‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 4 sur 162 · ABOU R*ALEB BEN SAFTA · texte numérisé non relu

ABOU R*ALEB BEN SAFTA

C'était un médecin chrétien, qui n'est connu que pour avoir trempé dans la mort du Khalife Abbasside Mostandjed, en l'année 1170. Il était son secrétaire en môme temps que soft méfilecin. Le fait est raconté diversement. Voici la version d'Aboulfarage.

Le Khalife l'avait chargé d'écrire à son vizir de faire exécuter le Préfet du Palais et Gothob eddin Kaïmaz. Ebn Safya montra la lettre &ux deux intéressés, qui le prièrent de retourner auprès du Khalife et de l'assurer que son ordre était exécuté. Mostandjed était malade et prenait un bain. Les deux coupables l'y surprirent et lui donnèrent la mort,

Ebn Abi Ossaïbiah prétend qu'Ebn Safya avait ordonné le bain, et il ajoute que le successeur du Khalife lui ayant demandé un poison pour se défaire d'un ennemi, Ebn Safya le lui donna. Mais ce Khalife exigea qu*il ep Ht lui-même l'épreuve, et Ebn Safya fut obligé de s'exécuter.

Après ce récit Thistorien arabe se borne à dire que les médecins ne doivent pas se mêler des affaires des princes, et qu'ils ne doivent pas dépasser l'eau d'orge.

AMIN EDDOULA EBN ETTALMID.

Aboul Hassan Hibat Allah Saad ben Ibrahim, dit ausâi Itouaffeq eddin, plus connu sous le nom d*Amin Eddoula ebn Ettelmid el Bagdady, naquit en 1073, d'un père qui

était nussi un médecin distiug-m^. Il t-tait rhivtieii et même il devint prêtre et chef de ses porolig'ionnnires.

On ne nous mentionne parmi les maîtres sous lesquels il

étudia que Raïd ben Hibat Allah ; mais ses écrits Ëont une

preuve qu'il s'était formé par la lecture des grands médecins

grecs et arabes.

I II voyagea d'abord en Perse avant de se fixer à Dagdad.

■ Ce fut sans doute à ses voyages qu'il dut de connaître non-

" seulement l'arabe, mais aussi le syriaque et le persan.

Les honneurs, les dig-nités et la fortune devaient être la récompense d'uue noble et long-no existence. L'auteur du Kitab e1 bokama, Djemal eddin, fait les plus grands éloges de son intelligence et de son caractère, éloges répétés par Abdellatif, Ebn Abi Ossaïbiali et Abonlfarage. Il passa pour le plus éminent médecin de son temps.

Nous le voyous d'abord attaché au célèbre hôpital fondé par Adhad Eddoula.

Il fit aussi du service à la cour de Bagdad et jouit do la plus grande considération auprès des Khalifes Moctafy et Mostandjeb. Celui-ci lui faisait rendre une propriété qu'avuit confisquée son vizir et l'agrandissait; celui-là le faisait asseoir' en sa présence, par respect pour son caractèriS et son ûge.

.\min Eddoula cependant se prêtait difficilement au service des grands. Il fut un jour indiqué ii un prince de* environs comme le seul homme auquel il put se confier dans sa maladie, mais sur l'observation qu'on luifit qu'.-Vmin Eddoula He refusait au déplacement, il vint lui-même se constitiier Bon liOte. .A.min Eddoula ie soigna et le guérit. Le prince, de retour dans sa province, lui envoya 4,000 dinars, des e.'iclavea et dts chevaux. Amin Eddoula les refusa, prétestant qu'il avait fait serment de ne rien recevoir.

Il avait k la cour un ennemi dans Aboul Harakat le juif converti à l'Islamisme. Celui-ci écrivit au Khalife contre Amin Eddoula, mais ses machinations tournèrent contre luimême, Abonl liarakat, dit l'historien de la mMecine, iHait plus versé dans la philosopliie, mais Anitn Eddoula était un noîlleur praticien.

Amin Eddoula fut nommé chef des médeciDsde Bagdad, et nous pouvons constater une seconde fois que cette dignité n'était pas une sinécure, mais qu'elle comportait un contrôle de la profession.

Les historiens rapportent une anecdote» qui rappelle celle de Tsabet ben Sinan, qui le premier procéda à l'examen des médecins de Bagdad. Un jour que des médecins s'étaient rendus chez Amin Eddoula, pour être examinés par lui, dans le nombre se trouva un vieillard d'un extérieur recommandable. Il fut reçu avec certains égards. Amin Eddoula lui demanda sous quels maîtres il avait étudié. — Il y a longtemps qu'ils sont morts, lui répondit le médecin. Amin Eddoula reprit : Ce que je te demande, j 'ai coutume de le demander h tous. — A notre âge, monseigneur, répondit le vieillard, on devrait plutôt demander quels écrits aa^tu composés.

