MICHEL 8C0T
' lit au sujet de la rotule : Os qui dicitur ebraice Itim genu.
Les mots ebraice et lum sont diversement écrits, mais l'ensemble des Msfi. ne permet pas de doute sur le premier; il signifie évidemment en hébreu. Quand au second, on lit d'autres variantes qui iieuvent en modifier le sens : Lune, lumen, peut être limcn. Nous n'admettrons pas avec Jourdain que cette dernière lecture soit la bonne et qu'il faille entendre la limite du genou. Jourdain ne s'est pas assuré quo le mot hebraicc doit être maintenu, ce que nous considérons comme incontestable. Quand a l'autre mot, nous nous abs~ tenons.
Nous croyons avoir observé une trace plus positive du contact de l'bébreu : ce sont les formes Hahahab, la cheville du pied, Haakïb, le talon, où nous croyons voir le détermïnatif hébreu remplaçant l'article arabe al.
Nous avons aussi rencontré deux ou trois fois : Qui dicitur arabice, ainsi à propos des limaces halzum (halazoun). Il se pourrait que le traducteur hébreu ait conservé ce mot.
On rencontre de même et fréquemment qui dicitur grece, ce qui s'explique facilement. Les traducteurs du grec en arabe ne pouvaient évidemment trouver des équivalents k tous les noms d'animaux mentionnés pur Aristote. Onfitdans cette traduction ce qui s'est fait dans toutes les autres.
En somme, nous sommes tenté d'admettre, comme le dit Camus quelque part, que la traduction d'Aristote s'est faite en présence de l'hébreu. Il y a plus. Nous croyons que la traduction d'Aristote s'est faite après celle de l'abrégé d'Avicenne, dont nous allons parler. Il n'est pas vraisemblable que Michel Scot ait entrepris la traduction d'Avicenne après avoir fait celle d'Aristote, tandis que le contraire peut très bien s'admettre. L'arabe était évidemment plus connu de Michel Scot que l'hébreu, ce sont les manuscrits arabes qu'il dut chercher d'abord. 11 se pourrait ainsi que, sa traduction d'Avicenne terminée, il ait rencontré un texte hébreu d'Aristote, et qu'il en ait entrepris la traduction en se faisant aider de ce juif André auquel Roger lîacon le dit si redevable. Ce faisant, îl no pouvait naturellement s'abatraire de
3 précêdeutea opéruUous Hur le texte arabe.
HivTOiM os Lx ufonnn âSAïK. — uns Bcmfvi
^^ïamus a consulté pour wo raénotre les six manuscrits df P«ria qui courent da 6TS8 à GTtS.
11 ou eiiite un antre sa n* 17,843, qui porte un titre qu □oo* retrouvons au n* 1370 de la Hazarioe : Liber .\jùtotêUi d« animalibai secundum extractionem ma^stri Michaetii
Scoti.
La Dibliothêque de Laoïi posside soub le o* 441 cette tndudion portant ce titre : Aristotells liber de animalium pvtibug et g-eneratione ex arabico ab eodem Scolo. {Le Hs. itih ferme auasi l'abbreviatio d'Avicenne, dont nous alloni parler.)
La troductloQ des Animaux d'Avicenne existe à la Bibliothèque nationale sous les n** 2474 et 6443 ; 1^ l'Arsenal, n' JS et 11 Lbo», comme noua l'aTons déjà dit, au n* 441.
Elle est dédiée h Frédéric, et nous devons reproduire cette dédicace. > Fredcrice, romanorum Imperator, domine mandl, siisclpe dévote tiunc laborem Michaelis Scoti, ut sit gratis capitt tuo et tondues collo tuo. •
Cette traduction porte le titre d'Abbraviatio Avicennic super librum Animalium Ariatotelis.
Nous citerons l'cxplicit de deux de ces manuscrits.
Tel est celai du n* 2474 : Complétas est liber Avieenc de Aulmalibus, ad exemplar magnlflci imperatorla domiai Frederici apud montem pessulanum.
