‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 3 sur 162 · I. — PERSE · texte numérisé non relu

I. — PERSE

Le sceptre de la médecine tomba cette fois des mains de la Perse. Elle vit en compensation le sceptre de la philosophie, du moins en Orient, passer entre les mains de Fahkr eddin Errazy, qui consacra aussi quelques moments à la médecine.

Mais si les études philosophiques jetèrent un grand éclat à récole de Fakhr eddin, les études médicales déclinèrent et c'est à peine si nous pouvons enregistrer les noms de quelques médecins de second ordre.

Un fait cependant à signaler, c'est l'extension des lumières dans le nord de l'Asie. Les sultans Khouarezmiens se plaisaient dans la société des lettrés et des savants. Le médecin Djordjany occupait à leur cour une haute position et leur dédiait tous ses ouvrages.

Les études florissaient à Boukhara et à Samarcande.

SAMUEL BEN UHTA. (1)

Jusqu'à présent ce curieux personnage n'a pas été suffisamment étudié. Plus d'un écrivain moderne s'en est occupé, mais aucun, que nous sachions, n'a groupé tous les éléments de son histoire. C'est là ce qui justifiera les détails

(1) Rigoureusement il faudrait Samuel ben lehouda. Nous lisons à ce propos dans Munk, vie de Joseph ben lehouda : Ceux qui s'appellent en hébreu lehouda portent ordinairement en arabe le nom de Yahya, Du reste lehouda se lit dans le Kitab el hokama.

VEH&Z. 13

'dans lesquels nous allons entrer. Ces Jétuils sont disséminés dans le Kitabel hokama, dans Aboulfara^s, dans Ebu Abi Oâsaïbiah, dans Hadji Khalfa, dans les monuments hébrenx. Enfin jusqu'il présent noua n'avons rencontré aucune mention du plus original de ses ouvrages, qui existe cependant dans nos Bibliothèques.

On lit dans le Kitab el liokama, après l'épitUète de Mogrebin : Je crois qu'il estespagnol. Casiri s'est empressé, suivant sa coutume, de supprimer la qualification de Mogrebiu et d'adopter celle d'Espagnol, pour grossir la liste des hommes marquants de la Péninsule. Munk nous apprend, d'après nn Ms. de la Bibliothèque nationale, que son père, le docteur lebouda ben Abonna était de Fez, et qu'il était connu chez les Arabes sous le nom d'Aboulbaka Yabya ben Abbas el Magreby (1).

Nous iguorons à quelle époque naquit Samuel. C'était probablement dans le commencement du XII' siècle. Poussés peut-être par les persécutions religieuses, le père et le fiU émigrèrent et vinrent habiter l'Orient. Samuel s'arrêta d'abord ii Bagdad, puis habita le Diarbékir et l'Aderbaïdjan, et se fixa définitivement b. Méraga. Esprit intelligent, il étudia l'ensemble des counaissances humaines, mais particulièrement les sciences mathématiques, où il s'éleva, dit-on, au-dessus de ses contemporains, ce qui lui valut les titres 'arithméticien, de géomètre et d'astronome. Nous verrons [ae la médecine entrait aussi dans le cercle de ses études.

Samuel était en faveur auprès des grands, et particulièrement auprès des princes de l'Aderbaïdjan. Conseillé peutêtre par l'ambition ou l'amour-propre blessé, ainsi qu'il advenait alors il un de ses coreligionnaires, Aboul Barakat, il embrassa la religion musulmane.

La nouvelle de cet événement attrista son père, qui habi-

t Alep. Il partit aussitôt pour rejoindre Samuel, qui se

iuvaitalori aux environs de Moasoul, mais arrivé à Mosil fut enlevé par une maladie aiguë. Munk place la

inversion de Samuel en l'année UIW.

(1) On lit dana Ebn Abi Ossaïbiah Far», la Perse, au lieu d« Pat, ^m : mais nous ao vojoas là qu'une faute de copiste.

14 HISTOIRE DS LK HtoBCINI ARABE. — LivRB CINQUIÂMB.

Nous ignorons la date de sa mort. Djemal eddin, et naturellement aussi Aboulfarage, la placent vers Tannée 570 de l'hégire. Hadji Khalfa donne l'année 576. D'autre part nous lisons dans Ebn Âbi Ossalbiab que Samuel achevait un ouvrage de géométrie en cette même année 576, qui r^nd à l'année 1180 de notre ère.

