LES SIJËOLES DE DÉCADENCE. — LA PERSE
qui se conserve au n" 938 de la Réserve. Oa pourrait lui donner le titre ; De modis coeundi, cum figuris. Cet opuscule, parfaitement écrit, contient 30 figures, dont l'exécution léchée rappelle noa belles miniatures du moyen âge. Cependant, si les tètes sont correctes, les corps ont des articulations et même des os d'une singulière souplesse. Les figures aont accompag-nées de légendes. Les 7 premières n'ont rien d'obscène.
UEHA EDDODLA FILS DE KOUAM EDUIN.
Belia Eddoulat Errazy mourut k Rey en 1507, au dire de Hadji Khalfa.
Il est auteur d'un livre intitulé Khoulassat ettedjarïb , la Quintessence des expériences, qui existe ii Paris, au supplément persan, n° 341, et qui ne contient pas moins de 420 feuilles in-P.
C'est une sorte d'encyclopédie médicale, traitant des généralités de la science, de l'aiiatomie, de l'hygiène, de la pathologie, des poisons et de la composition des médicaments.
BEllOUADEH ICHOUAS KHAS.
Il nous est connu par le n' 21 de Copenhague comme auteur d'un Traité de médecine portant le titre de Maden echchefa. Mine de traitement, adressé au sultan Aboul Modhaffer Iscander beuBahloul, en l'année 1517 de notre ère.
Cet ouvrage se compose d'une introduction et de trois livres. Le premier contient dos préliminaires, le deuxième l'anatomie et le troisième la pathologie.
L'auteur dit avoir consulté les médecins persans.
HCSSEIN BEN MOHAMMED.
On a de lui, nu n" 154 de l'ancien fonds, un traité des poisons composé en l'année 963 (1555).
'\2H UISTOIUË DB LA MéDKCfNB ARABE. — LIVBB SEPTIÈME.
ALY SULTAN THABIB EL KHORASSANT.
Nous avons de lui, à Paris, n* 153 de l'ancien fonds, et à Leyde, n"" 1392, un Traité sommaire de médecine intitulé Destour el Ilâdj, Règle du Traitement. C'est un compendium qui occupe les 228 premiers folios du Ms. de Paris.
Nous avons, jusqu'à présent, une difficulté sur Tépoque où vécut l'auteur et le prince auquel son livre fiit dédié. En tête du Ms. de Paris se lit une note, qui donne l'ouvrage di-visé en deux parties, et composé par ordre d'Obéid ben Mahmoud, le 4* des Uzbeks, (qui mourut en 1539). On ajoute que l'auteur vivait à Samarcande^ au service de Khodja Khan, le deuxième des Uzbecks.
D'autre part, le catalogue de Leyde nous donne le Destour cl Iladj comme dédié au Sultan Abou Saïd Bahador Khan, (de la race do Gengiskhan) qui régna de l'année 716 à l'an* née 736 (ce qui répond à nos années 1316 et 1335).
Nous croyons avoir peut-être saisi la cause de cette divergence.
Nous admettons, jusqu'à présent, que le Ms. de Leyde est dans la vérité.
En tout cas, il y a une erreur dans la note du Ms. de Paris. On nous donne l'ouvrage comme divisé en deux parties, ce qui est une erreur. Ce n'est pas le Destour qui est divisé en deux parties, mais bien le Ms. 153. Ce Ms. se compose de 257 feuilles, et le Destour ne va que jusqu'au f* 228. Nous trouvons ensuite un autre opuscule dont l'auteur est Yousef ben Mohammed ben Yousef Etthabib, que nous connaissons d'autre part.- Ce serait peut-être à lui qu'il faudrait appliquer ce que la note dit d'Aly Sultan. Nous nous occuperons de cette difficulté et nous en ferons l'objet d'une note supplémentaire.
LES SIlLCLBS IIE DÉCADENCE. — LA PERSa.
IMAD EDDIN MAHMOUD CHIRAZY.
MOHAMMED HAMAODY lEZDY.
UODHAFER BEN MOHAMMED HOSSEI^<Y CHAFAY.