Consummata est scriptura conoammatamque opos istnd VI iduB mail anno Dominl Incamationia HCCXL IVI ni (sic) T Cette date est en surcharge.
On lit h la fin du n" 50 de l'Arsenal : Completaa est liber AviceniB acriptus per magristrum Henricnm coloniensem ad exemplar magrnifici imperatoris domini Frederici apud Hesslam clvitatem Apuliie, et dominua imperator eidem magis" trohuuc librum premissum commodavit, anno Domini 1223.
Cette date noua semble venir & l'appui de l'hypothèse que nous avons émise, li savoir l'antériorité de la traduction d'Avicenne sur celle d'Ariatote.
Michel Scot est l'auteur d'un livre intitulé Qu«stiones Mcolaï penpafe/tci, dont parlent sévèrement Rog-er Bacon et Albert, qui ne croit pas qu'il noit une production de Nicolas.
HERUANN I.'aLLBMANO. 47>^
M. Hanrt-au l'a di^couvert récemment et en a publié un Traffment.
Albert n'en est pas moina très redevable h la tradm,tlûn de Micliel Scot. Jourdain a prouvé qu'il se l'était assimilée tout entière, avec ses additions au texte et ses défectuosités.
Jourdain ne croit pas au coutact de l'hébreu. Nous avons déjà dit qu'il en était autrement de Camus. 11 faudrait pour trancher la question prendre les noms défig-urës, les transcrire en arabe et en hébreu, et voir laquelle des deux écritures iucline le plus vers les altérations de Michel Scot. Nous l'avons essayé pour quelques mots. Nous en citerons un : Aristote dit que le crocodile s'apprivisoise avec le prêtre qui le nourrit. On lit dans Michel Scot: Habet pacem lehhium et domeslicatur cum illo. Nous pensons que lehhium peut dériver de l'hébreu iikohen, et nous ne voyons pas comment il dériverait do l'arabe. Michel Scot, en somme, est un des traducteurs auxquels le moyen âge est le plus redevable. Il fît connaître plus largement Aristote et introduisit Averroès. On lit dans M. kenan : « Le premier introducteur d'A- Terroès chez les Latins paraît avoir été Michel Scot. »
IIERMAN.V L ALLEMAND.
Nou3 ne trouvous de renseignements sur lui que dans ses traductions et dans les auteurs qui les ont utilisées.
Son nom et son surnom accusent sa patrie. Ses traductions sont datées du milieu du XIII' siècle et furent exécutées h, Tolède, Il nous apprend lui-même qu'il fut encouragé par Jean, évèque de Burgos et chancelier de Castille, et ailleurs, que la traduction des Ethiques d'Aristote faite d'après le grec par Robert Grosse-tète avait rendu inutile celle qu'il avait lui-même exécutée d'après l'arabe.
Nous savons enfin qu'il fut attaché à. Manfred. On lit dans Roger Dacon : Hermannus Alemannua et translater Manfrcdî nuper à D. rege carolo devicti.
Nous possédons trois de ses traductions ; des Ethique.1 de la Rbétoriqnn et de la Poétique d'Aristote.
460 HI8T0IRB DB LA MÊDEaNB ARABE. — LlVllB nUITIÉMB.
M. Renan met aussi en avant la Politique, mais il ne revient pas ensuite sur cette traduction.
Le prologrue de la Poétique semblerait, d*après Jourdain, témoigner que Hermann a traduit l'Organon tout entier: Suscipiant igitur, si placet, et hujus editionis poetrie translationem viri studiosi, et graudeant se cum hac acceptos lo- ^ici negfotii complementum. »
Nous possédons enfin de lui une introduction à la Rhétorique d*Aristote d*après la gélose d*Âlfaraby, sig^nalée pour la première fois par Jourdain.
Le livre des Ethiques est la première de ses traductions. Mais il y a plus. Hermann en a fait une double traduction, abrégpée et complète. Le n** 16,581, ancien 1771, contient un sommaire, ce qui, du reste, est annoncé par cet énoncé : Incipit summa quorumdam Alexandrinorum quam excerpserunt ex libre Aristotelis nominato Nichomachia, quam plures hominum Ethicam nominaverunt. Et transtulit eam ex arabico in latinum Hermannus Alemannus.