Nous avons dit que Samuel s'était occupé de médecine. Nous trouvons en eflét^ dans Ebn Abi Ossaïbiah, un traité de médecine mentionné sous le titre Kitab el Moufid, écrit en 564, à Bagdad, et dédié au vizir Mouyd eddin ben Ismaïl* Il ne saurait être confondu avec un autre ouvrage dont nous allons parler, que l'on peut à la rigueur rattacher à la mé* decine, que nous connaissons pertinemment, attendu qu'il est arrivé jusqu'à nous, et dont le titre d'ailleurs est différent*

Hadji Khalfa lui seul, à notre connaissance, nous dônjie le titre de ce livre, qui existe dans les Bibliothèques de l'Escurial, de Paris et de Gonstantinople. Tel est ce titre : Nozhat el aàhah fi machourat el Ahhab, autrement en français: Récréation des camarades et conversation des amis. (Hadji Khalfa, 13,365).

Disons tout d'abord de quoi il traite, ce qui nous expliquera peut-être le silence de Gasiri, car il ne figure pas dans son catalogue, mais seulement dans le nouveau, sous le n* 830.

Cet écrit est tout simplement le code des voluptueux ou même des libertins de bon ton et de haut goût. C'est quelque chose, mais autre chose encore, comme le traité de l'Amour conjugal, car ici le 'champ est plus vaste que le lit conjugal. On comprend que la médecine apporte aussi son contingent.

Une page de garde du Manuscrit de l'Escurial porte une annotation, qui est peut être de Casiri. En tout cas cette note est au moins contemporaine du catalogue imprimé. Gasiri dut évidemment avoir connaissance de ce Manuscrit, et il est probable qu'il l'a laissé de côté, soit à cause de son contenu, soit à cause de cette annotation, si elle lui est antérieure (1).

(1) Sur on grand nombre de MsSi de rBscurial, Tioroeation à Mahomet est biffée.

PERSB. 15

Ce que nous avoua dit précédemment expliqueralea colères de l'annotateur. Telle est cette note :

■ Tractatus anonymus, mutilus, sine principio, medicoanatomicus de muHeribus, ubi scelestissimiia ac impudenti3»imus autlior ag-it de mulierura conversatione, de earum venustate. de mediis illas lucrandî eîsque placendî, de requifiitia illarum, quœ sunt appetendae, reprobandaeve, de earum ornatu, vestitu, de modo componendi fucos, de raedicamentia, cibo, potu ad venerem ciendam, de modo impediendi conceptionera procurandive abortum, atque de aliis impudentissimîs rebua ad coïtum pertiaenttbus, qua» ego ob verecundiam prœtermitto. »

Le manuscrit de l'Escurial est en effet anonyme, par la raison qu'il est acéphale. On voit qu'il a été bien lu (1).

La Bibiiotbèque de Paris en possède deux exemplaires. Le 1" est le u* 1092 de l'ancien fonds. Il est complet, et porte le titre donné par Hadji Khalfa. C'est lui que mentionne WUstenfeld, page 161, parmi les incertae Bedis: Musa ben Yahya ben Ali el Magrebi, traclatits medico physicus, d'après le Catalog-ue de Paris. Le nom de l'auteur est altéré. Au lieu de Musa, nous avons lu parfaitement Chamoul, Samuel.

Le 2* existe sous le u* 1061 du supplément, ofi il figure dans un recueil d'ouvrages erotiques, mais il porte le titre de Tohfat cl ashab, Présent aux camarades, titre qu'il porte aussi dans le catalogue des Bibliothèques de Constantiuople donué par Flugel, Hadji Khalfa, VII. Nous n'avons pas rencontré le nom de l'auteur, ce que peutrêtre on a cru inutile, mais l'identité n'en est pas moins positive. I L'ouvrage est dédié à l'émir Aboulfateh Mohammed ben f Cara Arslan ben Daoud ben Chakman ben Ortok.

(]] Le ton de cetto note exclurait peut-être la paternité de Caairi. Avec 8& conoaissaoca de l'OrieDt il semblerait qu'il aurait parlé plus froidement de cet écrit. Les Orientaux envisagent autrement i]ue noua les apUrodiaiaqueu. Leur usage est en «quelque sorte un devoir pour eux U existe eur la matière toute une littérature de second ordre : mais les grands médecins ne lu négligent pas Le Père Ange, dans sa Pharmacopée persane, a lui-fflême donne quelques formules aphrodisiaques.

