BEDR EDDIN EL CAL.\N'ISY ESSAUARCA^DT
Nous n'avons pas la date précise de l'époque oii il vivait, mais d'après la place qu'il occupe dans Ebn Abî Ossaïbiah nous devons croire qu'il vit le commencement du XIII* siècle. Nous donnerons ses noms au complet, pour le pouvoir distinguer de l'autre Samarcandy.
Mohammed ben Babram ben Mohammed Bedr eddia el C alanisy Essamarcandy, était, dit l'historien de la médecine, un excellent praticien, qui écrivit un formulaire en 49 chapitres, oîi il traite des médicaments composés d'après les bons livres, tels que le Canon, le Continent, le Camel (d'Ali ben el Abbas, le Mansoury (de Razès), la Dekhira, etc.
Cet ouvrage existe à Paris, ancien fonds, bous lé n* 1023, oii il vient en troisième lieu, après un autre formulaire.
Nous trouvons dans ce Manuscrit précisément les renseignements donnés par Ebn Abi Ossaïbiah. Nous renonçons à donner le détail des 40 chapitres, oii sont répartis les diverses préparations officinales, lea proportions de cet ouvrage en faisant plutôt un Manuel qu'un Traité complet de la matière. Culanisy est assez souvent cité dans le Tedkira de Soueidy.
COTllOB EDDl.N ECHCHIRAZY.
Nous avous vu bieu souvent la médecine conduire &eA adeptes à des positions émineutes : Cothob eddin Echcbirazy en est un des derniers exemples. Mais, cette fois, il ne s'ag-it plus de souverains musulmans, il s'agit de barbares, des Monfi%)ls. Non-seulement Cothob eddin fut en faveur auprès d'eux, mais il contribua puissamment à les convertir h l'Islamisme, c'est-à-dire fi la civilisation.
U naquit à Chiràz en 123G, d'une famille qui avait compté une série de médecins distingués. H commença ses études auprès de sou pèreDIiya eddin Masoud el Cazrouny, qui était attaché à l'hôpital de Chiraz, et après l'avoir perdu àrâg:ede vingt ans, il les continua sous son oncle Kemal eddin Aboul Kheir el Kasrouny.
Ayant conçu le projet de commenter les Généralités du Canon d'.^vicenue, il s'inspira d'abord des conseils de sou oucle, puis des médecins Mohammed ben el Kichy et Cherf eddin Zaky el Bouchlcany. Il se mit ensuite o. recueillir les ouvrages de ses devanciers, tels que l'akhr eddin Errazy, Cothob eddin cl Misry, Afdhal eddin ben Moliammed, Zeiu eddin Abdel Malekel Khounedjy, Rafi eddin Abdel Aziz "ben Abi elOualiided Djity, Nedjem eddin Abmed ben Abi Bekr Ennakhdjiouauy. C'est lui-mêmequi nous le raconte dans la préfacede son livre, dont nous avons examiné un exemplaire à l'Escurial sous le n' 864, ancien 859. Il se mit ensuite a voyager, parcourut le Khorassan, les deux Iraks et la Perse
Iet poussa même dans le pays de Roum, ou l'Asie mineure, Be mettant en relations avec les savants et les médecins du pays et leur communiquant ses observations et ses doutes.
Un grand événement survintqui lui permit aussid'étendre le cercle de ses exploTations.
La Perse était alors gouvernée par des princes Mongrols de la famille d'Houlagou. Lo prince régnant, .Mimed Khan, qui se trouvait alors en guerre avec l'Egypte, se tit tout ii-
130 UISrOiRB DE LA MÉDKCINB ARABE. — LIVRB SIXlftMB.
coupmusulmauy en partie bous rinspiration de Cothob eddiii. Il voulut alors envoyer au sultan d'Egypte» Kalaoun, une ambassade avec une lettre exposant sa profession de foi et en même temps des propositions de paix. Cette lettre longue et remarquable nous a été conservée. Kemal eddin et Cofhob eddin faisaient partie de ram|)as8ade. Ils sont qualifiés dans cette lettre, le premier de Cheikh el Islam et de modèle des savants, et le second de Gadhi des Gadhis, dont la parole est sûre ; d'où nous pouvons conclure que l'oncle et le neveu avaient allié l'étude de la jurisprudence à celle de la médecine. La lettre fut parfaitement accueillie et la paix conclue. C'était Vannée 681 de l'hégire, 1282 de notre ère. (Aboulfarage^.
