‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 37 sur 162 · SAÏD BEN TOUMA · texte numérisé non relu

SAÏD BEN TOUMA

Aboulfaradj (autrement dît Aboulkerim) Saïd ben Hibat Allah ben Tourna, dit aussi Amin Eddoula, était un chrétien

l'ira.k. 141

de Uagdad jouissant comme homme et comme médecin d'une grande cousidé ration.

Il fui d'abord le médecin de Nedjem Eddoula qui en fit ensuite son ministre. Le Khalife Knnacer le prit ensuite b son service, l'admit dans son intimité et lui confia les secrets (le l'État. Cependant le Khalife s'était afi'aihli par V&ge et il avait perdu ii peu près complètement la vue et la mémofre. Uu eunuque du nom de Tadj eddin et une femme du sérail abusèrent de ses infirmités, le circonvinrent, le aoustrairent aux approches de tous, contrefirent son écriture et par des actes supposés dirigèrent toutes les affaires au gré de leurs passions. Le vizir El Kassimy s'aperçut bientôt qu'il y avait de l'incohérence dans le.^ actes donnés sous le couvert du Khalife et il pria !e médecin Ben Tourna d'en rechercher la cause. Ben Tourna n'eut pas de peine è. la reconuaître et il en fit part au vizir. L'eunuque le sut et fit aussitût nssasbiiier Ben Touma. Les meurtriers furent reconnus et subirent le lendemain le dernier supplice près du lieu même de l'assassinat. Quant aux instiffateura du crime, ils échappèrent au châtiment, au milieu des troubles qui suivirent la mort du Khalife. Ces faits se passaient en 1223.

MOIUDDEB EDDIN BEN HOBAL.

Aboul Ila-ssau .\li ben Ahmed ben Ali Mohaddeb eddin beti Hobal, dit aussi El Ba^dady, naquit ii Bagdad en 1122. Il étudia la médecinek l'école d'Aboulcassem Essaraarcandy, et devint un des bons médecins de son temps, un philosophe, un moraliste et un poète. Mossoul était sa résidence habituelle. Pendant quelques années il fut le médecin du prince de Khalal en Arménie, et il acquit là de g-randea richesses. Une aventure insig'uifiante l'en fit sortir, suivant Aboulfarag:e. Observant un jour l'urine du prince, un des valets s'avisa de lui demander s'il ne la goûtait pas. Le médecin répondit que cela au faisait quelquefois, mais pasdans tous les cas, et le prenant ii part il lui fit observer que sa réflexion pouvait le perdre dans l'esprit du prince en lui

1 12 HISTOIRE DE LA MÊDECWE ARADK. — UVKE SIXIÈME.

donnant à penser qu'il ne mettait pas tout en usage jiour s assurer de l'état de sa santé. Il habita quelque temps Mardin, puis à Tàge de 75 ans étant devenu aveuglo, il se retira à Mossoul, où il ne continua pas moins à donner des consultations. Il vécut jusqu'en l'année 1213.

Il laissa deux écrits : un Traité de médecine estimé, en quatre volumes, intitulé El Mokhtarovi le choix, et un autre intitulé Eddjemaly, dédié au vizir Djemal eddin.

Il laissa aussi un fils dont le nom suit.

CUEMS EDDIN BEM HOBAL.

Ghems eddin Aboul Abbas ben Ali ben Hobal naquit en 548 (1153). Ainsi que son père il fut un médecin distingué et se livra aussi aux travaux littéraires. Il voyagea dans le pays de Roum ou l'Asie mineure, où il fut parfaitement accueilli par le prince Kikaous, mais il n'y resta que quelque temps et mourut laissant des fils, qui furent des hommes éminents et qui vivaient encore à Mossoul à l'époque où écrivait Ebn Abi Ossaïbiah.

TAKY EDDIN EBN EL KHATHTHAB.

Taky eddin, de Ràs el Aïn, se fit un nom par ses grandes connaissances en médecine et par son habileté comme praiicien. Il fut admis comme médecin auprès des sultans Gayat eddin et son fils Azz eddin, qui en firent aussi leur intime et le comblèrent d'honneurs et de richesses, au point qu'il menait un grand train de maison (1).

(1) Il semblerait que ce médecin fut le même que celui dont parle M. Cherbonneau, dans son travail sur les savants de Bougie. Son Taky eddin vint de Mossoul à Bougie, après avoir parcouru le pays des Mages, la Tartarie et le Soudan ets*en fut mourir au Maroc.

HASNOUM ERROHAOGV.

Hasaouu était un médecin chrétien d'Édesse. Il étudia lu médecine dans sa ville natale, puis il se mit à voyager et visita les villes d'Amide et de Meyafarakio. afin de nouer des relations avec leurs savants. A de grandes connaissances dans la médecine, il joig-nait l'habileté du praticien. Il se fit un g-rand renom dans les états de Kilidj Arslan où il eut pour clients les hauts personnaj^es. Il se dirigea ensuite vers Alep, comptant sur la faveur d'un eunuque qu'il avait antérieurement connu et qui remplissait alors les fonctions du ministre.

Cependant l'eunuque par un travers que nous ne .sommes pas habitué à rencontrer, du moins chez des hommes complets, le dédaigna en raison de sa qualité de médecin. Hasuoun se mit en route pour retourner h Édesse et fut pris d'une dyssenterie et d'une affection de foie qui l'enleva en l'année 625 (1227).

Page 1