La Bibliothèque de Leyde, sous le n' 1401, et celle de Leipsick sous le n" 367, contieaaent un mauuscrit persan de Mohammed el Hamaouy dans lequel il eat question du café, du thé-, du bézoard et de la squine, djoiibchini.
L'auteur nous appreud que la squine bien que répandue en Perse au commencement du IX* siècle de l'hégrire, 1494 de notre ère, n'avait pas encore fait le sujet d'un livre, sinon de la part de son maître Imad eddin, et ou nou» dît qu'elle était employée contre la syphilis, Atecheq.
D'autre part, dans l'Acrabadin Chefaî de Modbafer, qui n'est autre que l'orig-inal de la pharmacopée persane du frère Ang'e, nous trouvons, au n° 99D, une formule où se trouve la squine, donnée comme de son maître Imad eddin. Lo n* 305 est ég-alement consacré k une formule contre la syphilis, de la même provenance.
N'ayant pas de données historiques précises sur Imad eddin, nous devons chercher a lui assigner une date en rappelant ce qu'en dit son disciple Mohammed Hamaouy.
Nous lisons donc chez Mohammed Hamaouy que la squiua était connue en Perse au commencement du IX.* siècle de l'hégire, et qu'Imad eddin est le premier qui en ait parlé. Le n° 32 de Copenhague contient un traité de la squine par Mahmoud ben Masoud, qui nous parait identique avec Imad eddin. Ce même volume contient sur la aquino un extrait du Tohfat el Moumenin de Mohammed Moumen, qui nous eat donné comme appartenant au XVI* siècle de notre ère. Imad eddin l'ayant devancé dans la mentiou de la squine, OD doit le placer au commencement du XVI* siècle.
Quant à Mohammed Hamaouy, nous ne le connaissons que par l'opuscule sur le thé, le bézoard, le café et la squine. Cet écrit, où sont mentionnées en partie pour la première
330 HltTOIBB DE Là MÉDBCDfB ARàBI. — UYBM BMSnÈMEm
fois trois substances aussi importantes que le thé, le café et lasquine, nous paraît recommander suffisamment le nom de Mohammed Hamaouy, pour qu'il soit tiré de l'oubli.
Quant à Modhafer ben Mohammed Hosseiny Ghafaî, nous avons de lui, dans les Bibliothèques de Paris et de Copenhague, un traité intitulé Acrahadin Chef al qui est un formulaire, où les médicaments composés sont traités par ordre alphabétique. Ce formulaire n'est autre chose que l'original persan dont la traduction latine a été publiée sous le titre de Pharmacopea persica par le père Ange de St-Joseph. Comme nous devons parler plus tard de cette traduction, nous n'en dirons pas davantage ici sur l'Acrabadin Chefàl.
L' Acrahadin Chefaï existe aussi à Munich, n* 343.
MOHAMMED MOUMEN HOSSEINT, DIT THABIB MOUMENA.
Il nous est connu par un traité qui porte le titre de Tohfat el Moumenin^ et qui existe à Paris, à Leyde, à Copenhague et à Munich, n'"341 et 342. Ce dernier Ms.nous donne les renseignements suivants : Mohammed acheva ce livre, que son père Mir Muhr ezzeman Tin Kobeti Deilemi avait commencé dans le XVI* siècle de notre ère, d'après les écrits des Arabes et des Indiens, mais surtout d'après l'Iktiarat Bediaï (de Zein el Attar). L'ouvrage était dédié à un prince de Delhi auquel l'auteur devait de la reconnaissance.