10 BISTOmS DE L.V UËDBCINE ARABE. — LIVRE OtKQDiillE.

Il se divise en deux parties, subdivisées elles-mêmes en douze sommes chacune.

La deuxième partie a un cachet exclusivement médical. Nous dirons cependant quelques mots de la première qui a aussi ses côtés intéressants, et qui du reste nous initie aux mœurs intimes de l'Orient.

I" partie. La 1" somme traite des avantagées du coït et de ses inconvénients.

La 3* pourquoi on le désire.

La 4'= des causes d'affaiblissement.

La 5* discute pourquoi certains hommes d'esprit recherchent les g-arçona de préférence aux Jilles et quels sont les avantages et les inconvénients de l'une et de l'autre habitude. L'auteur croit la première moins énervante parce qu'elle implique une aptitude actuelle qui ne s'acquiert souvent dans laseconde que par de longs etpénibles efforts. Iljustifie sa préférence par d'autres raisons que nous nous abstiendrons de reproduire. S'il faut en croire Razès, dans le Continent, Rufus aurait déjà traité ces questions.

La même somme s'occupe aussi des relations entre femmes.

La 6' recherche pourquoi beaucoup d'individus s'écartent de la méthode naturelle.

La d* est en quelque sorte le code des relations entre les sexes.

Il est d'abord question des convenances k observer dans la conversation, dans le boire etle manger, etc.; enfin le 7* chapitre expose eu détail les règ'les que l'hygiène et le bon goût exigent dans les relations les plus intimes.

La 10° somme est très intéressante. Il s'agit des caractères physiques et moraux des femmes des diverses contrées.

Les sommes suivantes s'occupent du choix de l'objet aimé et du mariage.

II* partie. Elle relève exclusivement de la médecine.

Les 6 premières sommes traitent des divers états d'affaiblissement viril et des divers agents aphrodisiaques.

La T traitt de la conception, de la stérilité et de l'avortement. Les médicaments qui empêchent la conception et les abortifs peuvent être employés dans certains cas où les

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dimensions des parties font craindre tant pour la femme que pour l'embryon.

La 8' traite du cas où le sphincter anal se relâche dans le coït, infirmité dont parlent fréquemment les Arahes.

La IX' traite des direra états de la matrice, des règ-les, des écoulements, des ulcères, dea g-erçures, etc.

La X* traite des causes de faiblesse venant du fait de la femme.

La XI* et la XII' traitent des substances réfrigérantes tant simples que composées.

Tel est cet écrit, sur lequel noua noua sommes quelque peu étendu, parce qu'il nous a paru le type le plus complet et le plus raffiné d'un genre d'ouvrn,ge3 très répandus chez les Arabes.

Nous avons dit que Samuel excellait dans les mathéma^ tiques et l'astronomie. Le Kitab ei hokama lui attribue uu traité du triangle recliugle et un traité de la mesure des corps composés de substances diverses.

Untraitédeserreursdes astronomes existe ila Bodlélenne.

Ebn-Abi Ossaïbiah mentionne trois autres ouvrages dont un de géométrie et deux autres d'algèbre. Le premier eët dédié h Nedjem eddin Aboulfateh chah Gazy Melek chah ben TogruI Bek, et il l'acbevait en l'année 576 de l'hégire. Les deux autres sont adressés à des contemporains (1).

Enfin, comme tunt d'autres Juifs convertis, Samuel paya sa bienvenue chez les musulmans en écrivant un livre contre ses anciens coreligionnaires, toujours accusés d'avoir altéré les Écritures. Aussi Djemal eddio, en parlant do sa conversion, ajoute, comme il le fait plusieurs fois : et sa conversion fut bonne, ce qui prouve que beaucoup de conversions n'étaient pas, solides. Il existe à Paris un fragment de cet écrit, qui a été conaullé par MuJik.

(l) Parmi les notices des maihématiciena données pitr Cnsiri, d'sprès le Kitab cl liokaina, figure colle de Samuel beu lehuda, quftliflép» Casiri llispanm, 1,440.

18 HISrOlRB DE LX UÉDECINB AR4BÉ. — LIVKJB ClNQUiÉMI.

DJORDJANT.