M. Renan, qui a relevé quelques erreurs de ses devanciers au sujet de traductions de Hermann et des manuscrits qui les contiennent tant à Paris qu'à Florence, voit dans la traduction complète (représentée par les n**' 1773 et 1780; le commentaire moyen d'Averroès. Cette traduction serait aussi reproduite dans le secoud Ms. de la Laurentienne. Elle est imprimée dans les œuvres d'Averroès, et porte dans les Mss. la date 1240, sur laquelle M. Renan conserve des doutes. En effet, la Poétique portant la date 1256, on ne s'explique pas, dit M. Renan, un aussi long" séjour de Hermann à Tolède, pour ne produire que deux ou ou trois traductions. (1)
(1) Les doutes exprimés par M. Renan sont légitimes.
Nous avons tout récemment acquis une traduction des Ethiques, dont le texte traduit du grec par Léonard Ârétin est accompagné du commentaire d'Averroès (traduit par Hermann). On lit à lu fin : Et ego quidem expievi determinationem istorum tractatuum quarto die Jovis inensis qui dicitur ducadacim anuo arabum D. L XXII. Et grates Deo multe de hoc. — Dixit trauslator. Et ego complevi ejus trauslutioiiem ex arabico in latiuum tertio die jovis meusis Juniif aniio ab incaruatioue Domini M. 0 C. LX apud urbem Tolttauam in capella sancte Trinitatis, etc.
.lourJnirj a reproduit, p. 439, d'après Bandiui, la date 1240, qu'il faut restituer VM'tO , toininc la donne notre édition imprimée.
UERMAXN L ALLEMAND.
Jourdain a reproduit tesprolo^es iatèressanta de la Hliéthorique et de la Poétique.
Qu'on ne s'étoaoe pas, dit Eermana dans le premier, de la rudesse de ma traduction. Alfaraby, Avicenue et Averroèîi ont été rebutés par les obscarités du texte et n'ont pas poussé leurs commentaires jusqu'à la fin. Mieux vaut prendre' ma traduction telle quelle que de s'en pasiter. Les Arabes ont néglig'é ces écrits, et c'est & peine si j'ai pu trouver parmi eux uu collaborateur.
Après avoir laborieusement achevé la Rhétorique, dit Hermann dans le prolognie de la Poésie, j'essayai la Poésie. Mais j'éprouvai tant de difficultés par la différence qui existe dans la métrique grecque et arabe, par l'obscurité des mots et par d'autres causes, que je ne crus pas pouvoir publier ma traduction. Je m'adressai donc à Averroès, etj'en tirai ce que j'y trouvai d'intelligible. C'est ainsi que je fis comme je pus ma traduction latine.
Cette traduction est datée de Tolède, ville noble, l'année 1256. Elle se trouve à Paris, dans les n" 16,673 (1779) et 16,709 (1782).
Un trouve dans le n* 16,037 (054) le travail de Hermann signalé par Jourdain sous le nom de Didascalion, introduction à la Rhétorique d'Aristote. Jourdain en a publié quelques lignes indiquant le but de l'auteur. Nous en publieronsquelques autres qui nous paraissent avoir aussi quelque intérêt.
• Quoniam omnis novitas et inusitata editio suspicate difficultatis honorem indigeut lectoribus acpavorcm, visum est mihi, Hermanno Alamanno, trunsferre inde glosie Alpharabii in quantum iotroducitur in librum Rhetorice .A-Hstotelis, quem nuper tranftuli ex arabico eloquio in latinum et ea qute doctrinalla sunt prelibare. •
Nous avons vu Hermann avouer qu'il cherchait des aides.
