HISTOIRE DE LK UX'.DECWR ARABE. — LIVRE SIXIÈME
Après ce sont les minéraux et les pierres et Ton voit fréquemment apparaître le nom d'Âristote. Alors déjà le port de la Galle, Mers el Kharez, était renommé pour la pêche du corail.
Ce sont ensuite les végétaux, à commencer par les arbres.
Après les plantes, viennent les animaux, l'homme en tdte, dont l'anatomie est assez largement exposée et qui est considéré tant au moral qu*au physique. Ici nous rencontrons l'histoire de Satan, et la fin de la première partie.
Nous avons déjà dit que la deuxième partie traite de la géograi^hie. La terre est divisée en sept climats et dans chaque climat les villes sont disposées par ordre alphabétique. Outre la description des localités on rencontre souvent la biographie des hommes remarquables qui y sont nés.
L'ouvrage de Kazouiny, tout comme celui de Pline, porte parfois le cachet de la crédulité. C'est ainsi qu'on le voit très souvent citer Balinas dont nous avons établi l'identité avec Apollonius de Tyane. Nous avons déjà dit que son autorité la plus constante pour les minéraux c'est Aristote. Pour les plantes, ce sont le plus souvent Avicenne et l'agriculture nabathéenne. Pour les animaux, c'est Djahidh, qui futplutôt un compilateur qu'un naturaliste observateur.
La patrie de l'auteur est accusée par un assez grand nombre de synonymies techniques en langue persane (l).
Nous avons déjà dit que l'astronomie était bien traitée. On peut en dire autant de la géographie. Çà et là on trouve quelques faits à relever. Ainsi il nous parle de chutes d'aérolithes dont une avait le poids de cinquante mines.
Ghézy avait fait un choix intéressant de passages extraits de Kazouiny, qui ont paru dans la Chrestomathie arabe de M. de Sacy.
(1) Kazouiny nous apprend qu'il était à Damas en l'année 630 de riicgire. Il nous apprend aussi qu'il eut pour maître Ben Amr el Abhary, lequel, malgré son rare savoir, ne put résoudre une question de mathématique proposée par les Francs, à savoir la construction d'un carré égal à un segment de cercle, solution donnée par Kemal eddin ben Younes.
Dans ces deniiers temps le texte de Kazouiny a été publié
par Wllstenfeld, eii deux volumes.
NASSIR EDDIN ETTHOD83Y.
Naasir eddÎQ Kttliouâsy est peut-être la plus grande existence de l'Orient au XIII" siècle. Il intéresse faiblement la médecine, mais ses fonctions et l'impulsion qu'il communiqua h la culture des sciences ne nous permettent pas de le passer sous silence.
Plusieurs questions s'agitent autour de lui, dans le d&tail desquelles nous ne pouvons entrer, ainsi la date de sa mort, les motifs qui le déterminèrent à quitter Bag-dad et à .se réfugier chez les Mongols, son rule de traducteur. 11 reste une bonne étude à faire sur cet homme célèbre, après celle que Jourdain a donnée dans son mémoire sur l'observatoire de Héraga.
Naasir eddin Etthoussy, dit aussi le Khodja, naquit à Siouah, au commencement du XIII* siècle ; on donne même la date de 597 de l'hégire {1200-1, de notre ère).
Son flurnom de Thoussy, vient de ce qu'il fut élevé à Thous.
Jourdain rapporte d'une part qu'il encourut la disgrâce du Khalife Mostassem à propos d'une pièce de vers qu'il lui dédia, mais dont l'adresse ne parut pas convenable, ce qui rappelle une aventure analogue d'Averroès. Mis en prison, il s'échappa et se réfugia auprès de Houlagou le Mong'ol. D'autre part, Jourdain rapporte que Nassir eddin, traité injustement parle gouverneur du Kouhîstan, s'enfuit dans l'Irak Adjemy, d'où sou nom parvint a Maugou Khan, qui se le fit envoyer par son frère Houlagou. On dit même que les renseignements fournis par Nassir eddiu aidèrent les Mongols à s'emparer de Bagdad.
Nassir eddin entra dans les faveurs et dans l'intimité des nouveaux souverains de l'Aae. Aboulfarage rapporte qu'il fut chargé de l'administration des revenus de toutes les écoles de l'empire Mongol.
138 HI8T01RB DE LA MÉDEOIKE ABABS. — UVRB SIXIÉIU.
Son crédit profita particulièrement à l'astronomie, au point qu'on lui fit construire un observatoire.
Aussitôt après la prise de Bagdad, des livres furent recueillis, de nombreux savants convoqués, et on se mit k construire un observatoire sur le sommet d'une montagne près de Méraga.
< L'édifice fut disposé de manière que tous les matins les rayons du soleil étaient reçus par un trou pratiqué à la coupole et se projetaient sur le mur.
On connaissait par là les degrés et les minutes du mouvement moyen du soleil, sa hauteur dans les quatre saisons dé l'année et la quantité des heures.
On voyait dans l'intérieur du bfttiment les figpures des sphères, des épicycles, des déférents, des cercles destinés k représenter les mouvements des douze signes du zodiaque. Enfin la forme de la terre, la division en sept climat», la longueur des jours, la latitude des pays, la forme des îles et des mers y étaient marquées bien distinctement. Les instrumentb y étaient en grand nombre. » Jourdain.
Nassir eddin corrigea plusieurs instruments anciens et en inventa de nouveaux. Jourdain en décrit cinq.
c Nassir eddin, aidé dans ses opérations par Mouayed eddin el Oredhy de Damas, Fakhr eddin el Khelathy de Tiflis, Nedjem eddin ben Debiran de Gazouin, Fakhr eddin el Meraghy de Mossoul, Mohy eddin el Magreby, etc., termina en douze années un travail qui, d'après les premiers calculs, devait en exiger trente.
On sait maintenant qu'il se contenta de reproduire la Table hakémite d'Ebu lounis, en y introduisant un petit nombre de modifications utiles ; mais il n'en est pas moins vrai qu'on se livra dès lors avec une nouvelle vivacité aux observations. » Sédillot.
Le travail de Nassir eddin porte le nom de Tables Ilkha^ niennes, ou impériales, Houlagou portant le nom (Vllkkan.
c Les Mongols de la Perse rendaient donc à l'école arabe une partie de son ancien éclat : d'un autre côté Kublaï Khan, frère de Houlagou, achevait la conquête delà Chine et trans-