ÂboulFedhallLiman benel Hossein Zeyn addin Ed^jordjany, ou du DjoirdjaD, ainsi que l'indique Ron surnom, naquit probablement au commencement du XII* siècle. C'était un médecin éminent, et qui fut en faveur auprès des souverains du Khouarezm, auxquels il dédia la plupart de ses écrits. Les renseignements ne manquent pas précisément sur son compte, mais Us sont quelque peu confus et contradictoires. Hadyi Khalfetle bit mourir en 635 de Thégire, 1140 de notre ère, ce qui ne concorde pas avec certaines dédicaces de ses écrits, qui le reporteraient à la fin du XII* siècle. Il écrivait en persan.

Hadji Khalla nous donne les titres de trois de ses ouvrages, la Dekhira^ n* 6604^ le Khafy, n^ 4738, et VArrad Ettkohhya, n« 087.

La Dèkhira Khouarezmchahy, ou trésor Khouarezmien, paratt être son ouvrage le plus considérable, attendu qu'il ne contenait pas moins de dix volumes. Il aurait été dédié, suivant d'Herbelot,ausultan Ala eddin Takach, le cinquième de la Dynastie des Kbouarezmiens, qui régnait de 1186 à 1107. Takach e9t le seul de la dynastie qui ait porté le surnom d'Ala eddin, it notre connaissance. Or, comme la qualification d'Âlay se rencontre dans plusieurs titres des ouvrages de Djordjany, il est naturel de croire que les dé^caces ont eu lieu sous le règne de ce prince, plutôt qu'avant son avènement au trône.

La Dekhirase trouve au fonds persan de la Bibliothèque nationale, sous les n** 546, 547, 548 et 540.

Elle existe aussi en traduction hébraïque, mais incomplète, sous le n* 1160 du fonds hébreu. Le catalogue fait cette obser* vatlon que c'est jusqu'à présent le seul ouvrage persan cox\nu, traduit du persan en hébreu.

Diaprés d'Herbelot, Djordjany aurait détache de cette grande composition deux volumes sous le titre de Agrad atthaibat Ce titre est inexact. Tel est-il au complet: El

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arr'aà ettkabbyat ou El mebahit el alaiya, Questions Je médeciue et discussiona alayeiines. Ce dernier mot impllquu une dédicace à Alaeddiii Tacach. Au lieu âe détaché comme dit d'Herbelot, nous vervioug plutôt là uu abrégé de Ui Dekbira, et nous supposons que cet abrégé est représenté, en traduction arabe, par le n" 1019 de l'ancien fonds arabe de Paria.

Le traducteur nous dit qiio parmi d'autrw ouvraj^ed il ii remarqué le Moklasaer aîaîy, de Djordjany, et qu'en raison de son mérite il l'a traduit du persan en arabe. Cet écrit se divise en deux parties, dont la première comprend les généralités de la médecine et la seconde la pratique, y compris la chirurgie, la cosmétique et la toxicologie.

Nous avons vudéjà le titre d'un autre ouvrage qui rappelle aussi le nom d'Ala eddîn, le Khafy Alaïy, ou le secret Alayen, se composant de deux volumes, Nous ne pouvons affirmer, en l'absence de documeii tri, qu'il diffère du Mokhtas- 8cr, qui se compose du même nombre de volumes.

D'après le catalogue du fonds persan, Djordjany aurait composé uu ouvrage pour Atziz, le 2* prince de la dynastie Khouarezmienne, et un autre plus considérable pour le vizir Medjed eddin Abou Mohammed, divisé en 20 livres. Cet ouvrage anrait été eu grand crédit chez les Orientaux, mais ou a dit k tort que c'était lii que le frère Ango de St-Joseph mirait tiré sa pharmacopée persane.

Le même catalogue cite encore sous le nom de Gompendium de médecine, n" 540, un autre ouvrage de Djordjany.

Nons regrettons que notre ignorance du persan ue noua ait pas permis de recourir à ces manuscrits pour résoudre les questions obscures de la bibliographie de Djordjany.

Voici maintenant ce qu'on lit dans certaines copies d'Ebu Abi Ossaïbiah.

CHEflF EDUIN ISIIAIÎL.