Roger Bacon enchérit là-dessua : » Hermannus confessus est de magis adjutorem fuisse translationum quam translatorem, quia sarracenicos tenait secum in liispauia qui fuerunt in suis traoslationibus principales. •
Jourdain et M. Renan ont signalé comme une preuve [ de la coUaborutiou de mu^ïulmaus lettréd Im exemples
462 UISTOIRK OK LA U&OECIN'K ARU>S. — UVRË HUlTlUlR.
nombreux do nunnation que l'on rencontre dans les tmluctiotiM de Hermann rAlIemand. C'est ainsi que l'ou trouve Abou lîekr Ebn Essaïgli. l'Avenpace dos scolastiqucs, , sous C€tto forme dans les Ethiques : Dixit Abug-ekrta fitiiu Anriâcis.
Oii sait quo Manf^eil, fidèle aux traditions paternelles, cultivait les lettres et leS sciences. Peut-être ignorait-ou qn'il fut un traducteur. C'est un beureus basard qui nous a fait découvrir son nom dans le prologue d'une traduction donnée sous \a voile de l'anonyme. Elle existe au n* H.TOO, et porte sur un écrit attribué h Aristote et intitulé De Pamo. Telle est l'urigine de ce titre : On rapporte qu'Aristote, » «es derniers moments, s'entretint avec ses disciples, tenant une pomme à la main.
Le prologue est assez intéressant pour que nous en donnions quelques extraits.
■ Cum homo sit creaturarum dignissîma..., nîMl in eo eit nobilius estimatum quam se suum que creatorera cognoacere..., eum doctrinarum humanarum splendoribus expert lllustrari, quibus subUmitatem summi et univers! cognoseat opificis, eum speculetur attentione continua vitia comprimât aud Tires corporis scieattarum transcendendo flubsidio optatione virtutum âat suo principîo similis... Quapropter nos, Manfredus, divi Aug-usti imperatoris Frederici fllios doi gratin princeps tharentinus, honoris 1 montis saneti Angeli dominus, et illustris régis Conradi secundi î Regno Siciliœ bajulua generalis, humante fragilitatis casibus ob coDCOrdium elementorum discordiam quibus consistimas sicut et ceteri subjacentes, cum nostrum corpus gravis infîrmitatis adeo molestia maceraret ut nuUi de certo posse corporaliter vivere crederemur... Sed theologicaphilosophica que documenta imperiali aula divi Augusti imperatoris venerabilium doctorum nos turba docuerat de natura mundi, de fluxu corporum et animarum créations, etemitate ae
£TI£KNB bB UKSSINB. 133
perfectioue ipsorum, de infirmitata materiaruin Srmitata que formarum quie naufragium vel defectum suie materia; non serjuuntur... Inter quœ iiobia occurrit liber Aristotelis qnl de Porno dicitur, ab eoeditus iii exitu viUe sueb, in quo probat sapieDtea de hospitii lutei exitu non dolere sed g'audeutes ad perfectionis premium currere... Quom librum cum non inveniretur inter Christianos in hebrayco legimus translatatum de arabico in hebreum de bebrea lingua traustulimua in latinum. ■
11 ne nous semble pas que la paternité de cette traduction puisse être contestée, malgré ce que nous considérons comme une nouveauté. Elle nous eet donnée comme procédant de l'bébreu, ce qui pourrait s'expliquer par l'absence d'un original arabe, la connaissance de l'hébreu nous paraissant surprenante. ManfreJ dut évidemment arriver à parler l'arabe, quidevait incessamment résonner à ses oreilles. Les Musulmans lui étaient cbers, et c'est sur eux qu'il comptait le plus dans sa position d'excommunié et d'adversaire d'un concurrent envoyé par le Pape. Un corps de dix mille Sarrasins l'accompagnait à la bataille où il suc* comba.
Nous trouvons sur Manfred un curieux passage dans Aboulféda, qui nous l'a conservé d'après l'historien Djemal eddin, dont il fut le disciple.
Djemal eddin fut envoyé en 1262 parle sultan Bibars. en ambassade à Manfred. Il nous le dit ami des sciences et possédant Euclide. Ce fut même à Manfred que Djemal eddiu adressa un traité de logique, qu'il intitula pour cette raison l'Impérial.