Puis prenant à part Amin Eddoula il lui avoua qu'il avait très peu de connaissances pratiques, mais qu'il avait une familVe h nourrir, et qu'il espérait qu'on y aurait égard. — A une condition, répondit Amin Eddoula, c'est que tu t'abstiendras toujours dans les maladies que tu ne connais pas.

On nous a conservé un fait de la pratique d'Amin Eddoula. Un homme lui vint un jour en été, suant le sang. Il le présenta à ses élèves, qui étaient au nombre d'une cinquantaine, et aucun d'eux ne sut que dire. Amin Eddoula le nourrit pendant quelques jours avec du pain d'orge et de l'aubergine et le malade guérit. Cet homme, dit-il h ses élèves, avait le sang atténué et les pores dilatés ; je lui ai donné des aliments qui ont rendu le sang plus épais et les pores plus serrés.

On lui prête aussi ce propos, qui nous prouve qu'il n'était pas chirurgien : je ne voudrais pas retirer une épine implantée dans le ventre et h moitié saillante, dans la crainte de la rompre. Ce propos nous est donné comme une preuve de sa circonspection.

^ Amin Eddoula cultivait aussi la poésie, mais r e se lançait j&m3is dans les grandes compositions, et son historien ne connaît pas une cassida de lui. Il motvrut presque centenaire,

en 1164,1e plus savant de ses coutemporains, et l'honneur de BOn siècle, dit Aboulfarai^e.

Il laissa un SU, qui ne marcha pas sur ses traces et embrassa rislamisme. Un jour on le trouva étranglé dans sa maison. La bibliothèque de son père fut enlevée et fit la matière de douze transports.

Telasont les écrits d'Amin Eddoula.

Deux formulaires des hôpitaux, l'uu en treize et l'autre en vingt chapitres.

h'Aminya, traité des médicameuts officinaux.

Un traité sur la aaignée.

Divers extraits des commentaires de Galien sur les .\phorismes d'Hippocrnte, sur les Pronostics.

Des commentaires sur les Questions de Honein.

Un complément des recueils des Alexandrins sur le livre de l'art de guérir.

Un commentaire des Uadits relatifs & la médecine.

Des observations sur le Canon d'Avicenne. ; Un extrait du continent de Razùs, I Un extrait du livre de Me.'ikonih sur les boissons.

Notes sur le Muïa d'El Mesaihy.

Notes sur le Menhadj.

Un recueil de lettres.

Le formulaire d'Amiu Eddoula détrôna celui de Sahl ben Sabour, qui avait jusque-là régné dans les hôpitaux. Aboulkheir et Mohammed heu .\bderrahman .\bde3salem elMardiny furent ses élèves.

ASOUI-FARADJ lAilYA BE.V ETTAr,MrD.

Tout ce que nous en savons c'est qu'il était un médecin distingué de liagdad, versé dans la philosophie. C'était l'oncle d'Amin Eddoula ebnEttalmid. Cette famille, dit Ebn .\bi Oâsaïbiah, compta beaucoup d'hommes éminenta.

FAlirlR EDDIN EL MARDINY.

Abou Abdallah Mohammed ben Abdessilam ben .\bdcr- ^ahman ben Abdessater el Ansary naquit en 512 a MarJin,

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oii son père était juge, mais sa famille était originaire de Jérusalem, d'où le surnom de Mocadessy, qui lui fut aussi donné. C'était, dit Ebn Abi Ossaïbiah, un savant qui n'avait pas son pareil pour la connaissance de la philosophie et de la médecine. En même temps c'était un homme de bien.

Il étudia la médecine à Bagdad, sous Âmin Eddoula, prenant le Canon d'Âvicenne pour base de ses études. En même temps il donnait à son maître des leçons de dialectique. Il enseigna aussi la philosophie à Sohraouardy.

En 587 de l'hégire il était à Damas, enseignant le Canon au Cheikh Mohaddeb eddin ben el Hadjib. Celui -ci voulut le retenir, lui offrant trois cents drachmes par mois. El Mardiny refusa, disant que la science n'avait pas de prix. Cependant comme il se rendait à Mardin il passa par Alep et y fut retenu deux ans par le sultan Malek Eddaher qui le combla d'honneurs et de présents. En quittant Alep il s'arrêta dans la ville d'Amide, où il mourut en 594 (1197) âgé de 82 ans. Il légua par testament sa bibliothèque à la ville de Mardin.

Tout savant qu'il était, dit Aboulfarage, il n'écrivit pas, et ne laissa qu'un commentaire sur un poème d'Avicenne.

LES ATHREDY.

Nous trouvons sous ce nom un groupe de trois médecins» d'un renom modeste, il est vrai, mais qui ne méritent pas moins d'être réunis comme un exemple ajouté à tant d'autres de la science perpétuée dans les familles.

ALI BEN ATHREDY.

Aboul Hassan Ali ben Hibat Allah ben Athredy était un médecin en renom, savant et habile praticien, d*un pronostic sur. Il écrivit la Défense des médecins, à l'adresse d' Aboul 01a ben Mahfoud ben el Messihy, médecin lui-même.

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