Le CliérifCherf eddin Ismael était un médecin éminent, attaché b, la personne d'Ala eddin Kliouaresm chah, qui le tenait en grande considération et lui faisait des appointe-

20 ms^roiRE dz la uéo&cink a.ka.bb. — livre cinooiëhe.

meutti de 1,000 dluars par mois. Il ue survécut pas à son protecteur. On le citait pour ses auccôa dans la pratique médicale. Il écrivit plusieurs ouvrages.

Un traité de médecine intitulé le Trésor, Eddakhira en 12 volumes, dédié & Khouaresm chah.

Des accidents en médecine.

Présent offert aux médecins.

Tous ces ouvrages étaient écrits en persan.

Evidemment ces deus personnages n'en fout qu'un; mats nous manquons de renseigrne^nents pour concilier les dires contradictoires,

FAKHR EDDIM ERRAZY.

Abou Abd Allah ben Omar ben el Khathib Fakhr eddîa Errazy naquit à Rey, en 1149. Son père, qui était un homme distingue, s'était fait une réputation comme orateur et prédicatear éloquent, d'où le surnom d'Ebn el Khatib. Comme aon illustre homonyme il tirait le surnom d'Errazy de Rey :ia ville natale.

Fakhr eddln Errazy est le dernier grand philosophe qu'aient produit les Arabes. Bien qu'il ne tienne à la médecitio que par son côté le plus faible, nous devons cependant mettre en lumière cette grande personnalité, par la raison qu'il eut une haute influence sur la diffusion et la permanence des sciences dans la haute .\sîe, tant par ses écrits que par ses nombreux élèves.

L'existence de Fakhr eddin Errazy est la plus excentrique de toutes celles que nous avons rencontrées jusqu'à présent. Nous le voyons en effet courir de la Perse au Maouarenuahr et de Bokhara k Hérat.

C'est ainsi que la science grecque faisait la conquête de l'extrême Orient, après celle d'Alexandre.

Fakhr eddin Errazy profita sans doute des leçons de aon pèr.', mais nous lui connaiffsons un professeur de philosophie à Méraga, dans la personne d'Ali Medjed eddin Eddjily ou du Ghylan.

Il devint bientôt professeur h son tour. On accourait de

PIÎRSE. 21

tous les c&tés & Rey pour l'euleadre, et quand il marchnit dans les rues il lui arrivait parfois d'être suivi d'une troupe de trois cents disciples. Il avait aus^ii des élèves particuliers parmi lesquels- Kotob el Misry était en quelque sorte son lieutenant. IL les faisait souvent discuter ensemble et intervenait il propos dans leurs discussions.

Son voyage daus le Maouar ennalir ne parait pas avoir été fa son avantagée. 11 en fut dédommag-é à son passade à Sarsks, où il reçut une grénéreuae hospitalité chez un homme capablede l'apprécier, le médecin et philosophe Essarakhsy.

Il fut dlg'nemeut accueilli par Khouaresm chah prince de Hérat, et il se fixa dans cette ville où il resta jusqu'à la fin de sacarrière arrivée en 606 (1209). (1)

A Hérat, Fakhr eddin compta parfois plusieurs souverains parmi ses auditeurs.

Il avait un frère du nom de Roku eddin qui apporta quelque légère amertume dans son existence. Ce frère le suivit partout et s'attachait fa le contrecarrer, jusqu'à ce qu'enfin Khouaresm chah le fit interner.

Fakr eddin eut fleux fila, Dhya eddin et Cliema eddiu qui furent dignes de lui. Il disait du second: S'il vit son è.ga, il me dépassera. Quand Gengiskhau eut défait Kliouaream chah, le vizir .Ma el Malek alla le trouver el en obtint un aauf-couduit pour la famille de Fakhr eddin. Lorb du sac d<^ Hérat, la foule s'était portée dans sa maison, mais on massacra tout le monde, hormis les enfants de Fakhr eddin, qui furent adressés fa Gengiskhan et accueillis avec les pins grands égards.

Aboulfàrage nous raconte que Paklir eddin se fit enterrer dans» sa propriété dans la crainte que la foule ne profanât sa tombe, par la raison qu'il passait pour un croyant équivoque. D'autre part Ebn Abi Ossaïbiah nous rapporte qu'il dicta son testament fa ses élèves, fa son lit de mort, et que ses peuaéefl étaient toutes en Dieu.

Nous ne pouvons entrer dans le détail de tons les écrits

(1] Comblé de pré<>eiit8, F<kk1ir edJia laissa en Lcrita^e, outra de oombreuses propriétés, 80,000 écas d'or.