ETIENNE DE MESSINB.
Etienne de Measine est connu par la traduction d'un traité d'astrologie, qui porte le nom d'Hermès.
Il existe aux n°' 7310 et 7357( sous le titre Tractatus de Judiciis C propositionum.
Bien que le manuscrit ne dise pas que la traduction s'est
4M MMMUI Ml
firftoMf rânktf
à nbMffil MW la nr 0M, «t OmU ^ptofkBMi dfailwlcf ia d» MiWBi Bnte^* CMri i^foste qîin i^attt Trfinéffita» dont» «i dJtadbVowlMi
Cette tnidfletioii«t dédféa à Mttfeiâ 800 IfnftiBdo fiidttoff6gi 9kOÊm
I1O0 ilofMdafeenrttoMtrologtedfii Une édilfoiif imfOmée «1 l^U; à Tcatai^
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t*aTOiii po ractieimr d» WMrignaiactttMni giaimali on Femsriof que drat un pfoloroe de aesliadiieiiiHHk
On lot en connaît denx: Celle dn Hom^ on Couttanlii Raaèa, et celle dn Takùubn d Abian inSbmk S^eda» donfe ioue le titre Taenini asgrltodinom. Ceet dana la inaadiK que nona aUona TecneOlir de enrienx lenaeigneaMuli aar Tanteur et ton œurre.
Il i'eiit produit, à Tégard de Ferragath, d'étamges m^ri- 968. Pour avoir lu simplement dans la dédicace le nom dn roi très chrétien Charles, on en a fait un médecin de Charlemagne. On a fait plus, on lui a adjoint comme collègue un des médecins qu'il a traduits. Pénétrons plus ayant, lisons le prologue de la traduction du Continent de. Razès, qui, soit dit en passant, mourut vers le milieu du X* siècle, et nous serons étonnés qu'une aussi étrange opinion ait pu s'accréditer même chez des historiens ordinairement sérieux
Le prologue débute par une esquisse historique de la médecine, dont il attribue la découverte h Apollon, Apollo grœcus artis medicœ repertor primus et auctor. Il énumère ensuite les principaux médecins grecs et arabes, et s'arrête sur Razès. Il parle du Continent. Ce livre, dit-il, resta longtemps inconnu des Latins, jusqu'à ce que le roi très chrétien
(l) Huet, De Interprctatione ; Freind, Histoire de la médecine.
FUUUaUTU.
Charles, roi de Jérusalem et de Sicile, frappé de sa reuommée et plein de l'idée que ce livre pourrait lui être utile ainsi qu'à tous les chrétiens, voulut allier à »e& soucis guerriers le culte des études libérales en le faisant traduire.
Il envoya demander ce livre au roi de Tunis par une ambassade solennelle, accompa^ée d'un homme sûr, habile dans l'arabe et le latin (sans doute le futur traducteur) et il fit ■ allumer le flambeau de la traduction. » 11 la fit revoir par des professeurs, ses médeciuâ, et d'autres médecins de Naples et de Salerne, leur donnant le temps nécessaire pour cette opération. Tous, d'une commune voix, a'accordèrentii louer l'auteur et le traducteur.
Ce dernier ajoute : Si la traduction ne paraît pas exacte parfois, cependant le fond de cet ouvrage n'en a pas moins le mérite de la nouveauté, vera tameu et intégra compilationis hujus sententia virginitatis gratiam non amisit.
Cette fidélité de traduction, dont parle Ferraguth, ne se rencontre effectivement pas dans son œavre. Ce n'est ptui t tant le fonds qui est mauvais que la transcription des mots I techniques et des noms propres. Il est à croire que le tradocteur opérait sur un seul manuscrit, qu'il ne put contrfVi 1er, car les noms des sntenra citéis, dont le plan adopté par I Razès rend la répétition incessante, sont étrangement et dit versement transformés, an point qu'il est souvent Impossible de les reconnaître, si l'on ne recourt an texte arabe. ' Ayaat déjà traité de cette question, tant h propos des traductions du grec que de Razés, nous n'y reviendrons pas. Noua dirons seulement que ces transcriptions raslbmireuses accusent chez le traducteur soit un travail hfltif, soit l'ab- I aence de moyens de contrôle et l'ignoraDcede llitstolre de [» I médecine chez les Grecs et chez lefl Anbes. \ Ce fut donc à Charles d'Anjon, frire de Loaû IX, roi de I Naples et de Sicile, que Ferraguth dédia sa tradtteticni. I Noos pouvons ainsi placer le nom de ce prince à ebté de
ceux d'Alphonse X et de Frédéric II.