Cothob eddin, c'est lui-môme qui nous l'apprend dans sa préface, employa ses loisirs à continuer ses recherches. Il trodva en Egypte trois commentaires complets des généralités du Canon, l'un par Ëbn Ennefis, le second par Iakoub ben Ishaq Essamiry, le troisième par Ebn el KoiF. En môme temps il trouva des réponses de Samiry à Nedjem eddin sur certaines parties de l'ouvrage, la clef du Canon par Ebn el Djami et ses réponses aux observations d'Amin Eddoula ebn Sttalmid, enfin des écrits d'Abdellatif en réponse à Ebn Eddjami. Riche de tous ces documents, il se mita la comiK)sition de son commentaire, qu'il dédia au vizir Mohammed Sad eddin. Cet ouvrage existe dans plusieurs de nos bibliothèques.
Nous avons aussi un Traité sur les maladies des yeux.
Il existe encore, à Oxford, des commentaires sur le Can^ ticum ou Ardjouza d'Avicenne dont Wtistenfeld n'a pas parlé.
Cothob eddin écrivit encore sur la jurisprudence, la philosophie et surtout sur l'astronomie*
Il mourut en 710 de Thég'ire (1311). L'exemplaire de l'Escurial porte la date de 70Î et fut ainsi trancrit de son vivant.
NAKUUJIOOAM".
Aliiueii beii AIji lîekr beu Muliammcd Nedjem «ddiu ËUDsklidj iouany vivait daos le coiiraut ilii XIII" siècle Aboulfarag'e en fait mnotion après Djemal eddin el Koftliy, l'auteur du Kitab el hokama.
.C'était, dit-il, un homme versé dans la pliilosopliio et lea ficieiicea antiqueB. Il quitta son pays natal Nakbdjiouan, ville de l'Aderbaïdjan, pour se fixer dans le pays de itoum (Asie mineure) oii il occupades fonctions importantes auprë» des Seidjoucides. Préférant la Boli,tude au tracas du monde, il se retira k Alep, où il ue voyait plus que les grens qui venaient le visiter. Il passait pour croire à la métempsychoae.
Nakhdjiouany écrivit sur la logique d'Avicenne et contre lea idées du Kackef de Khounedjy.
La Bibliothèque nationale possède, sous le n* 1053 d9 l'aDcien fonds arabe, un écrit de lui, qui portu le titre do Bail Choukouk el Canoun, ou solution dos questions douteuses du commentaire de Faklir eddin Errazy sur le Canon d'Avicenne, Cet ouvra {je est dédié au sultan Azz eddin Aboul- Oikteh Kal'cobad ben Kaikosrou ben Kilidj Arslan, neuvième sultan Seldjoucide d'Iconium, qui rég-na de l'année 1219 à l'année 1237. Le Ms. contient 128 feuilles.
EL KHOONEDJY.
Afdlial eddin Mohammed ben Namaouar ben Abd el Maiek el Khounedjy vécut jusqu'en 68G (1287) d'après certaines don- Dée-s d'Ehn Abi Ossaïbiah. Wilstenfeld le fait naître en 1194 et mourir en 1248, après avoir professé au Caire.
C'était un des nombreux disciples de Fakhr eddin Errazy.
Il écrivit un commentaire du Canon dont il existe deux copies au supplément arabe de Paris, n" 1015 et 1017.
Dans ce commentaire il s'inspire des écrits de son maître. Khounedjy écrivit sur la log-iqueun livre intitulé £ac/ie^, qui fut réfuté par Nakhdjiouany (Aboulfarag^e, 340).
132 U16T0UŒ Dlù LA MÉDECINK ARABE.— UVRE BIXIÉUB.
KUODJANDY.
