LA FAMILLE DES EBN ZOHR OU DES AVENZOAR
Bien que les membres de cette illustre famille n'appar-* tiennent pas tous au XII* siècle^ nous avons cru devoir les
réiiuir tous ici, par la double raison qu'où les a souvuut coQfoudiiïJ, et parce que le XH* siècle est l'époque où elle a jeté le plus grand éclat. C'est l'époque du plus illustre de tous, Abou Merouan Ebn Zohr, l'auteur du Tcisair, vulgairement connu chez nous sous le nom d'Avenzoar.
ABOO MEROOAN EBN ZOHK.
Abou Merouan Abd el Malek beu Mohammed ben Merouau ben Zohr Elyady el Achbily fut le premier médecin de la famille. Son père Mohammed était un des traditionnaires et des jurisconsultes les plus renommés de Séville, et mourut à Talavera en 1031. Nous ig-norons la date tant de la naissance que de la mort de son fils Abou Merouan, mais on voit Kuf^sammeDt qu'il vécut au cours du XI» siècle de notre ère.
Abou Merouan se rendit en Orient, eu passant par Caïrouan . Il -se fixa au Caire où il exerça quelque temps la médecine. II revint ensuite en Espag-ne et se ûxa a Dénia qui appartenait alors h l'émir Moudjahed, auprès duquel il jouit d'une grande considération. Là il se fît une réputation de praticien qui se répandit par toute l'Espagne, Il revint ensuite a Séville où il passa ses derniers jours.
Tout ce que nous savons en outre de lui comme médecin se réduit h ceci, qu'il avait de l'antipathie pour les bains.
aboul ola zohr ben zohr.
Aboul 01a Zohr ben Abi Merouan ben Zohr, flU du précédent, se montra dig-ne de son père et même le surpassa.
Nous ignorons la date de sa naissance, mais nous savons qu'il vécut jusqu'en 1131 et qu'il fut enterré h Séville près de la porte de la Victoire, où vinrent le joindre plusieurs de BBS descendants.
Il étudia la médecine non-seulement sous son père, mais encore à l'école d'Aboul Aïna, médecin qui était venu de l'Orient en Espagne. Il l'exeri'.a de bonne heure, du temps
84 HI8T01RK DK LA MtDKClNB ABABB. — - LIVRE CIXQUJ&M£.
de Mothad ed Billah Abou Âmr ben Abad. Il fut aussi en faveur auprès des Almoravides.
Il jouissait dlune grande réputation comme praticien et on vantait son habileté dans le pronostic et dans le traitement des maladies. Son pronostic se tirait particulièrement du pouls et de Tinspection des urines.
Le Canon d'Avicenne fut apporté de sou temps en Egypte. Ce livre qui annonce plutôt un génie méthodique qu'un praticien» ne fut pas de son goût II ne voulut pas lui donner place dans sa bibliothèque et même on dit qu'il détachait des feuilles de son exemplaire pour y inscrire ses prescriptions.
Aboul 01a était encore un humaniste distingué.
Il composa plusieurs écrits.
Traité des propriétés.
Quand même cet ouvrage ne nous serait pas parvenu (1), nous pourrions le juger par les extraits que nous rencontrons dans le Traité des simples d*Ebn Beithar. Il y est cité une cinquantaine de fois. La plupart de ces citations ont trait à des animaux et à leurs propriétés médicales, et nous devons dire qu'elles portent généralement un cachet si prononcé de crédulité que cet ouvrage ne nous recommanderait guère l'auteur, s*il ne nous était connu d'autre part.
Quelques-unes des citations d*Ebn Beithar n'appartiennent pas à notre Aboul 01a.
Traité des médicaments simples^
Trompé par le catalogue, Wûstenfeld a cru que cet ouvrage existait à Paris sous le n* 1028, deuxième fascicule, mais c'est une erreur. Après avoir indiqué le premier, qui traite effectivement des médicaments et des aliments, la notice ajoute : Sequitur in eodem codice opusculum ejnsdem argumenti.
Nous allons voir ce que contient en réalité ce deuxième opuscule contenu dans le n* 28.
Parmi les ouvrages d'Aboul Ola mentionnés par Ebn Abî
(1) Nous le croTons représenté par le n» 1070, A. F. de Paris. Il existe aussi à Leyde, n* 1340, et à Vienne, w 1460.