23 HI8T0IRB DB JJL IfftDECINB An\DB. — LIVRE CIKQUIËUB.

de Fakhr eddin» dont bien peu appartiennent à la médecine. Wtlstenfeld en enregistre 76» dont un gmni nombre nous ont été conservés et se rencontrent dans nos bibliothèques.

Nous nous bornerons à dire que les ouvrages étrangers à la médecine portent sur le Coran» les dogmes musulmans» la religion, la morale» la philosophie, les doctrines d'Avicenne et de Gazzaly» la physique» la dialectique^ sur une sorte d'encyclopédie des sciences, sur les mathématiques» sur Enclide» et même sur la grammaire et sur la divination. Il cultiva aussi Talchimie» pour laquelle il dépensa beaucoup.

Tels sont les ouvrages relatifs h la médecine.

Un grand traité de médecine» incomplet» dit El Maleky.

Un traité sur le pouls.

Un commentaire sur les généralités du Canon, inachevé.

Un traité des boissons.

Un recueil de questions de médecine.

Quelques-un0 de ses ouvrages furent écrits en persan.

* ESSARAKHSY.

Abderrahman ben Abderrahim reçut le surnom de Sarakhsy » de sa ville natale» dont il était le plus éminent médecin. Tout ce que nous savons sur son compte se réduit à peu près à sa rencontre avec Fahhr eddin Errazy en 580» auquel il ofEHt une généreuse hospitalité pendant tout le temps de son séjour h Sarakhs.

Pour lui témoigner sa gratitude, Fakhr eddin composa à son intention un commentaire sur les généralités du Canon» le lui dédia, et le fit précéder d'une préface où il faisait l'éloge d'Essarakhsy.

Ce commentaire, méconnu par fauteur du Catalogue du supplément arabe, M. Ileinaud» existe évidemment sous le n* 1015, 1'* partie. Le Ms. est tronqué, mftis la dédicace est restée : Je l'ai placé sous le nom (suivent des appellations élogieuses) (V Abderrahman ben Abd el Kerim Esaarakhay.

La première moitié lïe ce siècle fut remplie de troubles et les Khalifes de Bagdad furent eflfacés par les Sedjoucides, qui n'y remplacèrent pas également les HouVdes, comme protecteurs des sciencerf.

Lea Khalifes prirent enfin le dessus. Deux d'entre eux, Mostundjeb et Nasser, fireut revivre les anciennes traditions et créèrent des mosquées, des écoles, des bibliotlièques et des hôpitaux.

Cependant les musulmans ne fournirent que des médecins "d'un ordre inférieur. Les quelques hommes éminents qui parurent à Bagdad étaient des chrétiens et un juif converti, et parmi les noms qui nous ont été conservés, la moitié sont des noms chrétiens. LepluRillustred'entrceux, AminEddoula ebn Ettalmid, nonobstant sa qualité de chrétien, fut attaché à la cour, en grande faveur auprès des Khalifes Moctafi et Moatandjeb, attaché t l'hôpital el Adhedy et élevé h la dignité de chef des médecins. Il semble que ce ne fut pas pour lui une sinécure, car il eut à passer à l'instar de Sinan ben Tsabet, des examens où se renouvela la même aventure d'un médecin jjayant de mine et pauvre de science. Un

. autre médecin chrétien, émînent et respecte, fut Abuu Nnsr cl Messihy.

A côté de ce:5 noms il n'en est plus qu'un à pincer, celui

' d'Aboul n.iiMli.it Auuhad Ezzeman, qui do juif se fit nui.snt ma», homme d'une grande intelligrence, mais caractère ambiticnx et jnlonx. crnenii d'Aniin Kfldonla.

2 HI8T0IRB DE LA MÂDKOINI ARiiBB. — LIVRE CINQUIÈME.

A quelque distance nous placerons encore un éminent médecin musulman Fakhr eddin el Mardiny.

Parmi les événements du siècle nous devons signaler uue bourrasque de réaction religieuse, où Ton vit des œuvres de philosophie et même d'astronomie brûlées en place publique, sous l'inspection d'un médecin, Ebn el Marestanya, et au grand étonnement de l'Israélite Yousef Essebty.

Nous voyons cependant, outre les médecins chrétiens déjà nommés, Abou R'aleb ben Safya et Ebn el Mouammil attarchés à la personne des Khalifes.

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