Le Tohfat el Moumenin, Présent aux musulmans^ est un traité des médicaments simples et composés. On y voit avec un certain étonnement un grand nombre de termes berbères empruntés nécessairement à Ebn el Beithâr et de termes grecs. Parmi les premiers, nous citerons VAthrilal, Ptycotis verticillata, VAmliles, Rhammus alaterna, le Tasemmoumt^ Oxalis acetosella. Parmi les seconds, le nymphéa, l'ammi, la vigne ounouforos; les sauterelles, acrides ; le colchique, efemeron. Nous pensons que cet ouvrage est le même que M. Schlimmer cite sous le nom de Tolifa comme actuellement consulté en Perse. Nous avons vu qu'il parle aussi de la squine. Le Tohfat el Moumenin a été imprimé à Delhy en
LBS SIÈCLES DE DËCADENCE. ■
Mohammed Casaem Férichtali, l'hiatorien de l'Inde, qui vivait au XVII' siècle de notre ère, cultivait aussi la médecine, La Bibliothèque de Copenhague possède delui, aoua le n" 22, un traité de médecine intitulé Destour el athibba, Règle des médecins, ouvrage pour lequel l'auteur dit avoir surtout conaulté les Indiens. Il est divisé en introduction, trois chapitres et un épilogue.
Dans l'introduction, il est question des éléments, des humeurs, etc.
Le premier livre traite des médicaments simples et des alimenta. Le deuxième de médicaments composés.
Le troisième du traitement.
L'épilogue traite des condimenta.
NOUa EDDIS MOHAMMED CHIRAZY.
Nour eddin Chirazy est l'auteur d'uu Traité de matière médicale intitulé Alfadh el adouya, qui existe manuscrit au n' 3 de Copenhague.
Il en a été donné une édition h Calcutta eu 1793, avec traduction par Gladwiu aoua ce titre:
Alfaz ool Udwîyah or materia médica, in the Arabie, Perdian and hindustanee Languages, compiled by Nooreddin Moohummud Ubdoollah Hiragee, Physician to the empereur Shahjuhan, With an English translutioa hi Francis Gladwîn.
Chah Djihan, père de Dara Chekouh et d'Aurengzeb, vivait dans la première moitié du XVII' siècle.
Il n'y a pas à douter que l'Alfadh el Adouîa ne soit l'œuvre de Nour eddin Chirazy, Cependant une difficulté nous avait arrêté. Nous trouvons ce livre cité dans le Thobb Dara Chekouh que nous attribuons au même Nour eddin, et dont nous allons parler.
Xi2 HI8T01RB D8 LA MÂDBCINB AEABB. — LIVBS SKPTIKIf B.
Nous avons passé outre en voyant Nonr eddin dans le Dara Ghekouh se citer lui-même : Moudjerbat Moulef, OIh servations de l'auteur.
NOUB EDDIN CHIIUZT ET LE THOBB DARA CHEKOUH.
Darah Ghekouh, fils de Chah Djihan^ était destiné par son père au trône de Tlnde, mais il fut la victime de l'ambitieux Aureng^eb, son frère, et fut mis à mort en 1659. Passionné pour les lettres et les sciences, il les encouragea et les cultiva lui-même. Langrlës lui attribue le corps complet de médecine qui porte son nom, dont les proportions rappellent celles du Canon d*Avicenne, et du Khouarezm chah de Djordany, qui n'avaient jamais été égalées.
Avec l'auteur du catalogiie persan nous repoussons cette attribution. L'ouvrage lui fut dédié seulement, et il est Tœuvre de Nour eddin Mohammed Abdallah Chirazy.
En raison de son importance, nous croyons devoir entrer dans quelques détails sur ce grand travail, qui ne compte pas moins de 3,422 pages grand in-folio.
Il existe à la Bibliothèque nationale, sous le n* 342 du supplément, en trois volumes d'inégale étendue.
La première feuille du l^*" volume fait défaut, destinée sans doute à être illustrée. Dès la deuxième, nous trouvons le nom de Nour eddin Mohammed Abdallah Hakim Aïn el Melek Chirazy.
Dans la préface, nous trouvons la citation d'une quarantaine d'auteurs qui ont été consultés, depuis Hippocrate et Galien, jusqu'aux médecins les plus récents.
Au f» 3, nous lisons encore le nom de Nour eddin.
Après la préface viennent les généralités de la médecine.
Au milieu du volume, qui contient environ 300 feuilles, nous sommes en plein dans l'anatomie.
Nous trouvons ensuite les agents naturels, les climats, les habitations, etc., puis les signes des maladies, le pouls, l'urine, les excrétions.