E3PA.0NK. 8D
Ossaïbiali, noua trouvona celui-ci: Uecuoil d'obserTationR ou d'expériences, ouvrag-e posthume dont Ali ben lousef ben Tachân fit recueillir les éléments sur les deux rives du détroit. Noua croyons que ce recueil est représenté par le n' 1028 de Paris, aiusi que par le a." 844 de l'Escurial, ancien 839, sur le compte duquel s'est aussi trompé Casiri,
Les deux Ms3. noua paraissent représenter le môme ouvrage. Nous n'avons pu faire inlég-ralemeut la collation, n'ayant avec nous h l'Escurial que des notes prises sur celui de Paris, mais néanmoins suffisantes. Le début est absolument le même. D'ailleurs le Ms. de l'Escurial est dans un désordre notable par le fait du relieur ; des feuilles qui devaieut être placées à la fin, se trouvent en tète du titre. Le caractère posthume de l'opuscule doit être aussi une cause de différences dans les copies.
Tel est le début dans l'un et l'autre manuscrit :
c Livre d'Aboul 01a ben Zohr, adressé k son fils.
Rappelle-toi, et que Dieu te conserve la santé, que la plupart des médecins de notre temp& ne dirigent pas leur médication dans un sens contraire à celui vers lequel tend le tempérament, proportionnellement à cette tendance, de sorte qu'eu employant des calmants ils suscitent au malade une affection contraire k celle qu'il avait déjà. ■
Viennent ensuite des préceptes marqués au bon coin, puis des recommandations relatives aux indications spéciales des médicaments suivant les organes malades.
Vers la fin les deux Mss. nous ont paru différer.
Ce qui se rencontre surtout dans celui de Paris, ce sont des recommandations, et dans celui de l'Escurial, des observations. Aussi trouvons-nous dans le premier : Ici finit le mémorial, Tedkira, et dans le second : Ici Puissent les expériences, Moudjerbat.
Quant au titre donné par Casiri k cet opuscule, Utilia et vera, el Manap. ou el Haquiq, noua n'en avons pas trouvé la moindre trace.
Wûstenfeld a rapproché de ce Ms, le n" 1076 de Paris, mai.s .nonfl croyons que ce manuscrit n'est outre que le Traité t/es
tO HISTOIUB DB LA MÈDKCTÎJ? ARAOE. — LIVRE ClNQUlf:UE.
propriétéF qui se distiugue, du peste, par sa forme alphabétique- Tels sont encore des ouvraïfea d'Aboul 01a.
Réponse à l'adresse d'Ali beu Rodhouan à propos de son écrit sur le IWre da l'introductiou de Honein.
Eclaircissement des doutes de Razès sur les livres de Galien.
Remarques sur différents pointj) des médicaments simples d'Avicenne.
Livre des dits mémorables en médecine. Cet ouvrafte, ainsi que le dernier, est adressé à son fila.
Critique du traité d'El Keudy sur la composition des médicaments.
Hadji Khalfa parle d'un livre à' Expériences d'Aboul 01a rédigé sous forme alphabétique, dont il fait le livre des propriétés. Nous ignorons s'il est différent de celui dont nous avons parlé.
Il en mentionne aussi un*autre sous le titre El Idhàh, dont nous ne trouvons pas trace ailleurs.
ABOD MEBOaA.N *BD EL MALSK BEN ABIL OLA BEN ZOBBi TDLQAIREMENT LVEMZOAB.
C'est ici le médecin le plus émiuent de la f&mille, celui qui la résume et la r^réseuteà peu près exclusivement pour la généralité de nos historiens de la médecine, sous le nom vul^re d'Avenzoar.
Formé à l'éoole de son père il devint un éminent praticien, d'un grand tact médical, d'une grande expérience, ne jurant plus sur la parole des anciens, mais soumettant leurs dires ftu contrôle de l'obeerration. Quelques historiens le considë- KQt comme le plus grand médecin, de l'école arabe. On ne pourrait lui comparer qu'Avicenne et Razës, et encore faudrait-il écartar le premier de cea noms si l'on veut parler du Téritabls médecin, c'est-à-dire du médecin praticien. A ce
ESP.VGNI',. 87
poiat de vue il n'aurait île rival que lîazès. Il ilut sans doute cette aupériorité à la concentration de ses étudea sui le terrain de la médecine, car cliez lui nous ne trouvons pas le médecin doublé, comme chez Avicenne et Razès, d'un philosophe I et d'un savant encyclopédiste.
