‹ Histoire de la médecine arabe v.1, c.2Chapitre 5 sur 162 · SAÏD BEN ALI BEN ATHREDY · texte numérisé non relu

SAÏD BEN ALI BEN ATHREDY

Aboul IlanaYm Saïd ben Ali, fils du précédent, était un des bons médecins de Bagdad, et fut attaché comme médecin en

chef au célèbre liùi>it:il fouilé par Adliad Eddoulii. Il vivait (lu temps do Moctafy, c'est-à-tlire dans le milieu du XII'

ALI OKN SAID BEN ATHaEDY.

DJemal eddlu About Hussau Ali ben Saïd, fils du iirécédent, passait pour un excelleut inédeciu, consommé dans la science et dans la pratique de son art.

lAltVA BEN SAID DKN MARY.

C'était un médecin chrétien, mentionné par Djemal eddin etpar Aboulfarage. Le premier nous apprend qu'il exerçait la médecine h, Bassora. C'était aussi un homme connaissant parfaitement la lang-ue arabe et les écrits des anciens. Il cultivait aussi la poésie, et l'on en trouve un échantillon dans Aboulfarage. Il mourut en 589 (Ufl3) ayant écrit un traité en soixante séances.

ABOUL BARAKA.T AOUHAD EZZUMAM.

Aboul Barakat Hibat Allah ben Ali ben Melka Aouhad Kzzeman, natif d'une localité du nom de Baled, d'où il est dit El Baledy, vint habiter Bag^dad. Les surnoms d'Aboul Barakat, le père des bénédictions, et d'Aouhad Ezzeraan, l'unique de son temps, attestent la renommée dont il jouit.

Nous ne savons au juste l'époque où il naquit, mais, comme on và le voir, ce dut être dans la seconde moitié du XI* siècle. H était juif, et, en cette qualité, il se vit refuser l'école de Saïd ben Hibat Allah, qui ne voulait pas recevoir de Juifs. Aboul Barakat corrompît le conciergre, et obtînt une place dans le corridor, d'où il pouvait entendre le professeur. Or, il advint, au bout d'un an, que celui-ci proposa une question à ses élèves, don^ aucun ne put la résoudre, Ltkdessus, Aboul Barakat s'avança, et saluant Saïd, lui dit : ■ Maître, me permets-tu de parler ? — Parle, lui répondit

30 UISTOIHB DB Lk MÊOEClNC ARAUE. -^ LIVAB CINQUIÈME.

Saïd, et réponds-moi par les paroles de Galien. » Aboul Ba-* rakat répondit parfaitement, et, dès lors, Saïd ben Hibat Allah Tadmit dans son école, dont il devint un des meilleurs élèves.

Aboul Barakat était une grande intelligfence. Il connaissait la philososophie tout autant que la médecine, mais c'était un homme orgrueilleux, remuant et ambitieux. Nous avons déjà vu que ses intrig^ues ourdies contre Amin Ëddoula n'avaient tourné qu'à son détriment.

Une aventure le poussa plus loin et le fit changer de religion. Le fait est raconté diversement. Les uns parlent d*uu affront dans le genre de celui qui lui avait fait interdire l'école de Saïd ben Hibat Allah, et qui lui serait arrivé à la cour. D'autres racontent le fait autrement.

Un sultan Seljoukide l'avait appelé de Bagdad pour le soigner. Aboul Barakat le guérit et fut largement récompensé. Il se remit en marche pour Bagdad, déployant une grande pompe et étalant les richesses dont il avait éié comblé, ce qui lui attira une épigramme dont tel est le sens : c Nous avons un médecin juif dont toutes les paroles sont des sottises; il déploie un grand faste^ et cependant il est moins qu'un chien, et on dirait qu'il n'est pas sorti du désert. »

Aboul Barakat fut blessé au vif, et comprit que le judaïsme était un obstacle & ses rêves de grandeur.

Il conçut alors le projet de se faire musulman. Mais, auparavant, réfléchissant que ses filles ne voudraient pas le suivre dans la nouvelle religion, et que, partant, elles seraient privées de ses biens, il obtint du khalife un décret qui les déclarait aptes à hériter, et il embrassa l'islamisme.

