques.

nAliART) TE CRftMONE.

4no

Il ronviiTit enfui d'en dresserune sorte de stulirttk|iip, iiun aeuleiiieiit pour mieux préciser la nature et l'étendue des traviiux de Gérard, mais pour montrer la grandeur des services qu'il rendit k la science et l'influence que ces traductions purent exercer sur le monvement scientifique au moyen âge. Une vingtaine seulement de traductions de Gérard étaient connues de Jourdain ; nous en connaissons aujourd'huiplusde soixante-dix. Un peutdireque ûérardà luiseul fournit au moyen âge une véritable encyclopédie.

Nous rappellerons que notre liste est sectionnée par catégories de matières. Quelques-uns des titres de sections manquent dans l'exemplaire de Romo.

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