I Nous ignorons la date do la naissance d'Avenzoar, mais nous savons qu'il vécut jusqu'en l'année 1162.
On lit dans le ColUgret qu'il vécut 135 ans et ne commenr-a l'étude de la médecine qu'à 40. Est-ce une erreur?
Après avoir servi les Almoravides, il passa au service des Almohades, qui le comblèrent d'honneurs.
Un sait qu'Abd el Moumon était un homme d'une grande
întellig-ence, d'un génie organisateur ot qu'il encouragea la
' culture des sciences. Il prit Avenzoar h son service, et c'était
l lui qui étaitcbarg^é de confectionner pour Kon usage la grande
\ tliériaque.
On raconte qu'Abd el Moumen voulut un jour user de pu> gatifs. Avenzoar sortit alors des routes vnlgairas. Il imagina d'arroser une vigne avec une solution purgative, et quand elle eut porté des fruits, il les fit manger au Khalife énier- Teillé.
Nous citerons une autre anecdote.
En se rendant au palais, il rencontra plusieurs fois un individu affectéde tympanite avec une teinte ictérique. L'ayant un jour examiné de plus près, il vit h côté de lui une jarre dans laquelle il buvait. Il la cassa et l'on en vit sortir une grenouille. Te voilà, guéri, dit-il au malade.
Avenzoar avait sur l'exercice de sa profession, certaines idées que nous devons relater, car elles ont aussi une certaine importance historique. Ces idées sont exposées dans sou principal ouvrag-e, le Teissir.
■ En raison sans doute de sa haute position, il exerçait la médecine d'une manière assez aristocratique et il semblerait avoir astreint son rûle à celui de médecin consultant. U dédaignait la pratique de la saignée et des opérations chirurgicales qu'il considère comme le lot des aides, nous allions dire des valets du médecin. Il a le même dédain pour la prt-- ^H paration des médicaments. Il va même jusqu'à dire qu'il est
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certaines opérations qui sont indlf^es d'un homme libre, telles que l'opération de la taille, attendu que la loi défend de découvrir les parties génitales.
On est tout étonné d'entendre ces paroles eu Andalousie, un siècle après Abulcasis.
Il nous semble permis d'en conclure la séparation actuelle des trois professions qui se partaient l'exercice complet de la médecine.
Cependant il ne faut pas prendre à la lettre ce dédain de la pratique chirurgicale qu'Avenzoar tenait en partie de son père, car nous le voyons parfois y déroger et saisir les indications opératoires avec le tact d'un ingénieux praticien. Il est probable que ces idées ne lui vinrent qu'avec les honneurs, et qu'il en fut autrement dans sa jeunesse qui fut parfois éprouvée.
Il nous parle souvent avec amertume d'un certain vizir Aly qui le fit mettre en prison, et qui n'en eut pas moins recours à son ministère. Il s'agissait précisément d'un cas de chirurgie. Le vizir était affecté d'un panaris que l'on avait négligé. Avenzoar appelé en consultation voulait enlever immédiatement les parties mortifiées avec l'instrument tranchant, disant que si l'on avait recours aux caustiques, ainsi que le voulaient ses confrères, le mal pouvait empirer en attendant leur action. Son avis fut rejeté et même considéré comme dicté par la rancune.
Avenzoar eut des élèves parmi lesquels nous signalerons l'illustre Averroès, auquel il dédia le Teissir.
On dit qu'il mourut d'un abcès du côté, et qu'à ses derniers moments il fut pris de ce découragement que connut aussi Àvicenne. Comme son fils lui donnait des conseils, il lui répondit : si Dieu a décidé que je change cette habitation, mes efroi*ts ne pourront que concourir à l'accomplissement de sa volonté.
C'était en Tannée 1162, il fut enterré à côté de son père, & Séville, près de la porte de la Victoire.
Comme nous l'avons dit, Avenzoar ne fut pas un génie encyclopédique à l'instar de Razès et d' Avicenne. Ses ouvra* ges ont exclusivement trait à la médecine*
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Il en est un que nous ne trouvons paa mentionné par les liistorieua, et qui existe à la Bibliothèque de Paris. C'eat par ceîai-là que nous allons commencer. Il porte le titre d'iktiaad, et il est signé par Abd el Malek ben Zotir ben Abd el Malek.
Ce manuscrit, qui contient 140 feuilles, eut d'une belle exécution, mais la lecture en est très pénible, en raison de l'absence des points diacritiques. Nous avons pu étendant y pénétrer en grande partie.