Il vécut, dii-oii, longtemps encore, exerçant la médecine et l'enseignement avec succès, mais sa vieillesse fut rudement éprouvée. Il devint aveugle, sourd et lépreux; il souffrit des douleurs que sa science était incapable de calmer Sentant approcher sa mort, il demanda que l'on gravât sur sa tombe ces mots seulement : « Aboul Barakat Aouhad Ezzeman, qui connue la bonne et la mauvaise fortune, et qui écrivit le Moutabar. »

l'irak. 31

On fit sur lui do.3 vers dont tel était le sens : « Amin Eddoula et son rival Aboul lîarakat finirent différemment : l'humilité de l'un l'éleva jusqu'aux nues, l'orgueil de l'autro l'enchaîua b. la terre. » Il avait vécu quatre-vingts anm^es.

On raconte de lui un fait curieux de sa pratique, IJn homme affecté de mélancolie croyait avoir sur la ttitfi un insecte, dont il ne yiouvait se débarrasser. Plusieurs médecins avaient, en vain, essayé de le g-uérir.

Aboul Barakat s'entendit avec ses domestiques, L'uu d'eux s'approcha du maniaque avec un b&ton et l'en Trappa sur la tête, tandis que l'autre laissa tomber un vase dans lequel on trouva un insecte. Le malade s'en crut, dés lors, débarrassé. C'est là, dit le biographe, un fait remarquable de thérapeutique, et on en trouve plusieurs de pareils dans l'histoire des maladies mentales, notamment chez Galien.

Tels sont les écrits qu'il a composés :

Le iïontabar, ouvrag-a renommé, qui traita de la diilactique, de la métaphysique et de la physique.

Un formulaire. Deux traités sur des médicaments dé sou invention.

Abrégé de l'Anatomie de Galien.

Pourquoi les étoiles paraissent la nuit et di^parais.sent Le jour.

De riutellect et de sa nature.

BADI EZZEMAN El. ASTEBLABY.

Aboulcassem Hïbat Allah ben el Hosaeii, ben Ahmed el Bagdady, reçut le surnom d'El Asterlaby, parce iju'il passait pour l'homme de sou temps qui avait la plus grande connaissance et l'habitude de l'astrolabe. C'était aussi un médecin, un philosophe et un poète. Il paraît identique avec le troisième Hïbat Allah d'Aboulfaradj . Cependant on s'étonne du-peu qu'il en dit; Il le donne comme un homme des plus émincnts du siècle, duquel on disait qu'avec lui on pouvait Be passer d'Hippocrate, de Socrate et d'Ebn Botlan.

Il mourut, dît Aboulfaradj, quelqub temps aprèa l'année

32 HISTOIRE DE LA. MÉDECINE ARàBB. — LIVRE CIKQUIEUB.

530 (1135). Frappé d*apoplexie, on le crut mort et on l'ensevelit dans une chambre de sa maison. Quelques mois après, on s'aperçut qu*il était revenu à la vie, car il était étendu sur les marches de Tescalier.

EL CATTANY.

Aboulcassem Hibat Allah ben el Fadlil el Cattany, de Bagdad, naquit en 1086 et mourut en 1162.

C'était uu médecin instruit, s*occupant particulièrement d'oculistique. Il était aussi poète.

EL ANTARY.

Aboul Mouaïed Mohammed ben Essaïr Eddjezery fut surnommé El Antary, pour s'être occupé, dans sa jeunesse, du célèbre Antar. C'était un médecin savant et un bon praticien. Il cultiva aussi la philosophie et la poésie, les mariant l'une à l'autre. Il a laissé un petit poème d'une vingptaine do vers, adressé à son fils, où il a eu l'intention de renfermer les principes généraux de la médecine. Cet opuscule est attribué par d'autres, soit h Avicenne, soit & Ebn Botlan. Nous en citerons quelques passages : < La santé se conserve par les semblables et la maladie se guérit par les contraires. Il ne faut pas faire plus d'un repas par jour, et ne pas manger avant que la digestion ne soit faite. Toute la médecine bien entendue se résume à dilater et à resserrer l'état du corps. »

Il écrivit aussi les ouvrages suivants;

Le livre de la Lumière.

Le livre de la Perle, où il traite de physique et de métaphysique.

Un grand formulaire, où il traite complètement .des médicaments composés.

Lettre de Syrius au petit chien, en réponse au grammai-» rien Arafa, qui lui avait écrit de Damas.

Du mouvement du monde.

Do la différence eutre le temps et réteniité, et entre l'incrédulité et la foi.

Page 1