I II est évident que cette tradoctton De put se faire avant la I VIII' croisade, c'est-èr-dire avant l'année ITÎO. On sait que cette croisade, qui répugnait au roi de France, fat décidée
'tOO UimOlKU DK LA lIltOBClHR ARUIK. — UVRK UUlTttlU.
par l'ambition et rftTldJté du roi de Naples, qui, d'aillean, réclamait un ancien tribut tombé en désuétude.
Cistto traduction est représentée ii la Bibliothèque nationale, 80Ua le n* t)012, par cinq ina^-niSques vulumes in-folio, maRistralumeut (ïcritf) et richement illustrés. Ou Ht & la fia du V' ; Kxplicit translatio libri ol liauy lu medîcîna compilali pur Muliumed bizaccarlael Unzy.factit Je mandate escolteuliaaimi re^is Kuruli, ffloriie t^entÏH cliri»tianœ, coronx fltiorum baptiitmatia ut luminî» peritomm, per manus ma- (fiatri Ferrugii .ludel filil mogiatri Salem de Agrepento, devoti interpretia ejua... die Urne XIII* febniarii VII indictiouum, apiid Ncnpalim.
C'cal donc «u l'.^D que l'errag-ius le juif, fila de maître Salem, d'Agri(;eute, achova latraductùm du Continent, dans lu ville de Naples. Charles d'Anjou était encore, à cette époque, dans U plénitude de hu fortune.
Telle cHt cettu traduction, lu plus importante de toutes pour riiisloirti de la médecine, et malheureusement celle où les noms proproi^aont le plu» altérés, ii ce point que le même He reproduit auuveut noua dix furmes différentes. U faut aller aux Simples do Sérapion pour trouver «n pareil désordre. Le OoDtiaant a eu quatre éditions.
La seconde traduction est celle du Taqonïm el AbdoD, d'Abou Ali labya ben Djozia, doutle nom se trouve défiguré sous la forme Bubu Aliha byn Gezla, ou Buhu hj'ljha.
Dana l'édition imprimée, on trouve une sorte d'entrée en matière donnée comme de l'auteur, bien que la moindre réflexion fasse comprendre son caractère équivoque. Ebn DJesla y eat donné comme le médecin du roi Charles, ou plutôt l'ouvraffo comme lui étant destiné et une nota marginale porte : CaroU magni decretum. Noua voyons aussi dans cet avant-propos que la traduction est faite sur l'inTîtation du même prince par le juif Ferragus, per magîstrnm Ferrftgum Judeum fidelem ejus. L'absence de noms propres rend cette traduction moins rebutante que celle du Continent.
Nous pensons que l'on pourrait attribuer k Ferragus U traduction du Tacouîm essahha d'Eben Bottan, imprimée aussi àStrasbourg, sons le titre Tacuini sanitatis EUuchaaem
AUMliNUACD.
EUmithar (AbouIhasaoïielMoklitar). On trouve co nom plus cùmplet et moins défiguré dans le Ms. de Paris, ii° 6077.
ARMËNOAQU.
Artaengaud, dit aussi Erraeng-ard, eu latin Armengandus était un médecin de Montpellier, gui fut attaché k Pliilippele-Bel, et vécut sur la fin du XlII'siècle. Ce fut probablement à Montpellier, auprès des Juifs, qu'il put apprendre l'arabe, car ses traductions nous sont données comme procédant de cette langue. Nous en connaissons trois, celle du Collïget, des Cantica ou Ardjonza d'Aviceune, et les commentaires d'Averroès sur ce dernier ouvrage.