C'est un traité de médecine fruit de sa jeunesse, qui fut écrit sur l'invitation de l'émir Ibrahim ben Youb*j^ beu Taclifin, dont le nom fig-ure au début. Vers la fin, nous rencontrons encore ces expressions : Monarchie des Marabcuti, puissance des Lemtounes.
Nous en relèverons quelques passages.
Il y a deux médecines, dit l'auteur, celle du corpa et celle de l'âme. Quant à l'âme on en admet trois, dont l'ftme raisonnable, qui siège au cerveau, et qui distingue l'homme de l'animal. La langue étant l'interprète de cette âme, c'est par les maladies de cet organe que l'auteur croit devoir entrer en matière. Il traite ensuite des maladies de l'œil, parce que l'œil est le plus noble des sens. Suivent celles de l'oreille, de la tête, etc.
A propos des mamelles, nous lisons : Il y a des nations qui les aiment volumineuses chez les femmes, ainsi les Arabes et les Almoravidea, que Dieu les protège !
Plus loin nous lisons que les ulcères se présentent h la verge aussi bien qu'en toute autre partie du corps.
En traitant de la grossesse, il ne craint pas de donner de» recettes pour empêcher la conception, par la raison qu'elle ne convient pas k tout le monde.
A propos des fractures, il dit que l'anatomie des os est chose facile h connaître, qu'il suf&t de les mettre en place et de les examiner, ce qui semblerait indiquer que les médecins avaient des os k leur disposition.
Vers la fin du livre, nous trouvons des recettes particulièrement rédigées à l'adresiie des rois.
Un autre ouvrage, qm ae trouve aussi h Paris, est le Traita
CO ITISTOIRR DE LA MÉjECIXC ARABE. — LIVRE CINQUIÈME.
des aliments et des médicaments. 11 fait la première partie du Ms. coté 1028, ancien fonds, et contient une quarantaine de pages seulement.
11 débute par les alimenta, qui occupent la plus grande place, nies considère d*une façon générale et s'occupe plutôt de leurs propriétés que de leur description.
Il les considère d'abord au point do vue des saisons. La digestiop, dit-il, étant plus active en hiver qu'en été, on doit alors manger davantage et des aliments chauds et secs. Il traite ensuite des différentes sortes de pains, tant au point de vue de leur préparation qu'à celui de leur composition. C'est ainsi que nous voyons du pain confectionné avec du sorgho, des fèves, des pois, du riz, etc. Il passe ensuite aux viandes empruntées aux divers animaux, et raconte qu'en un temps do disette on fit un usage avantageux des serpents.
Viennent ensuite le laitage, les fruits, le sucre, les préparations au sucre et au miel, les boissons, les confitures, enfin les médicaments, qui sont très sommairement traités. L'ouvrage se termine par les autres parties de l'hygiène.
En somme, cet ouvrage ne manque pas d'intérêt et se place avantageusement h côté de ces innombrables traités des médicaments simples que nous ont laissés les Arabes, exécutés au point de vue descriptif et particulier.
Le livre le plus important d'Avenzoar, et qui lui a fait une juste réputation d'éminent médecin, est le Teissir, sur lequel nous allons nous arrêter.
Cet ouvrage non-seulement nous est parvenu, car il existe particulièrement h Paris sous le n* 1028, dont il occupe les feuilles de 50 à 175, mais il a été traduit en latin et imprimé plusieurs fois, seul ou associé.
Déjà Freind en a fait une assez longue analyse, qui nous permettra de ne pas nous arrêter sur toutes les parties qui mériteraient d'être signalées.
Le Teissir est aussi un Traité de médecine, comme Tlktisad, mais il porte le cachet de la maturité, et il est digne d'Averroès, auquel il fut dédié.
Ce qui caractérise le Teissir et lui fait une place h part entre toutes les productions de la médecine arabe, c'est que
EBPAQNE. 01
l'uuteury parle d'aboudanco et avec une entière indépendance de la tradition.
Il n'a pas la déférence de Razêa pour les travaux antérieurs, il ne songe pas ainsi qu'Ali ben Abbaa et Avicenne à faire un travail méthodiquement ordonné. Avenzoar se ciuit en pleine possession de la science médicale et i! parle en maître. Si l'occasion se présente parfois de parler des anciens, il traite avec eux d'ég-al à ôg-al, et, le cas échéant, relève lea opinions de Galien et les met en présence de l'observation. Nul autre, parmi les Arabes, n'apporte aussi fréquemment k l'appui de ses préceptes le résultat de son expérience. Quant è. l'ordonnance do son livre, elle est toute empirique et poursuit les maladies de la tète aux pieds.