Faklir eddin el Khodjandy, qualifié le prince des médecinâ, Oustad el athibba, nous est particulièrement connu par une notice de Hadji Klialfa, n* 3680. Un savant éminent, dit Hadji Khalfa, avait rédigé un abrégé du Canon sous le titre El Maknoun. Ce savant n'est autre que Eben Djami, et le titre complet de son livre est El Maknoun fi tanquih el Kanoun. Khodjandy remania ce Maknoun» y fit des retranchements et des additions et le publia sous le titre Tanqmh el Maknoun. Il le résuma une seconde fois, y fit de nouvelles additions, et lui donna le titre de Talouih ila Asrar Ettan" quih. Dans ses proportions restreintes, cet ouvrage contient des choses que Ton ne trouve pas dans les écrits de longoie haleine. Il se divise en cinq livres : 1* De Tobjet de la médecine et des choses naturelles ; 2* Des maladies et de leurs causes ; 3* De la conservation de la santé ; 4* Du traitement des maladies ; 5* Des fièvres. Louftallah el Misry accompagna le Talouih d'un commentaire et donna à son œuvre le titre de : Ettesrih ficharh Ettalouih.
Le Talouih existe à Paris sous le n* 1049 de l'ancien fonds. C'est un volume de 100 feuilles. L'auteur est appelé Aboul Fedhaïl Bahram ben Bahmau, mais l'identité n'est pas contestable, attendu que le début est tel qu'il est donné par Hadji Khalfa, et que l'on y retrouve aussi, mais in extenso, les renseignements donnés par Hadji Khalfa.
A la dernière page on lit : Chapitre des fièvres.
Hadji Khalfa cite, aun' 846 Les Principes des compositions en médecine par Mohammed ebn el Khodjandy, qui serait peut-être le fils de notre auteur.
Nous n'avons pas de date relative h Khodjandy, mais de l'ensemble des faits nous avons cru devoir le placer ici.
RACIIID EDDIN BEN IMAD EDDOULA.
Rachid eddia Aboul kheir Fadhl Allali ben Iniad cddonla naquit en Perse vers l'année 1240 de notre ère, dn temps du la domination mong'ole.
Sea vaâtt^s connaissances accusent une jeunesae studieuse. Il étudia la médecine et ce fut sans doute son habileté dan?* son art qui le fît entrer h la cour des Mongols, et lui concilia la faveur des souverains. Mais la médecine ne fut pas l'objet exclusif de ses études. Outre les sciences qui ont avec elle un rapport immédiat, il cultiva l'agriculture, l'apchitectupe, la métaphysique et la théologrie.
Il possédait encore à fond plusieurs langues, le persan, l'arabe, le mongol, le turc, l'hébreu et peut-être le chinois. Ce fut sans doute en raison de ce rare easemble de connaissances qu'il fut nommé vizir par Gazan Khan, dans les dernières années du XIII* .siècle. Oldjaïtou, successeur de Gazan, maintint Rachid eddin dans ses fonctions, conjointement avec Saad eddin.
Ayant passé près d'un demi-siècle h la cour des Mongols, Rachid eddin avait acquis d'iramanses richesses. Il eu fit un giinéreux emploi et se plut a les dépenser pour des iiistitntious utiles et des fondations pieuses. A l'iustar de Gazuii Khan, il fit construire à Tanris tout un faubourg, renfermant une quantité d'édifices d'une régularité et d'une beauté inaccoutumées. D'après les écrivains arabes rien de pareil ne se voyait dans l'univers entier. Il avait fait amener les eaux de la Serouroud par nn canal percé dans le roc et traversant une montagne. Ce faubourg prit de son nom celui de Raba Rachidy.
Mais ce fut surtout pour ses écrits qu'il fit des dépenses extraordinaires. Il dépensa 00,000 dinars (900.000 francs) pour la transcription, la reliure, les vignettes et les cartes de ses différons ouvrages. lien fit faire des copies et dépo-sL-r un exemplaire eu grand format dans l'édifice qui dcv;iit lui aervir de sépulture. Sur les rt'venus affectés à la fijuiLtlin
134 niSTOIRB DB LA MfiDBCINB ARABB. — LIVRB SIXIÊICB.
OU devait en transcrire des exemplaires qui devaient être envoyés aux grandes villes de l'Islam.