M. Renan dit qu'il n'a aucun renseignement sur la traduction du Colliget. Il fait remarquer, ce que nous avons observé aussi, que le Ms. de l'Arsenal porte : translatus de arabico, et il conclut des mots arabes conservés dans le texte que cette traduction fut faîte de l'arabe et non de l'hébreu.
Cette traduction se trouve dans certaines éditions avec le Cantique d'Aviceune et les Commentaires d'Averroès sous l'attribution collective à Armengaud, co qui nous semble attester une commune origine.
Nous reviendrons ici sur un lapsus de l'article Averroès. Il faut lire: L'absence du O intercalaire atteste qu'elle n'a pas été faite en Espagne. Du reste, les termes techniques sont étrangement défigurés, mais il faut avouer que be;iucoup d'altérations doivent être mises sur le compte des copistes. Bien des noms sont donnés en arabe, avec l'article al. Parfuis on trouve la lettre H en tète du mot, ce qui semblerait annoncer une provenance de l'hébreu, ou plutôt une influence de l'hébreu. Il est probable que le traducteur se fit aider à Montpellier par des Juifs.
Quantaux traductions du Cantique et deson commentaire, par Averroès, leur attribution à Armengaud ne comporte aucune difficulté.
Ajoutons qu'on lit Armcnf/ando Blasii et non Blasio,
468 uurriHWi si u uiomaam âbum. — mut bori&mm.
comme on le trooTe maintes fbia ches les modernea, oe qi^ noai donne le nom de aon pore. (Hoet écrit «uui Bla^
Enfin Aimmigend traduisit De aamtaU de Haimonida fjS^ Bodl. n* 974).
ASlTAnU) DE TILLBNBDTB.
n naquit vers le milieu du Xin* siècle, dans une de <=e, nombmiaea locaUtéa du nom de VIUeneOTe, sur laque-~^e on n'a pu, Jusqu'à présent, s'accorder. (1) Après avoir lorz^^ tempe e^oumâ à Paris, il ïiabita Montpellier, où il appris ig mMecine, dus laquelle il se fit une réputation européen ne. n visita ensuite l'Italie et l'Espague, où il apprit l'arabe. En 1286. il était appelé par le roi d'Aragou. Bu 1308 il était à Avignon chei le Pape Clément Y.
La hardiesse de ses opinions lui suscita des poursuites. Il dut quitter Paria et alla trouver un asile en Sicile ches le roi Frédéric II d'Aragon. Appelé par le Pape en 1300 ou selon d'autres en 1313, il mourut en route.
Amauld écrivit beaucoup, mais des ouvragi^s peu étendus. On connaît son gott pour ralcblmie et l'astrologie.
Nous nous occuperona seulement ici de aes traductions de l'arahe.
De rigore, jectlcatione et spasme, de Galien.
De viribuB cordis, d'Avicenne. Cet ouvrage, ainsi que le précédeut, sont datés de Barcelone.
De ligaturis plijsicis, de Costa ben Luca.
Cet ouvrage a été attribué à Galieu, et les Juntes l'ont inséré dans leur V' volume. Nous croyons qu'il faut le restituer à Costa beu Luca, et même nous croyons le voir dans le dernier n- de la liste d'Ebn Abi Oss^'biah. On pourrwt bien traduire, d'après le Ms. de Paria : Livre des Définîtiotu, suivant l'avis des philosophes. Mais nous croyons qu'il faut lire Djadoul, au lieu de Houdoud, noms qui se ressemblent dans l'écriture arabe, et traduire : Des Amulettes. Dans cet opuscule adressé à un de ses amis, Costa expose les réactions
(1) L» qualificatif Catatwmus sa lit cependant dans les Mss.
GRUMKR DB PLAISANOB KT AB&aBAV, JB4N DB MOMTROTAL. 409
^ciproques du physique et du moral, qui semblent autoriser le port des amulettes^ et mentionne les opinions favorables ii cette opinion de plusieurs philosophes et médecins.