Gomme nous l'avons déjà dit, malgré la hauteur avec laquelle il traite la chirurgie, maintes fois il lui arrive de faire acte d'excellent chirurgien.
Les réflexions de FreJnd nous dispensent d'entrer dans de plus longs détails. Nous nous contenterons de rappeler ce fait où, consulté par un malade, iL en référa k son père, qui lui mit entre les mains un passage de Galien et lui dit : Lis cela et si tu n'es pas fixé, ne te mêle plus de médecïue.
Nous ajouterons cependant quelques observations que nous a suggérées la lecture de l'original.
Il raconte vers le milieu de son livre un voyage qu'il fit par ordre d'Abou Zacbarya lahya ben lamour, oii le vent et la pluie lui suscitèrent un engourdissementdelajambe gauche. La traduction latine a méconnu le nom de ce personnage, et l'exprime ainsi: Et mihi jam accidit quod tibi dicam quod cundo précepte régis m abuzacoadria, cum frigore vehementi, etc.
Nous pensons que le personnage dont il est ici question n'est pas autre qu'un certain gouverneur de Niebla, dont nous avons retrouvé la trace. En l'année IIM, il aurait fait exécuter huit mille habitants de cette ville, en punition de s'être livrée à un rebelle du nom d'El Ouchby. Get aote de rigueur fut désapprouvé par Abd el Moumen qui mit le y)U> neuraux arrêts. Ebo Khaldoun, dinq son Histoire de» Berbères, lui donne le nom d'Iahya ben lajfhmour (traduction
^H bèrea, li
DS HtSTOERE DE I^ MéDECtS-E ADADE. — LIVRE CIXQUlflUI?.
de Slane, II, 192) et M. Romey.dana son Histoire d'Eapag-ne, l'appelle Abou Zacharya fils d'Ioumer, VI, 96. Il nous paraît évident qu'il faut lire aussi, dans le texte du Teissir, Iag:limour ainsi que dans Ebn Khaldoun. On sait que ce nom était celui du fondateur de la dynastie Zeyanide àTlemcen.
Il est d'autres aberrations à signaler dans ia traduction latine.
Avenzoar raconte que son aïeul rapporta de l'orient de l'huile de baumier, douhn bachamy, dont il vante l'efficacité contre la paralysie. La traduction latine écrit Alquisemi, qui ne signifie rien.
Un peu plus loin à propos de la fièvre putride, il dit que certaine médication serait impui-ssante à l'enrayer, fut-on un Escalape. Au lieu d'Esculape, le latin a mis Archilinus.
Deux fois, autre part, il rappelle son séjour à Maroc, Marrakech, et le traducteur a pris ce mot pour Marestanqui signifie uu hôpital. Nous avons tenu h cette rectiâcation pour la raison suivante.
Dans nos recherches sur les institutions médicales chez les Arabes, nous avons constaté avec surprise que les hôpitaux ne s'étaientpas établis en Espagne commedans l'Orient, et noua n'avons guère trouvé mentionné que celui d'Algésiras. Kn lisant la traduction latine, on croirait Avenzoar chargé d'un service d'hôpital.
Dans une consultation dont faisait partie son aïeul, se trouvait un médecin que la traduction latine appelle Aven Motaref. Ce médecin n'était autre qu'Ebn Uuafed, dont nous avons fait Ebn Guéfith.
Ces défauts ne sauraient nous étonner, la traduction n'ayant pas été faite directement de l'arabe, mais d'après l'hébreu, pur le concours de deux interprètes, ainsi qu'il est arrivé souvent en Espagne. Cette traduction se fit a Venise en 1280.
Parmi les ouvrages d'Avenzoar que nous ne possédons plus, nous citerons un Traité de cosmétique reproduit deux ^ois^ans la liste de Wdstenfeld, sous le titre Liber orna- TTienti et sous celui de Liber de deooratione ; un Traité de la lèpre etde l'impetijco, ,un Mémorial adressé ii son fils sur
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ce qu'il fuut faire d'abord dans le traitement des maladies, et un autre sur l'administration des purg-atifâ.