Le 2* volume commence par le régime des exercices et des
LBS S1ÉCLE3 riE DÉCADENCK. ■
aliments. Parallèlement îi l'exposé des animaux, nous trouvons en marg-e de nombreuses figunjs dont le trait est souvent passable, mais dont les couleurs sont fausses V iennent ensuite les préparations alimentaires, puis les médicaments simples et composés.
Ce volume contient 617 feuilles.
Le 3° volume ne compte pas moins de ICOO pages.
Il traite tout d'abord des bains, de la saignée et des ventouses.
De grandes fig'ures donnent le trajet des vaisseaux, les lieux à saig-ner et à ventouser, ainsi qu'à cautériser.
Au folio 50, nousentrons dans la pathologie, qui traite les maladies de la tète aux pieds. Au fur et à mesure sont nonnées de nombreuses formules, avec l'indicatiou de leurs auteurs. Au f° 132, nous trouvons la cataracte, traitée seulement par les médicaments, la chirurgie étant très peu représentée dans ce livre.
L'auteur puise aussi dans son expérience personnelle. Ainsi nous lisons: Min moudjerbat Moulef, Moudjerreb Noup eddin Mohammed.
Après les organes etles régions, nous trouvons au P 418 les affections articulaires, au ■ISS les fièvres, et d» f* 469 h 475 la variole. Ce sont ensuite le phlegmon, le charbon, le camper et les maladies de la peau.
Au f 521, nous trouvons la syphilis, nar franguy, ablafranq, ateckek, qui occupe une vingtaine de feuilles. Malheureusement, nous ne trouvons guère que des formules nombreuses, parmi lesquelles entre autres substances, nous voyons entrer la squine et l'arsenic. Imad eddin, dont nous avons parlé précédemment, est rappelé comme signalant cette affection inconnue des anciens.
Après quelques autres affections, nous trouvons les luxations et les fractures traitées du f 561 au f" 567.
On passe ensuite aux poisons. L'opium est longuement traité.
Au f" 631, nous trouvons une sorte de monographie, les maladies des enfants et la génération.
334 HISTOIRE DB Ul MÂOBOINB ABABB. — UVRB 8BPTIÉIIB.
Vers 680, il est question de la préparation des simples, ce
qui rappelle le Liber servitoris d*Abulcasis. Au f* 718, on trouve la distillation et autres opérations* Tel est ce grand ouvrage, qui est avec le Khouarezm chah
ce que la médecine persane a produit de plus étendu. Sa
date récente lui donne un intérêt de plus.
BAKIM EZZEllAN.
Sous le titre de Massih Hakim Ezzeman, la Bibliothèque de Copenhague possède un Traité sur la conservation de la santé, et le catalogue ajoute qu'il s'agit évidemment du célèbre médecin d'Aurengzeb. Nous n'avons jusqu'à présent pu trouver d'autres renseignements.
Nous croyons devoir rapprocher cet ouvrage, dont Fauteur serait peut-être identique, du suivant qui existe au n^ 336 sous le titre Talif cherifi et qui contient un exposé des médicaments de Tlndostan. L'auteur est appelé Hakim Ctierif Khan, et dit au service de Mohammed chah.
ALAOUY KHAN.
Mirza Mohammed Hakim, dit Alaouy khan, naquit en 1670 et passa au service d'Aurengzeb, h Tàge de trente ans, en l'année 1700. Ses talents lui valurent des honneurs et des présents extraordinaires, au point qu'on lui donna son pesant d'or et un traitement de 9,000 francs par mois. Nadir chah lui continua les faveurs d'Aurengzeb. Voulant le retenir, alors qu' Alaouy désirait faire le pèlerinage de la Mekke, Alaouy ne craignit pas de répondre : on ne gagne rien et l'on risque beaucoup à retenir un médecin malgré lui.
Ce voyage de la Mekke est celui dont Abd el Kerim a conservé le récit, dont Langlès a donné la traduction.
Avant sa mort, arrivée en 1749, Alaouy légua sa bibliothèque au public.
Parmi un grand nombre d'ouvrages qu'il aurait laissés, Langlès ne cite que le Djema eddjouami, sorte d'encyclopédie médicale très estimée.