Cependant Kachid eddin eut des ennemis qui parvinrent à révincer en Tannée 717 (1317). Il quitta la cour et se retira à Tauris. On lui fit ensuite des offires» qu*il eut le malheur d'accepter. Ses ennemis recommencèrent leurs attaques et l'accusèrent d'avoir causé la mort du sultan Oldjaltou en lui donnant un breuvage empoisonné. On fit venir Djemal eddin, qui avait été médecin d'Oldjaltou et on l'interrogea sur la mort de ce prince. Sa réponse est une page curieuse de l'histoire de la médecine. < Le sultan, dit-il, était aflTecté d'une violente indigestion, accompagnée d'une diarrhée extraordinaire et de fréquents vomissements. Ayant été appelé et consulté sur le traitement que la circonstance exigeait, je conclus avec tous les autres médecins qu'il fallait faire prendre au prince des astringents qui puissent donner du ton à l'estomac et aux entrailles. Rachid eddin lui seul fut d'un avis opposé.
< Il prétendit que cette indisposition provenait de plénitude et qu'il fallait encore des évacuations. En conséquence nous fîmes prendre au sultan un remède purgatif qui augmenta la diarrhée et conduisit le malade au tombeau. »
Rachid eddin étant convenu du fait, fut déclaré coupable et cçndamné à mort. On l'exécuta, en même teînps que son fils Ibrahim, en l'année 1318.
Entre autres ouvrages Rachid eddin laissa un grand recueil d'Annales, Djami ettouarikh^ et le livre des Vivants et monuments, qui n'est autre chose qu'un traité complet d'agriculture dont nous connaissons l'ordonnance, mais qui ne nous est pas parvenu.
M. Quatremère a traduit son Histoire des Mongols, de Perse, qui fait partie de la Collection orientale, et c'est de la préface de cet» ouvrage que nous avons tiré nos renseignements sur Racfrid eddin.
La B. de Copenhague possède de lui, sous le n* XXXVI, un traité de l'utilité et des inconvénients des aliment"^, boissons et vêtements, écrit par ordre d'Argouu Khan.
Zakaryd ben Mohamnied, dit El Kazouiny dû la ville de Kazouiu ou Casbiu, en Perse, naquit nu commencement du douzième siècle, d'une famille de légistes, et mourut en 12S3.
On lui a donné le titre de Pline des Arabes. On peut le lui conserver à la rig-ueur, si l'on entend seulement par là qua, tout comme Pline, il a traité dans un seul corps d'ouvrog^o la cosmog:raphie, l'histoire naturelle et la géographie, et que son ouvrage est dans son ^enre ce que les Arabes nous out laissé de plus complet et de plus approchant de l'histoire naturelle de Pline ; mais il ne faut pas entendre que le naturaliste arabe a le mérite du naturaliste latin. Kazouiny n'a pas l'ampleur et l'élévation de Pline, malgré qu'il lui soit supérieur en certaines parties, telles que l'astronomie.
L'ouvrage de Kazouiny porte le titre de Adjaîb el Makhlouqat oua R'craïb el Moudjoudat, c'est-à-dire Merveilles de la nature et Curiosité" de la création.
De même que l'ouvrage de Pline, il porte le cachet delà compilation . On peut le diviser en deux parties : la premiàre comprenant la cosmographie et l'histoire naturelle, et la seconde la géographie.
Il débute par l'astronomie, qui occupe une place asst« im* portante. Il y est question des corps célestes, les uns après les autres ; les éclipses et les constellations y sont représentées par des figures. C'est l& qu'Ideler a puisé pour ses travaux sur l'astronomie orientale.
Après avoir parlé des anges, Kazouiny s'occupe du temps et de ses divisions.
Il parle ensuite des éléments, des météores, des mers, des îles et de leurs produits. Avec les mers il traite des animaux marins. A propos de la mer de Zendj ou du Zanguebar, il dit que ceux qui voyagent dans ces parages n'aperçoivent plus le pôle nord et ne voient plus que le pôle sud.
Vientensuite la description de la terre proprement dite, de ses montagnes, de ses cours d'eaux et de ses sources.