Outre ces renseignements tirés d'Ebn Abi Ossaïbiah, noua lisons dans Hadji Khalfa qu'Avenzoar publia un livre d'apborismes, et que s'étant borné h donner le traitement dea maladies dans le Teissir, il le compléta par un supplément auquel il donna le nom de Djatni, qui paraîtrait exister à la Bibliothèque Bodiéienne.
EL HAFIDH ABOU BEKR BEN ZOHB.
Abou Bekr Mohammed ben AU Merouaii beu Zobr, dit El Hafidh, naquit en 1113 ù, Séville, où il apprit la médecine à. l'école de son père. Dès sa jeunesse, il fît preuve de sagacité. Voyant un jour chez sou père la formule d'un purgatif destiné au Khalife Abd el Moumen, il y remarqua un défaut et le fît observer à son père, qui trouva juste son observation.
C'était un homme parfaitement doué au physique et au moral. Non-seulement il fut un médecin distingué, mais il était aussi versé dans la connaissance des belles-lettres et de la littérature arabe, de la philosophie, de la jurisprudence et des traditious, ainsi que l'indique son surnom d'El Hafidh, ou le traditiounaire. Il était aussi poète.
Après avoir servi comme Ron père les Almoravîdes, il le remplaça dans sa haute position auprès des Almohades. Après Abd el Moumen il servit Abou Iakoub lousef el Mansour, puis Abou Abd Allah Mohammed Ennacer,
Son caractère, aussi bien que ses connaissances, lui attiraient la considération. C'était un homme d'un jugement sûr et d'un bon conseil, religieux et bienfaisant. On cite pluBïeurs traits de sa générosité.
Malgré la protection que les Almohades accordèrent aux savants, ils apportèrent en Espagne leur fanatisme de sectaires, et ce fanatisme ainsi que la politique les entraîna à des mesures violentes. Ils proscrivirent les dissidents, chrétiens et juifs, et nous savons que le célèbre Maimonide,
'«)4 UISTOIUE DE I.\ liÉlfiLCINJâ AUAUE. — LlVUb: CiKQUI/.ME
ainsi que plusieurs de ses coreligrionnaires durent chercher ailleurs un régrime plus tolérant. C'est alors que le Langfuedoc» aussi bien que TÉgypte recueillirent les proscrits. La philosophie aussi leur portait ombragée. El Mansour décréta la destruction de tous les ouvrages de dialectique et de philosophie. Âbou Bekr Ebn Zohr fut chargé d*en faire la recherche, avec cette condition cependant qu'il ne serait pas inquiété pour ceux qu'il pourrait avoir en sa possession. Mais il avait, à Séville, un ennemi, personnage important qui recueillit plusieurs témoignages attestant qu'Âbou Bekr avait chez lui des livres prohibés en grand nombre et qu'il en faisait sa lecture habituelle. Une lettre de dénonciation fut rédigée, signée et adressée à El Mansour qui se trouvait alors à sa résidence de Hisn el Ferdj (sans doute Âzn el Farache) qu'il avait construite sur la recommandation d'Abou Bekr qui lui en avait signalé la bonté de l'air. El Mansour fit emprisonner le dénonciateur, et les signataires prirent la fuite. Telle était la confiance d'El Mansour dans Âbou Bekr qu'il dit : Quand même toute l'Andalousie témoignerait contre lui, je n'y croirais pas.
Une autre inimitié lui fut fatale. Le vizir Abou Zéid lui fit, dit-on, prendre un œuf empoisonné dont il mangea ainsi que sa sœur, et tous deux en moururent. C'était à Maroc, en l'année 596 de Thégire, 1199 de Tère chrétienne.
Cette sœur d'Abou Bekr mérite une mention.
Elle était, ainsi que sa fille, instruite dans la pratique médicale. C'étaient elles qui accouchaient les femmes d'El Mansour et de sa famille. Quand mourut la sœur d'Abou Bekr, sa nièce la remplaça dans ces fonctions.
ABOU MOHAMMED ABD ALLAH BEN ABI BEKR BEN ZOlIPw.
Il naquit à Séville en 1181. C'était un homme intelligent et d'un commerce agréable. Il remplaça, malgré sa jeunesse, son père auprès d'El Mansour, qui le tenait eu grande considération. On dit qu'il fut empoisonné en 1205 à Ribath Sala,
d'où 80Q corps fut transporté k SévUle et iuliuiné prôs (le> tombeaux de ses ancêtres.
Il laissa un traité sur les maladie» des yeux.